Fort de Douaumont

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Fort de Douaumont
Vue aérienne du fort de Douaumont, avant les combats de 1916 : les fossés sont encore bien visibles, ainsi que l'effondrement de la façade du casernement.
Vue aérienne du fort de Douaumont, avant les combats de 1916 : les fossés sont encore bien visibles, ainsi que l'effondrement de la façade du casernement.
Description
Type d'ouvrage fort à massif central
Dates de construction de 1884 à 1886
Ceinture fortifiée place forte de Verdun
Utilisation fort de ceinture
Utilisation actuelle ouvert au public
Propriété actuelle propriété de la ville
Garnison 891 hommes
Armement de rempart 16 canons
Armement de flanquement 6 pièces
Organe cuirassé néant
Modernisation béton spécial 1887-1889
Programme 1900
Dates de restructuration 1901-1913
Tourelles 1 tourelle de 155 mm,
1 tourelle de 75 mm,
2 tourelle de mitrail.
Casemate de Bourges une tirant vers l'ouest
Observatoire trois obs. cuirassés
et 2 guérites blindées
Garnison 484 hommes en 1914
Programme complémentaire 1908 deux batteries annexes (inachevées en 1914)
Coordonnées 49° 13′ 00″ nord, 5° 26′ 20″ est

Géolocalisation sur la carte : Meuse

(Voir situation sur carte : Meuse)
Fort de Douaumont

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Fort de Douaumont

Le fort de Douaumont, appelé brièvement fort Gérard, est un ouvrage fortifié situé sur la commune de Douaumont, dans le département de la Meuse. Il s'agit d'un des forts de la place forte de Verdun, une des parties du système Séré de Rivières.

Il fut un des lieux emblématiques de la bataille de Verdun, pris par les troupes allemandes en février 1916 puis repris par les Français en octobre de la même année. Depuis la fin du conflit, ses ruines servent de monument touristique.

Un fort en maçonnerie[modifier | modifier le code]

Après la guerre franco-allemande de 1870 qui a vu la perte par la France de l'Alsace-Lorraine, un plan de défense de la nouvelle frontière est établi par le général Raymond Adolphe Séré de Rivières, comprenant notamment l'extension de quatre places fortes dans l'Est de la France : les camps retranchés de Verdun, de Toul, d'Épinal et de Belfort. Dans le cas de Verdun, au final (il y eut plusieurs phrases de modernisation) fut construite une double ceinture composée de 19 forts, 7 ouvrages (de petits forts), 118 batteries d'artillerie, 23 abris d'infanterie et 17 petits ouvrages d'infanterie (en terre et rondins, formant une « ligne de surveillance »), délimitant un périmètre de 43 kilomètres et couronnant les côtes de Meuse. Parmi eux, le fort de Douaumont est le fort le plus au nord du camp retranché sur la rive droite de la Meuse, en pointe, mais épaulé par ses voisins, l'ouvrage de Thiaumont au sud-ouest et le fort de Vaux au sud-est.

Le fort est situé sur le sommet, à 395 mètres d'altitude, au sud-est du village de Douaumont (aujourd'hui rasé). Cette position permet à l'artillerie de tirer tout azimut, le long de la crête menant à Froideterre à l'ouest jusqu'à Vaux à l'est, en passant par la côte du Poivre, les Chambrettes (dans l'axe de l'actuel champ de tir de Wavrille) et le bois d'Hardaumont. Si le premier projet d'un fort date de 1873, un second projet est établi en 1884[1]. Le fort de Douaumont est construit tardivement, de 1884 à 1886. Il s'agissait au début d'un fort du type Séré de Rivières, le plus vaste de la place forte avec ses 7,4 hectares clos[2]. Les larges fossés secs (14 mètres de large pour six de profondeur) dessinent un hexagone irrégulier avec deux côtés en pointe vers le nord, deux flancs presque parallèles et une gorge (le côté vulnérable, tourné vers le milieu de la place forte) composée de deux côtés légèrement rentrants. La défense des fossés était confiée à trois caponnières, deux simples aux saillants nord-ouest et nord-est (couvrant chacun un fossé de flanc) et un coffre double au saillant nord (couvrant les deux fossés de pointe). L'entrée du fort se trouvait au milieux de la gorge, dans le fossé, défendue par un fossé diamant, un pont-levis métallique et un redent avec corps de garde.

Au centre du fort se trouve le casernement composé de casemates voûtées ouvrant vers le sud à l'air libre, donnant côté nord dans une galerie enterrée. Les pièces étaient aménagées en cuisines, chambrées, boulangerie, infirmerie, forge et stocks de munitions, assez pour accueillir une garnison de 891 hommes[3]. S'y rajoutent des magasins à poudre noire et des citernes d'eau en sous-sol. Autour de ce massif central sont disposées en arc de cercle les plateformes de tir de l'artillerie, séparées entre-elles par sept traverses-abris (pour protéger le personnel et les munitions en cas de bombardement). L'armement d'origine était de six canons de 155 mm, six autres de 120 mm et quatre de 95 mm, auxquels se rajoutent les six canons révolver de défense des fossés (installés dans les coffres). Le projet de 1884 comprenait l'installation de deux tourelles Mougin modèle 1876 armées chacune de deux canons de 155 mm, mais elles ne furent finalement pas rajoutées. Tous les bâtiments et murs sont construits en maçonnerie de moellons (la pierre calcaire est tirée des carrières d'Haudromont)[n 1], le tout recouvert d'une épaisse couche de terre[n 2].

Par le décret du , le ministre de la Guerre Georges Boulanger renomme tous les forts, batteries et casernes avec les noms d'anciens chefs militaires[5]. Pour le fort de Douaumont, son « nom Boulanger » est en référence au général puis maréchal Étienne Maurice Gérard, natif de la Meuse (1773-1852) : le nouveau nom devait être gravé au fronton de l'entrée. Dès le , le successeur de Boulanger au ministère, Théophile Ferron, abroge le décret[6]. Le fort reprend officiellement son nom précédent.

Un fort modernisé[modifier | modifier le code]

Plan du fort de Douaumont après sa modernisation : la casemate de Bourges est à gauche, la tourelle de 75 en haut au milieu et la tourelle de 155 à droite du casernement.

Dès sa construction, le fort en maçonnerie est presque immédiatement périmé : les progrès en chimie appliquée permettent de développer de nouvelles charges propulsives et de nouveaux explosifs. Les nouveaux obus sont désormais capables de perforer les terrassements et de détruire les structures maçonnées. Face à cette « crise de l'obus-torpille », la première solution appliquée est de retirer les canons des grands forts et de les disperser, dans de plus petites batteries, si possible défilées. La seconde solution est de renforcer la protection des fortifications existantes : le fort de Douaumont est un des premiers à bénéficier d'une couche de béton épaisse de 1,5 à 2,5 mètres, placée en 1887-1888 au-dessus des maçonneries de la caserne, du couloir d'entrée et des traverses-abris, avec interposition d'une couche de sable d'un mètre, le tout encore recouvert de terre.

En 1889, les fossés sont modifiés : si pour l'escarpe de gorge et la contrescarpe des autres côtés sont conservés les murs en maçonnerie de six mètres et demi de haut (six pour l'escarpe), l'autre côté du fossé est réduit à un talus incliné (donnant moins de prise aux bombardements) avec une grille. Les caponnières sont remplacées par des coffres de contrescarpe reliés au fort par des gaines souterraines bétonnées passant sous les fossés. Pour la gorge sont aménagées deux casemates de flanquement de part et d'autre de l'entrée[7].

Une deuxième phase de modernisation a lieu de 1901 à 1903, avec la construction en béton armé d'une casemate de Bourges armée de deux canons de 75 mm tirant en flanquement vers l'ouvrage de Thiaumont (où une autre casemate assure le flanquement vers Douaumont, couvrant ainsi l'intervalle par un tir croisé) et de deux tourelles de mitrailleuses pour la défense rapprochée des glacis et des dessus du fort. Cet armement est complété en 1906-1909 par l'installation d'une grosse tourelle Galopin (armée d'un canon de 155 mm pour le tir lointain), puis en 1911-1913 d'une autre tourelle d'artillerie, un peu plus petite (armée de deux canons de 75 mm) pour la défense rapprochée. Cinq observatoires cuirassés sont implantés sur les dessus du fort[8]. Enfin, en 1906, le fort est entouré sur son glacis par un réseau de barbelés de 30 mètres de large. L'artillerie est désormais uniquement sous béton (casemate de Bourges) ou sous cuirassements (tourelles)[9].

Cet armement fait de Douaumont un des ouvrages les plus puissants du camp retranché de Verdun, au même titre (l'armement y est identique) que le fort de Moulainville et le fort du Rozelier ; mais il est inférieur au fort de Vacherauville, qui est plus moderne (construit de 1910 à 1914, entièrement en béton armé) et mieux armé (deux tourelles de 155, une de 75 et deux casemates de Bourges). Mais de nouveaux renforcements étaient prévus : depuis 1913 deux annexes sont en chantier sur le glacis du fort, d'une part à l'est (à l'emplacement de l'ancienne batterie 3-4) une seconde tourelle pour deux canons de 75 mm[n 3], d'autre part au sud une batterie cuirassée pour deux tourelles armées chacune d'un canon de 155 mm court (à tir courbe). Les travaux sont interrompus en juillet 1914 : seule la maçonnerie de la première est terminée, la seconde n'est qu'une fouille, désignée en 1916 comme la « carrière 2808 »[11].

La tourelle Galopin[modifier | modifier le code]

Vue extérieure de la tourelle de 155.

Le fort renferme une des tourelles du modèle Galopin. Ces tourelles furent construites de 1907 à 1909. C'est un canon de 155 R, ce qui veut dire de 155 mm raccourci, qui se trouvait en haut sous la coupole, et était orientable à 360°.

Il s'agit d'une tourelle à éclipse qui monte pour tirer et redescend aussitôt. La manœuvre pour monter la tourelle était effectuée par quatre artilleurs à l'aide d'un système de cabestans et des démultiplications. En tournant, ils faisaient armer un contrepoids de lancement. Au moment de mettre la tourelle en batterie (position haute permettant le tir), le contrepoids déverrouillait à son tour les deux gros balanciers et leurs contrepoids. Ceux-ci, descendaient et faisaient monter la tourelle (le principe d'un tire-bouchon à bras). La coupole montait dépassait le point de tir de quelques millimètres, faisait sortir un coin et redescendait se caler sur celui-ci : elle est prête au tir.

Pour la descendre, il suffit d'effacer le coin et la tourelle redescendait plus bas qu'en position d'éclipse, faisant ressortir un autre coin, remontait de quelques millimètres et se calait dessus. Le système est simple, c'est l'équilibre des deux contrepoids avec le poids de la tourelle. Ainsi on a 37 tonnes de contrepoids et 37 tonnes de tourelle. Les obus utilisés étaient montés depuis l'arrière un par un à l'aide d'une noria (monte-charge fonctionnant sur le principe d'une roue à aube) puis arrivés à l'étage intermédiaire, passés dans une seconde noria jusqu'à la chambre de tir. Un obus de 155 (modèle « lourd » exclusivement utilisé dans les tourelles) pesait 43 kg et le canon lui donnait une portée de 7,2 km. Le tir de ces tourelles était relativement rapide. Il n'y avait aucun inconvénient au moment du tir, les effluves de la combustion de la poudre dus aux tirs étaient chassés à l'extérieur (encore plus quand la culasse était ouverte) et un système de ventilation assurait une bonne ventilation du reste du local.

Le bruit à l'intérieur de la tourelle était tout à fait acceptable, la volée du tube étant à l'extérieur et enchâssée dans une rotule, 80 % du bruit était chassé à l'extérieur. Les tourelles de 155 de ce type étaient même moins bruyantes, pour les servants, que certaines pièces d'artillerie utilisant des canons courts employant la même munition.

Lorsque le fort a capitulé au début de la Seconde Guerre mondiale face aux troupes allemandes, les deux tourelles (155 et 75) furent sabordées. C'est un soldat français nommé Victor Chrétien qui se serait chargé de ce travail pour la tourelle de 155 mm.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le fort n'est connu qu'à cause de son rôle pendant la Première Guerre mondiale, essentiellement pendant la bataille de Verdun de février à .

Début du conflit[modifier | modifier le code]

Lors de la mobilisation française de 1914, la garnison du fort est d'abord composée le par une partie de la 9e compagnie (qui occupe aussi les ouvrages de Thiaumont et de Froideterre, ainsi que le village de Bras)[12] du 164e régiment d'infanterie, de la 1re batterie du 5e régiment d'artillerie à pied et d'un détachement du génie. Dès le , les ouvrages de Froideterre et de Thiaumont, ainsi que les villages sont tenus par le 44e régiment d'infanterie territoriale, seul le fort de Douaumont gardant une pleine compagnie d'active du 164e RI jusqu'au (remplacée à ce moment-là par la 5e compagnie du 44e RIT) : le village de Douaumont et ses abords sont mis en état de défense (tranchées, barricade, puis barbelés)[13].

Plan du fort en noir, avec dessus en rouge les impacts des obus de gros calibre (surtout les 42 cm allemands et les 400 mm français) numérotés dans l'ordre chronologique.

Le au matin, la tourelle de 155R du fort ouvre le feu, visant les Jumelles d'Ornes[n 4], un relief sur lequel était signalait des travaux allemands ; dans l'après-midi, la tourelle ainsi que quatre canons de 120 mm placés sur le fort tirent sur de l'infanterie allemande à la lisière des bois d'Herbebois et de la Wavrille. Les tirs reprennent les jours suivants, soutenus par les batteries voisines[14]. Le fort reçoit ses premiers obus allemands le , avec 137 impacts dans l'enceinte ou à proximité immédiate, dont 23 tombant sur le casernement, bouleversant les terrassements[9]. En décembre 1914 et février 1915, la tourelle de 155 réalise plusieurs tirs sur les Jumelles d'Ornes, où les Allemands ont installé un observatoire ; en représailles, le fort est pilonné les 15 et avec 40 obus de 38 cm et de de 42 cm le premier jour et encore une vingtaine le surlendemain : la couche de béton est percée au-dessus de la boulangerie (d'où un gros éboulement de terre dans la cours de la caserne : coups nos 3 et 4), le couloir d'accès à la tourelle de 75 est disloqué (impacts nos 6, 7 et 8) et la tourelle de 155 a besoin de deux jours de travaux pour la remettre en état (no 10)[10]. Le , la « station de tir contre aéronefs » du fort tire sur un Aviatik et le force à se poser, les deux passagers allemands finissant prisonniers[15]. Pendant le reste de l'année 1915, le fort reçoit des obus allemands de 15 et de 21 cm[9].

Désarmement du fort[modifier | modifier le code]

La stabilisation de la ligne de front à l'automne 1914 modifie le type de combat, l'artillerie lourde prenant une place dominante. Hors, l'armée de campagne française manque de munitions (il y a même rationnement) et de pièces de gros calibre, alors que les fortifications regorgent des deux. D'autant que les fortifications belges et françaises, même modernes, ne résistent pas aux nouvelles pièces d'artillerie lourde allemandes : la place de Longwy, la position fortifiée de Liège, le fort de Manonviller, le fort de Charlemont, le fort des Ayvelles, la place de Montmédy, la position fortifiée de Namur, la place forte de Maubeuge, le fort du Camp-des-Romains et la ligne de défense d'Anvers sont tous tombés.

Mais les places fortes ne dépendent pas alors du général en chef, mais du ministère de la Guerre[n 5]. Dès le , le GQG obtient du ministère qu'il envoie les pièces d'artillerie et les stocks d'obus des places fortes (sauf pour Paris, Toul et Verdun) comme des colonies vers le front[16]. Le , le GQG ordonne de « réduire au strict minimum les garnisons des forts »[17]. Enfin, grâce au décret du qui met les places situées dans la zone des armées sous les ordres du général en chef[n 6], le GQG peut vider les arsenaux et désarmer forts et batteries.

En conséquence, seules les tourelles conservent leurs canons (avec une très faible dotation en munitions), les autres pièces étant versées aux régiments d'artillerie lourde et envoyées sur le front (qui en a besoin pour l'offensive de Champagne). Au fort de Douaumont, la casemate de Bourges perd ses deux canons de 75 mm avec leur affûts et munitions. La garnison du fort se limite désormais à 56 artilleurs de la territoriale, commandés par un gardien de batterie (l'adjudant Chenot) : ce n'est plus qu'un cantonnement à dix kilomètres à l'arrière du front pour les troupes de passage. Le général Coutanceau, gouverneur de Verdun, ayant protesté contre ce désarmement de la place est remplacé le par le général Herr à la tête de la nouvelle « région fortifiée de Verdun » (équivalente à une armée), nouvellement créée.

La destruction du fort est préparée en cas d'évacuation, prévoyant de faire sauter les tourelles, observatoires, fossé de gorge et une partie du réseau de barbelés. Le génie stocke à cette fin au fort cinq tonnes de poudre noire ainsi que des centaines de cartouches de cheddite et de mélinite ; un petit groupe de sapeurs est envoyé creuser derrière le mur d'escarpe de gorge six fourneaux de mine écartés de huit mètres entre-eux[9]. Ces travaux sont encore en cours au début de l'année 1916 ; les tourelles sont minées et inaccessibles.

Prise du fort par les Allemands[modifier | modifier le code]

Carte du champ de bataille : le fort de Douaumont est pris dès le , l'avancée allemande se poursuivant jusqu'aux abords du fort de Souville en juillet.

Le , premier jour de l'offensive allemande sur Verdun, le fort de Douaumont fait partie des cibles de l'artillerie lourde allemande : il reçoit environ 800 obus les 21 et 22. Chaque jour, l'artillerie allemande réalise une préparation ravageant les positions françaises, puis l'infanterie allemande conquiert le terrain. Le , l'attaque perce largement le front, mais s'arrête comme prévu à environ 600 mètres du fort. Le 24e régiment d'infanterie allemand[n 7] a atteint son objectif, le bois de Chauffour, mais reçoit des obus allemands : les officiers (l'Hauptmann Hans Joachim Haupt, chef de la 7e compagnie, le lieutenant de réserve Eugen Radtke de la 6e et l'Oberleutnant Cordt von Brandis de la 8e) décident alors de pousser plus loin.

Évitant le village de Douaumont où est retranché un bataillon du 95e RI français, les compagnies du 24e franchissent le glacis et le réseau de barbelés, arrivant en fin d'après-midi, sous la neige, jusqu'à la grille de la contrescarpe au nord-est du fort. Dans le fort, les 57 territoriaux de la garnison, ainsi qu'un isolé du 164e RI, six artilleurs du 102e RA, un sergent du génie et cinq hommes de corvée[18], se sont réfugiés dans le sous-sol du casernement (pour se protéger du pilonnage), sans liaison avec les unités environnantes et sans personne dans les observatoires. Une brèche est découverte dans la grille et quelques volontaires sautent dans les fossés, trouvent des poteaux télégraphiques et les dressent pour aider les suivants à descendre. Le sergent Kunze (des pionniers du régiment) se glisse dans le coffre oriental par le créneau de tir, puis de petits groupes d'Allemands remontent les galeries. Les Français du fort sont faits prisonniers[19]. La perte du fort, important point d'appui, observatoire et abri de premier ordre entraînait pour la défense des conséquences matérielles et morales considérables. Les Allemands organisèrent tout de suite la défense du fort de Douaumont : dans la soirée du , ils étaient 19 officiers et 79 sous-officiers et hommes de troupes de cinq compagnies différentes à occuper le fort de Douaumont. Le fort était devenu le pivot de la défense allemande sur la rive droite de la Meuse (près du fort de Vaux). Brandis et Haupt reçurent la médaille Pour le Mérite et des communiqués allemands sont publiés, le premier le à midi :

« Le fort blindé de Douaumont, le pilier nord-est de la ligne principale des fortifications permanentes de la place forte de Verdun, a été pris d'assaut hier après-midi par le régiment d'infanterie du Brandebourg no 24. Il est solidement au pouvoir des troupes allemandes. »

« À l'est de la Meuse, devant Sa Majesté l'empereur et roi, qui était sur le front, nous avons obtenu des succès importants. Nos vaillantes troupes ont enlevé les hauteurs sud-ouest de Louvemont, le village de Louvemont et la position fortifiée qui est plus à l'est. Dans une vigoureuse poussée en avant, des régiments de Brandebourg sont arrivés jusqu'au village et au fort cuirassé de Douaumont qu'ils ont enlevés d'assaut. »

Caricature néerlandaise.
Vue de la dalle de béton en bordure d'un cratère : elle est fissurée en fonction des couches de coulée successives de 20 cm d'épaisseur.

Le 8 mai 1916, la vie du fort, alors occupé par les Allemands, fut troublée par un événement imprévu. La veille, les bombardements avaient été très violents. L'ouvrage avait reçu les blessés ; un bataillon au repos et de nombreuses troupes se trouvaient dans le fort. À 6 heures du matin, une violente explosion, celle d'un dépôt de grenades, mit le feu à un dépôt de lance-flammes. Cette explosion est due à une erreur humaine. Les pertes furent lourdes, les Allemands commencèrent à enterrer les morts mais comme on en retrouvait toujours, le commandement les fit placer dans deux casemates qui furent murées. Des 800 à 900 soldats qui périrent, 679 sont enterrés derrière cette croix : c'est le cimetière allemand du fort.

Reprise du fort par les Français[modifier | modifier le code]

Plan du fort en noir, avec en rouge le tracé des galeries souterraines (appelées les « travaux de 17 »).

Le , le fort fut pilonné avec les énormes obus tirés d'un obusier de 400 mm français, qui perforèrent les couches de béton, de terre et de maçonnerie, faisant s'effondrer les voûtes, coupant l'éclairage et remplissant la caserne de gaz toxique, forçant la garnison allemande à évacuer. Le 24 octobre, le fort fut repris par le régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM) renforcé de tirailleurs sénégalais et somalis, le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs (4e RMZT) et le 32ème RAC, unités de la 38e division d'infanterie. La compagnie du génie 19/2 était intégrée depuis 1914 à la 38e DI. Deux sapeurs de cette compagnie, Jean Ygon et Paul Dumont, se sont particulièrement distingués le 24 octobre 1916 : alors qu'Ygon, aidé d'un autre sapeur, parvient à capturer vingt soldats allemands, deux mitrailleuses et trois canons, Dumont, qui a pris le commandement de quatre soldats coloniaux, est le premier soldat français à pénétrer dans le fort. À son tour, il y capture quatre officiers et vingt-quatre soldats allemands. Le 4 décembre 1916, ils se voient attribuer tous les deux la légion d'honneur, dont ils seront les deux seuls militaires du rang récipiendaires à l'occasion de la reprise du fort. Paul Dumont sera parrain de la 273e promotion de l'École nationale des sous-officiers d'active.

Le 14 décembre 1916, un obus allemand de 420 mm tombe dans une casemate et tue 21 soldats. On put en sortir quatorze pour les enterrer à l'extérieur, les sept autres, dont les noms sont inscrits sur une plaque, furent déchiquetés et reposent encore derrière ce mur épais qui mure maintenant la casemate.

Douaumont coûta, d'après le général Philippe Pétain, 100 000 morts à la France, et aura été pris et repris sans combat. Le fort fut également utilisé au début de la Seconde Guerre mondiale en 1940[9].

Inscriptions et citations[modifier | modifier le code]

Vue générale de la cours du fort de Douaumont.

« Le 24 octobre 1916, alors que le R.I.C.M. prenait pied sur le Fort de Douaumont, le 321e R.I à sa droite, atteignait la face est de l'ouvrage et le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, à sa gauche, pénétrait dans le fossé ouest. Ces trois régiments, ensemble à la peine, partagent maintenant l'honneur de voir inscrit sur leurs drapeaux le nom glorieux : VERDUN-DOUAUMONT. »

— 1re plaque commémorative.

« Le 24 octobre 1916, le Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc renforcé du 43e Bataillon Sénégalais et de deux compagnies de Somalis a enlevé, d'un admirable élan, les premières tranchées allemandes, a progressé ensuite sous l'énergique commandement du lieutenant colonel Régnier, brisant les résistances successives de l'ennemi sur une profondeur de deux kilomètres - a inscrit une page glorieuse à son histoire en s'emparant dans un assaut irrésistible du Fort de Douaumont et en conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l'ennemi. »

— 2e plaque commémorative.

« Le 24 octobre 1916, la 38e division d'infanterie a eu la gloire et le mérite de reprendre à l’ennemi le Fort de Douaumont. Le RICM, le 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs, le 4e régiment de zouaves, le 8e régiment de tirailleurs tunisiens et le 32e régiment d’artillerie de campagne formant la 38e DI. Les 133e et 74e DI ont glorieusement participé aux combats, notamment les 11e et 321e régiment d’infanterie. »

— 3e plaque commémorative.

« Le 24 octobre 1916, renforcé du 43e bataillon sénégalais et de deux compagnies de Somalis, a enlevé d’un admirable élan les premières tranchées allemandes ; a progressé ensuite sous l’énergique commandement du colonel Régnier, brisant successivement la résistance de l’ennemi sur une profondeur de deux kilomètres. A inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant d’un élan irrésistible du fort de Douaumont, et conservant sa conquête malgré les contre-attaques répétées de l’ennemi. »

— Décret du 13 novembre 1916 avec attribution de la Légion d’honneur au drapeau du RICM, publié au JORF du 16 novembre 1916[20],[n 8].

« Le 24 octobre 1916, sous l’énergique commandement du lieutenant-colonel Vernois, a enlevé d’un élan admirable les premières tranchées allemandes, puis, successivement, l’ouvrage de la ferme de Thiaumont. A inscrit une page glorieuse à son histoire en s’emparant, dans un irrésistible assaut, du village de Douaumont. »

— Citation à l'ordre de l'armée du 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs. Ordre général de la 2e armée en date du 13 novembre 1916.

« A fourni, pendant une période de vingt jours, de gros efforts pour préparer une attaque dans un secteur particulièrement bombardé. A pris part à cette attaque, suivant les troupes qui s'emparaient, dans un élan irrésistible, du fort de Douaumont, a pris part avec la même bravoure à la prise de cet ouvrage, nettoyé et organisé la position, permettant ainsi de conserver une brillante conquête. »

— Citation à l'ordre de l'armée de la 2e compagnie du 19e bataillon du génie. Ordre général n°498 de la 2e armée en date du 13 novembre 1916.

« Officiers, sous-officiers et soldats du groupement Mangin, en quatre heures, dans un assaut magnifique, vous avez enlevé d'un seul coup, à notre puissant ennemi, tout le terrain, hérissé d'obstacles et de forteresses, du nord-est de Verdun, qu'il avait mis huit mois à vous arracher par lambeaux, au prix d'efforts acharnés et de sacrifices considérables. Vous avez ajouté de nouvelles et éclatantes gloires à celles qui couvrent les drapeaux de Verdun. Au nom de cette armée, je vous remercie. Vous avez bien mérité de la Patrie. »

— Ordre du jour du général Nivelle, le 25 octobre 1916, remerciant les troupes qui ont repris le fort de Douaumont.

Fanion du 43e bataillon de tirailleurs sénégalais portant l'inscription « Douaumont 1916 » et la fourragère.

L'inscription de bataille « VERDUN-DOUAUMONT 1916 » est attribuée aux drapeaux des unités suivantes :

  • Régiment d'infanterie coloniale du Maroc (RICM) ;
  • 4e régiment mixte de zouaves et tirailleurs (4e RMZT), composé de deux bataillons de tirailleurs tunisiens et d'un bataillon de zouaves[n 9] ;
  • 321e régiment d'infanterie (321e RI) ;
  • 1er bataillon de tirailleurs somalis ;
  • 43e bataillon de tirailleurs sénégalais (43e BTS).

La vie dans le fort[modifier | modifier le code]

Entrée du tunnel sud.

La carapace de protection du fort de Douaumont est épaisse de plus de six mètres (pierres, sable, béton spécial et terre) mais a en grande partie disparu suite aux divers bombardements et au prélèvement du sable pendant l'occupation allemande durant le premier conflit mondial. Le fort permettait de loger 800 hommes environ mais en 1916, il y en eut parfois jusqu'à 3 000 voire 3 500.

Après la reprise du fort par les troupes françaises, de nombreux travaux de renforcement et de défense furent entrepris. Par exemple dans le couloir central, il y a des chicanes avec des créneaux pour mitrailleuses et grenades. Dans certaines « niches » se trouvent des échelles grâce auxquelles on accède aux étages inférieurs. Malgré le bombardement, le bruit à l'intérieur du fort restait diffus et sourd, tant que les obus explosaient à l'extérieur et n'arrivaient pas à pénétrer dans les œuvres vives du forts.

Le fort contenait des citernes en béton. Cependant, avec les bombardements, elles furent rendues inutilisables (fissurées par les vibrations) et les ravitaillements en eau étaient particulièrement difficiles, rationnant les occupants à 250 ml d'eau par jour. À cette époque, on utilisait pour l’éclairage des bougies et des lampes à pétrole qui, à cause de la surpopulation et d'inévitables dégradations, n'étaient que peu ou pas utilisées. Les Allemands, remédiant à cet état, avaient mis en service au fort des groupes électrogènes. Au moment de la reprise du fort par les troupes françaises le 24 octobre 1916, ils en avaient amené d'autres plus puissants qui étaient en cours de montage et qui leur auraient permis d'électrifier quasiment tout le fort.

La ventilation était assurée par des ventilateurs à main. Les toilettes existaient à l'intérieur du fort mais en nombre insuffisant (quatre) et dans un état de saleté repoussante ; les Allemands remédièrent à ce problème en installant plus de vingt toilettes à l'extérieur, à l'abri du bombardement, et condamnèrent celles de l'intérieur.

Le fort présente aussi une pièce, aménagée par les troupes allemandes, dans laquelle on désinfectait les uniformes et le personnel avec de la vapeur d'eau chaude.

Le fort servait de lieu de passage et de repos à l'infanterie allant en ligne, le seul endroit où une troupe pouvait se reposer sans danger. La sortie en était difficile, l'artillerie française tenant sous son feu les issues du fort. Aussi, pour réduire les pertes à la sortie du fort, les Allemands entreprirent la construction d'une communication souterraine, appelée « Tunnel sud » dans l'axe même du fort. Fin octobre, 60 mètres seulement étaient achevés. Il fut prolongé par les Français après la reprise du fort, à 250 mètres environ au sud du fossé de gorge du fort.

Désormais un lieu touristique[modifier | modifier le code]

Le fort est désormais une des principales attractions touristiques de l'ancien champ de bataille de Verdun. Il a attiré 170 898 visiteurs en 2014, 97 921 en 2013 et 94 225 en 2012[21].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les carrières abandonnées d'Haudromont, où était exploité le calcaire blanc du Rauracien et le calcaire crinoidique de l'Argovien[4], se trouvent sur le versant sud de l'actuel bois d'Haudraumont, à proximité de la route menant de Bras-sur-Meuse à l'ancien village de Douaumont : 49° 13′ 19″ N, 5° 24′ 31″ E.
  2. Les côtes de Meuse sont couronnées par des argiles et des marnes du Séquanien[4].
  3. La seconde tourelle de 75 mm, modifiée en tourelle pour deux armes mixtes, est finalement installée en 1937 sur l'ouvrage des Sarts, près de Maubeuge[10].
  4. Les Jumelles d'Ornes sont deux petits sommets à 304 mètres d'altitude pour celui du sud (« cote 307 » sur les cartes d'époque ; 49° 15′ 44″ N, 5° 29′ 13″ E) et 302 m pour celui au nord (« cote 310 » à l'époque ; 49° 15′ 55″ N, 5° 29′ 11″ E), la limite entre les communes de Gremilly et d'Ornes passant entre les deux.
  5. Le Règlement sur le service des places de guerres, promulgué par le décret du , donnait aux gouverneurs des places fortes une certaine autonomie vis-à-vis du général en chef, notamment à travers l'article 151 : « le commandant en chef ne peut enlever à une place sous ses ordres aucune fraction de la garnison de défense déterminée par le Ministre ».
  6. Le commandant en chef « dispose, sans restrictions, de toute la garnison des places fortes sous ses ordres et de toutes les ressources de guerre ou de bouche qui se trouvent soit dans la place, soit dans ses zones de réquisition ».
  7. Le fort de Douaumont a été pris par un groupe d'hommes du 24e régiment d'infanterie, c'est-à-dire le 4e brandebourgeois « grand-duc Frédéric-François II de Mecklembourg-Schwerin » (Infanterie-Regiment „Großherzog Friedrich Franz II. von Mecklenburg-Schwerin“ (4. Brandenburgisches) Nr. 24) qui était caserné à Neuruppin, faisant partie de la 6e division d'infanterie de l'Armée impériale allemande.
  8. Le 43e bataillon de tirailleurs sénégalais ainsi que les 2e et 4e compagnies de Somalis, associées au RICM dans le texte de cette citation, reçoivent également la croix de guerre 1914-1916 avec une palme.
  9. L'inscription « VERDUN-DOUAUMONT 1916-1917 » a été attribuée, en octobre 1929, au 16e régiment de tirailleurs tunisiens (héritier du 4e RMZT) et pas, par effet rétroactif, au 4e RMZT, qui a reçu lui l'inscription « VERDUN 1916-1917 ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guy Le Hallé, Le système Séré de Rivières ou le Témoignage des pierres, Louviers, Ysec Éditions, , 224 p. (ISBN 2-84673-008-3), p. 201.
  2. Carte topographique centrée sur le fort sur Géoportail (consulté le 13 septembre 2018).
  3. Le Hallé 2001, p. 201-203.
  4. a et b Notice de la carte du BRGM « no 136 (Étain) » [PDF], sur http://infoterre.brgm.fr/.
  5. Note no 5285 le du ministre de la Guerre Boulanger aux généraux commandant les régions militaires ; décret présidentiel du pour les nouvelles dénominations des forts, batteries et casernes sur proposition du ministre de la guerre, M. le général Boulanger.
  6. Lettre no 14980 bis le de M. le ministre de la Guerre, M. le général Ferron, abrogeant le décret présidentiel du 21 janvier.
  7. Le Hallé 2001, p. 203.
  8. Alain Hohnadel et Philippe Bestetti, La Bataille des forts : Metz et Verdun de 1865 à 1918, Bayeux, éditions Heimdal, , 80 p. (ISBN 2-84048-087-5), p. 19.
  9. a, b, c, d et e Cédric et Julie Vaubourg, « Le fort de Douaumont ou fort Gérard », sur http://www.fortiffsere.fr/.
  10. a et b Hohnadel et Bestetti 1995, p. 20.
  11. Le Hallé 2001, p. 204.
  12. Journal des marches et opérations du 164e régiment d'infanterie, SHD, « cote 26 N 703/1 », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  13. Journal des marches et opérations du 44e régiment d'infanterie territoriale, SHD, « cote 26 N 784/1 », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  14. Journal des marches et opérations du 5e régiment d'artillerie à pied, SHD, « cote 26 N 1184/1 », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  15. Historique du 5e régiment d'artillerie à pied pendant la guerre 1914-1918, Paris, Berger-Levrault, 60 p. (lire en ligne), p. 5.
  16. Service historique de l'état-major des armées, Les Armées françaises dans la Grande Guerre, t. 2 : La stabilisation du front - Les attaques locales (14 novembre 1914 - 1er mai 1915), Paris, Imprimerie nationale, , 728 p. (lire en ligne), p. 56.
  17. Directive du 20 octobre 1914 ; Jean-Philippe Renault, « La Défense française de Verdun en janvier 1916 », sur https://acierettranchees.wordpress.com/.
  18. (de) « Die Einnahme des Forts Douaumont », sur http://www.douaumont.net/.
  19. Pierre Miquel, Mourir à Verdun, Paris, Tallandier, (ISBN 978-2-8473-4035-8).
  20. Antoine Champeaux, « Les traditions du 1er bataillon de tirailleurs somalis », sur http://www.stratisc.org/.
  21. « Le tourisme de mémoire en Lorraine » [PDF], sur http://www.observatoire-lorraine.fr/, p. 25.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Cordt von Brandis, Die Stürmer von Douaumont : Kriegserlebnisse eines Kompagnieführers, Berlin, Scherl, , 140 p. (DNB 579242137).
  • général Rouquerol, « Prise de Douaumont », Revue du Génie,‎ 2e semestre 1926.
  • général Rouquerol, « Douaumont pendant l'occupation allemande », Revue du Génie,‎ 2e semestre 1927.
  • (de) Cordt von Brandis, Die vom Douaumont : Das Ruppiner Regiment 24 im Weltkrieg, Berlin, Verlag Tradition W. Kolk, , 549 p. (DNB 579242129).
  • (de) Eugen Radtke, Die Erstürmung des Douaumont, Leipzig, Reclam, , 78 p. (DNB 362093881).
  • Général Henry Michel, Verdun, Fleury-Devant-Douaumont, juillet 1916 : la bataille de la dernière chance allemande, Paris, Comité national du souvenir de Verdun, , 160 p..
  • Jean Rocard, « Le fort de Douaumont », Bulletin monumental, no 151,‎ , p. 311-320 (lire en ligne).
  • Alain Denizot, Douaumont : 1914-1918, vérité et légende, Paris, Perrin, , 163 p. (ISBN 2-262-01388-8).
  • François Dallemagne et Jean Mouly, Patrimoine militaire, Paris, Éditions Scala, (ISBN 2-86656-293-3), p. 68-79.
  • (de) Kurt Fischer, Berichte aus dem Fort Douaumont, Bonn, Bernard und Graefe, , 128 p. (ISBN 3-7637-6248-5).
  • (de) Martin J. Gräßler, Fort Douaumont : Verduns Festung, Deutschlands Mythos, Munich, (ISBN 978-3-89975-812-2).
  • Jean-Luc Kaluzko, Uwe Lewerenz et Franck Meyer, Le fort de Douaumont, Louviers, Ysec, coll. « Voir et comprendre », , 31 p. (ISBN 978-2-84673-131-7).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]