Malaucène

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Malaucène
Vue vers le nord depuis le château, avec le beffroi
Vue vers le nord depuis le château, avec le beffroi
Blason de Malaucène
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Malaucène
Intercommunalité Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin
Maire
Mandat
Dominique Bodon (M.)
2014-2020
Code postal 84340
Code commune 84069
Démographie
Gentilé Malaucéniens, Malaucéniennes
Population
municipale
2 683 hab. (2011)
Densité 59 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 10′ 30″ N 5° 07′ 59″ E / 44.175, 5.1330555555644° 10′ 30″ Nord 5° 07′ 59″ Est / 44.175, 5.13305555556  
Altitude 365 m (min. : 238 m) (max. : 1 132 m)
Superficie 45,33 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.malaucene.fr

Malaucène est une commune française située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Malaucène, une des communes du piémont du Mont Ventoux.

Situé au nord du Vaucluse, à la limite de la Drôme, Malaucène est un beau village provençal installé à 350 m d'altitude, au pied du versant nord du Mont Ventoux, dont il constitue la principale porte d'entrée. Le village blotti autour de son ancien "château" (une tour forte plus exactement)aménagé en "Calvaire" au XVIIIe s. est ceinturé par "boulevard circulaire" bordé de platanes centenaires. La ville est traversée par la source du Groseau qui dans le passé a été une zone d'activité intense avec de nombreux moulins, filatures et jusqu'il y a encore très peu de temps des papeteries (2009).

À 9 km au sud de Vaison-la-Romaine et à 18 km au nord de Carpentras, Malaucène se trouve à moins de 50 km de la gare TGV et de l'aéroport d'Avignon, à 30 km de l'autoroute A7 et a moins de 40  km d'Orange et de l'autoroute A9.

Lieux-dits et écarts[modifier | modifier le code]

Hameau de Vaux, ancienne commune éphémère, rattachée à Malaucène dès 1794.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La source vauclusienne du Groseau.

Le Groseau est une « source vauclusienne » qui jaillit à Malaucène. Elle est, en importance, la seconde résurgence karstique du département de Vaucluse, après celle de la Fontaine de Vaucluse. Cette source donne son nom à une rivière qui se jette dans l'Ouvèze après avoir traversé les communes d'Entrechaux et du Crestet[2]. La source est située, à la sortie de la ville, sur la route du Mont Ventoux. Sa résurgence jaillit au pied d'une falaise de plus de 100 mètres de hauteur. Cet abrupt correspond à une fracture majeure, orientée N-E / S-O qui limité le massif du Ventoux au couchant. Son bassin-versant, avec une superficie de 25 km2, correspond à un pli synclinal tertiaire de roches tendres (marnes bleues, grès, sables miocènes), coincé entre le versant nord du Mont Ventoux et le massif des Dentelles de Montmirail. Des versants avec des pentes de plus de 20 % dominent des épandages torrentiels périglaciaires d'origine quaternaire. Le Groseau et son affluent le Rieufroid, qui drainent un vaste bassin amont, s'encaissent ensuite dans des lits dont les berges atteignent entre deux à trois mètres de hauteur. Leur confluence, située à deux kilomètres en amont de l'Ouvèze, reçoit les apports du Sublon, un torrent à très forte pente. Sur le dernier kilomètre de son lit, le Groseau a été rectifié et canalisé, son tracé original ayant été détourné à 90° à des fins d'arrosage[3].

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[4].

Mois
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Mazan 2000-2007

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Hommes du Neandertal au niveau du quartier de la Baume[5].

Exploitation du silex des combes de Veaux de la fin du Néolithique puis au Chalcolithique[5].

Saint-Martin : présence d'un atelier de production de silex bédouliens chauffés du Chasséen (Néolithique). Présence romaine au Groseau avec les traces d'un aqueduc canalisant les eaux de la source du Groseau jusqu'à Vaison-la-Romaine. Vestiges repérés au col Saint Michel, au "vieux Malaucène" l'oppidum du Clairier. Nombreux objets découverts plus ou moins fortuitement sur le territoire de Malaucène.

Article détaillé : Oppidum du Clairier.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Porte de l'ancienne Juiverie détruite sur ordre de Jean XXII

Au XIIe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait le prieuré Saint-Baudile (aujourd’hui disparu)[6].

Le pape Clément V fait du monastère du Groseau sa résidence d'été. De cette construction du XIIe siècle, il ne reste de nos jours qu'une chapelle[5].

Charles IV, troisième fils de Philippe le Bel, après la mort de son frère Philippe, est couronné à Reims par l’archevêque Raymond de Courtenay, le 9 février 1322. Considérant que son Trésor est par trop vide, il n’hésite pas à poursuivre la politique de son père et fait expulser les juifs de France afin de récupérer leurs biens. Jean XXII trouve la mesure excellente et, pour ne pas être en reste, il fait de même avec les juifs d’Avignon et du Comtat Venaissin qui se réfugient en Dauphiné et en Savoie. Pour parfaire l’expulsion, le pape juge utile et nécessaire de faire jeter à bas la synagogue de Malaucène ainsi que celles de Bédarrides, Bollène, Carpentras, Le Thor, Monteux et Pernes. Ce fut la seconde expulsion des juifs du Comtat. La première avait été décidée le 13 mars 1302, par Mathias de Chiéti – dit Matthieu de Chéate – Recteur du Comtat Venaissin, qui les accusait de pratiquer l’usure.

Après le départ des Papes d'Avignon, la commune est touchée par les guerres de religions[5].

Renaissance[modifier | modifier le code]

Lors de l'hiver 1788 à 1789, Malaucène connait d'importants gels[5].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Au cours du XIXe siècle de gros travaux sont réalisés au niveau du bourg de Malaucène tels que la démolition des anciens remparts (datant du XIIIe siècle), la construction de lavoirs et de fontaines et l'agrandissement du cours[5].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Important maquis dans le Ventoux lors de la Seconde Guerre mondiale[7].

Le 6 mai 1943, la Gestapo organise une opération de répression sur Malaucène[7].

Le 8 juin 1944, les troupes motorisées allemandes guidées par les miliciens investirent Malaucène et Beaumes-de-Venise. Quand elles se retirèrent elles laissèrent sur le terrain 9 morts et 8 blessés graves[7].

Article détaillé : Maquis Ventoux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Malaucène "malaussena" signifie "safre" en vieux provençal. Cette roche, une molasse est sorte d'argile limoneuse durcie, entre le sable et le grès, constitue effectivement l'essentiel du soubassement du village. La colline du Calvaire du latin "calvaria" qui signifie le "crâne" d'Adam, située au cœur du vieux village, est en effet entièrement constituée de safre. La question est de savoir si le nom du village vient de la roche, ou si c'est l'inverse.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
blason

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De gueules à la clef d'or et à la clef d'argent passées en sautoir, accompagnées de deux veaux affrontés du même, posés sur les anneaux, la tête contournée.

Dessin à la plume de Malaucene (auteur : Michel Mans).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1932   Louis Cornillac    
1989 1995 Jacques Gabinel    
1995 2001 Bernadette Laporte DVG  
2001 en cours Dominique Bodon (M.) UMP  

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Malaucène en 2009[8]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 13,94 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 14,90 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 74,75 % 0,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 19,41 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 683 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 465 2 506 2 699 2 734 3 069 3 225 3 290 3 288 3 283
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 330 3 029 3 104 2 852 2 697 2 560 2 370 2 245 2 215
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 093 2 098 2 062 1 703 1 704 1 743 1 711 1 521 1 613
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 780 1 940 1 955 2 096 2 172 2 538 2 669 2 691 2 665
2011 - - - - - - - -
2 683 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Malaucène vit en grande partie de l'agriculture avec ses nombreux vergers de cerises, prunes, abricots, pêches, brugnons, olives et vignobles avec les côtes du Ventoux, de maraichage et de tourisme. L’industrie était également présente, avec en particulier l'usine des Papeteries de Malaucène dont l'activité grâce à la présence de la source du Groseau est attestée depuis 1545, et qui sera fermé par le groupe Schweitzer-Mauduit, le dernier propriétaire en 2009.

La situation géographique fait de Malaucène, au pied du Mont Ventoux une étape incontournable pour les sportifs notamment les cyclistes et "vététistes", randonneurs, et grimpeurs voire sports d'hiver : ski, raquette avec la station du Mont Serein. Malaucène est l'un des accès les plus prestigieux et le plus ancien pour l'ascension du Ventoux: c'est en partant de Malaucène que le poète Pétrarque montera au sommet du Mont Ventoux et racontera son ascension en 1336, « poussé seulement par le désir de visiter un lieu renommé pour son altitude » ce qui peut être considéré comme une des premières pratiques de l'alpinisme.

On trouve à Malaucène de nombreux commerces de proximité: un supermarché, 3 boulangeries, 1 boucherie, 1 pharmacie, 1 tabac, 1 maison de la presse, 1 librairie, 1 galerie d'art contemporain et des nombreux commerces liés au tourisme: restaurants, pizzerias, hôtels, gîtes et chambres d'hôtes, 3 campings, 1 résidence vacances, 1 spa, magasin spécialisé dans les cycles, magasins de souvenirs. Le marché hebdomadaire du mercredi.

Article détaillé : Marché de Malaucène.

Vie Locale[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Médecin généraliste, vétérinaire, dentiste, pharmacie, infirmiers et ambulances sont présents sur la commune.

Sports[modifier | modifier le code]

Plusieurs associations sportives (football, tennis, moto-cross, futsal, etc.)[11].

Cultes[modifier | modifier le code]

Église paroissiale Saint-Michel vue du château.

Église paroissiale Saint-Michel.

Écologie et recyclage[modifier | modifier le code]

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et la protection et mise en valeur de l'environnement se font dans le cadre de la Communauté d'agglomération Ventoux-Comtat Venaissin.

La commune est incluse dans la zone de protection Natura 2000 « l'Ouvèze et le Toulourenc », sous l'égide du Ministère de l'écologie, de la DREAL Provence-Alpes-Côte-d'Azur, et de MNHN (Service du Patrimoine Naturel)[12].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le beffroi (1482-1532).
La Porte Chaberlain (1363) à proximité de l'église Saint-Michel.
  • Église Saint-Michel de Malaucène fin XIIIe s - XIVe et XVIIIe s pour le chœur, bâtie en grande partie sous le pape Clément V, cette église fortifiée faisait partie de l'enceinte de la ville. Les contreforts ont été murés afin de fortifier l'église durant les guerres de religion (1579). La façade principale, à l'ouest, présente des traces de la corniche d'origine, l'ensemble est surmonté par des mâchicoulis du XVe s, l'oculus est décorée d'une rosace polygonale probablement refaite en 1653. Le portail, présente des similitudes avec l'Église Notre-Dame-de-Bon-Repos de Montfavet, construite entre 1343 et 1347. Le linteau vandalisé en 1792, porte les traces du Christ et de ses Apôtres placés dans une colonnade. Les amorces d'un porche jamais construit (les voussoirs) sont ornées de personnages fantastiques. La porte principale est constituée de planches épaisses bardées de plaques de fer date de 1460. L'église abrite une chaire très ouvragée réalisée vers 1880/1885 par les frères Charrol, sur les plans de l'architecte L'abbé Pougnet. L'orgue aujourd'hui placé dans la tribune au-dessus de la porte principale date de 1711, modifié en 1713. Il a été mis en place et et réalisé par le facteur Charles Boisselin, réparé en 1723 par Jean Salomon, puis en 1753 par Jean-Esprit Isnard.
  • Chapelle Notre-Dame-du-Groseau. seul vestige du monastère Notre Dame du Groseau, fondé en 684 par Petronius, êvèque de Vaison-la-Romaine dans la vallée du Groseau à la sortie de Malaucène en direction du Mont Ventoux. Le monastère fut détruit en 739, puis reconstruit entre 1079 et 1114. La chapelle, quant à elle, fut rebatie en 1150. Le pape Clément V, premier pape d'Avignon (élu en 1305), fait aménager le monastère par le chanoine Jean de Plaisance entre 1309 et 1310. C'est un véritable palais qui sera construit comme le montrent les comptes, afin d'accueillir le pape et sa cour. Ce monastère a été l'un des lieux de retraite de prédilection du pape Clément V, "le jardin de ses délices" où il passera plus de 400 jours entre 1310 et 1314. Elle fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862. Elle abrite une stèle inscrite en "gallo-grec" probablement un ex-voto à Grasélos.
  • Le Groseau, une des deux principales sources du Mont Ventoux avec la Sorgue vient du dieu celte Grasélos et ses nymphes les Grisélides, récupéré successivement par les Romains puis les chrétiens. (Gréoux-les-Bains en tirerait également son nom). Les romains ont aménagé un aqueduc pour approvisionner la ville de Vaison-la-Romaine (Vasio) seconde moitié du 1er s.
  • Calvaire, "l'ancien château" dont on pense qu'il s'agit plutôt d'un donjon ou d'une tour de guet, date vraisemblablement du XIIe s. La tour carrée qui mesurait 22 m de haut occupait le sommet de la colline de safre qui a donné son nom à la ville : safre "malaussena" en provençal le tout ceinturé de rempart et d'un chemin de ronde. Le safre plus exactement la molasse est une roche friable d'origine marine semblable à du sable dur (jaune, ocre ou gris) ou à une sorte de grès friable. Elle se prête facilement à l'aménagement d'abris creusés dans la roche. En 1750, les habitants craignant un effondrement de la tour sur les habitations obtiennent sa destruction. En 1828, on aménage une sorte de plateforme qui conserve une partie des fortifications avec une large rampe caladée bordée de cyprès et un calvaire occupe le centre avec le crucifix et les deux croix des Larrons, enfin des grilles ponctuées de 13 oratoires encerclent le tout au niveau de l'ancien chemin de ronde. Entre 2007 et 2009, dans les niches créées à cet usage au XIXe s, l'artiste plasticien Luc Ta-Van-Thinh a réalisé un Chemin de Croix contemporain et original en céramique pour remplacer les œuvres anciennes abîmées ou détruites.
  • le Beffroi situé en contrebas du Calvaire, sa construction décidée en 1482 ne fut terminée qu'en 1532. En 1678, l'horloge fut dotée d'un "repicq". Après de nombreuses réparations, le mécanisme de l'horloge fut remplacé par Cosme Brachet un spécialiste de Séguret et on en profita pour rehausser le beffroi en 1762. En 1910, le mécanisme et le cadran en fer (aujourd'hui exposé dans la mairie) ont été remplacé, enfin, en 1985, un mouvement électrique à définitivement mis fin à la fonction séculaire de "gouverneur de l'horloge".
  • la Porte Soubeyran au sud est de l'église, reconstruite en 1725, elle donne accès à la Grand'Rue. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe s. que ses abords ont été aménagés avec une vaste esplanade
  • Lavoir et fontaine en face de la Porte Soubeyran dantent de 1839 et 1861.
  • Porte Chaberlin ou de Roux, au nord ouest de l'église. Une inscription en caractères gothiques rappelle que le rempart a été réalisé sous Urbain V par ordre du recteur Philippe de Cabassole et du Capitaine Général du Comtat par les soins de Guillaume Chaberlin. Une niche abrite une statuette de la Vierge. En 1742, la porte a été élargie pour faciliter le passage des "voitures".
  • Le banc de pierre accolé à la façade sud de l'église Saint Michel, a été construit entre 1783 et 1784. Il est réputé comme être le plus long banc il mesure en effet 41,77 m.
  • ancien Hôtel de l'Espine, situé à côté de la porte Chaberlin
  • fontaine du Théron
  • ancien Hôtel de Saunier, la "maison aux Atlantes"
  • ancienne Mairie
  • fontaine rue des Trois visages
  • ancien Hôtel de la Pomme d'or
  • ancien Hôtel de Brancas
  • château de la Lauze
  • château de Crémessières
  • porte Cabanette
  • cours des Isnards
  • Hôtel de ville
  • ancien Hôtel de Valouse
  • ancien Hôtel de Brémond
  • rue du vieil hôpital
  • passage de l'âne

Mont Ventoux[modifier | modifier le code]

La route d'accès nord au Mont Ventoux passe par Malaucène.

On peut y observer, en quittant le village par celle-ci la chapelle de Notre-Dame-du-Groseau, où le Pape Clément V passa de nombreux séjours de 1309 à 1313.

Plus loin, dans la première épingle qui amorce l'ascension, la source du Groseau, lieu pittoresque, coule tout au long de l'année. Cette source est type résurgence vauclusienne, comme la Fontaine-de-Vaucluse, mais dans une bien moindre mesure.

En commençant la montée, juste après le Groseau, on passe devant le portail Saint-Jean, sorte de concrétion calcaire foncée entourée d'un bourrelet plus clair. Une légende dit que tous les ans, pour la Saint-Sylvestre, le portail s'ouvre et une chèvre en or s'en échappe pour aller se promener alentour, laissant avec ses sabots des traces dorées sur les rochers. De nombreuses personnes ont essayé de l'attraper mais en vain….

À quasi mi-parcours avec le sommet se trouve la station du Mont Serein avec 8 remontée mécaniques pour 12 km de pistes. Elle comporte aussi des pistes de ski de fond et de raquettes. Cette station développe aussi des activités estivales avec en plus des randonnées à pied, à cheval et à VTT, du Devalkart, du Rollerbe et un parcours Accrobranche.

Au sommet, on peut, en plus du merveilleux paysage, (par beau temps on y voit le mont Blanc, la mer et le mont Aigoual) observer la tour et son "émetteur" rouge et blanc caractéristique visible de tout le département et plus loin encore. Il s'agit d'un radar de contrôle aérien, l'émetteur télé et radio se situe légèrement en contrebas sur la tour Kaki. On peut de même, vers l'est, observer les vestiges de la base de lancement de missiles, avec les deux dômes "thermonucléaires", portes d'accès aux galeries souterraines. Cette base est aujourd'hui utilisée pour des expériences scientifiques de détection de particules extraterrestres (dans les salles de commande des missiles).

S'ensuit la descente vers le chalet Raynard, station du versant sud du Ventoux et où se séparent les routes allant vers Sault et vers Bédoin.

La station du mont Serein et le sommet du mont Ventoux sont sur la commune de Beaumont-du-Ventoux.

Les Combes de Veaux et le Toulourenc[modifier | modifier le code]

En prenant vers le Nord, par les combes de Veaux, après avoir emprunté une étroite route sinueuse où se déroulent fréquemment des rallyes automobiles, on arrive dans la vallée du Toulourenc, petite rivière du flanc nord du mont Ventoux qui délimite les départements du Vaucluse et de la Drôme. Cette rivière prenant sa source au pied du château d'Aulan près de Montbrun-les-Bains coule sur près de 30 kilomètres pour se jeter dans l'Ouvèze sur la commune d'Entrechaux. Sinuant selon les combes descendant de la montagne, elle a creusé dans la roche de son lit, en amont et en aval du hameau de Veaux (ou Vaux selon les étymologies), lieu de naissance du héros du roman "Ravage" de René Barjavel, de profondes gorges atteignant parfois 100 mètres. La gorge aval appelée "Estrechon" (à cause de son étroitesse) ne dépasse pas par endroits 1,50 mètre de largeur et doit avoir une longueur de 3 kilomètres, de Notre-Dame des Anges à Veaux. En amont du hameau, après un autre "Estrechon" un effondrement de blocs tient lieu de lit de rivière, puis les gorges se poursuivent jusqu'à Saint-Léger-du-Ventoux.

Activités[modifier | modifier le code]

randonnée :Il existe de nombreux chemins de randonnée autour de Malaucène, notamment les GR4 et GR9 que vous pouvez parcourir à pied, à vélo, à vtt ou encore à cheval. équitation : plusieurs centrés équestres proposent des cours, des ballades sur la commune. pêche: plan d'eau, rivières randonnée aquatique : dans le Toulourenc au départ du hameau de Veaux cyclisme: escalade:

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le pape Clément V[modifier | modifier le code]

Armoiries de Clément V.

Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux, pape sous le nom de Clément V le 5 juin 1305.

Il arrive à Malaucène le 3 septembre 1309.

De 1309 à 1310, il fait aménager un palais au Groseau qui fut détruit à la Révolution.

Clément V passe 78 jours au Groseau en 1310, autant en 1311, 99 jours en 1312, 85 jours en 1313. Il quitte les lieux le 14 octobre 1313 et meurt le 20 avril 1314.

Il y fait ériger l'église Saint Michel et Saint Pierre 1309 sur l'emplacement d'un ancien temple, pièce fortifiée qui servit à la défense de la ville. Elle s'intégrait dans les remparts d'enceinte qui furent aussi construits à cette époque.

En 1311, il y prépare le Concile de Vienne au prieuré du Groseau dans lequel autorise entre autres la suppression de l'ordre des Templiers à la demande de Philippe le Bel[13].

Il met provisoirement fin au conflit entre le Saint-Siège et les Spirituels en provoquant un long débat entre les deux partis devant la commission dite de Malaucène[14].

La raison principale de sa présence ici est qu'il y trouve la sérénité loin de Philippe le Bel et de ses légistes. Il lui faut du calme pour préparer la défense de Boniface VIII accusé d'hérésie et préparer le concile de Vienne.

Pétrarque[modifier | modifier le code]

L'itinéraire possible de l'ascension du Ventoux par Pétrarque en passant par le Groseau
d'après un croquis dressé par Pierre de Champeville.

Poète et humaniste italien, François Pétrarque est né à Arezzo en 1304 et mort à Arquà, près de Padoue, en 1374.

Dans l'ouvrage Œuvres complètes de Pétrarque[15] on peut lire dans Lettres familières IV-I :

« À Dionigi di Borgo Sansepolcro, de l’Ordre de Saint-Augustin, professeur d’Écriture sainte, au sujet de ses propres soucis [...] Au jour fixé, nous quittâmes la maison, et nous arrivâmes le soir à Malaucène, lieu situé au pied de la montagne, du côté du nord. Nous y restâmes une journée, et aujourd’hui enfin nous fîmes l’ascension avec nos deux domestiques, non sans de grandes difficultés, car cette montagne est une masse de terre rocheuse taillée à pic et presque inaccessible. »

Cette ascension, datée du VI des calendes de mai 1336, eut lieu le 26 avril 1336. Cette date correspond, en effet, au 26 avril du calendrier julien, alors en vigueur, et au 9 mai de notre actuel calendrier grégorien[16].

Personnalités et Culture[modifier | modifier le code]

Jean Geoffroy, ancien sénateur maire de Saint-Saturnin-lès-Apt, est né dans cette commune, d'une famille de notables et d'anciens maires de Malaucène[17].

De nombreuses personnalités ont fait de Malaucène une commune riche autant dans l'art que dans la création. L'une des premières se nomme Michel Galabru, qui créa dans les années 1980 le festival de théâtre de Malaucène. Lors de ce festival il recevra ses amis dont Jacqueline Maillan, Micheline Dax, Rosy Varte ou encore Marthe Mercadier. Mais le festival s'arrête après 8 ans de succès. En 1993 s'installe entre Malaucène et le village du Crestet Bernard Minet, qui se trouve au sommet de sa carrière grâce au célèbre Club Dorothée. Il y réside toujours à l'heure actuelle.

Marie Cardinal écrivaine de roman à succès vécut aussi sur la commune, de même que la philosophe et écrivaine Noëlle Châtelet, des acteurs comme Magali Noël ou Jean-Pierre Darras. D'autres personnalités résident ponctuellement à Malaucène dont Yann Collette, et Myriam Boyer maman de Clovis Cornillac.

En 2004 les plateaux de la série Une femme d'honneur prennent leurs quartiers sur la commune pour le tournage de 8 épisodes. Malaucène est souvent le lieu de tournage de films étrangers, français, mais également de séries et fictions françaises.

Galerie photographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. « Le Groseau sur le site Sandre. »
  3. [PDF]« Le rôle du bassin du Groseau dans la crue de l'Ouvèze du 22 septembre 1992. »
  4. « La climatologie du Vaucluse. »
  5. a, b, c, d, e et f (fr) « Histoire du territoire de Malaucène sur le site de la commune. »
  6. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p. 221
  7. a, b et c Aimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Aubanel, Avignon, 1965, p. 123.
  8. « Impots locaux à Malaucène », taxes.com
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  11. « Les associations à Malaucène. », sur www.malaucene.fr (consulté le 19 mai 2010)
  12. Responsabble Natura 2000
  13. « Pape Clément V sur avignon-et-provence.com . »
  14. « amicale-genealogie.org. »
  15. « Franciscus PETRARCHA, Familiarium rerum, liber IV, ep. 1. »
  16. Georges Brun, Le Mont Ventoux, recueil de textes anciens et modernes, Le Nombre d'Or, Carpentras, 1977.
  17. Jean Geoffroy

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Brusset, Malaucène. Aspect de l'Histoire entre Ventoux et Ouvèze, Éd. Le Nombre d'Or, Carpentras, 1981.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]