Wallis-et-Futuna

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Wallis-et-Futuna
Blason
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité d'outre-mer
Chef-lieu Mata-Utu
Assemblée délibérante Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna
Président Mikaele Kulimoetoke
2014-
Rois coutumiers vacant (Uvéa)
Petelo Sea (Alo)
vacant (Sigave)
Administrateur supérieur Marcel Renouf
Démographie
Population 12 197 hab. (2013[1])
Densité 86 hab./km2
Géographie
Superficie 142 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique
Fuseau horaire UTC+12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique 681
Code ISO 3166-1 WLF, WF
Localisation
Localisation de Wallis-et-Futuna

Wallis-et-Futuna[2] (ou les îles Wallis-et-Futuna en forme longue, et anciennement le Territoire des îles Wallis-et-Futuna[3]) est une collectivité d'outre-mer française située dans l'hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata-Utu.

Composé de trois îles principales, Wallis, Futuna et Alofi, l'archipel se trouve entre la Nouvelle-Calédonie et Tahiti. Il est situé en Océanie polynésienne (océan Pacifique occidental).

Son code postal et INSEE commence par 986.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article principal : Géographie de Wallis-et-Futuna.
Carte de Wallis-et-Futuna

Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récif, sont difficiles d'accès. Wallis-et-Futuna possèdent 106 km de côtes au total[4].

L'appellation « archipel » appliqué à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d'environ 230 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Malgré cela on peut répartir les îles en deux grands groupes : d'une part, les îles Wallis composées d'une île principale, Uvéa, et de plusieurs îlots coralliens et d'autre part, les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn) composées de deux îles principales, l'île de Futuna et sa voisine immédiate, l'île d'Alofi. Les îles sont d'origine volcanique.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de l'archipel est du type tropical maritime avec deux principales saisons : la première de mai à septembre plutôt fraîche et la seconde d'octobre à avril est celle des chaleurs et des fortes pluies avec parfois des cyclones.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

La faune et la flore n'ont pas fait l'objet d'inventaires exhaustifs, cependant certains groupes sont assez bien connus.

A Wallis, 639 espèces de poissons littoraux ont été identifiés. En eaux douces ce sont 3 espèces de Crustacés et 4 de poissons qui ont été inventoriées. Les chauve-souris sont les seuls Mammifères autochtones et le seul batracien présent a été introduit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peuplement de l'Océanie.
Article principal : Histoire de Wallis-et-Futuna.

La civilisation lapita, entre 900 et 800 av. J.-C., correspond aux premiers habitants des deux îles, pour lesquels on dispose de preuves archéologiques, sur les sites d'Utuleve, à Wallis et d'Asipani, à Futuna. Puis vinrent les invasions tongiennes pour Wallis et les invasions samoanes pour Futuna.

Ruines du fort Talietumu

Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu le 21 mai 1616 : les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire jettent l'ancre dans l'embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le 22 mai 1616. Ils baptisent les deux îles Futuna et Alofi îles de Hoorn en référence à leur port d'embarquement. Ils restent environ 8 jours sur l'archipel avant de repartir vers la Nouvelle-Guinée et les Moluques. Louis Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la nomme « l'enfant perdu du Pacifique ».

L'île de Wallis n'est visitée par les Européens qu'en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l'île doit son nom actuel. Les autochtones la nomment Uvéa (en wallisien ʻUvea) , nom encore très utilisé. À l'arrivée des Européens, les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. Quelques marchands et naufragés s'installent sur l'île, mais la présence européenne n'est significative qu'au XIXe siècle avec l'arrivée de missionnaires catholiques en 1837. L'île est convertie au catholicisme en 1840[5].

La reine Amélia de Wallis signe un traité de protectorat ratifié par la France le 5 avril 1887. Un an plus tard, les rois d'Anise Tamole pour Sigave et ceux de Futuna, Malia, Soane, Musulamu pour Alo demandent eux aussi leur rattachement à la France. Les souverains de Futuna et Wallis gardent toute leur autorité coutumière sur leur sujets[6].

Il n'y a pas à proprement parler de colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant aux affaires extérieures. Cette situation se poursuivra à Futuna jusqu'en 1961, l'administration ne s'installant sur l'île qu'en 1959[6]. Les habitants continuent à vivre comme autrefois. En 1913, un projet d'annexion par la France est présenté par le résident Brochard, mais elle n'aboutit pas. En 1922, l'annexion est jugé trop coûteuse par la France et est abandonnée[7].

La Seconde Guerre mondiale va entraîner de nombreux bouleversements à Wallis. Pour contrer l'Empire japonais, lors de la guerre du Pacifique, les Américains débarquent à Wallis en 1942 et y construisent de nombreuses infrastructures. En revanche, Futuna n'est pas investie par les Américains[6].

Les îles deviennent en 1961 un territoire d'outre-mer (TOM) après référendum. Le roi d'Uvéa, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le Territoire des îles Wallis-et-Futuna devient une collectivité d'outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

2008[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2008, on comptait 13 445 habitants à Wallis-et-Futuna dont 4 238 à Futuna (31,52 %) et 9 207 à Wallis (68,47 %). Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la population de cette collectivité décroit par rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants selon une analyse de l'INSEE[8]. La population officielle 2008 est toutefois à présent estimée à 13 484 pour la population municipale et à 14 231 pour la population totale[9]. La population a reculé de 10 % (-8,6 % à Wallis et -13 % à Futuna)

2013[modifier | modifier le code]

En 2013, la baisse a été encore plus marquée : Wallis-et-Futuna ne comptent plus que 12 197 habitants. En dix ans, le territoire a ainsi perdu 18% de sa population. La raison de cette baisse est le départ massif des jeunes, qui sont de plus en plus nombreux à s'expatrier en Nouvelle-Calédonie ou en France métropolitaine pour effectuer des études supérieures ou trouver un travail, les possibilités d'emploi étant limitées sur place[10].

L'île d'Alofi, voisine de Futuna, n'est pas habitée. Tous les districts ont été touchés par la décroissance démographique.

La plupart des habitants sont d'origine polynésienne (97,3 %). On compte aussi quelques habitants d'origine européenne. La quasi-totalité est de confession catholique.

Évolution démographique
1969 1976 1983 1990 1996 2003 2008 2013
8 546 9 192 12 408 13 705 14 166 14 944 13 445 12 197
(Source : Insee[11] et STSEE[12],[13])


Émigration[modifier | modifier le code]

L'accroissement naturel de Wallis-et-Futuna ne compense plus son émigration[14].

De nombreux habitants quittent les îles, si bien qu'il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (17 763 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine et en Polynésie française[15].

Langues[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Langues à Wallis-et-Futuna, Futunien et Wallisien.

La langue officielle est le français. Deux langues polynésiennes vernaculaires, le wallisien et le futunien, sont parlées respectivement à Wallis et Futuna. En juillet 2015, l'Assemblée territoriale vote la création d'une Académie des langues wallisienne et futunienne, chargée de la promotion et de la sauvegarde des langues et de la culture locales[16].

Éducation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Système éducatif français.

L'enseignement primaire à Wallis-et-Futuna est placé sous l'égide de la Direction de l’Enseignement Catholique qui est une structure privée. L'enseignement secondaire est géré par le vice-rectorat. La seule formation supérieure disponible sur le territoire se fait auprès de l'antenne de l'IUFM du Pacifique à Wallis.

Le territoire compte 18 écoles élémentaires, 6 collèges, 1 lycée d'enseignement général et un lycée agricole.

Le taux moyen d'encadrement est de 10,4 élèves par enseignant avec, en 2011, 570 personnels de l'éducation (dont 397 enseignants) pour 4 111 élèves[17].

Santé[modifier | modifier le code]

Le système de santé repose intégralement sur l'Agence de santé de Wallis-et-Futuna. L'agence emploie plus de 180 personnels travaillant sur deux hôpitaux et trois dispensaires. Tous les soins sont pris en charge par l'État. La dotation de l'État s'élève en 2011 à 2,9 milliards de Francs CFP (environ 24,3 millions d'Euros)[18].

Les équipements de santé étant limités sur le territoire, certaines opérations nécessitent l'évacuation des patients vers la Nouvelle-Calédonie, voire la France métropolitaine ou l'Australie. 637 personnes ont bénéficié d'une évacuation sanitaire hors du territoire en 2011[17].

Médias[modifier | modifier le code]

Le territoire dispose de sa propre chaîne de télévision (Wallis-et-Futuna 1re), et de sa station de radio (Wallis-et-Futuna 1re). La radio émet à la fois en français, en wallisien et en futunien.

Le seul quotidien disponible est Les Nouvelles calédoniennes, qui publient deux ou trois articles par semaine relatant la vie du territoire[19].

L'hebdomadaire Te Fenua Fo'ou a arrêté sa publication en mars 2002[20]. Son remplaçant, le Fenua Magazine a lui aussi cessé de paraître[19].

L’accès au réseau internet progresse avec 1 144 abonnés au haut débit à fin 2011[17].

Depuis le 22 décembre 2015, Wallis et Futuna possèdent un réseau de téléphonie mobile, appelé Manuia. Avant cette date, Wallis et Futuna étaient le dernier territoire d'Outre-Mer français à ne pas avoir de réseau mobile[21]. Comme le résume le journaliste René Lataste,

« En quelques dizaines d'années, Wallis et Futuna auront fait un pas de géant dans la communication. Du Tauasu sous le Fale depuis des siècles, au téléphone fixe dans les années 60 puis à internet 30 ans plus tard. Aujourd'hui, le mobile et demain une multiplication par 1000 des connections[21]. »

Sport[modifier | modifier le code]

De nombreux joueurs de rugby à XV qui sont nées à Wallis-et-Futuna ou originaire de ses îles ont joués pour le XV de France en métropole. C'est le cas de Vincent Pelo, Yann David ou encore Christopher Tolofua.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Le territoire de Wallis-et-Futuna constitue une collectivité d'outre-mer régie par l'article 74 de la Constitution. Ses institutions sont fixées par la loi du 29 juillet 1961[22].

Institutions territoriales[modifier | modifier le code]

L'État français est représenté à Wallis-et-Futuna par un administrateur supérieur nommé par décret en conseil des ministres.

L'administrateur supérieur est également « chef du territoire » : à la différence des autres collectivités territoriales, le pouvoir exécutif est assuré par le représentant de l'État et non par un président élu. L'administrateur supérieur est assisté dans ses fonctions par un conseil territorial qu'il préside, composé des trois rois traditionnels et de trois membres nommés par l'administrateur supérieur avec l'approbation de l'assemblée territoriale.

L'assemblée territoriale est l'assemblée délibérante du territoire. Ses vingt membres sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans : chacun des districts constituent une circonscription électorale.

Les délibérations de l'assemblée territoriale n'entrent en vigueur que si elles sont approuvées par l'administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l'Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel), actuellement Napole Polutélé (apparenté SRC) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l'Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (rattaché au groupe Les Républicains).

Royaumes[modifier | modifier le code]

Wallis-et-Futuna est la seule collectivité française à ne pas être découpée en communes. À la place, le territoire est divisé en trois royaumes traditionnels, dénommés « circonscriptions territoriales » dans la loi :

Chaque royaume dispose de la personnalité morale et éventuellement d'un budget. Il existe dans chaque royaume un conseil désigné selon la coutume et présidé par le roi. L'administrateur supérieur, à Uvea, et son délégué, à Alo et Sigave, est le chef de la circonscription chargé du pouvoir réglementaire et de l'exécution du budget.

Les trois royaumes ne sont pas héréditaires : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois. Le pouvoir est assez décentralisé : les rois locaux doivent négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des alikis qui les élisent et dont l'autorité morale s'appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l'État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

Les royaumes exercent l'équivalent des compétences des communes et une partie de celles des conseils départementaux. Le royaume d'Uvea est en outre divisé en trois districts coutumiers (Hahake, Hihifo et Mu'a) qui regroupent plusieurs villages et exercent certaines compétences.

L'organisation de chaque royaume diffère :

  • à Uvea, le roi (qui porte le titre de Lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d'un premier ministre (Kalaekivalu) et de cinq ministres et nomme, sur proposition de la population, trois chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d'intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d'assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono).
  • à Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) dispose aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement.

Administration[modifier | modifier le code]

Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat[23]. Toutefois, l'enseignement primaire est totalement concédé par l'État, dans le cadre d'une mission de service public, au diocèse catholique de Wallis-et-Futuna au travers d'une convention où l'État finance l'ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l'usage foncier.

Symboles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Drapeau de Wallis-et-Futuna.

Politique[modifier | modifier le code]

La vie politique de Wallis-et-Futuna a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée au pouvoir sur place, avec l'élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004). Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également président de l'Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna de 1997 à 1999. Ce dernier est battu en juin 2007, contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement président de l'Assemblée territoriale du 22 février au 24 novembre 2005, bénéficiant alors d'une alliance éphémère entre l'opposition de gauche (7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.

Lors des élections territoriales de 2002, la droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants divers droite de l'Alliance pour Wallis-et-Futuna. Toutefois, le leader de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de l'opposition locale, formée de 4 élus de l'Union pour Wallis-et-Futuna (gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance, Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres sur 20 du 22 février au 24 novembre 2005, l'UMP étant relégué dans l'opposition et Lukuvalu prenant la présidence de l'Assemblée. Le 24 novembre 2005, sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les « rénovateurs », les 4 autres élus de l'Alliance s'éloignent d'Albert Likuvalu et reforment une majorité avec l'UMP. Likuvalu reste quant à lui dans l'opposition, et participe en 2006 à la création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24 novembre 2005 à avril 2007, la nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l'Assemblée Erménégilde Simete, membre de l'UMP.

Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26 listes s'étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12 se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a porté Pesamino Taputai, représentant local de l'UDF-MoDem, à la présidence de l'Assemblée territoriale. L'opposition, composée de 8 élus, est quant-à-elle organisée autour du PS local d'Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député contre le sortant Victor Brial. Il est à préciser que parmi les 5 candidats présents au 1er tour, 3 étaient des élus de la majorité à l'Assemblée territoriale : outre Victor Brial pour l'UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l'ancien président de l'Assemblée et désormais président de sa commission permanente, Erménégilde Simete, candidat divers droite.

Donc, en théorie la vie politique à Wallis-et-Futuna est dominée par les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également présent depuis l'élection présidentielle de 2002 et est représenté par Gaston Lutui qui fut candidat aux législatives de 2002[24] mais pas en 2007.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle qu'il s'agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef coutumier.

La coutume est omniprésente et se reflète dans la vie politique locale.

Crise politique de 2005[modifier | modifier le code]

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d'une crise politique ayant eu lieu à Wallis. La crise débute quand le petit-fils du roi Tomasi Kulimoetoke II d'Uvéa (en place depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d'ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d'abord aux demandes d'arrestation de son petit-fils car les délais entre l'accident mortel et la sanction judiciaire ont été longs compte tenu que ce territoire est rattaché sur le plan judiciaire à la Nouvelle-Calédonie. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l'économie du territoire dépend des aides de l'État et l'administration emploie de nombreuses personnes).

Une partie des chefs de village soutenus par le nouveau préfet, décident alors d'introniser un nouveau roi et recherchent la reconnaissance de l'administrateur français Xavier de Fürst, qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant les griefs de ces chefs coutumiers. Mais, à l'approche de la cérémonie d'intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l'affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l'aéroport et édifient des barrages. La situation s'arrange finalement grâce à l'intervention d'un médiateur français qui reconnaît l'autorité du roi. La cérémonie d'intronisation est alors annulée. L'autorité du préfet Xavier de Fürst est entamée.

Toutefois l'affaire laisse des traces et, en juin 2006, les tensions peuvent encore se faire sentir au sein de la population locale avec quelques incidents ponctuels dans le district du nord, Hihifo (le préfet de Fürst encourage les dissidents). Des palabres de réconciliation sont toujours en cours entre les deux chefferies.

Le 12 mars 2007, le Tribunal administratif de Mata'utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d'Uvéa pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst (en).

Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l'État français à verser des indemnités à la Circonscription territoriale d'Uvéa (ce qui correspond à l'entité coutumière du royaume d'Uvéa) et aux membres de la chefferie du Lavelua (en).

Les incidents sur l'île, mêlant droit coutumier et instances républicaines, continuent lorsque le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s'emparent d'EEWF (Électricité et Eau de Wallis-et-Futuna), une filiale de GDF-Suez. Cette action[25] a pour origine le licenciement d'un employé d'EEWF pour faute grave, contesté par la chefferie, et a eu pour principale conséquence des coupures d'approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en juillet 2010[26].

Économie[modifier | modifier le code]

La population, plus pauvre qu'en métropole mais la plus riche du Pacifique-Sud[27], n'a majoritairement pas accès à l'économie monétaire (70 % des actifs), et près de 70 % des actifs travaillent pour l'administration publique. Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l'artisanat de la nacre destiné à l'exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l'emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois non-marchands pour 4 000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois dans le secteur marchand. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n'y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi, ce chômage important est compensé par un exode massif de la population, surtout des jeunes qui tentent leurs chances en Nouvelle-Calédonie, en Australie, ou directement en France Metropolitaine.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l'île voisine d'Alofi n'est pas habitée. Cette carence ne permet qu'une économie essentiellement rurale axée sur la pêche lagonaire artisanale et l'agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l'environnement régional étant encore plus démuni qu'elles. Cet isolement engendre des difficultés techniques mais permet aussi d'adopter d'autres modes de vie. Par exemple, Futuna n'est dotée de la télévision que depuis le 24 décembre 1994.

La dangerosité et les difficultés d'accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l'absence de port en eaux profondes combinée à l'éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l'insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n'ont aucune activité sur le Territoire de Wallis-et-Futuna, appelées aussi sociétés « offshore ». Il n'est pas certain que ces recettes perdurent. En effet les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière certaine un caractère délictueux, du fait qu'il s'agit de sociétés fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but est de frauder l'impôt et les taxes en France ou dans d'autres pays. Il faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables à Wallis-et-Futuna, la résultante de cette applicabilité constituant les délits de blanchiment, d'abus de biens sociaux et de recel d'abus de biens sociaux.

Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis-et-Futuna est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L'immatriculation de navires marchands dans des paradis fiscaux « spécialisés » aux travers de sociétés fictives, permet d'échapper (de manière illégale) aux obligations sociales et fiscales des États, d'où les mises en garde de l'ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.

Le tourisme sur l'île de Wallis est faiblement développé avec seulement quatre établissements hôteliers offrant 44 chambres et 3 bungalows. Il existe quelques restaurants à Mata-Utu ainsi qu'un supermarché. Les produits frais tels que la viande arrivent essentiellement par transport aérien de Nouméa[28]. Certaines activités ne sont disponibles que par le biais d'associations locales (tennis, plongée sous-marine, ULM, ...)[29]. L'île de Futuna ne dispose que de deux hôtels offrant 11 chambres[30].

Il n'y a sur le territoire qu'une seule banque, la Banque de Wallis-et-Futuna ; la BWF est une filiale de BNP Paribas. Le Trésor public n'ouvre plus de comptes et La Poste n'y a pas de services financiers. La banque sur Futuna n'est ouverte que deux jours par mois[30].

Le service des postes et télécommunications de Wallis-et-Futuna a une activité d'émission de timbres qui peut intéresser les philatélistes[31].

Culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musique polynésienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Wallis et Futuna a perdu près du cinquième de sa population en dix ans (INSEE) et décret no 2013-1038 du 19 novembre 2013 authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis et Futuna en 2013.
  2. La forme courte comportant des traits d'union (comme Corse-du-Sud), malgré les erreurs de typographie qui figurent parfois sur des portails grands publics de présentation,mais pas dans les publications officielles qu'ils référencent, est au masculin singulier et désigne le territoire et sa collectivité :
    (fr) « L'Outre-mer - Wallis-et-Futuna », sur site du Ministère de l'Outre-mer (consulté le 12 janvier 2011) ;
    (fr) IGN, IGN Magazine n° 36 : Accès aux données IGN par le Géoportail... Questions/réponses,‎ (lire en ligne), Réponse, premier paragraphe.
  3. La forme longue sans les traits d'union s'emploie normalement après les îles.
    Toutefois les organismes non gouvernementaux (y compris les chaines de télévision et radio publiques) peuvent dériver leur propre marque commerciale ou de service avec ou sans traits d'union, aussi bien en forme courte que longue, mais le genre et le nombre devraient être conservés.
  4. IGN magazine, no 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [PDF]
  5. Pechberty et Toa 2004, p. 25
  6. a, b et c Marc Soulé, « Les bouleversements de la société coutumière lors de la présence américaine à Wallis (1942 - 1946) », dans Sylvette Boubin-Boyer (dir.), Révoltes, conflits et Guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et dans sa région, L'Harmattan,‎ (ISBN 9782296051225)
  7. Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: espaces et temps recomposés : chroniques d'une micro-insularité, Presses Universitaires de Bordeaux,‎ , 404 p. (lire en ligne), p. 134-138
  8. Dossier statistique de l'INSEE sur le recensement de Wallis-et-Futuna en 2008
  9. Les populations des circonscriptions des îles Wallis et Futuna (INSEE) et décret no 2009-9 du 5 janvier 2009 authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis et Futuna en 2008.
  10. « Insee - Territoire - Wallis et Futuna a perdu près du cinquième de sa population en dix ans », sur www.insee.fr (consulté le 6 février 2016)
  11. Populations légales au recensement de la population 2013 de Wallis-et-Futuna.
  12. Recensements généraux de population.
  13. Historique des recensements et enquêtes réalisés à Wallis-et-Futuna.
  14. http://kodamian.over-blog.com/article-une-population-qui-diminue-sur-notre-fenua-102341723.html
  15. http://www.outre-mer.gouv.fr/?presentation-wallis-et-futuna.html#outil_sommaire
  16. « Création de l’Académie des langues de Wallis et Futuna », sur Wallis et Futuna 1ère,‎ (consulté le 30 décembre 2015)
  17. a, b et c « Wallis-et-Futuna, Rapport Annuel 2011 », sur http://www.ieom.fr, Institut d'émission d'outre-mer,‎
  18. « Santé », sur www.ac-wf.wf,‎
  19. a et b « Médias », sur www.outre-mer.gouv.fr (consulté le 20 novembre 2012)
  20. « Le roi de Wallis fait fermer un hebdomadaire », sur fr.rsf.org, Reporters Sans Frontières,‎
  21. a et b « Le portable: le cadeau de Noël de nos îles! », sur Wallis et Futuna 1ère,‎ (consulté le 30 décembre 2015)
  22. « Loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis et Futuna le statut de territoire d'outre-mer », sur Légifrance
  23. http://www.ac-wf.wf/
  24. « Résultats Elections 2002 - AN », sur Assemblée Nationale
  25. http://www.rue89.com/2010/08/06/wallis-et-futuna-un-roi-sempare-de-la-filiale-de-gdf-suez-161269
  26. http://www.lnc.nc/pacifique/wallis-et-futuna/229056-wallis-senfonce-dans-la-crise.html
  27. « Rapports annuels - Publications - Wallis-et-Futuna - IEOM », sur www.ieom.fr (consulté le 17 mai 2015)
  28. http://www.wallis.southpacific.org/islands/wallisbasics.html
  29. http://www.adsupwf.org/wallis-et-futuna/economie.html
  30. a et b http://www.wallis.southpacific.org/islands/futunabasics.html
  31. http://www.spt.wf/philatelie/7-DSY.html

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur Wallis-et-Futuna[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III),‎ (lire en ligne)
  • Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna : Espaces et temps recomposés. Chroniques d'une micro-insularité, Presses universitaires de Bordeaux,‎ , 404 p. (ISBN 2-905081-29-5, lire en ligne)
  • Daniel Frimigacci, Bernard Vienne, J.-P. Siorat (collab.), Wallis, Futuna : 3 000 ans d'histoire, Nouméa, Association de la jeunesse wallisienne et futunienne de Nouvelle-Calédonie,‎ , 64 p.
  • Pascal Irz, Aline Meunier et Nina Blauwart, Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux de Wallis - État des lieux - État initial et diagnostic. Service territorial de l'environnement des Îles Wallis-et-Futuna. 2012.

Sur Futuna spécifiquement[modifier | modifier le code]

  • Odon Abbal et Marc Soulé, « Violences futuniennes », in Frédéric Angleviel (sous la dir. de), Violences océaniennes, L'Harmattan, 2004
  • Daniel Frimigacci, Bernard Vienne, Aux temps de la terre noire - Ethnoarchéologie des îles Futuna et Alofi, SELAF 1990. (ISBN 978-2-87723-030-8)
  • Daniel Frimigacci, Muni Keletaona, Claire Moyse-Faurie, Bernard Vienne, Ko Le Fonu Tu'a Limulimua = La tortue au dos moussu : textes de tradition orale de Futuna, 1995.
  • Éric Rau, La vie juridique des indigènes des Îles Wallis [1935] réédition L'Harmattan (préface Régis Lafargue), Paris, 2007.

Sur Wallis spécifiquement[modifier | modifier le code]

  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L'Harmattan,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]