Thomas Bernhard

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Thomas Bernhard

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Thomas Bernhard en 1987

Activités écrivain
Naissance 9 février 1931
Heerlen, Pays-Bas
Décès 12 février 1989 (à 58 ans)
Gmunden, Autriche
Langue d'écriture Allemand

Thomas Bernhard, né le 9 février 1931 à Heerlen (Pays-Bas) et mort le 12 février 1989 à Gmunden (Autriche), est un écrivain et dramaturge autrichien.

Écrivain et dramaturge au style singulier, misanthrope, vivant une relation d'amour et de haine avec sa patrie, Thomas Bernhard est un des auteurs les plus importants de la littérature germanophone d'après-guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'enfance de Thomas Bernhard est marquée par de multiples déménagements et par une maladie pulmonaire dont il souffrira jusqu'à sa mort. Au cours de sa vie, l'écrivain a plusieurs fois « pris la direction opposée », prenant le contre-pied de ce qu'on attendait de lui ou se mettant à détester ses goûts et ses relations antérieures. Pur autrichien, Thomas Bernhard n'a jamais eu de mots trop durs envers son pays, tout en enracinant une partie de sa vie dans la campagne autrichienne la plus profonde.

Thomas Bernhard est né à Heerlen aux Pays-Bas. Sa mère naturelle revient à Vienne en 1932 et le confie d'abord à ses grands-parents. Elle se marie en 1936.

Thomas Bernhard passe ses premières années à Seekirchen, dans la campagne près de Salzbourg. L'influence de son grand-père, l'écrivain Johannes Freumbichler, récompensé en 1937 par le prix d'État pour la littérature pour son roman Philomena Ellenhub, le marquera toute sa vie. Ce sont des années heureuses.

En 1938, il va vivre en Bavière avec sa mère, mais garde la nostalgie de Seerkirchen. Ses résultats scolaires deviennent catastrophiques et il vit l'école comme un cauchemar. Ses grands-parents s'installent dans la région en 1939. En 1942, il fait un séjour dans un centre d'éducation national-socialiste pour enfants en Thuringe, où il est maltraité et humilié. Il est placé dans un internat nazi à Salzbourg en 1943, revient en Bavière en 1944 à cause des bombardements alliés, et retourne au même internat salzbourgeois en 1945. Il raconte dans L'Origine comment l'éducation y est identique que sous la nazisme.

En 1947, Thomas Bernhard arrête ses études au lycée. Il décide « de prendre la direction opposée » et entame un apprentissage dans une épicerie. Il contracte une grave pleurésie purulente et est envoyé à l'hôpital au début 1949 où son état est si désespéré que les médecins le considèrent condamné[1]. Il ne quitte les hôpitaux qu'en 1951, mais restera malade. Il sera opéré des poumons en 1967, et séjournera de nouveau à l'hôpital en 1978, apprenant alors que son état est incurable. Il souffrira toute sa vie du souffle court.

Son grand-père meurt brusquement en 1949, sa mère l'année suivante. Il apprend ces deux décès par hasard dans le journal.

La période 1949-1952 marque un tournant dans la vie de Bernhard. Il profite de ses séjours hospitaliers pour commencer à écrire de la poésie. Il tente aussi de devenir chanteur professionnel. En 1950, il rencontre au sanatorium Hedwig Stavianicek, de 35 ans son aînée, qui devient sa compagne et amie, son être vital, dont il partage désormais la tombe. Hedwig Stavianicek est jusqu'à sa mort en 1984 son soutien moral et financier. Elle est la première lectrice de ses manuscrits et sans doute la seule se permettant une vive critique du travail de Bernhard.

De 1952 à 1954, Bernhard travaille comme collaborateur indépendant au journal Demokratisches Volksblatt, y écrivant surtout des chroniques judiciaires et culturelles. Il y publie ses premiers poèmes. Parallèlement, il étudie au Conservatoire de musique et d'art dramatique de Vienne ainsi qu'au Mozarteum de Salzbourg. Il se lie à la société intellectuelle de Vienne, dont il fera plus tard un portrait féroce dans Des arbres à abattre.

Jusqu'en 1961, il écrit essentiellement de la poésie. Il publie en 1963 son premier roman, Gel. Il rencontre en 1964 l'éditeur Siegfried Unseld, qui dirige les éditions Suhrkamp, lesquelles publieront la quasi-totalité des textes de Bernhard (à l'exception notable des cinq volumes autobiographiques).

En 1965, il achète, grâce en partie au succès de son premier roman Gel, une ferme à Ohlsdorf en Haute-Autriche, qu'il s'attachera à remettre en état. Il fait l'acquisition de deux autres maisons dans la même région en 1971 et 1972. Jusque dans les années 1980, il partage son temps entre Ohlsdorf, Vienne, et des voyages - avec une prédilection pour les pays méditerranéens (Italie, Espagne, Portugal, Yougoslavie, Turquie)[2].

La première grande pièce de Bernhard, Une fête pour Boris, est créée à Hambourg en 1970.

En 1971, le film L'Italien, dont le scénario est de Bernhard, est tourné au château de Wolfsegg. Ce château servira de décor au grand roman Extinction, publié en 1986.

Bernhard est toute sa vie un personnage exigeant, presque maniaque. Il demande à son entourage des soins constants et, s'il est un bon vivant et d'une compagnie cordiale quand il se sent en sécurité, il suffit d'un mot pour qu'il se ferme complètement et définitivement.

Thomas Bernhard meurt des suites de sa maladie pulmonaire en février 1989.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Après avoir écrit des poèmes (la plupart inédits), Thomas Bernhard publie son premier roman, Gel, en 1962, un livre qui est récompensé par de nombreux prix. Il se consacre dès lors à l'écriture, alternant récits en prose et pièces de théâtre.

Il développe graduellement un style de prose propre, fondé sur la juxtaposition de longues phrases répétitives et obsédantes[3]. À l'opposé de la phrase proustienne[4], Thomas Bernhard opère comme une scie circulaire, creusant un unique sillon jusqu'à l'obsession[5],[6]. La scène typique de Bernhard, aussi bien au théâtre qu'en prose, est un monologue ininterrompu livré par un personnage solitaire et misanthrope, critiquant souvent l'Autriche et les Autrichiens. Le lecteur - comme le narrateur de Gel - est fasciné, pris entre frayeur et éclats de rire.

Le style se précise avec Amras (1964) et encore plus avec Perturbation en 1967, voyage d'un médecin de campagne à travers les pathologies des habitants de Haute-Autriche. Suivent une série de textes dans les années 1970, en particulier Corrections en 1975. Les récits perdent graduellement leurs paragraphes pour n'être plus qu'un seul bloc de prose.

Thomas Bernhard publie de 1975 à 1982 cinq courts volumes autobiographiques. L'Origine (1975) est un récit puissant et horrifiant des années d'internat à Salzbourg, où Bernhard met en parallèle l'éducation reçue dans une institution nazie à la fin de la guerre et l'éducation catholique reçue immédiatement après dans le même établissement. Suivent La Cave (1976), Le Souffle (1978), Le Froid (1981) sur sa rupture avec le lycée et la maladie, et enfin L'Enfant en 1982.

Oui, est un récit tournant autour de l'achat d'une maison en Haute-Autriche, achat qui semble être le vecteur d'une dépression et de tendances suicidaires[7]. Il paraît en 1978, après que Bernhard apprend que sa maladie pulmonaire est incurable, et est marqué par une relation nouvelle, non-métaphorique, à la maladie[8]

S'enchaînent dans les années 1980 les textes les plus importants de Bernhard. Le Neveu de Wittgenstein (1982), Le Naufragé (1983), hallucination sur l'œuvre musicale de Glenn Gould, Des arbres à abattre (1984), règlement de compte terrible et hilarant avec les mentors qu'avait Bernhard dans les années 1950. Puis vient Maîtres anciens (1985), la quintessence du style bernhardien, dans lequel le narrateur observe son ami Reger assis sur une banquette du Musée d'art ancien de Vienne, tout en se souvenant des multiples monologues écoutés les jours précédents, qui reviennent comme une antienne avec l'expression « dit Reger ». L’œuvre s'achève sur le grand roman Extinction, un effondrement (1986) où le narrateur, revenant en Autriche pour assister à l'enterrement de ses parents, développe en deux longs monologues la haine qu'il éprouve pour sa famille et son pays[9]. Cette critique de l'Autriche et des Autrichiens, qui prend place dans le grandiose château de Wolfsegg, s'achève par une ultime vengeance[10].

Thomas Bernhard poursuit parallèlement une riche carrière de dramaturge. La plupart de ses textes sont mis en scène par Claus Peymann, et joués par Bernhard Minetti, un acteur qui semble destiné à incarner le théâtre de Bernhard sur scène, au point qu'une œuvre portant son nom, Minetti, est créée en 1976[11]. Comme sa prose, le théâtre de Bernhard est composé de monologues et répétitions, avec un minimum de dramaturgie et de personnages.

En 1970, Ein Fest für Boris est un grand succès au théâtre allemand de Hambourg. Suivent une série de pièces, certaines scandaleuses, dont on notera L'Ignorant et le fou (1972), Le Président (1975), Avant la retraite (1979), Le Réformateur (1980).

Déjeuner chez Wittgenstein est une pièce parue sous le titre original Ritter, Dene, Voss[12], du nom de trois acteurs fétiches de Thomas Bernhard ayant contribué à la création de ses pièces. Cette pièce, notamment inspirée par des liens de Thomas Bernhard avec Paul Wittgenstein (neveu du philosophe Ludwig Wittgenstein)[13],[14],[15] met en scène le retour de l'hôpital psychiatrique de Ludwig chez ses deux sœurs, au cours d'un déjeuner dégénérant en bataille de profiteroles. Le personnage principal y vilipende le théâtre et les mécènes[16],[17]. La pièce a remporté un succès populaire.

Thomas Bernhard crée Place des Héros en 1988 pour la célébration des 50 ans de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne. La pièce attaque l'hypocrisie autrichienne. La « place des Héros », au centre de Vienne, a été le lieu d'un discours de Hitler qui fut acclamé par une énorme foule. Un des personnages vit toujours dans la hantise de ces clameurs, cinquante années après.

En France, les pièces de Thomas Bernhard ont notamment été interprétées par Michel Piccoli, Jean-Paul Roussillon, Bernard Freyd, Serge Merlin — qui semble par instants être l'alter-ego français de Minetti — Denise Gence (Molière de la comédienne 1990 pour Avant la retraite), Catherine Ferran[18] ou Bulle Ogier[19].

Thomas Bernhard a écrit 250 articles, 5 recueils de poésie, 31 grands textes en prose et nouvelles, 20 pièces de théâtre[20]. Place des Héros est entrée au répertoire de la Comédie-Française en 2005.

Scandales[modifier | modifier le code]

La carrière de Thomas Bernhard est émaillée de scandales, certains délibérément provoqués par l'auteur, et parfois liés aux nombreux prix littéraires que l'Allemagne et l'Autriche s'acharnaient à lui remettre.

Un article sur le théâtre de Salzbourg lui vaut un procès en diffamation en 1955[21].

En 1968, lors de la remise d'un prix d'État autrichien pour la littérature, le ministre de l'Éducation et tous les responsables quittent la salle lorsque Thomas Bernhard tient un court discours attaquant l'État, la culture autrichienne et les Autrichiens. Le texte, qui est semble-t-il involontairement provocateur[22], dit notamment :

« Nous Autrichiens sommes apathiques ; nous sommes la vie en tant que désintérêt général pour la vie. »

Le ministre quitte la salle en lui lançant :

« Nous sommes fiers d'être Autrichiens. »

En 1972, la création de L'Ignorant et le Fou au festival de Salzbourg entraîne une violente polémique. Le texte prévoit, à la toute fin de la pièce, l'extinction complète des lumières, y compris celles signalant les sorties de secours. L'administration du théâtre refuse. La critique de la pièce - dont seule la première a pu être jouée - est excellente, mais Bernhard interdit toute représentation additionnelle[23].

En 1975, la pièce Der Präsident (Le Président) a sa première en Allemagne à Stuttgart, quatre jours après celle en Autriche, soit le 21 mai 1975, c'est-à-dire le même jour et dans la même ville où se déroule le premier procès de la Fraction armée rouge. On peut ainsi entendre les personnages dire :

« On en finira rapidement avec les anarchistes, sans autre forme de procès. »

La pièce Vor dem Ruhestand (Avant la retraite) (1979) décrit un juge allemand célébrant en cachette l'anniversaire de Himmler. C'est une attaque contre le ministre-président du Bade-Wurtemberg, qui, les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale, était un juge de la Marine condamnant encore à mort et ayant toujours caché son passé par la suite.

Le récit L'Origine est attaqué en diffamation en 1976 par un prêtre de Salzbourg qui se reconnaît dans le personnage de l'oncle Franz. Certains passages seront rectifiés dans les éditions ultérieures[24].Les critiques s'indignent en général de la vision que donne l'auteur de Salzbourg.

Le roman Des arbres à abattre (1984) est immédiatement confisqué à la suite d'une plainte en diffamation du compositeur Gerhard Lampersberg qui se reconnaît dans un des personnages principaux. Une fois l'interdiction levée, Bernhard riposte en demandant que ses œuvres soient retirées des librairies autrichiennes. La plainte est retirée en 1985[25].

En 1982, l'ORF (la radio autrichienne) refuse de continuer à diffuser des enregistrements des pièces de Bernhard, estimant qu'il insulte la nation tout entière[25].

La réponse qu'il donne à l'Assemblée des auteurs de Graz, qui lui propose de la rejoindre en 1986, est typique du ton de Bernhard :

« Depuis plus de dix ans, je n'accepte ni prix, ni titres, et surtout pas, bien entendu, votre grotesque titre de professeur. L'Assemblée des auteurs de Graz est une assemblée de connards sans talents[26]. »

Il publie plusieurs lettres ouvertes ouvertement agressives et provocatrices (en 1976 dans Die Zeit au sujet de Canetti, en 1979 pour annoncer son retrait de l'académie des lettres allemandes, en 1979 encore au Chancelier autrichien Bruno Kreisky, en 1985 en s'adressant au ministre des Finances, etc.)[27].

Heldenplatz (Place des Héros), la pièce conçue pour les 50 ans de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne, provoque une véritable bataille politique. On y entend qu'il « y a aujourd'hui plus de nazis à Vienne qu'en 1938. »

Thomas Bernhard fait une ultime provocation dans son testament. Comme une « émigration littéraire posthume »[28], il interdit dans des termes d'une extrême agressivité la diffusion et la représentation de ses œuvres en Autriche[29]. Ses héritiers ne respecteront pas cette clause testamentaire, et lèveront cette interdiction à la fin des années 1990[30].

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Thomas Bernhard a obtenu de nombreux prix durant sa carrière.

Parmi ceux-ci, le prix Julius Campe en 1964 et le prix de Littérature de la ville de Brême en 1965, tous deux pour Gel, le prix Georg-Büchner de l'Académie allemande de langue (1970), le prix Grillparzer pour Une fête pour Boris en 1972, le prix des Dramaturges de Hanovre en 1974.

Mes prix littéraires (2009) évoque certaines remises de prix décernés à Bernhard et les discours, souvent sarcastiques ou désabusés, prononcés par le récipiendaire.

Thomas Bernhard obtient aussi le prix Médicis étranger pour Maîtres anciens en 1988.

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Sur Thomas Bernhard[modifier | modifier le code]

  • Chantal Thomas, Thomas Bernhard, le briseur de silence, Seuil, Paris, 2006 (ISBN 2-02-080474-3) (1re éd. Thomas Bernhard, Paris, Seuil, coll. Les Contemporains, 1990)
  • Thomas Bernhard et les siens de G. Salem
  • Étude psychocritique sur l'œuvre romanesque et théâtrale de Thomas Bernhard : la vie au cœur de la mort, la mort au cœur de la vie de Marc H. Moser (thèse de doctorat d'État - Université Lumière / Lyon II)
  • Nicolas Elders, « Thomas Bernhard ou la grande détestation », in Le Langage et l'Homme, vol. XXVI nº 2-3 (juin-septembre 1991), p. 181-189.
  • Thomas Bernhard, une vie, de Hans Höller (L'Arche, Paris, 1994 (ISBN 2-85181-341-2))
  • À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, de Hervé Guibert, p. 12 (chap. 2), p. 172-174 (chap. 55), p. 230-234 (chap. 73) (Gallimard Paris, 1990)
  • Thomas Bernhard, ouvrage dirigé par Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002). Contient une bibliographie exhaustive des livres, articles, colloques en allemand et en français sur Thomas Bernhard
  • Simon Harel, « Fatalité de la parole : invective et irritation dans l’œuvre de Thomas Bernhard », in Études littéraires : « Esthétiques de l’invective », vol. 39, no 2 (hiver 2008), p. 59-83
  • Jean-Yves Lartichaux :
    • Dossier Thomas Bernhard, La Quinzaine littéraire no 354, 1/15 septembre 1981
    • De l'art comme entreprise contre la nature au nazisme comme phénomène naturel, Théâtre/Public no 50, mars-avril 1983
    • Minetti - et réciproquement, Théâtre/Public no 52/53, juillet-octobre 1983
    • Der Untergeher, La Quinzaine littéraire, 1/15 avril 1984
    • Thomas Bernhard est-il pessimiste ?, Ténèbres éd. Maurice Nadeau, 1986
    • La vérité est une débâcle, Thomas Bernhard, Arcane 17, 1987
    • Du terrorisme et de l'art, postface à Thomas Bernhard Événements, L'Arche, 1988
    • Monter Thomas Bernhard (p. 83); Les Apparences sont trompeuses au NTB (p. 85). Théâtre en Europe 19, 1988
  • Dossier Thomas Bernhard dans la revue Coaltar n° avril 2011
  • Thomas Bernhard. Ou l'art des catastrophes naturelles portrait par Christine Lecerf, Arte 2011 [2]
  • Jean-Marie Winkler, Au travers des murs du cachot. Thomas Bernhard auteur-bâtisseur, Tirésias, Paris, 2013 (ISBN 9782915293760)
  • Jacques Kraemer, Thomas B., théâtre, Editions tituli, 2014 (ISBN 979-10-92653-65-6)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. T. Bernhard, La Cave, Le Souffle.
  2. Thomas Bernhard, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002), pp. 431-434.
  3. >Pour un cas extrême voir Oui, livre comme d'autres sans paragraphe ni chapitre, dont la première phrase s'étend sur plus de 2 pages. Une telle longueur est toutefois exceptionnelle, même chez Thomas Bernhard
  4. Comparaison et opposition des styles de Proust et Thomas Bernhard dans Thomas Bernhard, Chantal Thomas, Les contemporains - Le Seuil, 1990, pp 75-77.
  5. Une 'scie circulaire', ou un auteur patinant sur deux cents pages, sans bouger d'un poil sur le fragment qu'il s'était entrepris de lustrer […] travaillant les nerfs [du lecteur] à petits coups d'archet aussi exaspérant qu'un sillon de disque rayé (À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, Hervé Guibert, (Gallimard, 1990), p.231
  6. Parmi de très nombreux exemples, on pourra citer le long développement consacré à Adalbert Stifter dans Maîtres Anciens (voir pp. 60-80).
  7. Thomas Bernhard, Hans Höller, l'Arche, 1994, p.124-130
  8. Thomas Bernhard, Hans Höller, l'Arche, 1994, p. 180.
  9. Voir sur paludes.fr.
  10. Serge Merlin a présenté en 2010 une lecture sur scène d'extraits du roman.
  11. Sur les liens entre Bernhard et Minetti,proche du pouvoir nazi pendant la seconde guerre mondiale, voir Piccoli dans la peau de Minetti, l'Express.
  12. Le traducteur ou l'éditeur français ont introduit le nom "Wittgenstein" dans le titre en considérant qu'une transposition littérale aurait été 'trop obscure' pour le public français (voir Déjeuner chez Wittgenstein, Thomas Bernhard, page 2, L'Arche 2004). Ce souci d'éclaircissement n'a pas été ressenti par exemple dans la traduction en anglais, fidèle au titre original (voir Three Plays, Université de Chicago, 1990 [1]).
  13. Un des personnage se prénomme Ludwig, bien que par une synecdoque, l'auteur le désigne par Voss, aussi bien dans les didascalies que dans les en-têtes de répliques, tout comme il le fait pour les personnages des sœurs, désignées elles-aussi par le nom des actrices, Ritter et Dene : Voss est Luwig, Dene sa sœur ainée, Ritter sa sœur cadette
  14. Propos d'Ilse Ritter recueillis par Anja Zeidler en se promenant le long d'une rivière, cités sur thomasbernhard.org :

    « This is not a play about the actors Ilse Ritter, Kirsten Dene, and Gert Voss: it has allusions to the Wittgenstein family, to Ludwig Wittgenstein, whose first name the brother (the only named character in the play) bears, and Bernhard’s friend Paul Wittgenstein, whom he had earlier memorialized in Wittgenstein’s Nephew: A Friendship […] Though, yes of course, the play will always be special, of course: it is after all Thomas Bernhard paying his respects to us three actors, an appreciation, but a wink after all, no more. »

    C'est-à-dire :

    « Ce n'est pas une pièce au sujet des acteurs Ilse Ritter, Kirsten Dene, and Gert Voss : il y a des allusions à la familles Wittgenstein, à Ludwig Wittgenstein, dont le prénom est porté par "le frère" (le seul personnage ayant un nom dans la pièce), et à l'ami de Bernhard, Paul Wittgenstein, dont il avait déjà évoqué la mémoire dans Le neveu de Wittgenstein. Une amitié […] Évidemment, la pièce sera toujours spéciale, bien sûr : c'est après tout un hommage à nous, ses trois acteurs, une reconnaissance, mais un clin d'œil après tout, sans plus. »

  15. Voir universalis.fr.
  16. Voir sur lecture-ecriture.com.
  17. Ludwig Wittgenstein, issu d'une famille de mécènes, a lui-même abandonné une partie de sa fortune à des artistes dans le besoin, avant de céder le reste à ses sœurs.
  18. voir sur le site de la Comédie française.
  19. Voir sur fluctuat.net.
  20. Thomas Bernhard, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002), pp. 437-439 pour le décompte des recueils de poésie, des pièces de théâtre et des textes en prose. Nous avons ajouté l'inédit paru en 2009 Meine Preise (« Mes prix littéraires ») pour arriver à 31 textes en prose
  21. Thomas Bernhard, p. 430, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  22. Meine Preise, T. Bernhard, 2009.
  23. Thomas Bernhard, pp. 49-50 et p. 432, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  24. Thomas Bernhard, p. 433, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  25. a et b Thomas Bernhard, p. 434, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  26. Thomas Bernhard, p. 120, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  27. Thomas Bernhard, pp. 433-434, Pierre Chabert et Barbara Hutt (Minerve, 2002).
  28. Thomas Bernhard, Hans Höller, l'Arche, 1994, p. 7.
  29. Extrait du testament :

    « Rien de ce que j'ai pu écrire, sous quelle forme que cela ait été rédigé, publié de mon vivant ou qui puisse subsister où que ce soit après ma mort ne doit, pour la durée légale de la propriété littéraire, être représenté, imprimé, ni même seulement faire l'objet d'une lecture publique à l'intérieur des frontières de l'État autrichien, quelle que soit la dénomination que se donne cet État. »

    Cité dans Thomas Bernhard, Hans Höller, l'Arche, 1994, p. 7.
  30. Lire sur le site officiel de la fondation :

    « La création de la fondation, dix ans à peine après la disparition de l'écrivain, s'est accompagnée de la levée de l'interdiction de représenter et de publier l'œuvre de Bernhard en Autriche, décidée conjointement par l'héritier, les éditeurs détenteurs des droits d'auteur et les douze membres internationaux du conseil consultatif de la fondation. Les missions de la fondation, qui s'inscrit dans une démarche de fidélité à l'esprit du testament, sont de veiller au respect des autres dispositions testamentaires, de permettre et coordonner le classement des archives de Thomas Bernhard et de celles de son grand-père l'écrivain Johannes Freumbichler, et de favoriser la réception de l'œuvre de l'écrivain dans le monde. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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