Mon nom est Rouge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mon nom est Rouge
Auteur Orhan Pamuk
Genre Roman
Version originale
Titre original Benim adım Kırmızı
Éditeur original İletişim Yayınları
Langue originale Turc
Pays d'origine Drapeau de la Turquie Turquie
Lieu de parution original Turquie
Date de parution originale
Version française
Éditeur Gallimard Du monde entier
Date de parution
Nombre de pages 573
ISBN 2-07-075686-6

Mon nom est Rouge (en turc Benim adım Kırmızı) est un roman d'Orhan Pamuk publié à Istanbul aux éditions İletişim Yayınları en 1998. Le roman se déroule dans le milieu des peintres miniaturistes à Istanbul vers la fin du XVIe siècle : c'est une enquête policière doublée d'une intrigue amoureuse, qui contient aussi de nombreuses allusions à l'histoire de la peinture de miniatures. Le roman a remporté plusieurs récompenses, dont le Prix du Meilleur livre étranger en France en 2002.

Résumé[modifier | modifier le code]

Mon nom est Rouge se compose de 59 chapitres. C'est un roman polyphonique dont chaque chapitre donne la parole à un personnage différent : une douzaine de personnages principaux ou secondaires s'expriment ainsi, y compris des animaux, des réalités métaphysiques (la Mort, le Diable) et une couleur, le rouge, qui donne son titre au roman.

Le roman commence en 1591 à Istanbul, dans l'empire ottoman alors gouverné par le sultan Murad III (1574-1595). Le premier chapitre donne la parole à Monsieur Délicat, enlumineur au grand atelier du sultan : quelques heures plus tôt, Délicat est mort, le crâne fracassé, après avoir été jeté au fond d'un puits. Le sultan a commandé un manuscrit célébrant le millénaire de l'hégire et ce manuscrit doit être illustré par plusieurs miniaturistes réputés appartenant au Grand Atelier que dirige maître Osman. Les trois peintres les plus talentueux de l'atelier, désignés par les surnoms que leur a donnés Osman, sont Cigogne, Papillon et Olive (Velidjân). Un ancien apprenti à l'atelier, Le Noir, est chargé d'enquêter sur la mort de Délicat. Le Noir revient tout juste à Istanbul après une absence de douze ans et il retrouve avec appréhension la maison de son oncle, dont la fille, Shékuré, lui avait inspiré un amour impossible qui a été en partie la cause de son départ d'Istanbul.

Le Noir apprend vite que c'est son oncle en personne que le sultan a chargé de diriger la confection du manuscrit enluminé, qui doit être peint en secret en dehors de l'atelier. Non seulement l'ouvrage excite les convoitises et les jalousies mutuelles entre les peintres, mais la rumeur raconte que les miniatures qu'il contient s'inspirent pour la première fois de la peinture européenne, et qu'elles ont recours au portrait et à la technique de la perspective plutôt que de s'en tenir aux procédés traditionnels des grands miniaturistes orientaux et asiatiques. Il n'en faut pas plus à un prédicateur, le Hodja d'Erzurum, pour affirmer que l'ouvrage et tous les peintres qui y contribuent sont hérétiques. Pendant ce temps, dans un café qui sert de lieu de repos aux peintres de l'atelier, un poète errant fait régulièrement la satire des gens d'Istanbul et notamment du hodja, en s'appuyant sur des croquis dessinés par les peintres. Le Noir a bientôt la certitude que l'assassin n'est autre que l'un des peintres de l'atelier. Tout en menant l'enquête, il retombe plus que jamais amoureux de Shékuré. Shékuré, de son côté, est depuis longtemps mariée et a deux enfants, Sheveket (l'aîné) et Orhan. Mais son mari est absent depuis quatre ans et est très probablement mort à la guerre. Shékuré pourrait peut-être arguer de cela pour se remarier si son oncle n'y était pas opposé. Les prétendants ne manquent pas, en particulier Hassan, qui fait partie de la famille du mari disparu et convoite lui aussi Shékuré depuis longtemps. Pour obtenir la main de Shékuré, Le Noir doit se rapprocher de son oncle et regagner son crédit en découvrant l'identité de l'assassin.

Le roman se poursuit comme une enquête policière, croisée avec l'intrigue amoureuse entre Le Noir et Shékuré, dans une ambiance d'affrontement entre la tradition ottomane et l'engouement de la cour pour l'école vénitienne (et donc l'Occident chrétien).

Le dernier chapitre du roman est laissé à Shékuré, qui conclut toute l'histoire en la transmettant à son fils Orhan, homonyme de l'auteur : « Car Orhan ne recule, pour enjoliver ses histoires, et les rendre plus convaincantes, devant aucun mensonge. »

Prix[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

« Ultime et magnifique paradoxe de la fiction : faire du mensonge un art pour faire entendre la vérité, dans une société qui a changé son histoire en mensonges », Les Inrockuptibles.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]