Moreuil

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Moreuil
La Grand-Place, avec (à gauche) le monument aux morts, et (au centre) l'hôtel de ville.
La Grand-Place, avec (à gauche) le monument aux morts, et (au centre) l'hôtel de ville.
Blason de Moreuil
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Montdidier
Canton Moreuil
Intercommunalité Communauté de communes Avre-Luce-Noye
Maire
Mandat
Pierre Boulanger
2014-2020
Code postal 80110
Code commune 80570
Démographie
Gentilé Moreuillois[1]
Population
municipale
4 026 hab. (2014)
Densité 172 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 46′ 31″ nord, 2° 29′ 02″ est
Altitude Min. 32 m – Max. 113 m
Superficie 23,43 km2
Localisation

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Site web site de Moreuil

Moreuil est une commune française située dans le département de la Somme et la région Hauts-de-France. Elle est le siège de la communauté de communes Avre Luce Moreuil.

Ses habitants s'appellent les Moreuillois et les Moreuilloises[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est une ville picarde du Santerre, implantée à flanc du coteau de la vallée de l'Avre.

Elle se trouve au croisement formé par l'ancienne Route nationale 35 d'Abbeville à Amiens et Compiègne (actuelle RD 935), la Route de Poix-de-Picardie (ancienne RN 320, actuelle RD 920), celle de Péronne (RD 28) et celle de Corbie (RD 23). Elle est accessible par les autoroutes A16 et A29.

Elle est desservie par la gare de Moreuil, sur la ligne Compiègne - Amiens.

Le clocher de l'église ponctue la vallée de l'Avre, où circule un train sur la ligne d'Ormoy-Villers à Boves, qui offre une liaison vers Amiens et Compiègne.

Géographie physique[2][modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol de la commune est de formation crétacé, tertiaire et quaternaire. Le sous-sol est partout crayeux. La craie affleure sur les pentes de la vallée. La partie supérieure du plateau domine à l'est de la vallée de l'Arve, couverte de couches argileuses mélangées à du silex vers Villers-aux-Érables. Le sol de la vallée est composé d'alluvions tourbeuses.

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

L'altitude inférieure est d'environ 40 mètres vers La Neuville-Sire-Bernard. Vers l'est le territoire atteint 110 mètres au lieu-dit la Corne vers le plateau du Santerre, son point culminant au nord du bois de Moreuil. Les pentes de la vallée sont assez douces, coupées de plusieurs vallons.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'Avre au pont de Moreuil, sur la RD 920.

L'Avre, affluent de la rive gauche de la Somme traverse la commune au sud et la limite à l'ouest. Un bras détourné de l'Avre, l'Avron traverse le sud de la commune dans sa partie basse. La vallée de l'Avre est marécageuse. La nappe phréatique se trouve à 25 - 35 mètres au-dessous du niveau du sol.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominants de nord-est et sud-ouest.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La ville groupée autour de l'église et de la mairie a été entièrement reconstruite entre les deux guerres. Elle forme avec la commune voisine de Morisel, une seule et même agglomération.

De nouveaux lotissements sont venus étoffer le tissu urbain dans les années 1960-1970. Le centre-ville de taille modeste concentre les commerces de proximité tandis qu'une zone d'activité assez vaste s'est construite en contrebas de la route d'Amiens accueillant des moyennes surfaces commerciales et artisanales.

Principaux équipements[modifier | modifier le code]

  • La maison de retraite est un lointain successeur de l'hôpital créé en 1604 et de la maladrerie, datant de 1246, qui lui fut adjointe en 1695. Reconstruite en 1931, elle a été transformée en maison de retraite en 1984[3].
  • Collège.
  • Écoles maternelle et primaire.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Moreuil
Hailles Thennes Villers-aux-Érables
Morisel et Rouvrel Moreuil Mézières-en-Santerre
Mailly-Raineval Braches Le Plessier-Rozainvillers et

La Neuville-Sire-Bernard

Toponymie[modifier | modifier le code]

Morolium (1103), Moroil (1183), Moruel, Moroilum, Moroiel, Moreul (1240), Moureul, Moureuil (1340), Morveul, Morvels et enfin Moreuil.


Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

  • Moreuil ou Morolium est d'origine ancienne. La présence de hautes bornes pourrait peut-être révéler la présence des populations celtes. Morelli viendrait du vieux nom celtique Mor qui signifie mer. Des haches et divers silex ont été trouvés sur son territoire.

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • Des poteries et des monnaies gallo-romaines ont été retrouvées sur le territoire de la commune.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • Dès l'an 800, il est parlé du château de Moreuil comme d'un lieu fort et magnifique.
    Placé sur l'Avre, le bourg souffrit des ravages des Vikings au IXe siècle.
  • 1109, un prieuré bénédictin est fondé à Moreuil par des moines de l'abbaye de Breteuil-sur-Noye.
  • 1140, le prieuré de Moreuil dans l'enceinte du château fut transformé en abbaye.
Article détaillé : Abbaye Saint-Vaast de Moreuil.
  • Les seigneurs de Moreuil prirent part aux Croisades et rendirent de grands services aux rois de France. L'un d'eux créa une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui fut démolie en 1752.
  • 1229, Bernard IV de Moreuil acheta à Jean de Chaumont une terre et y fonda le village de La Neuville-Sire-Bernard. Il fit aménager l'Avre pour la rendre navigable en aval du bourg.
  • 1358, Les jacques prirent le château et le pillèrent.
  • 1415, deux habitants de Moreuil, Jehan et Floridas sont tués à la bataille d'Azincourt.
  • 1417, Thibault de Moreuil, chambellan du roi, devenu gouverneur de la Picardie pour le compte du duc de Bourgogne, est fait prisonnier au siège de Rouen.
  • 1424, Bernard de Saveuse prit le château de Moreuil.
  • 1434, Les Bourguignons commandés par le comte d'Étampes assiégèrent le château qui fut reconstruit par le duc de Bourgogne après la signature du traité d'Arras.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Vaast, vue en 1915, avant qu'elle ne soit en grande partie détruite.
  • En 1574 les deux écoles du bourg sont incendiées et reconstruites au frais du célèbre Antoine de Créquy, cardinal-évêque d'Amiens, abbé de Moreuil.
  • 1577, la ville adhéra à la Ligue et en devint l'un des foyers les plus ardents.
  • En 1636, Moreuil eut sa large part dans les horreurs de cette sanglante époque. Tout le pays aux environs fut dévasté.
    Le 8 août, Les armées de Piccolomini, Thomas de Savoie-Carignan et Jean de Werth s'emparent de la ville. Le château est repris le 18 septembre par Vincent Randon de Campreux.
  • 1668, la peste sévit à Moreuil. Un grand nombre d'habitants décède.
  • 1709, la famine sévit, l'abbaye ne reçoit plus de rentrée de produits agricoles.
  • 1711, des religieux de l'abbaye sont condamnés par le Parlement de Paris pour avoir profané les tombes de la famille de Créquy pour extraire le plomb des cercueils.
Article détaillé : Abbaye Saint-Vaast de Moreuil.
  • En 1720 l'industrie de la bonneterie s'établit à Moreuil.
  • En 1759, 104 maisons sont détruites par un violent incendie durant trois heures.
  • 1760, la foudre détruisit six maisons au mois de juillet, et en août, un incendie en détruisit quatorze.
  • 1768, l'abbaye Saint-Vaast ne compte plus que trois religieux.
  • 1787, le marquis de Rougé fit construire à ses frais un hospice à Moreuil.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1791 Les pièces d'artillerie (canons, couleuvrines) situées sur le boulevard du Château furent enlevées et envoyées à Amiens où elles furent installées devant l'hôtel de ville.
  • 1793 Le président du district de Montdidier, Warin, fit prendre le plomb des cercueils des défunts de la famille de Créquy et jeter les ossements dans un seul tombeau. La dépouille du cardinal Antoine de Créquy était très bien conservée, le corps avait été momifié. Des assistants à la scène prirent de ses cheveux.
  • 1814 - 1815, Moreuil a subi l'occupation étrangère.
  • 1870 - 1871, pendant la guerre franco-prussienne, six Prussiens furent tués sur le territoire de la commune. Ils furent inhumés dans le cimetière communal.
  • 1883, mise en service de la ligne de chemin de fer Amiens-Compiègne et de la gare de Moreuil.
  • Durant le XIXe siècle et de début du XXe siècle, l'industrie de la bonneterie se développe à Moreuil et dans le Santerre.
  • Pendant la Grande Guerre, Moreuil fut tour à tour une ville de l'arrière, une ville occupée, un lieu de combat.
  • Après la bataille de Proyart du 25 août 1914, les réfugiés et les armées se replient sur Ailly-sur-Noye. Moreuil est occupée par les Allemands le 26.
  • Après la bataille de la Marne (6-13 septembre 1914) et la course à la mer, le front se stabilisa sur le plateau du Santerre à une vingtaine de kilomètres de la ville.
  • Le 21 mars 1918, la dernière grande offensive allemande est lancée. Le 28 mars à 17 heures, deux trains évacuaient, en direction d'Amiens, deux mille Moreuillois mais plus d'une centaine refusèrent de partir.
Image de désolation du bourg, totalement rasé, après les combats de la Première Guerre mondiale.
  • La ville de Moreuil fut sur la ligne de front de mars à août 1918, lors de la seconde bataille de la Somme en mars 1918 (combats Castel et du bois Sénécat en particulier) et de la bataille d'Amiens. Le 30 mars 1918 au cours de la Bataille du bois de Moreuil, la Brigade de cavalerie canadienne attaqua la 23e division allemande et la força à quitter le bois de Moreuil qui était un point stratégique sur l'Avre.

L'offensive allemande fut stoppée sur l'Avre le 4 avril 1918. Le général Debeney commandant la Ire Armée française lança une série d'attaques avec l'appui des armées britannique, canadienne et américaine à partir du 28 mai. La prise du bois du Gros Hêtre qui domine Moreuil, le 28 mai, celle de Mailly-Raineval, Sauvillers-Mongival et Aubvillers donnait le signal du repli allemand sur la rive droite de l'Avre, le 5 août 1918. Le 8 août, l'attaque alliée faisait partout reculer l'ennemi. Ce fut comme l'a écrit le général Ludendorf : "le jour de deuil de l'armée allemande". Cependant, la ville de Moreuil et ses environs étaient totalement détruits : sur 1014 habitations, 9 seulement furent classées réparables.

  • 1919, les 300 habitants qui sont rentrés vivent dans les caves, sous des tentes ou des baraquements.
  • 1er janvier 1920, 380 familles soit près de 1 200 habitants, vivent dans les ruines. Un grand nombre habitent les maisons à moitié ou au ¾ détruites ; 42 ont des abris provisoires en galandage ; une centaine habitent dans des baraques en bois ou en tôle ondulée.
  • Entre les deux guerres, la ville est reconstruite. L'hôtel de ville avec son beffroi domine la Grand-Place. La façade de l'église Saint-Vaast avec son clocher et sa flèche de béton lancée vers le siècle ainsi que les monuments commémoratifs de la Grande Guerre en sont les principaux témoignages.
  • 1940, la ville subit plusieurs bombardements le 5 juin. Trois usines et soixante-dix maisons furent complètement détruites et des centaines endommagées. La région avait été âprement défendue par la 4e division d'infanterie coloniale commandée par le général de Bazelaire dont le quartier général était à Moreuil.

Les habitants eurent à souffrir de la pénurie et des réquisitions imposées par l'occupant. En 1943 et 1944, les hommes étaient tenus d'aller nuit et jour, garder la voie ferrée Amiens-Compiègne. Le 9 mai 1944, la Gestapo arrêta l'abbé Casimir Fournier curé de Moreuil. La ville fut libérée par les Anglais le 31 août 1944 vers 10 h.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

En 1965, la commune de Castel a fusionné avec la commune de Moreuil.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[4]
Période Identité Étiquette Qualité
1789 1793 Louis Chivot    
1793 1795 Éloi Masse    
1795 1796 Jean-Baptiste Robart    
1796 1799 Louis-François Caboche    
1800 1801 Jean-Baptiste Colbert    
1801 1802 Louis-François Caboche    
1802 1808 Louis Chivot (fils)    
1808 1829 Bonabes de Rougé Légitimiste Pair de France (1815-1830) et maréchal de camp
1830 1843 Philippe Gru    
1843 1848 Louis Pecqueux    
1848 1852 Joseph Grenot    
1852 1860 Louis Pecqueux    
1860 1862 Raoul Lepage    
1862 1870 Bouly-Lepage    
1870 1870 Jules Gru    
1870 1870 Sauveur Lemaitre    
1871 1871 Louis Gru    
1871 1876 Joseph Grenot    
1876 1881 Jules Gru    
1881 1883 Sauveur Lemaitre    
1883 1884 Victor Gaillard    
1884 1892 Sauveur Lemaitre    
1892 1914 Victor Gaillard    
1914 1915 Julien Plassard    
1915 1920 Victor Gaillard    
1920 1922 Léopold Marque    
1922 1922 René Cartier    
1929 1944 Marcel Ferbus socialiste indépendant Industriel en bonneterie, conseiller général du canton de Moreuil (1933-1945)
1944 1947 Charles Bedier    
1947 1965 Yves Bedier    
1965 1971 Marius Gardès PS Huissier de justice
1971 1977 Marcel Mineur    
1977 1988 Marius Gardès P.S. Huissier de justice conseiller général du canton de Moreuil (1970-1982)
1988 1992 Daniel Fournier PS Professeur, conseiller général du canton de Moreuil (1988-1994)
1992 en cours
(au 6 mai 2014)
Pierre Boulanger Divers droite Médecin, conseiller général du canton de Moreuil (1994-2...)
Réélu pour le mandat 2014-2020[5], [6]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 4 026 habitants, en augmentation de 0,57 % par rapport à 2009 (Somme : 0,32 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 400 1 499 1 595 1 695 1 941 2 051 2 222 2 319 2 243
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 601 2 476 2 638 3 078 3 115 3 335 3 377 3 293 3 121
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 987 2 915 2 916 1 912 2 625 2 835 2 763 2 607 2 947
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
3 609 3 647 4 099 4 203 4 156 4 106 3 976 4 041 4 026
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture, fêtes, sport et loisirs[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

  • Salle des spectacles ;
  • Centre culturel ;
  • Société savante : Mémoire du Santerre, fondée en 2009.

Sports[modifier | modifier le code]

  • Centre d'équitation ;
  • Piscine.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le clocher de l'église abbatiale Saint-Vaast

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L’église Saint-Vaast[modifier | modifier le code]

La nef et le chœur datent du XIXe siècle, s’est vue adjoindre une nouvelle façade avec un clocher élancé monumental suite aux destructions de la Première Guerre mondiale ayant anéanti ce qui restait de l'église abbatiale du XVIe siècle, notamment son puissant clocher carré et son somptueux portail double Renaissance. Le nouveau clocher a été réalisé de 1929 à 1931 par les architectes Charles Duval et Emmanuel Gonse. L’église a été  Inscrit MH (1994) par arrêté du 4 novembre 1994[11].

Article détaillé : Église Saint-Vaast de Moreuil.

Hôtel de ville[modifier | modifier le code]

Monument aux morts.

Construit en 1931 en remplacement du bâtiment de 1911 détruit pendant la Première Guerre mondiale, a été restauré après les destructions de la Seconde Guerre mondiale.

Vestiges du château[modifier | modifier le code]

En 1914, avant sa destruction par les combats de la Première Guerre mondiale, le château de Moreuil se composait de quatre bastilles, tours du XVe siècle, construites chacune sur un plan en fer à cheval, à chacun des angles de l'ancienne cour seigneuriale, située entre la rivière d'Avre et la route de Montdidier (actuel parc des sports). Ces tours étaient ouvertes vers l'intérieur de cette cour, laquelle était entourée de courtines[12].

Au XIXe siècle, les courtines ayant disparu, la cour ouvrait par une grille, située sur son côté Est, sur la route de Montdidier.

Les deux bastilles les plus proches de l'Avre, à l'Ouest, étaient reliées entre elles par un ensemble de bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles, aujourd'hui disparu, dont l'aspect est connu par des cartes postales anciennes.

De 1866 à 1874, La tour Nord-ouest est aménagée en chapelle à l'usage des habitants du château, chapelle dédiée à Notre Dame de Lorette [13]. Au niveau inférieur de cette chapelle, une crypte contenait un groupe de grandeur naturelle et de facture moderne, représentant la mise au tombeau du christ [13] .

Ne subsistent aujourd'hui que les restes de deux des tours, celles situées le plus au Sud. La tour Sud-est se trouve dans l'actuel parc des sports. elle montre une maçonnerie épaisse d'environ 3 mètres, pourvue d'un parement en brique. La tour sud-Ouest se trouve dans l'enceinte de la demeure élevée, en ciment armé, sur les fondations de l'ancien château, mais dans des proportions plus modestes que lui. Subsiste aussi une glacière en maçonnerie de brique. Les deux tours Nord ont complètement disparu.

La seigneurie de Moreuil était au moyen-âge, l'apanage de la famille du même nom. Au XIVe siècle, Bernard de Moreuil, fils de Yolande de Soissons, prend le nom de Soissons-Moreuil.

Sa descendante, Jossine de Soissons-Moreuil, dame de Moreuil et Poix, épouse en 1497 Jean VII de Créquy et fait entrer ainsi les biens de sa famille dans celle de Créquy, qui la conserve jusqu'à Marie de Créquy, leur petite-fille, mariée en 1543 avec Gilbert de Blanchefort, seigneur de Saint Jeanvrin, baron de Mirebeau.

Leurs descendants prennent le nom de Blanchefort-Créquy et se succèdent à Moreuil jusqu'à François de Blanchefort-Créquy, maréchal de France, gouverneur de Lorraine, mort en 1687, dont la veuve, Catherine de Rougé, meurt à son tour en 1713 sans laisser de descendant vivant. Elle donne Moreuil à son petit-neveu, Louis de Rougé, marquis du Plessis-Bellière, mort sans postérité en 1732, auquel succède sa sœur, Innocente-Catherine de Rougé (1707-1794), veuve en premières noces en 1744 de Jean Sébastien de Kerhoent, marquis de Coetenfao, remariée en 1747 avec Emmanuel Maurice de Lorraine, duc d'Elbeuf (1677-1763).

N'ayant pas non plus d'enfant, la duchesse d'Elbeuf choisit pour héritier son cousin Bonabes V de Rougé (1751-1783), mort avant elle, en mer en servant dans la guerre d'Indépendance américaine. Le fils aîné de celui-ci, Bonabes VI, marquis de Rougé (1778-1838) reçoit finalement Moreuil de la duchesse d'Elbeuf et fait construire à Moreuil, entre les deux tours les plus proches de l'Avre, dans les premières années du XIXe siècle, un vaste corps de logis élevé sur trois niveaux en brique et pierre.

Lui succède à Moreuil son fils, Théodorite, marquis de Rougé (1806-1864), puis le fils de celui-ci, Henri, marquis de Rougé, qui vend le domaine de Moreuil au frère de son père, Hervé de Rougé, marquis du Plessis-Bellière (1809-1888). Celui-ci avait épousé Marie de Pastoret, petite-fille du chancelier de Pastoret.

A la suite des troubles survenus à Paris en 1870-1871, la marquise de Rougé du Plessis-Bellière installe à Moreuil ses collections d'Art, notamment des œuvres d'Ingres, ami de sa famille, de David, en en faisant imprimer un catalogue [14] et en ouvrant le château à la visite du public [15].

A cette époque, Emile Delignières visite la galerie d'Art du château de Moreuil et en laisse une description succincte [16] .

Après la mort sans postérité en 1890 de la marquise de Rougé du Plessis-Bellière, et au terme d'un épineux règlement de succession, ces collections sont dispersées aux enchères en 1897 [17].

Leurs composantes se retrouvent aujourd'hui dans différents musées à travers le monde.

Le château de Moreuil est aussi vendu en 1897, pour la première fois de son histoire, avant d'être détruit pendant la Première Guerre mondiale [18].

Monument aux morts

Le monument aux morts de Moreuil a été conçu en 1923 et inauguré le 14 août 1924 par le général Charles Nollet, ministre de la Guerre. Sur un mur blanc, se détache la statue d'un soldat qui s'élance, tenant son fusil d'une main et une grenade de l'autre. Cette œuvre en marbre de Carrare est due à Albert Roze.

Ce monument commémore, en particulier, la reprise de la ville de Moreuil le 8 août 1918 et les morts de la Grande Guerre habitants la commune. Au revers, se trouve un médaillon à la mémoire des morts de la guerre de 1870. Les morts de la Seconde Guerre mondiale[19] sont également honorés par le monument.

Monument au 31e corps d'armée[modifier | modifier le code]

Monument en hommage au XXXIe corps d'armée.

Le monument au XXXIe corps d'armée est situé à la sortie de la ville, situé au croisement des routes de Villers-aux-Érables et de Démuin Il commémore la reprise de la ville le 8 août 1918 par les armées alliées.

L'inscription mentionne :

« Ici, le 31e corps d'armée a rompu les lignes allemandes, a poursuivi l'ennemi par Roye, Ham, Mont-d'Origny, Guise, La Capelle jusqu'au-delà du Houdroy où le 7 novembre, les plénipotentiaires allemands se sont présentés à ses avant-postes. »

Selon les inscriptions gravées sur les flancs du monument, le 31e corps d'armée était constitué des unités suivantes :

Monument canadien[modifier | modifier le code]

Le Monument canadien est situé au carrefour des routes d'Amiens et de Démuin. Sur trois faces sont inscrits :

  • l'historique de la Canadian Cavalery Brigade
  • le récit de L'attaque du 30 mars 1918 avec carte
  • la citation décernée au lieutenant Gordon Muriel Flowerdew, blessé lors de l'attaque et mort le 31 mars 1918 à Namps-au-Val lors de la remise de la Victoria Cross.
  • une plaque à la mémoire de 20 Britanniques du Queen's Own Oxfordshire Hussars est apposée sur le monument.

Bois de la Corne[modifier | modifier le code]

  • Stèle à la mémoire de JJ. Willoughby
  • Stèle des Disparus

Castel[modifier | modifier le code]

Monument à la mémoire du 12e cuirassier à pied et du groupe léger de la 7e D.C., situé à l'entrée du Bois de Sénécat, sur la route D 134 entre Rouvrel et Castel. Un nombre important de soldats morts à cet endroit ont été à Cottenchy.

Légendes et traditions[modifier | modifier le code]

La tradition orale a gardé mémoire de plusieurs légendes de Moreuil dont :

  • La légende du Martinet
  • La Bouchère engloutie

etc.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason-Moreuil.svg

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :

« D'azur semé de fleurs de lys d'or au lion naissant d'argent brochant sur le tout. »

La commune de Moreuil a relevé les armes de ses premiers seigneurs d'après le sceau de Bernard III, seigneur de Moreuil en 1243[20]

Ornements extérieurs:

  • Citation à l'ordre de l'armée du 30 novembre 1920 : "A été complètement détruite à la suite de violents bombardements et des combats opiniâtres dont elle a été l'enjeu en mars 1918. Par ses souffrances et par son héroïque sacrifice a bien mérité du pays."
  • citation à l'ordre de la brigade du 11 novembre 1948 : "commune courageuse, complètement détruite en 1918, à peine reconstruite en 1940 fut de nouveau fortement endommagée et prit une part active dans la Résistance. S'est remise avec foi et ardeur au travail."

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Descaures : né à Moreuil en 1633, jacobin du couvent d'Amiens, philosophe. Principal du couvent d'Amiens en 1567, lié à Ronsart, Dorat et Rémy Belleau. Auteur d’œuvres morales, il ternit son image en faisant l'éloge de la Saint-Barthélémy.
  • Jean Leclerc : 1587 - 1617, légiste et avocat au parlement de Paris. Enseigna la jurisprudence à Paris de 1587 à 1617.
  • Jean Charles Gervais de Latouche : 1715, légiste et avocat au parlement de Paris. Auteur en 1740 d'un ouvrage licencieux.
  • Louis Alexandre Gervais : 1720, frère du précédent, étudia la médecine à Paris. Il exerça au Portugal et publia en 1756 un discours sur la chirurgie.
  • Clément Gervais, frère des précédents, avocat au Grand conseil.
  • Bonabes de Rougé, (1778-1839), maire de Moreuil (1808-1829) et pair de France (1815-1830) ; frère aîné d'Adrien de Rougé.
  • Jean Baptiste Petit, né en 1805 à Moreuil décédé à Saint-Valery-sur-Somme en 1834 en expérimentant un bateau plongeur de sa construction qui inspira le Nautilus à Jules Verne. Une rue de la commune porte son nom.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alcius Ledieu, Le Canton de Moreuil, 1889, réimpression sous le titre : Moreuil et ses environs, illustré de dessins d'Oswald Macqueron, Paris, Le Livre d'histoire, 1993 (ISBN 9 782 904 951 404)
  • Marc Pilot, Somme 1918 : Santerre Mars Juillet, Alan Sutton à Saint-Cyr-sur-Loire, , 128 p. (ISBN 2-84910-529-5)
  • Marc Pilot, Les Brumes de Picardie : Moreuil 1918, Alan Sutton à Saint-Cyr-sur-Loire, , 128 p. (ISBN 2-84253-733-5)

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Habitants.fr, « Nom des habitants des communes françaises » (consulté le 12 juillet 2008)
  2. Notice géographique et historique sur la commune de Moreuil, rédigée par Monsieur Baillon, instituteur, 1899, Archives départementales de la somme
  3. « Les monuments de Moreuil », sur le site officiel de la ville (consulté le 11 août 2008)
  4. « Les maires de Moreuil », sur le site officiel de la ville, (consulté le 10 août 2008)
  5. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 15 juillet 2008)
  6. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. Notice no PA00132924, base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. Robert de Guyencourt, Le Canton de Moreuil, dans La Picardie Historique et Monumentale, tome 2, arrondissement de Montdidier, Amiens, 1900-1903, p. 134-136
  13. a et b Alcius Ledieu, Moreuil et son canton, Paris, Picard, , 98 p., p. 23
  14. Château de Moreuil - Collections - Première partie (seule parue), catalogue de la galerie des tableaux, Abbeville, A. Retaux,
  15. Vente après décès, collection de Mme la marquise du Plessis-Bellière, catalogue des Tableaux, dont la vente aura lieu Hôtel Drouot les lundi 10 mai et mardi 11 mai 1897, Paris, , 48 p., introduction, p. V
  16. Emile Delignières, Notice sur des tableaux de Louis David et d'Ingres, au château de Moreuil, en Picardie, Paris, Plon, , 12 p., p. 1-12
  17. Catalogue des objets d'art provenant de l'hôtel de Pastoret, autrefois Rouillé de l'Etang, sis à Paris, 6 place de la Concorde, et du château de Moreuil, le tout dépendant de la succession de Mme la marquise du Plessis-Bellière, née de Pastoret, dont la vente aura lieu Hôtel Drouot les mercredi 12, jeudi 13, vendredi 14, samedi 15, lundi 17 et mardi 18 mai 1897, Paris, , 88 p.
  18. Christian du Passage, Châteaux disparus dans la Somme, Amiens, CRDP, , p. 56 à 58 et 133
  19. « Liste des soldats morts pour la France de Moreuil et de Castel », sur le site Les Morts pour la France de la Somme (consulté le 10 août 2008)
  20. Demay, Sceaux de la Picardie, no 491 à 493