Tirailleurs algériens

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2e régiment de tirailleurs algériens et son drapeau décoré de la Légion d'honneur et de la médaille militaire le 13 juillet 1919 à Paris, place de l'Hôtel-de-Ville
1er RTir d'Épinal (sous-officier) - 16e RTT (troupe) - 22e RTA (troupe) écussons modèle 1945.

Le tirailleurs algériens[1], appelés aussi Turcos, étaient des unités d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française. Ces unités à recrutement majoritairement indigène (70-90 % selon les époques) venues d'Algérie française et du Protectorat français de Tunisie [2] ont existé de 1842 à 1964.

Avant 1842, les indigènes d'Algérie étaient recrutés chez les zouaves.

Ils participent à toutes les campagnes militaires du Second Empire et de la IIIe République et se distinguent particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle les 14 régiments ayant combattu obtiennent 55 citations à l'ordre de l'Armée[3], 4 régiments recevant la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur[4], puis lors de la Seconde Guerre mondiale, notamment lors de la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français du général Juin puis du débarquement de Provence en août 1944.

Les régiments de tirailleurs algériens et tunisiens sont avec les zouaves parmi les plus décorés de l'armée française et viennent juste après le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM), appartenant aux troupes coloniales, et le Régiment de marche de la Légion étrangère, appartenant à l'Armée d'Afrique[5].

Sommaire

Le mot « Turcos »[modifier | modifier le code]

Le surnom de «Turcos » a été donné aux  Tirailleurs Algériens lors de la guerre de Crimée par les Russes qui les avaient pris pour des Turcs. Parfois, il est utilisé en reprenant le terme espagnol, à propos d’Amérique latine (de Cuba à l’Argentine) pour désigner les descendants des immigrés de l’ex-empire ottoman, Syriens et Libanais.

Dans cette guerre les tirailleurs algériens de l’armée française étaient dans le même camp que les soldats tunisiens de l’armée turque. Après la conquête française de la Tunisie, la France va créer aussi des tirailleurs tunisiens, qui seront aussi appelés «  Turcos ».

Le terme Turcos est surtout employé à la fin du XIXe siècle, notamment pendant la guerre de 1870-1871. Des Turcos sont ainsi les héros de la commune de Chanteau (Loiret) ou d’un des Contes du lundi de'Alphonse Daudet, « le Turco de la commune ».

Les traductions successives du mot, désormais français, de « turco » amène des contre-sens. Ainsi, le roman La Ciociara d'Alberto Moravia (d’où Vittorio de Sica tire le film La Ciociara en 1962, avec Sophia Loren et Jean-Paul Belmondo) évoque les crimes perpétrés en Italie, dans la région d'Esperia, par l'armée française et notamment par certains de ses goumiers marocains assimilés aux Turcos. La traduction en français en 1958 par Claude Poncet parle de « Turcs » (pages 293 & 297 de l’édition J’ai Lu, 1984, 350 p.) faisant un lien, non voulu par l’auteur, entre les anciennes et les nouvelles catégories objets de ressentiment.

Histoire[modifier | modifier le code]

Uniforme en 1852 : Infanterie, soldat : algérien, fusil, officier français: drapeau, officier : algérien, soldat : tambour, cantinière.

Dès les débuts de la conquête de l'Algérie, en 1830, les soldats français s’entourent de troupes indigènes car ces dernières connaissent bien le pays, la culture locale, l’adversaire et s'adaptent généralement mieux au climat local que les Européens.

Ces troupes indigènes sont tout d'abord appelées zouaves par les français du nom d'une confédération tribale qui servit les turcs d’Algérie, entrée au service de la France peu après la prise d'Alger. Le recrutement des tirailleurs algériens est rapidement (octobre 1830) ouvert aux colons européens d'Algérie.

Trois bataillons de Tirailleurs Indigènes sont créés par l'ordonnance du 7 décembre 1841 pour accueillir les indigènes au moment où les Zouaves deviennent un corps à recrutement exclusivement français.

Les premiers bataillons de tirailleurs algériens apparaissent ainsi en 1842 et servent de force de souveraineté dans les territoires conquis. Ces unités de tirailleurs, recrutés parmi les indigènes, se différencient des unités de zouaves, à recrutement européen. Au début les bataillons sont indépendants et participent à la plupart des opérations de conquête et de pacification en Algérie notamment à Constantine et Laghouat. En 1854, un régiment provisoire est organisé pour la guerre de Crimée puis en 1856, trois régiments à trois bataillons de six compagnies sont créés, un dans chaque département d'Algérie, et comportent chacun 106 officiers et 4 059 hommes. En 1884, un 4e régiment est formé en Tunisie. Au départ, les tirailleurs tunisiens sont intégrés aux tirailleurs algériens et portent des numéros d'unités multiple de quatre. C'est seulement en 1921 que le terme de Tunisien sera adopté pour désigner ces derniers. En 1914, cinq nouveaux régiments, les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e, sont créés.

À partir de 1854, les tirailleurs vont servir hors d'Afrique du Nord et stationneront régulièrement en France entre 1918 et 1960. Le commandement français montrera une grande confiance dans ces troupes et leur implication au service de la France ainsi que leur « exotisme » les rendront souvent très populaires auprès des populations locales.

Les régiments de tirailleurs algériens écrivirent pour l'armée française parmi les pages les plus glorieuses de son histoire[6]. Ils participent à toutes les campagnes du Second Empire et de la IIIe République : Laghouat (1852), guerres de Crimée (1854-1855), où ils gagnèrent leur surnom de « turcos », et d'Italie (1859), campagne du Sénégal (1860-1861) et de Cochinchine (1858-1862), guerre du Mexique (1862-1867), guerre franco-prussienne de 1870-1871 en Lorraine, aux armées de la Loire et de l'Est, campagnes de Tunisie (1881-1883), du Tonkin (1883-1886), de Madagascar (1895), opérations de pacification en Algérie, au Sahara, campagne du Maroc de 1907 à 1912. Ils s'illustrent ensuite durant la Première Guerre mondiale, notamment lors de la bataille de Verdun en 1916, puis durant la Seconde Guerre mondiale, en Tunisie (1942-1943), en Corse (1943), en Italie (1943-1944), sur l'Île d'Elbe (1944), en Provence (1944), dans les Vosges (1944), en Alsace (1944-1945) et en Indochine plus particulièrement à la Bataille de Điện Biên Phủ en 1954.

Les régiments de tirailleurs (RTA) deviennent en 1958 « régiments de tirailleurs » (RT), le « A » disparaissant. En 1964, les tirailleurs sont dissous, et à leur place on forme des bataillons de chasseurs ou de régiments d'infanterie.

Uniforme, Nouba et mascotte du régiment[modifier | modifier le code]

L'uniforme des tirailleurs dit « à l'orientale » remonte à la création des premiers régiments vers 1840. Cet uniforme, quasiment identique à celui des zouaves et des spahis, hormis dans le choix des couleurs comprend :

  • une coiffure : la « chéchia » ou le « chèche »
  • une veste de couleur bleue avec des parements jaunes, portée sur une « sédria » (gilet sans manches)
  • une ceinture de laine rouge
  • le séroual, un pantalon bleu ou blanc, ample avec de nombreux plis

En plus de leur uniforme particulier, les tirailleurs possèdent également une musique originale, la nouba, caractérisée par son chapeau chinois, et une mascotte (généralement un ovin, bélier, mouflon ou bouc) qui marche en tête lors des défilés.

Composition d'un régiment de tirailleurs[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1914, un régiment d'infanterie possède 3 bataillons et compte environ 3 400 hommes. Un bataillon d'infanterie comprend 4 compagnies et compte 1100 hommes et 2 mitrailleuses. Une compagnie d'infanterie compte 4 sections de 60 hommes.

À la mobilisation, les neufs régiments de tirailleurs algériens et tunisiens représentent quarante bataillons dont dix-neuf se trouvent au Maroc. 32 bataillons sont envoyés en France en août et septembre 1914, 6 demeurent au Maroc et 2 en Algérie. Au cours de la guerre l'effectif s'accroit encore avec la formation de régiments de marche (RMT) et de régiments mixtes de Zouaves et de Tirailleurs (RMZT). Deux réorganisations se produisent, l’une en décembre 1914 et l’autre en mars 1915. Elles se traduisent par l’apparition de 9 régiments de marche, numérotés de 1 à 9 qui comprendront au cours des trois années de guerre suivantes quelques 63 bataillons bataillons auxquels s’ajouteront 12 supplémentaires dans les derniers mois de la guerre. Le jour de l'armistice 48 bataillons de 700 hommes environ sont présents.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, un régiment de tirailleurs est commandé par un colonel assisté d'un lieutenant-colonel. Il comprend[7] :

  • un état-major
  • trois unités régimentaires :
    • une compagnie hors-rang (CHG)
    • une compagnie antichar (CAC)
    • une compagnie de canons d'infanterie (CCI) qui dispose de six obusiers de 105
  • trois bataillons qui comprennent chacun
    • une compagnie de commandement
    • trois compagnies à trois sections de fusiliers-voltigeurs et une section de mitrailleuses et d'engin
    • une compagnie d'accompagnement à deux sections de mitrailleuses lourdes, une section de mortiers de 81 et une section de canons antichars

Un régiment comporte un peu plus de 3 000 hommes (dont 500 officiers et sous-officiers) et 200 véhicules. La proportion de Maghrébins atteint 70 % pour le régiment, 75 % pour le bataillon et 80 % pour la compagnie de fusiliers-voltigeurs.

Campagnes du Second Empire[modifier | modifier le code]

Guerre de Crimée (1853-1856)[modifier | modifier le code]

En 1854 un régiment provisoire à deux bataillons de neuf compagnies est formé. C'est lors du siège de Sébastopol que les tirailleurs gagnent leur surnom de Turcos. Au cours de la campagne, le régiment s'illustre à de nombreuses reprises. Il est cité une première fois le 19 mars 1855 à l'ordre de l'armée d'Orient : « dans la nuit du 14 au 15 mars, trois compagnies [de tirailleurs] se sont jetées sur une masse d'infanterie russe, l'ont mise en déroute et refoulée dans la place »[8]. Le 7 juin 1855, les alliés s’emparent du Mamelon-Vert, un ouvrage fortifié qui couvre Malakoff à l’est. Au cours de cet assaut, le régiment de Tirailleurs algériens perd 28 officiers et 398 hommes tués ou blessés et est cité une nouvelle fois dans l'ordre général du commandant en chef de l'armée d'Orient « pour la part active qu'il a prise à l'enlèvement de vive force des redoutes russes en avant de Sébastopol. »[9]. Le 7 septembre 1855, le général Mac Mahon attaque le fort de Malakoff, clé de la défense russe. Le lendemain, les Russes abandonnent la position après y avoir mis le feu. La tour Malakoff tombe aux mains des Français et des Anglais. Par cette victoire, Mac Mahon passe à la postérité. C'est à ce moment qu'il prononce son fameux « J’y suis ! J’y reste ». Ces combats coutent à nouveau aux tirailleurs 14 officiers et 250 hommes. Lors de cette bataille, le sergent Mohamed Ould el Hadj Kadour, qui perd ses deux bras, devient le premier tirailleur à être décoré de la Légion d'honneur[10].

Sur 2 800 tirailleurs envoyés en Crimée plus de 900 sont tués ou blessés.

Campagne d'Italie (1859)[modifier | modifier le code]

Comme pour la campagne de Crimée, l'armée d'Afrique fut appelée à fournir un contingent pour la campagne d'Italie. Chacun des trois régiments de Tirailleurs algériens dut fournir un bataillon de 1 100 soldats afin de créer un régiment provisoire de Tirailleurs algériens, composé de trois bataillons à six compagnies chacun. Le commandement en est donné au colonel Laure [11], du 2e régiment de Tirailleurs algériens[12]. Ce régiment s'illustre particulièrement lors des batailles de Magenta et Solférino. Henri Dunant écrira : « À l'attaque du mont Fontana les tirailleurs algériens sont décimés, leurs colonels Laure et Herment sont tués, leurs officiers succombent en grand nombre, ce qui redouble leur fureur : ils s'excitent à venger leur mort et se précipitent, avec la rage de l'Africain, sur leurs ennemis qu'ils massacrent avec frénésie sans trêve ni relâche et comme des tigres altérés de sang »[13]. Dans l'historique du 3e Tirailleurs, on peut lire : « Dans cette rude journée, ou la bravoure fit autant plus que la science militaire, les tirailleurs provoquèrent l'admiration de toute l'armée en se montrant non seulement l'incomparable troupe de choc qu'ils avaient toujours été, mais encore d'opiniâtres défenseurs du terrain conquis, d'infatigables combattants toujours prêts à recommencer la lutte, en un mot, faisant preuve des plus précieuses qualités qui distinguent une troupe d'élite, aussi bien dans la défense que dans l'attaque »[14].

En deux mois, le régiment a eu 44 officiers et 587 hommes tués ou blessés[15].

Expédition du Mexique (1862-1867)[modifier | modifier le code]

Au Mexique, de 1862 à 1867, les tirailleurs s'illustrent à nouveau, notamment lors de la bataille de San Lorenzo en 1863, ou les tirailleurs prennent deux drapeaux ennemis[16],[17]. À la suite de leurs exploits militaires, un bataillon sera désigné pour monter la garde au palais des Tuileries à Paris[10].

Guerre de 1870-71[modifier | modifier le code]

Le 3e RTA à Wœrth en 1870.

Durant la guerre de 1870-71, les trois régiments de tirailleurs (environ 9 000 hommes) sont envoyés en France où ils combattent lors des batailles de Wissembourg et Frœschwiller-Wœrth. Lors du combat de Wissembourg, le 1er Tirailleurs lutte toute une journée, avec un bataillon du 74e de ligne, contre plus de 15 bataillons bavarois et prussiens. 2 800 soldat français sont opposés à plus de 11 000 ennemis[18]. Les régiments sont décimés et après Frœschwiller, le 2e Tirailleurs ne comptent plus que 450 hommes valides sur 3 000[10]. Après la défaite de Sedan du 2 septembre 1870, un régiment de tirailleurs combat dans l'Armée de la Loire puis avec le général Bourbaki en Franche-Comté en janvier 1871. Leurs pertes sont estimées à 5 000 tués[19].

La Marche des Tirailleurs ou Chant des Turcos relate l'exploit du 2e Régiment de Tirailleurs Algériens à Froeschwiller le 6 août 1870. Les Tirailleurs chargèrent les canons prussiens et furent anéanti à 90%.

En 1870-1871 certains de ces Tirailleurs Algériens ou Turcos furent tués par les Versaillais comme Kaddour, ’le turco de la commune » d’Alphonse Daudet (Contes du lundi), d’autres en participant à la répression française de la révolte kabyle. Le plus grand nombre fut tué par les Prussiens, comme le Turco de Chanteau, héros en l’honneur duquel deux monuments existent dans cette commune du Loiret[20]. À quelques kilomètres, des dizaines de Tirailleurs Algériens, héros de la deuxième guerre mondiale, sont inhumés à Fleury-les-Aubrais.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Tirailleur algérien à Magic City, Paris, 1913.
Tirailleurs dans une rue d'Odessa, en 1919, lors de l'intervention française dans la guerre civile Russe.
Tirailleurs algériens blessés pendant la Première Guerre mondiale et évacués par des autobus parisiens transformés en ambulances militaires

Environ 270 000 Maghrébins sont mobilisés en 1914-18 et 190 000 vont être envoyés en Europe[21].

Si ces effectifs sont peu importants par rapport au total des effectifs engagés, les tirailleurs leur rôle ne saurait être sous-estimé. Les troupes de l'Armée d'Afrique en particulier, européennes comme indigènes, ont participé aux combats sur le front de France [22]. Leur apport a notamment été très important dans les semaines décisives de septembre 1914 lors de la bataille de la Marne[23]. Ainsi, à propos des faits d'armes de la Division marocaine, composée pour moitié de tirailleurs algériens et tunisiens[24], lors de cette bataille, le maréchal Foch aurait dit : « La fortune a voulu que la division marocaine fût là ! »[25]. Il cite la division à l'ordre de l'Armée le 22 septembre 1914[26]. Quant à Adolphe Messimy, il écrit plus tard dans ses mémoires à propos des divisions d'outre-mer[27] ayant participé à cette victoire de la Marne : « Je laisse à ceux qui me liront le soin de réfléchir à ce qu'auraient été les événements, si Gallieni sur l'Ourcq et Foch aux marais de Saint-Gond, n'avaient pas eu à leur disposition ces troupes d'élite, pleine d'élan et fraîches, s'ils auraient pu remporter de justesse les deux succès qui décidèrent du sort de la bataille décisive... et de la France »[28].

Si des cas de paniques sont signalés dans les bataillons lors des premières semaines de combats, comme dans les unités métropolitaines et de Zouaves, par la suite, les régiments de tirailleurs sont considérés fiables, et après Charleroi et la Marne, ils s'illustrent, comme les Zouaves, des batailles, en Champagne, à Verdun, dans la Somme et dans les offensives victorieuses finales[29].

À propos des tirailleurs algériens, le baron des Lyons de Feuchin écrit en 1924 dans son Rapport sur le Bilan des Pertes en Morts et en Blessés des Nations Belligérantes : « Le rôle joué pendant la grande guerre par les indigènes algériens a été grand, leur sang s'est mêlé au sang français sur tous les champs de bataille, leur acquérant des droits légitimes par des sacrifices communs... »[30]. Les tirailleurs sont aussi engagés en mer Noire, en 1919, lors de l'intervention française dans la guerre civile russe contre les Bolcheviques. Ils stationnent à Odessa et à Sébastopol.

Selon Gilbert Meynier, 155 221 algériens et tunisiens ont combattu au front et le nombre de tués s'élèvent à 35 900 soit un taux de pertes de 23 %[31].

Parcours des régiments de tirailleurs[modifier | modifier le code]

Parcours des seize régiments de tirailleurs (numérotation définitive au 11 novembre 1918) en activité au 11 novembre 1918, durant la guerre 1914-18. Deux régiments (les 14e et 17e) sont créés en octobre 1918 et n'ont pas combattu. Trois autres (les 12e, 15e et 21e) sont créés en novembre après l'armistice.

Quatre régiments mixtes de zouaves et tirailleurs, c'est-à-dire notamment composés d'européens, sont créés lors de la Première Guerre mondiale avec deux bataillons de tirailleurs algériens et un bataillon de zouaves. Ils perdent leur bataillon de zouaves entre avril et juillet 1918 et deviennent alors entièrement composés de tirailleurs. Les 2e et 3e mixtes sont transformés respectivement en 13e RMT et 6e RMT alors que les 1er et 4e mixtes conservent leur nom de mixte jusqu'en 1920.

Le jour de l’armistice, on compte donc seize régiments de tirailleurs (dont deux ont conservé l’appellation mixte sans l’être) représentant quarante-huit bataillons.

1er régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

2e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

3e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

4e régiment de tirailleurs tunisiens[modifier | modifier le code]

5e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

6e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Dissous en 1915 puis recréé à partir du 3e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs le 8 mai 1918.

  • 1914 : retraite des IIIe et IVe Armée : vers la Marne, bataille de la Marne, 5 au 13 septembre, bataille des Flandres : front de l'Yser
  • 1915 : Armées du Nord - Canal d l'Yperlée: l'Yser, 1re attaque allemande aux gaz asphyxiant (secteur d'Ypres)
  • 1918 : secteur de Reims : Saint-Thierry, Cote 240, La Vesle, l'Aisne

7e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

8e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

9e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

10e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Constitué en janvier 1918, avec un bataillon aguerri et deux bataillons de recrues : 3e bataillon du 3e Tirailleurs (ancien), 11e bataillon du 2e Tirailleurs et 11e bataillon du 3e Tirailleurs

11e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Constitué en janvier 1918, avec un bataillon aguerri et deux bataillons de recrues : 4e bataillon du 7e Tirailleurs (ancien), 9e bataillon du 7e Tirailleurs et 11e bataillon du 7e Tirailleurs

13e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Constitué en juin 1918 par transformation du 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs

14e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Constitué le 4 octobre 1918 en remplacement du 359e RI dissous.

17e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

Constitué le 28 octobre 1918 en remplacement du 294e RI dissous

1er régiment mixte de zouaves et de tirailleurs[modifier | modifier le code]

Créé en 1914 avec deux bataillons de Tirailleurs et un de Zouaves, son bataillon de Zouaves est dissous en juillet 1918. Le régiment comprend dès lors trois bataillons de Tirailleurs mais conserve son nom de 1er mixte. Il deviendra le 43e régiment de tirailleurs algériens en 1920

4e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs[modifier | modifier le code]

Créé en 1915 avec deux bataillons de tirailleurs et un de zouaves, son bataillon de zouaves est dissous en avril 1918. Le régiment comprend dès lors trois bataillons de Tirailleurs mais conserve son nom de 4e mixte. Il deviendra le 16e régiment de tirailleurs tunisiens en 1920.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

En juin 1919, on constitue de nouvelles unités de marche à partir de bataillon se trouvant en France où ils viennent de combattre.

- Pour l'Armée de Hongrie : les trois bataillons du 12e de marche forment le 16e de marche; les trois bataillons du 6e de marche forment le 18e de marche; les trois bataillons du 1er mixte forment le 19e de marche ; les trois bataillons du 17e de marche et les trois bataillons du 21e de marche gardent leur numéro.

- Pour l'Armée du Danube : les trois bataillons du 14e de marche forment le 22e de marche; les trois bataillons du 10e de marche forment le 23e de marche.

- À la 122e D.l. de Constantinople, les trois bataillons du 11e de marche forment le 27e de marche.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au 1er mars 1940, l'effectif des Maghrébins affectés aux armées s'élevait à 70 000 hommes en métropole, 100 000 en Afrique du Nord, 23 000 au Levant, 2 000 dans la Marine et 145 000 affectés aux forces de territoire, soit un total de 340 000 hommes[33].

De 1942 et 1945, après le réarmement des troupes françaises en Afrique du Nord, 233 000 Maghrébins et européens furent mobilisés et affectés essentiellement dans les régiments de tirailleurs notamment au sein de la 2e DIM, de la 3e DIA et de la 4e DMM[34]. À cause de la crise des effectifs, les zouaves, normalement composés d'Européens recrutent aussi des « indigènes » et deviennent des unités mixtes[35]. Trois régiments de zouaves, les 1er, 3e et 4e participent à la campagne de Tunisie en 1942-1943. Aucune formation de zouaves n'est engagée en Italie. Neuf bataillons prennent part aux campagnes de France et d'Allemagne en 1944-1945: 3 Bataillons de Zouaves Portés (BZP) à la 1re division blindée en 1944-1945, le 9e régiment de zouaves à la suite de la 1re Armée Française en Alsace et Allemagne enfin le 4e régiment de zouaves rattaché à l’armée commandée par le général Larminat et chargée de la liquidation des poches de résistance allemande de la pointe de Grave, à Royan et à la Rochelle sur la côte atlantique[36]. Le 22e bataillon de marche nord-africain de la 1re armée était également composé de tirailleurs maghrébins et d'Européens.

Bataille de France 1939-40[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de France.

Le nombre de Maghrébins tués lors de la Bataille de France, majoritairement des tirailleurs algériens et tunisiens, s'élève à 5 400[37]. Si l'on additionne les 17 000 tirailleurs sénégalais morts durant cette période aux 58 587 morts de l'armee français cela semble fortement sur estimé.

Tunisie 1942-43[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Tunisie.

Au 15 mars 1943, les effectifs engagés dans la campagne de Tunisie, s'élevaient à environ 73 000 hommes dont plus de 50 000 Maghrébins (70 %)[38]. Le nombre de Maghrébins tués de novembre 1942 à mai 1943, essentiellement des tirailleurs, s'élève à environ 3 500[39].

Italie 1943-44[modifier | modifier le code]

En mai 1944, le CEF en Italie comportait 112 000 hommes dont 67 000 Maghrébins (60 %)[40]. 6 500 soldats, dont 4 000 Maghrébins, surtout des tirailleurs algériens et tunisiens, sont tués de novembre 1943 à juin 1944[41].

Lors de la campagne d'Italie, les troupes indigènes perpètrent des Crimes de 1944 en Ciociarie.

Décrivant cette campagne, Pierre Montagnon écrit « Les tirailleurs de la 3e DIA, la division des trois croissants, écriront sur les pentes des Apennins quelques-unes des plus belles pages d'héroïsme de l'histoire de l'armée française. Ces enfants de la vieille Numidie que leur chef, le général de Montsabert, qualifie de par leur origine d'héritiers de la IIIe Augusta enlèveront le Monna Casale (1395 mètres), le Monna Acqua Fondata (1325 mètres), s'accrochent au Belvédère avant de forcer la ligne Gustav et de marcher sur Rome. »[42]

France et Allemagne 1944-45[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Débarquement de Provence.

Sur les 267 000 hommes que comptaient la 1re armée lors du Débarquement de Provence en août 1944, les Maghrébins, majoritairement tirailleurs algériens et tunisiens, représentaient environ 50 % des effectifs soit plus de 130 000 hommes[43]. Le nombre de Maghrébins tués d'août 1944 à mai 1945, essentiellement des tirailleurs, s'élève à 3 716 (dont 96 à la 2e DB)[44].

Guerre d'Indochine (1946-54)[modifier | modifier le code]

Entre 1947 et 1954, 122 900 Maghrébins débarquèrent en Indochine. Le 1er février 1954, les Maghrébins, majoritairement des tirailleurs algériens, engagés dans le Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient étaient environ 37 000 sur un total de 127 785 hommes des Forces terrestres (autochtones non compris)[45],[46].

Les 1er, 2e et 7e régiments de tirailleurs arrivèrent en Indochine dès 1947 et au total 54 bataillons de tirailleurs algériens et tunisiens sont passés en Indochine de 1947 à 1955. Au total, le nombre de Maghrébins tués et disparus s'élève, selon les estimations, entre 8 000 et 12 256[47],[48].

Guerre d'Algérie (1954-1962)[modifier | modifier le code]

Dix régiments de tirailleurs (1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e, 21e, 21e, 22e) composés de Français de souche nord-africaine (F.S.N.A) participèrent à la guerre d'Algérie[10].

Décorations[modifier | modifier le code]

Pour les décorations et les citations, les régiments de tirailleurs nord-africains sont avec les Zouaves parmi les plus décorés de l'armée française et viennent juste après le Régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM), appartenant aux troupes coloniales, et le Régiment de marche de la Légion étrangère, appartenant à l'Armée d'Afrique[49].

Sur les 34 drapeaux d’Infanterie de l'armée française décorés à ce jour de la Légion d'honneur, 6 sont des régiments de tirailleurs algériens et tunisiens. Le drapeau du 2e RTA est l'un des 4 drapeaux de régiments de l'Armée française décorés à la fois de la Légion d'honneur et de la médaille militaire[50],[51],[52]. On lit dans une de ses 6 citations : « régiment d'assaut qui a conservé dans cette guerre les rudes et éclatantes traditions de l'arme blanche et de la baïonnette française »[53].

Au cours de la Première Guerre mondiale, leurs faits d'armes leur valent les plus hautes distinctions. Ils obtiennent plus de 20 % des plus hautes distinctions décernées (Drapeaux décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille militaire et fourragères rouges à la couleur de la Légion d'honneur) alors que leurs effectifs au combat ne représentent à la fin de la guerre que 2 % du total des combattants[54]. Sur 19 régiments d’infanterie de l’Armée française dont le drapeau est décoré de la Légion d’honneur ou de la Médaille militaire au cours de la guerre, on dénombre 4 régiments de tirailleurs[55]. Sur les 17 régiments (et 6 bataillons) qui ont reçu la fourragère à la couleur de la Légion d'honneur (au moins 6 citations à l'ordre de l'Armée) on dénombre également 4 régiments de tirailleurs[56]. En outre, les 14 régiments de tirailleurs en activité au 31 août 1918 ont tous obtenu la fourragère (au moins 2 citations à l'ordre de l'Armée) totalisant 55 citations à l'ordre de l'Armée[57]; 6 reçurent la fourragère au couleurs de la croix de Guerre[58], 4 la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire[59] et 4 fourragère aux couleurs de la Légion d’honneur[60],[61],[62].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale 6 régiments de tirailleurs algériens et tunisiens furent cités à l'ordre de l'armée et 3 reçurent la fourragère.

Deux régiments, les 4e RTT et 7e RTA ont été cités au moins 10 fois à l'ordre de l'armée de 1914 à 1945 et comptent parmi les plus décorés de l'Armée française[57].

Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante, car, c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité.

Drapeaux[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre, les 14 régiments de tirailleurs obtiennent:

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Guerre d'Indochine[modifier | modifier le code]

Inscriptions sur les drapeaux[modifier | modifier le code]

Inscriptions sur les drapeaux des principaux régiments de tirailleurs[63] :

  • 1e régiment de tirailleurs algériens: Laghouat 1852, Sébastopol 1854-1855, Turbigo 1859, San Lorenzo 1863, Extrême-Orient 1884-1885, Tchad 1900, Maroc 1907-1913-1918, la Somme-l'Aisne 1916, Saint-Thierry 1918, Pichon 1943, Vosges 1944, Indochine 1947-1954.
  • 2e régiment de tirailleurs algériens : Laghouat 1852, Sébastopol 1854-1855, San Lorenzo 1863, Solferino 1859, Champagne 1915, Verdun 1916, L'Aisne 1917, Picardie 1918, Tunisie 1942-1943, Indochine 1947-1954.
  • 3e régiment de tirailleurs algériens : Laghouat 1852, Sébastopol 1854-1855, Solferino 1859, San Lorenzo 1863, Extrême-Orient 1884-1885, Champagne 1915, Verdun 1916, l'Aisne 1918, Medjez-el-Bab 1943, Abruzzes 1944, Rome 1944, Toulon 1944, Vosges 1944, Indochine 1947-1954.
  • 4e régiment de tirailleurs tunisiens : Casablanca 1908, Guise 1914, Artois 1915, Champagne 1915, Verdun 1917, l'Aisne 1918, Picardie 1918, Sommepy 1918, le Belvédère 1944, Garigliano 1944, Vosges 1944, Stuttgart 1945, Indochine 1947-1954.
  • 7e régiment de tirailleurs algériens : Artois 1915, Champagne 1915, Verdun 1917, Soissonnais 1918, Picardie 1918, l'Aisne 1918, Levant 1920-1921, Maroc 1925-1926, Fondouk el Okbi 1943, Rome 1944, Marseille 1944, Vosges 1944, Indochine 1947-1954.

Citations militaires[modifier | modifier le code]

Nécropoles[modifier | modifier le code]

Quelques nécropoles dans lesquelles les tombes de tirailleurs sont particulièrement nombreuses[67] :

Nécropoles Guerre Nombre de tombes Stèles musulmanes
Douaumont (Meuse) 1914-1918 16 117 592
Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) 1914-1918 40 000 576
La ferme de Suippes (Marne)[68] 1914-1918 9 256 1 959
Condé-Folie (Somme) 1940 3 310 829
Rougemont (Doubs) 1944 2 177 1 251
Sigolsheim (Haut-Rhin) 1944 1 589 792
Venafro (Italie) 1944 4 578 3 130
Monte Mario (Italie) 1944 1 709 1 142

Hommages[modifier | modifier le code]

Hommages de personnalités militaires et civiles[modifier | modifier le code]

Voies portant le nom de régiments de tirailleurs[modifier | modifier le code]

En mémoire des libérateurs « La rue des Tirailleurs tunisiens » à Scheibenhard en Alsace.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tirailleurs algériens et tunisiens 1830/1964, Carnets de la Sabretache, numéro spécial, 1980, série 55
  • Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994
  • Robert Huré, L'Armée d'Afrique: 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977
  • Dominique Lormier, C'est nous les Africains, Calmann-Levy, 2006
  • Les Africains, Historama, hors-série no 10, 1970
  • Antoine Mattei (capitaine au 124e régiment de ligne), Étude sur les tirailleurs algériens, etc., 1872
  • Razik Alex Menidjel, Les Tirailleurs algériens, Éditions Publibook, 2007 (ISBN 2748336321)
  • "De l'Algérie au Rhin, Journal de Guerre du 3e Tirailleur de Marche", 168 pages, 47 illustrations ( 38 photographies et 9 cartes) Auguste Picard, éditeur, Paris, 1920
  • Tarek, Batist, Yasmina Khadra (préface) et Kamel Mouellef, Turcos, le jasmin et la boue, Tartamudo, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La distinction entre régiments algériens et tunisiens s'effectue seulement en 1921. Les régiments tunisiens ont des numéros de régiment multiples de 4, Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p. 303
  2. Gilbert Meynier, La France coloniale de 1914 à 1931 in Histoire de la France coloniale, t. 2, Armand Collin, 1991, p. 105
  3. 14 régiments combattants au 31 aout 1918. 5 sont créés entre septembre et novembre 1918 mais ne participent pas au combats
  4. 6 citations à l'ordre de l'Armée. Seules 23 unités (17 régiments et 6 bataillons) de l'Armée de Terre la reçoivent en 1914-1918
  5. Les troupes coloniales dans la Grande Guerre: actes du colloque organisé pour le 80e anniversaire de la bataille de Verdun, IHCC-CNSV, 1997, p. 90
  6. « Les tirailleurs algériens écrivirent pour l'armée française des pages parmi les plus glorieuses de son histoire. Au cours de la guerre 1914-1918, leur discipline et leur courage leur valurent les plus hautes distinctions. Au cours de la 2° guerre mondiale, ils renouvelèrent leurs exploits, en Tunisie, puis en Italie. Ils furent parmi les remarquables combattants qui, à Cassino, obligèrent la Wehrmacht à se replier. C'est la 3° division algérienne, sous le commandement du général de Monsabert, qui, au prix de combats acharnés et de lourdes pertes, enleva le Belvédère et ouvrit une brèche dans la ligne Gustav. Les tirailleurs algériens participèrent avec les pieds-noirs au débarquement en Provence et à la libération de la France. À leur retour d'Indochine, la majorité d'entre eux reprit le combat en Algérie, essentiellement dans les montagnes, pour mener une guerre, qui, au départ, leur était incompréhensible », général André Lenormand, « La guerre d'Algérie », in Historia Magazine, n°218/25, 6 mars 1972
  7. Paul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et Collections, 2003, p. 33
  8. « Le 14 mars [1855], trois postes avancés des Russes sont vigoureusement enlevés par nos troupes sous la direction du général Bisson, de service à la tranchée ; les ennemis reviennent en nombre pour reprendre le terrain sur lequel le colonel du Génie Frossard a déjà mis ses travailleurs à l'œuvre. Assaillies par le nombre, les compagnies engagées tiennent résolument, mais elles sont cruellement éprouvées. Trois compagnies de Tirailleurs algériens, commandées par le chef de bataillon Gibon, accourent opportunément à leur aide; elles se lancent à la baïonnette sur l'ennemi, et le refoulent après une lutte acharnée où plusieurs des siens sont tués ou blessés. À la suite de ce fait d'armes, le corps fut cité dans l'ordre général du 19 mars 1855 du général commandant en chef l'armée d'Orient « pour l'audace avec laquelle, "dans la nuit du 14 au 15 mars, trois compagnies se sont jetées sur une masse d'infanterie russe, l'ont mise en déroute et refoulée dans la place". », Journal Officiel, Le livre d'or des tirailleurs indigènes de la province d'Alger: ou, Fastes et services des bataillons d'Alger et de Titheri, devenus ler Régiment de tirailleurs algériens, Bastide, 1866, p.146
  9. Le livre d'or des tirailleurs indigènes de la province d'Alger, op.cit, p.156
  10. a, b, c et d Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.302
  11. « Le colonel Laure avait servi en Afrique presque toujours aux zouaves ou aux troupes indigènes depuis 20 années. Il n'avait pas fait la campagne de Crimée, le régiment auquel il était attaché à cette époque comme lieutenant-colonel ayant été maintenu en Afrique. Les tirailleurs qu'il commandait sont les mêmes que ceux qui bondissaient comme des panthères à l'Alma, à Inkermann, à Traclir et à Kinburn, et qui s'élancèrent si bravement dans la gorge de Malakoff »., Charles Adam, La Guerre d'Italie : histoire complète des opérations militaires dans la péninsule, Librairie populaire des villes et des campagnes, 1859, p. 43
  12. Le livre d'or des tirailleurs indigènes de la province d'Alger, Bastide, 1866
  13. Henri Dunant, Un Souvenir de Solferino, Fick, 1862, p. 34
  14. Lucien Darier-Chatelain, Historique du 3e régiment de tirailleurs algériens, G. Heim, 1888
  15. Pierre Dufour, 1er régiment de Tirailleurs, Lavauzelle, p. 28
  16. Les 2e et 3e RTA seront décorés de la Légion d'Honneur pour avoir pris ces deux drapeaux. En 1859, lors de la bataille de Magenta, Napoléon III décide que les régiments ayant pris un drapeau à l'ennemi pourront être décorés de la Légion d'honneur. Le 2e Zouaves est ainsi le premier à recevoir la légion d'Honneur le 4 juin 1859. Suivront ensuite les 51e, 57e, 76e et 99e de ligne, le 3e Zouaves, le 3e RTA, le 1e Chasseurs d'Afrique et le Drapeau des chasseurs (unique pour l'ensemble des bataillons)
  17. Histoire de l'armée française, Pierre Montagnon, éditions Pygmalion, 1997
  18. Pierre Dufour, 1er régiment de Tirailleurs, Lavauzelle, p. 32
  19. général Maurice Faivre, Les Combattants musulmans de la guerre d'Algérie : des soldats sacrifiés, Editions L'Harmattan, 1995, p. 12
  20. Le Turco était un tirailleur algérien qui, lors de la guerre franco-prussienne de 1870, a réussi à arrêter pendant quelques heures une colonne de Prussiens qui se dirigeaient vers Orléans. Après avoir tué plusieurs ennemis, il tomba à son tour. Deux monuments rappellent son action héroïque : l'un, récemment aménagé, se trouve à l'angle de la rue des Hauts-Bois, l'autre plus imposant, dans le cimetière de Chanteau. Chaque année, en décembre, a lieu une commémoration en son souvenir
  21. Jacques Frémeaux, Les Colonies dans la Grande Guerre, 14-18, 2006, p. 63 et 202
  22. Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.126
  23. Jacques Frémeaux, op. cit., p.115-117
  24. composée non de Marocains lors de la bataille de la Marne mais de 6 bataillons de tirailleurs algériens et tunisien (qui seront regroupés pour former le 7e RTA le 1er octobre 1914 au sein de cette même division), 4 bataillons de Zouaves, et 3 bataillons de coloniaux, Pages de gloire de la Division marocaine, 1914-1918., 1919
  25. Pages de gloire de la Division marocaine, 1914-1918 sur Gallica, p.14
  26. « Le général commandant la IXe Armée cite à l'ordre de l'armée la 1re division du Maroc, commandée par le général Humbert pour la vaillance, l'énergie, la ténacité dont elle a fait preuve aux combats de la Fosse-à-l'Eau le 28 août et dans les journées des 6, 7, 8 et 9 septembre à Montdement, Montgivroux, Saint-Prix. Les résultats obtenus, comme aussi les pertes qu'elle a subies, en témoignent. Tous, zouaves, coloniaux, tirailleurs indigènes ont fait d'une façon admirable leur devoir », ordre général N° 11 dû 22 septembre 1914 de la IXe Armée, maréchal Foch
  27. La division marocaine aux Marais de Saint-Gond et la 45e sur l'Ourcq
  28. Adolphe Messimy, Mes souvenirs, Librairie Plon, 1937, p. 178
  29. Lieutenant-Colonel Gelez, Les tirailleurs algériens in La Revue des Deux-Mondes, n° 5-8, 1951, p.180
  30. Baron des Lyons de Feuchins, Rapport sur le Bilan des Pertes en Morts et en Blessés des Nations Belligérantes, Journal Officiel, Documents parlementaires, Annexe n° 335, 1924
  31. Nombre de tués par année : 1914 : 6 500 , 1915 : 8 350, 1916 : 6 100, 1917 : 5 200, 1918 : 8 450, 1919 : 1 300, Gilbert Meynier, L'Algérie révélée, Droz, 1981, p. 174
  32. La Hundling-Stellung, dernière ligne de défense allemande composée de tranchées, casemates, barbelés.... qui passait par Saint-Quentin-le-Petit.
  33. Note de l'EMA, mars 1940, Archives du SHAT, 9N22
  34. Jean-François Muracciole, Histoire de la France libre, Presses universitaires de France, 1996, p.67
  35. Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p.258
  36. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p. 51.
  37. Paul-Marie de La Gorce, L'Empire écartelé 1936-1946, Denoël, 1988, p. 496
  38. État-major, 1er bureau, Effectifs des forces terrestres en Afrique du Nord, Archives du SHAT, 10P241
  39. Paul-Marie de La Gorce, L'Empire écartelé 1936-1946, Denoêl, 1988, p.496
  40. Paul Gaujac, Le Corps expéditionnaire français en Italie, Histoire et collections, 2003, p. 31
  41. Paul-Marie de La Gorce, L'Empire écartelé 1936-1946, Denoël, 1988, p. 497
  42. Pierre Montagnon, Histoire de l'Algérie, Pymalion, 1998, p. 246
  43. Cdt. Petitjean, Le réarmement des troupes françaises en Afrique du Nord 1943-1944, Revue historique de l'armée, n°4, 1953, p. 111-125
  44. Paul-Marie de La Gorce, L'Empire écartelé 1936-1946, Denoêl, 1988, p. 497
  45. Michel Bodin, LES AFRICAINS DANS LA GUERRE D'INDOCHINE 1947-1954, l'Harmattan, 2000, p.10
  46. (en) North African units in Indochina
  47. Olivier de Maison Rouge, La Guerre d'Indochine: 1945-1954, La Bruyère, 1989
  48. Michel Bodin, Les Africains dans la guerre d'Indochine, 1947-1954, Harmattan, 2000, p. 172
  49. Les Troupes coloniales dans la Grande Guerre : actes du colloque organisé pour le 80e anniversaire de la bataille de Verdun, IHCC-CNSV, 1997, p. 90
  50. 2e régiment de tirailleurs algériens, régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE), régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM), 3e régiment de zouaves
  51. La Médaille Militaire, site france-phaleristique.com
  52. La Légion d'honneur, site france-phaleristique.com
  53. 5e citation à l'ordre de l'Armée, Ordre du 13 octobre 1918,
  54. (56 000 sur 2 351 000 hommes), Jacques Frémeaux, op. cit., p. 69. Au total environ 815 régiments de toutes les armes ont été engagés par la France au cours de la Première Guerre mondiale et seules 23 unités de l'Armée de Terre (dont 6 bataillons) ont obtenu au moins 6 citations à l'ordre de l'armée récompensées par la fourragère au couleur de la Légion d'honneur
  55. Le 5 juillet 1919, un décret du président de la République Raymond Poincaré, attribue la Légion d'honneur (ou la Médaille militaire, pour ceux étant déjà décorés de la Légion d'honneur) aux drapeaux de 14 régiments (23e RI, 26e RI, 152e RI, 153e RI, 3e Zouaves, 4e Zouaves, 8e Zouaves, 9e Zouaves, 2e RTA, 4e RTT, 7e RTA, 4e mixte Zouaves-Tirailleurs (16e RTT), 43e RIC, RICM) qui se sont illustrés au cours de la guerre. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'honneur ou de la Médaille Militaire pour la période 1914-1918. Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante, car, c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie royale, 1919, p. 2023-2035
  56. Il n’y a pas de liaison directe entre le port d’une fourragère et l’attribution au drapeau de la décoration correspondante car c’est uniquement le nombre de citations à l’ordre de l’Armée qui est pris en compte pour l’attribution de la fourragère à une unité
  57. a et b Les fourragères, site france-phaleristique.com
  58. cités deux ou trois fois à l'ordre de l'armée
  59. cités quatre ou cinq fois à l'ordre de l'Armée
  60. cités six fois à l'ordre de l'Armée. Au total environ 815 régiments de toutes les armes ont été engagés par la France au cours de la Première Guerre mondiale et seuls 17 régiments et 6 bataillons de l'armée française reçurent la fourragère au couleur de la Légion d'honneur
  61. Jean-Louis Larcade, Zouaves et tirailleurs, Argonaute, 2000
  62. La décision de construire la Grande Mosquée de Paris, première mosquée construite en France, est prise après la Première Guerre mondiale pour rendre hommage aux 36 000 Maghrébins, essentiellement des tirailleurs, tués lors de ce conflit, Maurice Barbier, La Laïcité, L'Harmattan, 1995, p. 98
  63. Les Africains, Historama, hors-série n° 10, 1970
  64. 23e RI, 26e RI, 152e RI, 153e RI, 3e Zouaves, 4e Zouaves, 8e Zouaves, 9e Zouaves, 2e Tirailleurs, 3e Tirailleurs, 4e Tirailleurs, 4e Mixte Zouaves Tirailleurs, 43e RIC, RICM. Au total 19 drapeaux de l'Armée de Terre ont été décorés de la Légion d'honneur ou de la médaille militaire pour la période 1914-1918
  65. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie royale, 1919, p. 2023-2035
  66. Paul Gaujac, L'armée de la victoire : de Naples à l'île d'Elbe. 1943-44, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 48
  67. Ministère des Anciens Combattants et Victimes de guerre, Atlas des nécropoles nationales, La Documentation française, 1994
  68. Relevé Nécropole nationale La Ferme de Suippes
  69. Général André Lenormand, Historia Magazin, n°218, 6 mars 1972, la guerre d'Algérie, p. 25
  70. Henri des Lyons de Feuchins, Rapport sur le Bilan des Pertes en Morts et en Blessés des Nations Belligérantes, éd. Journal Officiel, 1924, Documents Parlementaires, Annexe n° 335, p. 15
  71. Pierre Montagnon, Histoire de l'Algérie, Pierre Montagnon, éd. Pymalion, 1998, p. 246
  72. Charles de Gaulle, 'Mémoires de guerre. L'unité. 1942-1944', Plon, 1960, vol. 2, p. 267
  73. Augustin Guillaume, Homme de guerre, France-Empire, 1977, p. 119
  74. Général René Chambe, L'épopée française d'Italie, 1944, Flammarion, 1952, p.102
  75. De Sétif à Marseille, par Cassino : Carnets de guerre de Jean Lapouge, sous-lieutenant au 7e RTA, Jean Lapouge, éd. Anovi, 2006, préface du général Jean Delaunay
  76. Jacques Marquette, Une France nouvelle pour le monde nouveau (1944), Maison française, 1944, p. 133
  77. Les monuments commémoratifs de Kilstett

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Corps formés de tirailleurs[modifier | modifier le code]

Autres unités de l'Armée d'Afrique[modifier | modifier le code]

Campagnes militaires[modifier | modifier le code]

Liste des régiments[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Campagnes militaires[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Photos[modifier | modifier le code]

Reconstitution[modifier | modifier le code]

  • 18e RTA Ailette 1940, reconstitue au sein du Collectif France 40 le 18e régiment de tirailleurs algériens de 1940