Nouba (musique)

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Le mot nouba veut dire « attendre son tour » ou se succéder en arabe natanawabou[Quoi ?]. Les musiciens se succèdent, chacun des musiciens attendant son tour pour chanter devant le calife.

Description[modifier | modifier le code]

La nouba, ou noubate au pluriel (se prononce noubète), est une composition musicale bien structurée, construite selon un mode bien défini ; d'où le choix du nom nouba.

À l'origine, il y avait vingt-quatre noubas. Aujourd'hui, il n'en reste plus que douze, dans leur intégralité. Cependant, leur interprétation varie selon les écoles.

Les noubas furent introduites en Andalousie par Abou-al-Hassan ('Ali-ibn-Nâfî), plus connu sous le nom de Ziryâb, le merle noir parce qu'il avait le teint foncé. Ziryab naquit en 789 en Irak, où il reçut une solide formation scientifique et littéraire, nonobstant la géographie et l’astronomie. Il quitta Bagdad à la suite de menaces émanant de son maître Ishaq-al-Mawsili, dont on dit qu'il était son élève favori. Il faut signaler que le succès de Ziryâb, auprès du calife Hâroun ar-Rachîd, fut tel qu'il suscita la jalousie de son maître Ishaq-el-Mawsili. Et dire que c'était celui-ci même, Ishaq-el-Mawsili, qui tint à présenter son bon élève au calife.

Zyriab, musicien de talent, prit soin d'affiner la nouba, si bien qu'il est considéré comme le père de la musique arabo-andalouse dont il avait constitué les fondements. Ainsi, une nouba est en fait un mode musical, joué à une heure précise du jour, d'où 24 noubas : 24 heures. Selon les dires de certains musicologues, les plus belles noubate sont interprétées aux heures du petit matin devant un public de mélomanes seulement.

Ce n'est qu'au XXe siècle que les noubas furent transcrites en faisant l'objet d'enregistrements intégraux. Mais cela ne résout pas la difficulté à retrouver le corpus original qui transcenderait les différences académiques. Selon qu'un musicien se réclame de Grenade, de Séville ou de Cordoue, il ne jouera pas la même musique, surtout à l'époque de la Reconquista. Beaucoup de musiciens, musulmans et juifs confondus, durent fuir les royaumes catholiques d'Espagne et du Portugal pour se réfugier dans le Maghreb. Il ouvrirent des écoles et ces écoles, mêmes voisines géographiquement, interprètent le genre musical différemment, pendant que d'autres, très éloignées, peuvent être très proches dans le jeu. On parle ainsi de style différent, tel le gharnati, le malouf, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]