Concessions étrangères en Chine

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Les concessions étrangères en Chine sont des zones situées à l'intérieur de villes chinoises qui sont placées sous administration étrangère aux XIXe et XXe siècles. Les concessions étrangères ne sont pas des colonies et demeurent sous souveraineté chinoise. Règle générale, la concession est administrée par un conseil municipal surveillé par le consul-général de la puissance étrangère qui s'est vue octroyer la concession.

Le régime des concessions en Chine a été réglementé par le traité de Nankin du , le traité de la rivière Bogue, le , celui de Tianjin (Tientsin) () et divers traités bilatéraux avec les pays concernés. Ces traités sont appelés traités inégaux par les Chinois, car souvent furent signés sous la contrainte.

Inventaire des concessions étrangères en Chine[modifier | modifier le code]

Un article sur le statut juridique des concessions publié en 1937 précise que le gouvernement chinois a octroyé quelque 23 concessions à 8 puissances étrangères dans 10 villes portuaires, et qu'au moment de la rédaction de l'article, seulement 4 pays possédaient encore des concessions en Chine: la Grande-Bretagne (deux: Canton et Tientsin); le Japon (trois: Hanchow, Hankéou, Tientsin); la France (quatre: Canton, Hankéou, Shanghai, Tientsin) et l'Italie (une: Tientsin). Treize concessions avaient cessé d'exister, la Grande-Bretagne en ayant rétrocédé quatre en 1929 et 1930 (Amoy, Hankéou, Kiukiang, Chinkiang), et la Belgique ayant rétrocédé son unique concession, à Tientsin, en 1930. Dans la foulée de la Première Guerre mondiale et de la Révolution russe, l'Allemagne avait renoncé à ses concessions à Tientsin et à Hankéou, l'Autriche à la concession austro-hongroise à Tientsin, et la Russie à ses concessions à Tientsin et à Hankéou. L'auteur indique qu'à des dates imprécises, le Japon aurait abandonné trois de ses concessions, à Amoy, à Shashih et Chungking, qu'il considérait de peu de valeur. Par ailleurs, le gouvernement chinois avait également accordé à la Grande-Bretagne, au Japon et aux États-Unis le droit d'établir des concessions dans certaines villes portuaires, mais ce droit ne fut jamais exercé par les pays concernés. Il existait, outre les concessions nationales, deux concessions internationales, à Shanghai et à Kulangsu (Gulangyu)[1].


CONCESSIONS INTERNATIONALES[2]

  • Shanghai — 1845: délimitation de la concession britannique; 1854: constituée en concession internationale (International Settlement); 1863 et 1899: agrandissements de la concession
  • Kulangsu (Amoy) — 1843 : développement graduel d’une concession étrangère; 1860 : droit accordé à la Grande-Bretagne et au Japon d’y établir chacun une concession; 1903 : établissement officiel d'une concession internationale à Kulangsu


CONCESSIONS NATIONALES[2]

Grande-Bretagne

  • Canton (Shamian) — 1859; 1941: occupée par les Japonais
  • Tientsin — 1860; 1897 et 1900-02: agrandissements; 1941: occupée par les Japonais
  • Hankéou — 1861; 1896: agrandissement; 1929: rétrocédée à la Chine
  • Kiukiang — 1861; 1929: rétrocédée à la Chine
  • Chinkiang — 1861; 1861, 1898 et 1915 : agrandissements; 1929 : rétrocédée à la Chine
  • Amoy — 1861: droit d’y établir une concession; 1930: renonciation à ce droit

France

  • Shanghai — 1849; 1861, 1898 et 1915: agrandissements; 1943: occupée par les Japonais
  • Tientsin — 1861; 1902: agrandissements
  • Hankéou — 1861: droit d'y établir une concession accordé mais non exercé; 1896: droit accordé à nouveau et *exercé; 1943: occupée par les Japonais
  • Canton (Shamian) — 1859; 1943: occupée par les Japonais

Japon

  • Tientsin — 1896; 1900-02: agrandissements; 1945: occupée par la Chine
  • Hankéou — 1896; 1945: occupée par la Chine
  • Amoy — 1896: droit d’y établir une concession (non exercé)
  • Shanghai — 1896: droit d’y établir une concession (non exercé)
  • Hanchow — 1896; 1935: prolongation de 30 ans: 1945: occupée par la Chine
  • Shashih — 1896 (abandonnée à une date incertaine)
  • Yochow — 1898 (abandonnée à une date incertaine)
  • Samsha — 1898: droit d’y établir une concession (non exercé)
  • Fouchéou — 1896-1898: droit d’y établir une concession (non exercé)
  • Tchounking — 1896: droit d’y établir une concession (peut-être abandonnée à une date incertaine)
  • Soochow — 1896: droit d’y établir une concession (peut-être abandonnée à une date incertaine)

Belgique

  • Tientsin — 1902; 1929-1931: rétrocédée à la Chine

Italie

  • Tientsin — 1901

Allemagne

  • Tientsin — 1895; 1901: agrandissement; août 1917: saisie par la Chine au moment de la déclaration de guerre contre l'Allemagne
  • Hankéou — 1895; août 1917: saisie par la Chine au moment de la déclaration de guerre contre l'Allemagne

Autriche-Hongrie

  • Tientsin — 1902; août 1917: saisie par la Chine au moment de la déclaration de guerre contre l'Autriche-Hongrie

Russie

  • Tientsin — 1900; 1920: saisie par la Chine; 1924: rétrocédée formellement par la Russie
  • Hankéou — 1896; 1900: confirmé par la Chine; 1920: saisie par la Chine; 1924: rétrocédée formellement par la Russie

États-Unis

  • Shanghai — 1863: délimitation d’une concession par le consul américain, action répudiée par le gouvernement américain; 1863: fusionnée avec la concession britannique pour former la concession internationale (International Settlement), à laquelle se joindront plusieurs autres pays au fil des ans
  • Tientsin — 1869: secteur délimité pour résidents américains; administration américaine quasi officielle jusqu’en 1880; 1896 : cessation définitive de toute administration américaine; 1901-1902: secteur incorporé à la concession britannique
  • Amoy — secteur considéré une concession américaine jusqu’en 1900, mais jamais formellement reconnu par le gouvernement américain


Concessions française et britannique sur l'île de Shamian en 1920
Borne de la concession française à Hankéou
Bund de Shanghai vu de la Concession française

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. William. C. Johnstone: « International Relations: The Status of Foreign Concessions and Settlements in the Treaty Ports of China », The American Political Science Review, no 5, Oct. 1937, p. 942-948.
  2. a et b Williiam. C. Johnstone, p. 947-948.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Brun, La concession française de Hankou 1896-1943, Université Lumière Lyon 2,
  • Jérôme-Yves Sublime, La fin des concessions françaises de Chine 1939-1949, Université Lumière Lyon 2,
  • François Chabot, Les relations entre la Concession française et la Concession internationale de Shanghai 1849-1914,
  • Ernest Millot, La France et l’Extrême-Orient. La concession de Chang-Hai, Challamel aîné, (OCLC 457908703)
  • Herbout, La défense de la concession française de Shanghai en 1927, École de Guerre navale, (S.H.M. 1CC 281)
  • (ja) 大里浩秋 (ja) et 孫安石 (ja), 中国における日本租界 : 重慶・漢口・杭州・上海, 東京, 御茶の水書房,‎ (ISBN 9784275004321, OCLC 676225754) (Traduction du titre: à propos des concessions du Japon en Chine, Chongqing, Hankou, Hangzhou, Shanghai).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]