Chartreuse de Montrieux

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Chartreuse de Méounes-lès-Montrieux, 2005.

La chartreuse Notre-Dame de Montrieux ou Cartusia Montis Rivi est un monastère situé à Méounes-lès-Montrieux, dans le Var.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les chartreux s'établirent sur le site en 1137 et cette chartreuse est la 8e maison de l'ordre.

Au Moyen Âge, un père chartreux partit voyager en Orient, et en rapporta des graines et des plants de styrax aliboufier qu'il plante autour du monastère et qui deviendront une grande forêt couvrant des bois et des forêts entières, et de « riantes collines », autrefois, de Saintes-Maries-de-la-Mer à Fréjus, de Solliès, à Signes, La Farlède, Belgentier, et Roquebrune. Connus des pharmaciens, étudiants de Montpellier, et botanistes pendant des siècles : il fut redécouvert par Pierre Pena et Mathias de l'Obel revenant d'Italie [1] (cette découverte est relatée dans Stirpium adversa nova) puis au XIXe siècle. Ils servaient à faire des chapelets et incisés, exsudaient une résine blanche parfumée offerte aux amis des chartreux[2].

C’est vers 1342, que Gherardo Petrarca, frère du poète Pétrarque s’installa à Montrieux après la mort de son amour la « Bella Donna ». Pétrarque lui rendit visite deux fois. Lors de la grande peste de 1348, Gherardo refusa de quitter la chartreuse et fut le seul survivant. Il se rendit à la Grande Chartreuse où on lui permit de choisir des religieux pour repeupler le monastère.

Pétrarque, qui légua à sa mort une somme d’argent au monastère, rapporte la légende suivante sur la fondation de la chartreuse.

Il était jadis deux frères génois. L'un commerçait avec l’Orient et l’autre avec l’Occident. Ils se retrouvaient à Gênes régulièrement. Un jour celui de l’Orient ne voyant pas revenir son frère et apprenant qu’il avait débarqué à Marseille décida d’aller le rechercher. Il le trouva dans une forêt où il s’était installé, loin des hommes en attendant la mort.

Ce sont les frères de Montrieux qui essaimèrent en Provence et notamment fondèrent la chartreuse de Notre-Dame de la Verne.

Clochers de la chartreuse.

L'édifice sera plusieurs fois détruit et les bâtiments actuels datent des XVIIe et XVIIIe siècles. Le monastère ayant été abandonné à la Révolution, les moines s'y établissent à nouveau en 1843 et en sont chassés manu militari une nouvelle fois en 1903 par les lois Combes anticongrégationnistes de la Troisième République.

C’est à Montrieux que fut inhumé le comte de Valbelle. Son tombeau, un des plus beaux monuments de Provence, composé de quatre figures féminines, deux debout, deux assises, est attribué à Christophe Fossati et fut détruit à la Révolution. Les statues furent vendues. L’Espérance fut placée à la Sainte-Baume, la Force au tribunal de Draguignan, la Provence, après avoir décoré une fontaine à Toulon se trouve au musée de la ville et enfin sainte Monique a été envoyée à Fréjus. Le buste par Houdon retrouvé en 1811 est au musée de Draguignan. Deux petits pleureurs sont dans l’église de Méounes-lès-Montrieux.

Les lieux sont encore occupés en 2008 par douze moines de l'ordre (sept pères et cinq frères). Il n'y a pas de noviciat. Les novices ne sont formés que dans les deux autres chartreuses françaises, la Grande Chartreuse et la chartreuse de Portes. Le prieur en est dom Martin Darbon [3] jusqu'en 1978, puis dom Bruno-Marie Grobon jusqu'en 2013.

Chartreux de Montrieux[modifier | modifier le code]

Y furent moinesː

Monument protégé[modifier | modifier le code]

Protections au titre de la loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques[4] :

  • Chapelle classement par arrêté du 25 février 1980 ;
  • Vestiges de l'ancienne abbaye (sauf partie classée) : inscription sur l'inventaire supplémentaire par arrêté du 25 février 1980.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ludovic Legrk, L'indigénat en Provence du Styrax officinal. Pierre Pena et Fabri de Peiresc
  2. Altiboufier (Styrax Officinalis L.)
  3. Diocèse de Fréjus: Dom Martin Darbon
  4. « Chartreuse de Montrieux-le-Vieux », notice no PA00081678, base Mérimée, ministère français de la Culture

Sources[modifier | modifier le code]

Archives départementales du Var : Fonds de la Chartreuse de Montrieux, sous-série 1H

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Boyer, « La Chartreuse de Montrieux aux XIIe et XIIIe siècles ».(2 volumes + index).
  • Marc Dubois : « les Légendes sur la fondation de la Chartreuse de Montrieux ».
  • [lire en ligne] Jean Pierre Aniel, « Les maisons de Chartreux », 1983 (avec bibliographie).
  • [voir en ligne] Exposition de photographies et livre album, « La chartreuse de Montrieux » par David Latour (photographe) et Jacques Salles (aquarelliste).
  • [lire en ligne] Le Point, Dans les secrets du monastère interdit de Jérôme Levy

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]