Bataille des monts de Champagne

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Bataille des monts de Champagne
Description de cette image, également commentée ci-après

Monument marquant le lieu de départ français, le mont Cornillet et le massif de Monronvilliers sont visibles en arrière-plan.

Informations générales
Date du au
Lieu France
Issue Victoire tactique française
Belligérants
Drapeau de la France France Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
François Anthoine Karl von Einem
Forces en présence
4e armée IIIe armée
Pertes
14 277 6 120 prisonniers

Première Guerre mondiale

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Bataille de l'Atlantique
Coordonnées 49° nord, 4° est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille des monts de Champagne

Géolocalisation sur la carte : Marne

(Voir situation sur carte : Marne)
Bataille des monts de Champagne

La bataille des monts de Champagne est un épisode de la Première Guerre mondiale qui se déroule du 17 avril au , elle est contemporaine de la bataille du Chemin des Dames. Elle est parfois désignée troisième bataille de Champagne.

Contexte stratégique[modifier | modifier le code]

L'offensive de Nivelle, le massif de Moronvillers est sur la droite de la carte entre la 4e armée française d'Anthoine et la IIIe armée allemande de Rothmaler.

Outre son rôle de diversion et de prolongation de l'offensive du GAR[1], le but de la 4e armée du général Anthoine était l'occupation de la crête des monts (au sud de Moronvilliers), crête dominante qui constituait d'excellents observatoires pour les Allemands[2].

Description du champ de bataille[modifier | modifier le code]

La bataille a lieu à l'est de Reims, entre Prunay et Aubérive, en Champagne, le long du massif de Moronvilliers qui comprend sept plateaux, d'ouest en est : le mont Cornillet (206 m), le mont Blond (211 m), le mont Haut (257 m), le mont Perthuis (232 m), le mont Casque (246 m), le mont Téton (237 m) et le mont Sans Nom (210 m). Il y a aussi un mont plus bas, la cote 181, vers l'est.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Organisation française et objectifs[modifier | modifier le code]

4e armée

  • 8e corps d'armée
    • Progression vers la crête du mont Blond, mont Cornillet.
  • 17e corps d'armée
    • Prise d'Aubérive-sur-Suippe et progression en direction des monts.
  • Brigade territoriale
  • 24e division d'infanterie
    • Prise de la partie est d'Aubérive-sur-Suippe
  • 22 escadrilles d'aviation comprenant une de bombardement
    • éclairer les forces terrestres française tout ce cachant de celles de l'ennemi
  • 11 compagnies de ballons captifs
    • observer les mouvements et régler les tirs d'artillerie.
  • L'artillerie spéciale.

Organisation allemande[modifier | modifier le code]

IIIe armée commandée par Karl von Einem ayant 52 régiments sur place.

La bataille[modifier | modifier le code]

Du 17 au 20 avril : enlèvement de la première ligne allemande, prise du mont Blond et du mont Cornillet, du village d'Aubérive. 2 500 prisonniers.
Ici aussi les chars entrent en action avec trois unités, 48 chars du capitaine Lefevre qui connaissent alors les mêmes difficultés qu'à Berry-au-Bac dans un terrain détrempé. Entrés en action le 17, ils furent retirés le lendemain.
Les monts sont, ici aussi fortifiés par cinq niveaux de réseau de tranchées, des blockhaus bétonnés et des souterrains que les tirs de 1 600 canons ne neutralisèrent pas.

Pour réduire cette garnison, les Français ont utilisé plus de cent canons et fait venir deux canons spéciaux, des obusiers de 400 mm, installés à Mourmelon-le-Petit, qui tirent 36 obus de 400 mm pesant 900 kg[3]. Les objectifs visés sont les trois accès aux galeries, au nord du mont, et les puits d'aération, repérés par les avions d'observation.
Du 20 avril au 20 mai : conquête des monts, 3 000 prisonniers, consolidation des positions. Il y eut, ici aussi quelques mutineries, surtout dans le camp de Châlons qui servait de lieu de concentration du Groupe d'armée du centre de Pétain dont la IIIe armée dépendait ; il n'y a pas eu de fusillés. le 17 avril le 18e RI qui a eu 12 condamnés à mort, le 29 le 20e RI à Mourmelon et du 3 au 12 juin le 217e RI qui a pu être raisonné par ses chefs.

Organisation de l'aviation[modifier | modifier le code]

Pour l'offensive Nivelle, le général en chef avait nommé le commandant Paul Du Peuty Commandant de l'aéronautique aux armées ; ancien commandant de la MS 48 et de l'aviation de la Xe armée pour l'offensive de la Somme, c'était un partisan de la concentration des unités pour obtenir une suprématie aérienne.
La IVe Armée Anthoine dispose ainsi de :

  • 25 escadrilles de Corps d'armée,
    • 130 avions de Corps d'armée,
    • 110 avions de chasse,
  • Groupe de bombardement 1,
    • 40 bombardiers,
  • 11 compagnies d'aérostiers. Ils opèrent depuis de nombreux terrains situés à La Noblette, La Cheppe, Bonne-maison, Villeneuve-les-Vertus, Lhéry...

Les unités d'artillerie lourde sont couplées à une escadrille de reconnaissance pour le réglage des tirs. Il y a même des expérimentations de réglage par des avions équipés de T.S.F. Mais le principal ennemi fut le temps, entre le 28 mars et le 13 avril, 38 missions de surveillance, 16 missions photographiques furent réalisées malgré le vent et la neige.

Début mai le Groupe de Chasse 11 rejoint le théâtre de la IVe armée. Pour la période du 15 au 31 mai, le G.C. 11 et le G.C 15 font 633 combats pour 11 avions ennemis abattus plus 15 probables et eurent deux morts, deux blessés et deux disparus[4].

Conséquence et bilan[modifier | modifier le code]

Les Allemands ont perdu leurs points d'observation sur la plaine qui sont maintenant tenus par l'armée française. C'est le seul point positif de l'offensive Nivelle mais le secteur ne restait pas calme, succession de contre-attaques allemandes pour reprendre ces objectifs.

Au préalable du lancement de l'offensive Meuse-Argonne en octobre, la 4e armée française toujours commandée par le général Gouraud a de nouveau amélioré ses positions en avançant en septembre 1918 sur les hauteurs de Moronvilliers. L'offensive permettra d'aller jusqu'à la rivière Aisne et de libérer cette zone avant l'armistice du 11 novembre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Groupe d'armées de réserve du général Micheler (6e, 5e et 10e armée).
  2. Philippe Pétain (présentation de Jean-Jacques Dumur, avant propos de Marc Ferro), La Guerre Mondiale 1914-1918, Toulouse, Éditions Privat, 2014 (ISBN 978-2-7089-6961-2).
  3. Guy François, Les Canons de la victoire, tome II, L'Artillerie lourde à grande puissance, Éditions Histoires et Collections, 2008.
  4. Chochet, 1917..., P158.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Giraud, Histoire de la Grande Guerre, Paris, Librairie Hachette, , 777 p.
  • François Cochet,
    • 1917, des monts de Champagne à Verdun : actes du colloque tenu à Mourmelon le 24 mai et à Verdun le 25 mai 2007, Saint-Cloud, 14-18 éditions, 2008.
    • Les batailles de la Marne. De l’Ourcq à Verdun (1914 et 1918), Saint-Cloud, Soteca/14-18 Éditions, août 2004.