Tosca

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Tosca
Image décrite ci-après
L'affiche originale réalisée par Adolfo Hohenstein

Genre Drame lyrique
Nbre d'actes 3
Musique Giacomo Puccini
Livret Luigi Illica et Giuseppe Giacosa
Langue
originale
Italien
Sources
littéraires
La Tosca, pièce (1887) de Victorien Sardou
Dates de
composition
Printemps 1898 -
Création
Teatro Costanzi, Rome
Création
française
Octobre 1903
Opéra-Comique
Représentations notables
Personnages
  • Floria Tosca, célèbre cantatrice (soprano)
  • Mario Cavaradossi, peintre (ténor)
  • Le baron Scarpia, chef de la police (baryton)
  • Cesare Angelotti, prisonnier politique (basse)
  • Spoletta, policier (ténor)
  • Sciarrone, gendarme (basse)
  • Le sacristain (basse)
  • Un geôlier (basse)
  • Un berger (alto enfant ou mezzo-soprano)
Airs
  • Recondita armonia – Cavaradossi, acte I
  • Vissi d'arte – Tosca, acte II
  • E lucevan le stelle – Cavaradossi, acte III

Tosca est un opéra en trois actes de Giacomo Puccini, sur un livret de Luigi Illica et Giuseppe Giacosa, d'après la pièce de Victorien Sardou. Il fut créé le au Teatro Costanzi de Rome.

Puccini a pensé à mettre en musique la pièce de Sardou dès 1889, et finit par obtenir l'autorisation de l'auteur, qui accepte la suppression d'un acte de la pièce (le deuxième), mais exige le maintien de la fin, rapide et violente, de l'ouvrage. La première représentation fut un échec complet. La critique se montre sans pitié. Mais le public, d'abord réticent, va en faire rapidement un grand succès populaire[1]. La Scala reprend l'œuvre dès le 17 mars sous la baguette d'Arturo Toscanini.

Argument[modifier | modifier le code]

Le contexte politique[modifier | modifier le code]

L'action se déroule à Rome en juin 1800. Les troupes françaises ont instauré en 1798 une « République romaine », et Cesare Angelotti figure parmi les consuls. Ferdinand IV et son épouse, la reine Maria Caroline, aidés des Anglais, reprennent la ville l'année suivante, et le baron Vitello Scarpia est chargé de mettre sur pied une police secrète. Angelotti est emprisonné pour trahison. C'est sur cette toile de fond que se joue l'opéra.

Acte I[modifier | modifier le code]

Cinq accords violents joués tutta forza évoquant la forte personnalité vindicative de Scarpia introduisent l'œuvre. Le rideau s'ouvre sur l'église Sant'Andrea della Valle. Le peintre Mario Cavaradossi achève son portrait de Marie-Madeleine, auquel il a donné les traits d'une jeune femme venue longuement prier, récemment. Arrive Cesare Angelotti, ancien Consul de la République de Rome, venant de s'échapper du château Saint-Ange, où il avait été fait prisonnier politique. Cavaradossi lui promet de l'aider à s'enfuir, mais ils sont interrompus par l'arrivée de Tosca et, avant d'être aperçu, Angelotti se cache dans la chapelle familiale.

Floria Tosca, maîtresse du peintre et célèbre cantatrice, est une femme extrêmement jalouse. Elle est persuadée que Cavaradossi parlait avec une autre femme, à l'instant. Alors que son amant parvient à la calmer et accepte le rendez-vous proposé pour le soir, Tosca découvre le tableau et, reconnaissant les traits de la jeune femme prise pour modèle - nommée l'Attavanti -, laisse une fois de plus éclater sa jalousie. Cavaradossi parvient à nouveau à dissiper ses doutes, et lui promet de remplacer la couleur bleue des yeux du portrait par du noir.

Après le départ de Tosca, Cavaradossi rejoint Angelotti, qui lui apprend que sa sœur, se révélant être l'Attavanti, a caché des habits de femme dans la chapelle afin que son frère puisse s'en vêtir pour s'échapper plus discrètement. Le peintre lui propose de se cacher chez lui, dans un puits aménagé. Un coup de canon tiré depuis le château Saint-Ange signale que l'évasion a été découverte. Les deux hommes quittent rapidement l'église.

Le baron Scarpia, chef de la police, arrive dans le temple. Lorsqu'il découvre la porte ouverte de la chapelle Attavanti, le panier de victuailles vide que Cavaradossi ne souhaitait pourtant pas entamer - comme le rapporte le sacristain -, le portrait de l'Attavanti et un éventail à ses armes, Scarpia conclut rapidement à la complicité du peintre dans la fuite de son prisonnier.

C'est à ce moment que Tosca fait irruption, revenue pour dire à son amant qu'elle ne pourra pas se rendre à leur rendez-vous du soir, devant chanter à la place. Scarpia, se servant de l'éventail, va exciter la jalousie de Tosca en sous-entendant certaines relations entre l'Attavanti et Cavaradossi. La cantatrice, furieuse, se jette dans le filet tendu par le chef de la police en se rendant immédiatement à la villa du peintre afin d'y surprendre les prétendus amants, sans se douter que Scarpia la ferait suivre par ses sbires pour découvrir où se cache Angelotti.

L'acte s'achève par un Te Deum, où Scarpia exprime sa volonté de soumettre Tosca à ses désirs en se servant de sa jalousie.

Acte II[modifier | modifier le code]

Scarpia dîne, seul, dans ses appartements au palais Farnese, là où Tosca doit chanter. Il rédige un mot à la cantatrice l'invitant à le rejoindre après ses chants. Arrive alors Spoletta, l'un des sbires de Scarpia, qui lui annonce que la poursuite de Tosca n'a pas permis de découvrir Angelotti, mais toutefois l'arrestation de Cavaradossi a eu lieu. Suite aux questions répétées de Scarpia, le peintre nie toujours farouchement avoir aidé le prisonnier à fuir.

À l'arrivée de Tosca, son amant lui fait discrètement savoir que révéler ce qu'elle avait vu à la villa revenait à le condamner à mort. Scarpia fait poursuivre l'interrogatoire de Cavaradossi dans la pièce contiguë, et se consacre à celui de Tosca. Devant son refus du moindre aveu, il lui fait savoir que son amant est, au même moment, torturé, et que ses souffrances cesseront uniquement si elle se décide à parler. Les cris du peintre finiront par faire céder Tosca, qui révèle à Scarpia la cachette d'Angelotti.

Cavaradossi est amené auprès de Tosca, et la repousse quand il apprend qu'elle a parlé. Il laisse cependant ensuite éclater sa joie lorsqu'un agent de Scarpia rapporte que Napoléon a gagné la bataille de Marengo. Cela provoque la fureur du chef de la police, qui le condamne à mort.

Devant les supplications de Tosca, il lui propose de libérer son amant si elle se livre à lui pour une nuit. Tosca supplie de ne pas exiger d'elle ce sacrifice. À ce moment-là, revient Spoletta, qui annonce qu'Angelotti s'est suicidé après avoir été découvert. Il s'enquiert de la marche à suivre pour le prisonnier Cavaradossi, et Scarpia se tourne vers Tosca pour lui laisser le choix d'accepter ou non son ultimatum.

Celle-ci finit par accepter le marché. Ne pouvant annuler ouvertement la sentence, il organisera un simulacre d'exécution du peintre avec des balles à blanc. Cependant, Tosca exige un sauf-conduit pour elle et son amant, qui leur permettra de quitter Rome en toute sécurité. Mais, dès que le chef de la police a achevé son mot et avance vers elle pour recevoir son dû, elle le tue d'un coup de couteau en pleine poitrine : Questo è il bacio di Tosca (« C'est ça, le baiser de Tosca »). Elle s'éclipse ensuite, non sans avoir récupéré le laissez-passer salvateur des mains du mort.

Acte III[modifier | modifier le code]

Terrasse du château Saint-Ange, petit matin. On entend au loin le chant d'un jeune berger. Cavaradossi est amené sur les remparts, et demande à écrire un dernier mot à sa bien-aimée. Il songe à son bonheur passé auprès d'elle, empli de désespoir.

Tosca survient, et l'informe des derniers événements : le chantage de Scarpia, le marché qu'elle a obtenu de lui, le laissez-passer rédigé de ses mains, et le fait qu'elle ait fini par le tuer plutôt que de se donner à lui. Soulagé et bouleversé, Cavaradossi loue son courage. Tosca lui explique le rôle qu'il doit jouer durant le simulacre d'exécution, se laisser tomber comme un mort de manière crédible lorsqu'il entendra les détonations à blanc des fusils.

Le peloton d'exécution arrive sur les lieux, le couple se sépare, la fusillade retentit et Cavaradossi s'effondre. Tosca admire la crédibilité de la chute de son amant. Après le départ des soldats, la cantatrice s'approche de lui et l'exhorte à se relever. Horrifiée, elle découvre la perfidie diabolique de Scarpia, car les fusils avaient en fait tiré avec des balles réelles. Entre-temps, le meurtre de ce dernier a été découvert, et les sbires du chef de la police se précipitent sur la terrasse pour arrêter Tosca. De désespoir, elle se suicide en se jetant dans le Tibre du haut d'une tour du château Saint-Ange.

Distribution[modifier | modifier le code]

Rôles Tessitures Créateurs
(Rome, 14 janvier 1900)
Floria Tosca, célèbre cantatrice soprano Hariclea Darclée
Mario Cavaradossi, peintre ténor Emilio de Marchi
Le baron Scarpia, chef de la police baryton Eugenio Giraldoni
Cesare Angelotti, prisonnier politique basse Ruggero Galli
Spoletta, policier ténor Ettore Borelli
Sciarrone, gendarme basse Enrico Giordano
Le sacristain (Il sagrestano) basse Aristide Parassani
Un geôlier (Un carceriere) basse
Un berger (Un pastore) alto enfant ou mezzo-soprano Angelo Righi
Soldats, agents de police, nobles, villageois, artisans (chœur)
Chef d'orchestre Leopoldo Mugnone

Airs célèbres[modifier | modifier le code]

  • Acte I : Recondita armonia (« Secrète harmonie de beautés diverses »). Cavaradossi, s'extasiant devant le portrait de Marie-Madeleine, qui évoque sa maîtresse, Tosca, et provoque l'indignation du sacristain («Scherza con i fanti e lascia stare i santi»). Suit l'imprécation de Scarpia : Tre sbirri ... una carozza qui s'achève sur le Te Deum.
  • Acte II : Vissi d'arte (« J'ai vécu d'art, j'ai vécu d'amour »), chanté par Tosca après que Scarpia lui eut proposé son horrible marché. Maria Jeritza inaugura à Vienne en 1914 la tradition de chanter cet air allongée par terre[1].
  • Acte III : E lucevan le stelle (« Quand les étoiles brillaient et la terre embaumait ») : Cavaradossi, avant son exécution, évoque le souvenir de Tosca.

Interprètes célèbres[modifier | modifier le code]

Parmi les cantatrices célèbres qui ont interprété le rôle de Tosca, une place particulière doit être réservée à Maria Callas. Considérée par de nombreux musicologues comme la « Tosca du siècle »[1], elle débuta le , et acheva sa carrière scénique le avec ce rôle-fétiche. Tosca constitue d'ailleurs le seul témoignage vidéo de Maria Callas sur scène dans un opéra (les autres étant uniquement des récitals) : l'acte II a été filmé lors d'une représentation à Covent Garden le 9 février 1964, dans la mise en scène de Franco Zeffirelli, avec Tito Gobbi en Scarpia et Renato Cioni en Cavaradossi. Parmi les ténors les plus célèbres qui ont interprété le rôle de Mario Cavaradossi, une place particulière doit aussi être réservée à Giuseppe Di Stefano, qui a donné la réplique à Maria Callas.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • La mission Dernier acte (Curtains down) du jeu vidéo Hitman: Blood Money se situe au palais Garnier pendant une répétition de la scène du peloton d'exécution : Com'è lunga l'attesa!
  • Dans le film Quantum of Solace, on peut voir la scène finale du premier acte (Te Deum) durant laquelle James Bond identifie des membres d'une nébuleuse organisation, qui étaient en train d'assister à la scène.
  • L'opéra apparait également dans le film Harvey Milk dans une des scènes qui précède l'assassinat du personnage principal.


Autres films

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Piotr Kamiński, Mille et un opéras, Fayard, coll. « Bouquins »,‎ 2003.
  2. Enregistré à Paris en décembre 1964, remasterisé 1997. CD Universe
  3. Kenneth Chalmers dans la notice du DVD du film
  4. La majorité des films d'opéra sont en effet tournés en playback.

Lien externe[modifier | modifier le code]