Territoire de Pondichéry

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Pondichéry (homonymie).
Puducherry
புதுச்சேரி
Emblème
Emblème
Localisation du territoire en Inde.
Localisation du territoire en Inde.
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Capitale Puducherry
Création
Langue officielle Tamoul, malayalam, télougou, anglais
Lieutenant-gouverneur Kiran Bedi
Démographie
Population 1 247 953 hab. (2011)
Densité 2 536 hab./km2
Rang 29e
Géographie
Superficie 492 km2
Rang 33e

Le Territoire de Pondichéry ou Territoire de Puducherry[1] (anglais : Union Territory of Puducherry) est un territoire de l'Inde. Il est formé de quatre enclaves issues de l'ancienne Inde française : Pondichéry (ou Puducherry) et Karikal (Karaikal), Mahé (Mahe) et Yanaon (Yanam).

Pondichéry est la capitale du Territoire.

Le tamoul, le malayalam et le télougou sont les principales langues parlées dans le Territoire. L'anglais est également langue officielle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Inde française.

Le Territoire de Puducherry est issu des anciennes colonies françaises du sous-continent indien conquises aux XVIIe et XVIIIe siècles. Pondichéry est acquise en 1674, Mahé en 1721, Yanaon en 1731 et Karikal en 1739. Ces comptoirs, ainsi que Chandernagor, sont les seules que la France parvient à conserver en Inde face aux Britanniques.

En 1946, ces Établissements français deviennent territoire d'outre-mer au sein de l'Union française. Toutefois, l'Indépendance de l'Inde en 1947 entame le processus de rattachement à l'Union indienne.

Le , un référendum approuve le rattachement de Chandernagor. Un traité est signé entre la France et l'Inde le [2] et, en 1954, la ville est intégrée au Bengale-Occidental.

À partir de , les élus locaux des Établissements souhaitent leur intégration à l'Inde et l'agitation se développe. Le , les gouvernements indien et français signent un accord prévoyant que « Le Gouvernement de l'Inde prendra en charge à la date du l'administration du territoire des Établissements français de l'Inde[2],[3]. »

Le rattachement de jure des Établissements à l'Inde a lieu par la signature d'un traité de cession le , ratifié par la France le [4],[2]. Le , la Constitution de l'Inde est modifiée pour créer le Territoire de Pondichéry, autoriser sa représentation au Parlement indien et le doter d'un gouvernement local[5].

En 1963, le Government of Union territories Act dote le Territoire d'une Assemblée législative et d'un gouvernement de la même manière qu'un État[6].

Le traité de 1956 prévoyait que « Le français restera langue officielle des Établissements aussi longtemps que les représentants élus de la population n’auront pas pris une décision différente[4]. » Dès 1965, l'Assemblée législative de Pondichéry adopte une loi faisant du tamoul la langue officielle du Territoire en prévoyant l'usage du malayalam et du télougou pour les districts de Mahé et Yanaon, ainsi que de l'anglais[7].

En 1980, l'Assemblée législative adopte unanimement une motion demandant que le nom du territoire soit changé en « Puduchery », pour correspondre à son nom tamoul historique. Une telle demande est réitérée en 1996 par les ministres du Territoire. Finalement, le Parlement indien donne droit à la demande en 2006 et le Territoire se nomme depuis « Territoire de Puducherry »[8].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du district de Puducherry et ses différentes exclaves.

Le Territoire de Puducherry est constitué de quatre petits districts situées sur la côte de Coromandel et la côte de Malabar et hérités des anciens Établissements français : Puducherry (293 km2) et Karaikal (190 km2) sont les plus importants et sont enclavés au Tamil Nadu, Yanam (30 km2) est enclavé en Andhra Pradesh et Mahe (9 km2) au Kerala.

Les districts eux-mêmes ne constituent pas des territoires contiguës : le district Puducherry compte ainsi lui-même 11 différentes exclaves (dénommées « pockets » en anglais).

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2011, le Territoire compte 1 247 953 habitants dont 76 % dans le seul district de Puducherry[9].

68 % de la population est urbaine et le taux d'alphabétisation est de 85,85 %[9].

L'hindouisme est la religion majoritaire du territoire avec 87,30 % de la population, devant le christianisme (6,29 %) et l'islam (6,05 %)[9].

Il y a environ 6 500 « Franco-Pondichériens », des habitants nés dans le Territoire pendant la colonisation française et qui ont fait le choix de conserver la nationalité française au moment du rattachement à l'Inde[10].

Gouvernement et administration[modifier | modifier le code]

Gouvernement territorial[modifier | modifier le code]

Assemblée législative de Puducherry
La résidence du lieutenant-gouverneur est Raj Niwas, l'ancienne résidence des gouverneurs français.

Le Territoire de Puducherry est un territoire de l'Union et non pas un État, ce qui signifie que son administration relève du gouvernement central. Toutefois, le Territoire fait partie avec ceux de Delhi des deux territoires disposant d'un gouvernement autonome.

Ainsi, depuis 1963[6], le Territoire est doté d'une Assemblée législative composée de 30 membres élus au suffrage universel direct. Une partie des sièges est réservée aux Dalits, en proportion de leur part dans la population.

Le chef du gouvernement est le ministre en chef, responsable devant l'Assemblée législative.

Le gouvernement central est représenté à Puducherry par un lieutenant-gouverneur.

Les deux principaux partis présents à Puducherry sont actuellement le Congrès et le All India N.R. Congress, une scission du Congrès alliée au BJP au niveau national. Les partis tamouls, Dravida Munnetra Kazhagam (allié au Congrès) et All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam (allié à l'AINRC) sont également présents.

Administration locale[modifier | modifier le code]

Les communes et municipalités du district de Puducherry.

Comme les autres États et territoires, Puducherry est divisée en districts (correspondant chacun à une enclave) eux-mêmes subdivisés en taluks.

Une des particularités de Puducherry est d'avoir conservé pendant longtemps l'administration municipale et le découpage en communes issu de la colonisation française. Toutefois, le Municipalities Act et le Village and Commune Panchayats Act de 1973 ont rapproché l'administration locale de ce qui existe dans les autres États en transformant les plus grandes villes en municipalités et en instaurant le système des panchayats dans les communes subsistantes[11].

District Taluk Organes locaux
Puducherry Puducherry
Ozhukarai
Villianur
Bahour
Karaikal Karaikal
Thirunallar
Mahe Mahe
Yanam Yanam

Les municipalités sont administrées par un conseil municipal et un président élu au suffrage universel direct tous les cinq ans[11].

Les communes couvrent les territoires plus ruraux. Elles sont administrées par un panchayat de commune élu au suffrage universel direct et un président élu par le panchayat. Sur le territoire d'une commune peuvent exister des villages dotés d'un panchayat de village et d'un président élus au suffrage universel direct. Les président de panchayat de village siègent au panchayat de la commune dont le village fait partie. En outre, dans chaque village, se réunit périodiquement la Gram Sabha (assemblée de village) à laquelle peuvent participer tous les habitants du village[11].

L'essentiel du pouvoir exécutif dans les municipalités et les communes est exercé par un commissaire nommé par le gouvernement[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le territoire et la ville ont été renommés Puducherry en 2006. Cependant, Pondichéry reste le nom recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie pour l'usage officiel en France (Journal officiel).
  2. a, b et c « Cession des Établissements français de l'Inde au gouvernement indien », sur Archives de France (consulté le 21 mai 2016)
  3. « Accord élaboré entre les gouvernements français et indien sur les établissements français de l'Inde (21 octobre 1954) », sur Persee (consulté le 21 mai 2016)
  4. a et b « Traité de cession des Établissements français de Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon », sur CEFAN.ulaval.ca
  5. « THE CONSTITUTION (FOURTEENTH AMENDMENT) ACT, 1962 », sur Indiacode.nic.in (consulté le 21 mai 2016)
  6. a et b « Government of Union territories Act 1963 », sur MHA.nic.in
  7. « Pondicherry Official Languages Act, 1965 », sur CEFAN
  8. « Bill to rename Pondicherry as Puducherry passed », sur The Hindu,‎
  9. a, b et c « Puducherry Population Census data 2011 », sur Census2011.co.in (consulté le 21 mai 2016)
  10. « Ces Indiens français de Pondichéry », sur Paris Match
  11. a, b, c et d « Puducherry Code - Volume III », sur Government of Puducherry (consulté le 21 mai 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]