Dante Alighieri

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Dante Alighieri

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Portrait de Dante, détail d'une fresque de la chapelle du Bargello attribuée à Giotto di Bondone.

Nom de naissance Durante degli Alighieri
Autres noms Dante
Activités Poète, écrivain, homme politique
Naissance Entre mi-mai et mi-juin 1265
Florence
Décès 14 septembre 1321
Ravenne
Langue d'écriture Italien et latin
Mouvement Dolce Stil Novo
Genres Poésie, traités

Œuvres principales

Dante Alighieri (Durante degli Alighieri dit « Dante ») est un poète, écrivain et homme politique florentin né entre la mi-mai et la mi-juin 1265 à Florence et mort le 14 septembre 1321 à Ravenne.

« Père de la langue italienne », il est, avec Pétrarque et Boccace, l'une des « trois couronnes » qui imposèrent le toscan comme langue littéraire.

Poète majeur (« Il sommo poeta » ou simplement « Il poeta ») du Moyen Âge, il est l'auteur de la Divine Comédie, souvent considérée comme la plus grande œuvre écrite dans cet idiome et l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Patronyme[modifier | modifier le code]

Statue de Dante du piazzale des Offices à Florence mentionnant son nom selon l'orthographe originelle.
Sarcophage contenant les ossements de Dante à Ravenne.

Le nom de Alighieri s'écrivait à l'origine « Allighieri » avec deux « L ». Le second « L » a été perdu pour des raisons sans doute liées à l'aisance typographique. L'orthographe ancienne de son nom a été respectée sur la sculpture du piédestal de sa statue du portique du Palais des Offices à Florence. La Divina Commedia dans la version italienne de Ugo Foscolo éditée par la Torino Tipografia Economica en 1852 est signée « Dante Allighieri ».

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Durante (syncopé en « Dante ») degli Alighieri naît entre la mi-mai et la mi-juin 1265[1],[2] dans la famille florentine des Alighieri (dont le nom, dans sa forme originale, est Alaghieri), favorable à la faction des guelfes (favorables au Pape) et qui aurait joué un rôle important dans la vie de la cité. Son père, Alighiero di Bellincione, était un guelfe blanc, mais il ne souffrit pas de la vengeance des gibelins, favorables à l'Empereur, après leur victoire à la bataille de Montaperti, et ce salut donna un certain prestige à la famille. La mère de Dante, Bella degli Abati, (Bella est un diminutif de Gabriella, mais signifie aussi « belle physiquement »), mourut alors que Dante avait treize ans, en 1278 (son père décéda quatre ans plus tard, en 1282). Alighiero emménagea peu de temps après avec une nouvelle compagne Lapa di Chiarissimo Cialuffi ; il n'est d'ailleurs pas certain qu'ils se soient mariés, et eut avec elle deux enfants, le demi-frère de Dante, Francesco, et sa demi-sœur, Tana (Gaetana).

Quand Dante eut 12 ans, en 1277, son mariage fut négocié avec Gemma, fille de Messer Manetto Donati, qu'il épousa ensuite. Les mariages négociés à des âges précoces étaient alors fréquents et constituaient une cérémonie importante, qui exigeait des actes officiels signés devant notaire.

Peu de choses sont connues sur l'éducation de Dante ; on présume qu'il étudie à domicile. Il séjourne sans doute quelque temps à Bologne et reçoit à Florence les enseignements de l'école franciscaine de Santa Croce, de Rémi de Florence de l'école dominicaine de Santa Maria Novella et de Brunetto Latini. Il rencontre des poètes et noue une solide amitié avec Guido Cavalcanti. Il est quasi certain qu'il étudie la poésie toscane, au moment où l'école poétique sicilienne, un groupe culturel originaire de Sicile, a commencé à être connue en Toscane. Ses centres d'intérêts le portent à découvrir les ménestrels, les poètes provençaux et la culture latine. Évidente est sa dévotion pour Virgile « Tu se' lo mio maestro e 'l mio autore; tu se' solo colui da cu' io tolsi lo bello stilo che m'ha fatto onore. », écrit-il dans la Divine Comédie[3].

Au cours du Moyen Âge les régions d'Italie unifiées sous l'Empire romain se séparent progressivement, laissant une douzaine de petits états, de sorte que la Sicile est aussi éloignée (culturellement et politiquement) de la Toscane que celle-ci l'est de la Provence : les régions ne partagent ni la même langue, ni la même culture et les communications sont difficiles.

Dante a de nombreux enfants avec Gemma, il est probable que seuls Jacopo, Pietro et Antonia aient été ses enfants légitimes. Antonia entre dans les ordres sous le nom de sœur Béatrice. Un autre homme, Giovanni, se réclame de sa filiation et l'accompagne lors de son exil, mais aucune preuve n'existe que ses prétentions soient justifiées.

Béatrice et la Vita Nuova[modifier | modifier le code]

Dante et Béatrice au Paradis par Gustave Doré (1832-1883).

C'est en 1274 que Dante aurait rencontré pour la première fois Béatrice. De son vrai nom Bice di Folco Portinari, elle épouse Simone de Bardi et meurt en 1290. On sait peu de chose d'un amour dont l'histoire est sublimée dans Vita Nuova ou Vita nova, (composé entre 1292 et 1294) dans laquelle il décrit sa première rencontre avec Béatrice, âgée seulement de neuf ans, puis la deuxième, advenue neuf années plus tard (il expliquera plus tard le sens symbolique du neuf, chiffre de Béatrice). Dans la Vita Nuova, Dante décrit sa passion et son désespoir à la mort de Béatrice. Il raconte la crise profonde qui s'ensuit, son errance et son aventure avec une « noble dame » (sans doute une allégorie pour désigner la philosophie), et enfin son repentir. Bien que Vita Nuova soit probablement inspirée par la vie personnelle de Dante, de nombreux critiques mettent en doute l'existence réelle de Béatrice, préférant voir en elle une figure allégorique (certains considèrent encore aujourd'hui que dans la Divine Comédie, Virgile représente la raison naturelle, et Béatrice la théologie[réf. nécessaire]).

Un rêve fait par Dante, et qui accompagne le premier poème inséré dans le livre, nous éclaire : Dante voit apparaître le dieu Amour dans une nuée de feu, portant Béatrice nue dans un drap couleur de sang. Amour tient dans sa main le cœur enflammé de Dante et le donne à manger à Béatrice, puis s'élève vers le ciel avec elle. Ce rêve montre la richesse et la puissance évocatrice du poète dans la Vita Nuova, œuvre difficile à interpréter : la tradition mystique (la nuée de feu par exemple) croise la tradition courtoise (l'histoire du cœur mangé), les appels aux « fidèles d'amour » et les rassemblements de dames invitent à des lectures ésotériques, tandis que les visions et les rêves énigmatiques placent l'œuvre dans une dimension à la fois eschatologique (la mort de Béatrice comme horizon) et mystérieuse. En effet, si Béatrice a été souvent comparée à une sainte (par référence à l'hagiographie franciscaine notamment), et si une des meilleures façons de s'approcher de cette figure de femme souveraine est d'étudier les analogies marquées avec le Christ, la Vita Nuova, bien au-delà de la simple description des vertus ou la narration des miracles qui ponctuent la vie des saintes, semble envelopper les mystères de Béatrice. La dimension rituelle présente surtout dans la première partie du livre prend ici certainement tout son sens. Il est difficile de savoir si Dante envisageait véritablement un culte de Béatrice qui orienterait ainsi toute son œuvre, mais il est certain que sa conception de la cité est tributaire de la vie et de la mort de Béatrice : en effet, après la mort de la gentilissima (la très noble, la très courtoise), Florence est veuve et Béatrice devient un nom commun (« Florence a perdu sa Béatrice » écrit le poète).

La Vita Nuova, qui se distingue déjà du courant stilnoviste, se compose d'une trentaine de poèmes, des sonnets pour la plupart, qui brûlent d'une ardeur amoureuse et mystique à la fois. Quarante-deux chapitres en prose commentent les vers au fur et à mesure. Dante achève son œuvre par une annonce introduite après le dernier sonnet comme une vision paradisiaque. Il écrira quelque chose que jamais personne n'a écrit pour chanter la gloire de l'être-aimé.[réf. nécessaire] Peut-être pensait-il déjà à son chef-d'œuvre la Divine Comédie.

Un florentin engagé[modifier | modifier le code]

Dante joue un rôle très actif dans la vie politique de Florence. Dans les troubles qui agitent alors l'Italie, Dante est un guelfe ardent : il se signale dans plusieurs expéditions contre les gibelins d'Arezzo, de Bologne et de Pise, et contribue beaucoup par sa valeur à la victoire de Campaldino (1289), remportée sur ceux d'Arezzo, ainsi qu'à la prise du château de Caprona, enlevé aux Pisans (1290).

Il remplit avec succès un grand nombre de missions politiques et est nommé prieur de Florence en 1300, c'est-à-dire qu'il devient un des magistrats suprêmes de l'exécutif. Mais les guelfes, qui dominent à Florence, se sont divisés en deux factions : les Noirs, favorables à la politique papale de Boniface VIII, et les Blancs, partisans d'une plus grande autonomie de la ville. En 1300, le pape Boniface VIII revendique le vicariat impérial sur les communes toscanes. À partir de ce moment-là, Dante s'engage de plus en plus fermement du côté des guelfes blancs, c'est-à-dire contre la politique d'ingérence du pape. En octobre 1301, membre du Conseil des cents, il se rend à Rome pour tenter une ultime démarche de conciliation. Pendant ce temps, Charles de Valois, représentant du pape, se rend à Florence et s'empare de la ville avec l'aide des guelfes noirs triomphants. Les procès commencent. Dante apprend sur le chemin du retour qu'il est condamné pour concussion, gains illicites et insoumission au pape et à Charles de Valois. Il refuse de se présenter en accusé[4]. Un deuxième procès, instruit le 10 mars 1302 par le podestat Cante de' Gabrielli da Gubbio, le condamne au bûcher. Tous ses biens sont confisqués, il est exilé avec d'autres guelfes blancs et ne reviendra jamais à Florence. Le décret de bannissement de Dante de la ville de Florence ne sera d’ailleurs révoqué qu’en 2008[5].

Un exil prolifique[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps de l'exil, Dante songe à assiéger la ville, aux côtés d'autres exilés guelfes blancs ou gibelins. Mais il y renonce bientôt et se met à errer de ville en ville, luttant contre la misère, cherchant protection auprès des cours de l'Italie du nord : Forlì, Vérone, Sienne, Mulazzo ou encore Arezzo. En juillet 1306, il se trouve à Padoue et en octobre de la même année à Château-Neuf sur la Magra. Il vient passer quelque temps à Paris, où il fréquente l'université et s'arrête finalement à Ravenne chez le podestat Guido Novello da Polenta, où il meurt de la malaria dans la nuit du 13 au 14 septembre 1321, après avoir fait de vains efforts pour rentrer dans sa patrie.

Son tombeau, qui date de 1780, commandé par le cardinal légat Luigi Valenti Gonzaga, se trouve à Ravenne, via Dante Alighieri en bordure du couvent franciscain, au centre historique de la ville. Encore aujourd'hui, les Florentins voudraient bien récupérer son corps pour le placer dans un sarcophage prévu dans son cénotaphe qu'on peut voir, élevé par Luigi de Cambray Digny avec les statues de Stefano Ricci, dans la nef de la basilique Santa Croce de Florence, mais Ravenne refuse toujours de restituer à cette ville les restes d'un personnage qu'elle a banni.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Les traités[modifier | modifier le code]

De vulgari eloquentia[modifier | modifier le code]

Article détaillé : De vulgari eloquentia.

Les années de l'exil sont pour Dante une période d'intense activité intellectuelle. En 1303, il se penche sur la question de la langue vulgaire et il en fait l'objet d'un traité en latin : De vulgari eloquentia. Le thème central de l'œuvre est l'éloquence de la langue vulgaire: il tente de trouver un vulgaire illustre, digne d'assumer les caractères de langue littéraire.
Ce traité assume une grande importance comme traité de stylistique et de métrique. Selon le projet originaire, ce traité aurait dû être divisé en 4 livres, mais le travail de Dante s'achève au chapitre XIV du livre II. Le premier livre est consacré à l'origine des langues, puis à l'analyse des différents dialectes italiens. Dante arrive à la conclusion qu'aucune langue vulgaire n'est supérieure à une autre et donc susceptible de s'imposer. Il met donc son espoir dans la constitution d'une langue vulgaire unitaire qui pourrait être répandue dans toute la péninsule italienne. Dans le deuxième livre, Dante montre qu'une langue vulgaire mais soignée peut être utilisée pour les plus nobles sujets, et peut même s'appliquer au style tragique. Dante définit comme vulgaire la langue que l'enfant apprend de sa nourrice, pendant que la grammaire (c'est-à-dire le latin) est une langue immuable et artificielle. Pour cela, la langue vulgaire doit être considérée comme la plus noble.

Il Convivio[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Convivio.

Il apparaît qu'en 1305 Dante cesse la rédaction du De vulgari eloquentia sans l'avoir achevé, puisqu'il n'a écrit que deux livres sur les quatre initialement prévus. Il semble qu'il mette alors en pratique ses idées puisqu'il se lance dans la rédaction d'une œuvre monumentale en toscan : le Convivio. Il y aborde les sujets habituellement traités en latin tels que : les hiérarchies angéliques, l'éloge de la philosophie et de la science comme voie de l'épanouissement de l'homme, l'exaltation de la noblesse comme valeur intellectuelle et morale conquise par l'individu. Il semble que Dante se donne pour mission d'ouvrir les portes de la culture et de la science antique et contemporaine au plus grand nombre. Cela dit, certains passages du Convivio visent à défendre l'auteur des accusations portées contre lui. Il dit son amertume d'avoir été rejeté par Florence, sa ville natale qui l'a élevé en son sein. Le Convivio devait initialement comporter quinze traités, mais seuls les quatre premiers seront achevés.

De Monarchia[modifier | modifier le code]

Article détaillé : De Monarchia.

Dante revient au latin pour exprimer ses opinions politiques dans son traité De Monarchia, rédigé entre 1313 et 1318. C'est peut-être le décès d'Henri VII en 1313 qui lui donnera l'idée de ce nouveau traité. En effet, avec la mort du monarque disparaissent tous les espoirs de Dante de voir un jour l'autorité impériale restaurée sur la péninsule, au détriment de celle du pape. Dans le premier livre du traité, Dante fait l'éloge de la monarchie universelle comme système politique idéal pour garantir la justice et la paix et, par conséquent, le bonheur des hommes. Le deuxième livre vise à montrer que c'est le peuple romain qui doit posséder l'autorité suprême, car il est héritier de l'Empire romain selon le droit, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu, et non seulement selon la force. Enfin le troisième et dernier livre traite des rapports entre l'empereur et le pape, tous les deux tirent leur autorité de Dieu, mais chacun doit l'exercer dans son propre champ de souveraineté : le domaine spirituel pour le pape et le domaine temporel pour l'empereur. Le traité est jugé hérétique et sera par la suite mis à l'index jusqu'en 1881.

Dante est également l'auteur probable de Quaestio de aqua et terra, un court traité portant sur les positions respectives des sphères de l'eau et de la terre, qui vise à prouver que l'eau n'est nulle part plus haute que les terres émergées.

En dehors des traités, il nous est parvenu de lui deux églogues en latin construites à la manière de Virgile dont il est, depuis sa jeunesse, un fervent admirateur. Ces textes sont des réponses adressées à Giovanni del Virgilio qui enseigne alors la rhétorique à l'université de Bologne et qui reproche à Dante d'avoir écrit la Divine Comédie en toscan plutôt qu'en latin.

Une expérience poétique originale[modifier | modifier le code]

Le recueil des Rimes qui réunit 54 pièces est un véritable lieu d'expérimentation poétique. Bien que le rassemblement et l'organisation de ces textes soit postérieur à Dante, il est probable qu'il soit l'auteur de la majeure partie des poésies. Parmi ces expérimentations, on peut retenir rime petrose qui regroupe deux chansons qui font le portrait d'une femme au cœur de pierre et qui ne sont pas sans rappeler la poésie des troubadours provençaux.

La Divine Comédie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Divine Comédie.
Dante et Virgile en Enfer (1850), William Bouguereau, Musée d'Orsay, Paris.

Dante commence la rédaction de la Divine Comédie dès 1306 et la poursuivra vraisemblablement jusqu'à sa mort. L'œuvre initiale portait simplement le nom de « Comedia », mais par la suite les principaux commentateurs (en particulier Boccace) et les éditions modernes du texte lui ont adjoint le qualificatif de « divina ». L'œuvre raconte le voyage imaginaire du narrateur qui se retrouve brusquement plongé dans une forêt sombre. Là, il rencontre Virgile qui l'invite à pénétrer dans le monde de l'au-delà. Dante le suit et c'est par la visite de l'enfer que commence son périple, suivra le purgatoire et enfin le paradis. Il faudra à Dante toute la semaine sainte de l'année 1300 pour effectuer la totalité de ce voyage. Guidé par Virgile, il descend d'abord à travers les neuf cercles de l'enfer, gravit ensuite les sept gradins de la montagne du purgatoire jusqu'au paradis terrestre et enfin s'élève dans les neuf sphères concentriques du paradis. Virgile lui servira de guide jusqu'à la porte du paradis, mais il ne peut aller plus loin car étant né avant la venue du Christ, il n'a pas pu bénéficier du sacrifice du messie. C'est donc Beatrice Portinari, sa muse, qui prend le relais et qui va guider Dante dans l'Empyrée. Elle lui ouvrira la porte du salut, puis saint Bernard conduira le narrateur dans la Rose céleste jusqu'à la vision suprême.

Le récit, rédigé à la première personne, est un véritable voyage initiatique. Au cours de son périple, Dante va rencontrer une centaine de personnalités, depuis les grandes figures mythiques de l'antiquité comme les philosophes, jusqu'aux personnalités locales contemporaines de Dante. Cette œuvre monumentale offre ainsi de nombreuses lectures différentes ; elle est à la fois le récit du parcours personnel de Dante, un manuel théologique chrétien de description de l'au-delà, un roman à valeur éthique et morale ou encore une réflexion sur la recherche du salut éternel. Une partie du génie de Dante réside en ce savant mélange de lieux imaginaires et d'expériences concrètes. Bien que l'action se situe dans un univers métaphysique en un sens, Dante sait décrire les lieux avec force détails et leur donne beaucoup de réalisme en les peuplant de toutes ces figures célèbres ou anonymes.

Publications[modifier | modifier le code]

Éditions italiennes[modifier | modifier le code]

Traductions en français[modifier | modifier le code]

Le premier auteur français à mentionner Dante est Philippe de Mézières, dans son œuvre allégorique le Songe du vieil pèlerin, rédigée en 1389. Voir dans le livre I, au chapitre 39[6].

  • De Monarchia, par Sébastien Rhéal 1855.
  • Œuvres complètes, traduites et commentées par André Pézard, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1965.
  • La Comédie (Enfer, Purgatoire, Paradis - et Postface), éd. bilingue par Jean-Charles Vegliante, Paris, Imprimerie Nationale, 1996-2007. Nouvelle éd. La Comédie - Poème sacré, Paris, Poésie/Gallimard, 2012 (poche bilingue, 2014 2).
  • Vita Nova, traduction de Georges Nicole, postface et notes de Joël Gayraud, éd. Mille et une nuits, Paris, 1995. Vie nouvelle, éd. critique bilingue de Jean-Charles Vegliante, Garnier classiques, 2011
  • Vingt poèmes, choix, traduction de l'italien et présentation par Armand Farrachi, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1994
  • Dante La divine comédie : Manuscrit du XVe siècle de la Bibliothèque Marciana de Venise, commenté par Sergio Samek-Ludovici (récits de Nino Ravenna, traduit par B Soulié), Liber SA B6656-1957;

Postérité[modifier | modifier le code]

Postérité littéraire[modifier | modifier le code]

L'étude des écrits de Dante se nomme la Dantologie.

Dante a inspiré de nombreux écrivains, notamment Honoré de Balzac, qui lui rend hommage et qui cite son œuvre dans La Comédie humaine dont le titre est une référence à la Divine Comédie. Il le cite aussi dans de nombreux romans : « Cette Béatrix déjà devenue dans sa pensée ce qu'était Béatrix pour Dante, une éternelle statue de marbre aux mains de laquelle il suspendrait ses fleurs et ses couronnes[7] » ou encore : « Le visage glacé de madame d'Aiglemont était une de ces poésies terribles, une de ces faces répandues par milliers dans la Divine Comédie de Dante Alighieri[8]. »

En 2010, Marc-Édouard Nabe publie son roman L'Homme qui arrêta d'écrire, transposition intégrale et particulièrement fidèle de la Divine Comédie dans le Paris des années 2000[9]. Le roman arrive en finale pour le prix Renaudot [10].

Le pape Benoît XV lui consacre sa onzième encyclique, In Praeclara Summorum, publiée le 30 avril 1921 à l'occasion du sixième centenaire de sa mort.

Monuments[modifier | modifier le code]

Outre le tombeau qui contient ses ossements à Ravenne, plusieurs monuments lui rendent hommage dans le monde :

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Peinture[modifier | modifier le code]

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Cinéma[modifier | modifier le code]

Outre les adaptations au cinéma de son œuvre littéraire (notamment la Divine Comédie), l'écrivain est représenté dans différents films :

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Numismatique[modifier | modifier le code]

C'est le portrait de Dante par Raphaël qui a été retenu (après un vote populaire) pour figurer sur la face nationale italienne de la pièce de deux euros.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dante indique dans la Divine Comédie, Par. XXII 112-117, qu'il est né sous le signe des Gémeaux :
    P. Pecoraro : « Le date di nascita di Beatrice e Dante », in Critica Letteraria, a. 13, vol. XLVI (1985), fasc. 1, p. 3-18.
    Richard Kay : « Il giorno della nascita di Dante e la dipartita di Beatrice », in Studi americani su Dante, Milan, Angeli, 1989, p. 243-265.
  2. La ville de Florence fête la naissance de Dante le dernier samedi de mai.
  3. La Divine Comédie : L'Enfer — Chant I
  4. C'est à Castello della Pieve,que le 4 octobre 1301, comme le rappelle une plaque apposée sur la tour du bourg médiéval que Charles de Valois, frère du roi de France décréta avec Corso Donati, recteur de Massa Trabaria l'exil de Dante Alighieri de Florence
  5. (en) Telegraph, 17 juin 2008
  6. éd. par G. W. Coopland, Cambridge, at the Univ. Press, 1969, 2 vol.; trad. en français moderne par Joël Blanchard, Paris, Pocket, 2008, coll. Agora, n° 297
  7. Béatrix, Édition Furne, 1845, vol.III, p. 379
  8. La Femme de trente ans, Furne, 1845, vol. VIII, p. 157
  9. http://www.alainzannini.com/index.php?option=com_content&view=article&id=2024%3Adivine-transposition&catid=67%3Aanalyses&Itemid=85
  10. http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/10/21/nabe-et-l-anti-edition-en-lice-au-renaudot_1429077_3260.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Guénon, L’Ésotérisme de Dante, Paris, Ch. Bosse,‎ 1925
    nombreuses rééditions, dont Éditions Traditionnelles, 1949
  • La Vie de Dante a été écrite par Boccace, Giovanni Villani, Léonard Arétin, et par Alexis-François Artaud de Montor.
  • Eugène Aroux, Dante hérétique, révolutionnaire et socialiste, révélations d'un catholique sur le Moyen Âge (1854)
  • Paul Colomb de Batines, Bibliografia dantesca, ossia Catalogo delle edizioni, traduzioni, codici manoscritti e comenti della ‘Divina Commedia’ e delle opere minori di Dante, seguito dalla serie de’ biografi di lui, Prato, Tipografia Aldina, 1845-1946, en 2 vol.
Note : édition complétée d’un troisième volume posthume contenant les notes et ajouts manuscrits de Colomb de Batines : Giunte e correzioni inedite alla Bibliografica dantesca, éd. par Guido Biagi, Florence, Sansoni, 1888.
  • —, Bibliografia dantesca, réédition anastatique, Rome, Salerno Editrice, « Biblioteca storica dantesca », 2008, en 3 vol.
Note : le troisième volume contient l’index général, l’index des Giunte e correzioni (ajouts et corrections), une postface de Stefano Zamponi en collaboration avec Mauro Guerrini et Rossano De Laurentiis, et un index des manuscrits établi par Irene Ceccherini
  • Etienne-Jean Delécluze, Dante et la poésie amoureuse, 1854.
  • Claude Fauriel, Dante et les origines de la langue et de la littérature italiennes, cours fait à la Faculté des lettres de Paris, 1854.
  • Franco Ferrucci, Il poema del desiderio: Poetica e passione in Dante, 1990
  • Étienne Gilson, Dante et la philosophie, Vrin (1939, 4e éd. 2002).
  • Étienne Gilson, Dante et Béatrice, Vrin (1974).
  • Louis Lallement, Dante, maître spirituel (3 tomes), Maisnie Trédaniel (1984, 1988, 1993).
  • Sophie Longuet, Couleurs, foudre et lumière chez Dante. Éditions Honoré Champion, 2009. 1 vol., 504 p., relié, 15 × 22 cm (ISBN 978-2-7453-1771-1).
  • Alexandre Masseron était un grand « dantologue », ses travaux furent connus dans le monde entier. Il traduisit la Divine Comédie (Albin Michel)
  • Dante Alighieri : le grand poète qui tant aima saint François, Éditions Franciscaines, 1946.
  • A. Michel, La Divine Comédie - avec une introduction à la bibliographie dantesque, impr. de J. Dumoulin, 1949 Dante et saint Bernard.
  • Charles Maurras, Le Conseil de Dante, Nouvelle Librairie nationale, 1920 (disponible ici);
  • Didier Ottaviani, La Philosophie de la lumière chez Dante, Honoré Champion, 2004.
  • Frédéric Ozanam, Dante et la philosophie catholique au treizième siècle, Paris, Débécourt, (1899). [lire en ligne], Essai sur la philosophie de Dante ; il a aussi traduit et commenté Dante : Le Purgatoire
  • Bruno Pinchard, Pour Dante, Honoré Champion, 2000.
  • Paul Renucci, Dante disciple et juge du monde gréco-latin, Clermont-Ferrand, éd. de Bussac, 1954.
  • Jacqueline Risset, Dante écrivain, ou L'intelletto d'amore, Seuil, coll. Fiction & Cie, 1982.
  • —, Dante, une vie, Flammarion, 1999.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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