Chandernagor

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Chandernagor
Chandannagar
Promenade le long du fleuve, à Chandannagar.
Promenade le long du fleuve, à Chandannagar.
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Bengale-Occidental
District Hooghly
Démographie
Population 150 000 hab. (2001)
Densité 7 500 hab./km2
Géographie
Coordonnées 22° 51′ 21″ N 88° 22′ 48″ E / 22.855886, 88.3822° 51′ 21″ Nord 88° 22′ 48″ Est / 22.855886, 88.38
Superficie 2 000 ha = 20 km2
Localisation

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Chandernagor

Chandernagor (bengali : চন্দননগর) est une ville du Bengale-Occidental située sur la rive droite du Hooghly, à une trentaine de kilomètres au nord de Calcutta. Le nom du lieu se translittère désormais officiellement Chandannagar. C'est l'un des anciens Établissements français de l'Inde. La ville comptait 150 000 habitants au recensement de 2001.

On donne deux étymologies à Chandernagor, le faisant venir de chandra, « lune », car la ville se trouve sur une courbe du Gange ou de chandan, « santal », car on en faisait le commerce dans la région, et nagar, « ville ». Elle a été aussi appelée Farasdanga, nom provenant de Farasi signifiant français et danga terre. Le territoire avait une superficie de 17 km2 en 1949, auquel furent ajoutés 2 Km2 de l'enclave Britannique (appelée Aldée), puis Indienne sur les rives de l'Hoogly, en 1951, ce qui donne 19 Km2 pour le Territoire de la ville de Chandannagar, rattachée à l'état Indien du Bengale Occidental, en 1951, et qui ne rejoindra donc pas le territoire de Pondichéry en 1956.

Chandernagor était le seul comptoir Français en Inde qui était enclavé, et donc, situé à l'intérieur des terres (dans le territoire du Bengale). Les 4 autres comptoirs, dont Pondichéry, avaient une façade maritime .

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville ne semble pas avoir existé avant l'arrivée des Français, mais comme la ville de Calcutta, trouve son origine dans trois villages du bord du Gange, Borokishanpur, Khalisani et Gondalpara. La première référence y est faite dans une lettre datée du , signée François Martin, Deslandes et le marchand Pellé, adressée au directeur de la Compagnie française des Indes orientales [CFIO].

En 1674, la CFIO envoie le gentilhomme Duplessis pour acheter un terrain — 20 arpents pour 401 roupies, les comptes ronds portent malheur en Inde — sur le Hûghlî un bras du Gange. Il négocie avec Ibrahim Khan, le nabab du Bengale et construit un bâtiment, au nord de la ville actuelle. Mais bientôt, les Hollandais, installés à peu de distance, obtiennent, au moyen de cadeaux, les bonnes grâces du nabab et les Français abandonnent la zone, en 1677, pour manque de profit.

Le deuxième contact a lieu en 1684, lorsqu'un vaisseau chargé de marchandises parti de Pondichéry à destination de l'île de Joncelang - aujourd'hui l'île de Phuket en Thaïlande - est pris dans une tempête, se déroute et atteint le Hûghlî. Le marchand Bertrand qui était sur le bateau rentre à Pondichéry en 1685 et se voit confier la mission de retourner au Bengale. Il atteint Balasore, parcourt le pays et rend un rapport à la CFIO extrêmement favorable au commerce dans le Bengale.

Le , François Martin, le gouverneur de Pondichéry, missionne son gendre André Bourreau-Deslandes, sur ordre de la CFIO, pour fonder des comptoirs commerciaux au Bengale. Le nabab vient d'accorder à la France le droit de faire commerce au Bengale, au Bihar et en Orissa contre le paiement de 40 001 roupies, sans frais annexes. La ville sera entourée d'un mur de clôture et d'un fossé, conçus par l'architecte jésuite Jacques Duchatz (1652-1693).

De 1694 à 1699, François Martin séjourne dans la ville lors de prise de Pondichéry par les Hollandais en 1693, elle sera restituée en 1697 par le traité de Ryswick, mais le conflit met à mal le commerce français au Bengale car les Hollandais bloquent l'embouchure du Gange.

La capture du poste de Chandernagor en 1757 par la Royal Navy.

Un firman de l'empereur Aurangzeb confirme, en 1698, le droit de la CFIO à commercer au Bengale. Elle compte, en 1703, 29 employés à Chandernagor. À cette époque, Pondichéry est le principal centre administratif et Chandernagor le principal centre commercial et rapportera jusqu'à un million de roupies par an. La moitié du budget dévolu à l'Inde par la France est investi dans le développement de la ville et la présence des autres puissances européennes se faisant plus manifeste, on y construit le Fort d'Orléans en 1696-97.

Chandernagor au milieu du XIXe siècle : le siège de l'administration

Lorsque le , Joseph François Dupleix s'installe à Pondichéry, il devient par la même occasion l'administrateur en chef de Chandernagor. Sous son administration, le réseau routier est amélioré, des hôtels particuliers sont construits. Mais la ville chute avec sa disparition et ne survit plus que par le travail des marchands locaux. Le plus fameux d'entre eux est Indranarayan Chowdhury. Appointé comme courtier de la CFIO en 1730, deux ans plus tard, il loue le territoire du comptoir pour 12 000 roupies par an. En 1735, il reçoit une médaille de Louis XV.

Le colonel Robert Clive de la Compagnie anglaise des Indes orientales et l'amiral Watson de l'armée britannique prennent Chandernagor le .

En 1790, à Chandernagor, le commandant Montigny est arrêté par les anglais sur ordre de Lord Cornwallis alors qu'il tente de s'enfuir vers les iles de France et Bourbon. L'abominable administration dont Dehaies de Montigny aura fait preuve à Chandernagor contribuera à la ruine du comptoir. Après une multitude de tergiversations de l'administration française et sur fond de Révolution française, Benoît Mottet de La Fontaine sera nommé au nom de l'Assemblée coloniale de Pondichéry en remplacement de Montigny, comme gouverneur de Chandernagor.

Chandernagor au milieu du XIXe siècle : Le Strand et l'Amirauté

Pour la petite histoire, le retour en Europe de Montigny ne se fera pas de manière tranquille. Au large du cap de Bonne-Espérance, pris dans la tempête, son bateau fait naufrage. Il en réchappe mais perd toutes les richesses qu'il ramène d'Inde. Un certain Canaples fait la même demande au nom de l'Assemblée coloniale de l'Île de France : « Il est déclaré traître à la patrie[1] ».

Le sort de l'Inde française est joué. Aux termes du traité de Versailles, signé en 1783, la France ne conserve plus dans la péninsule que les cinq comptoirs de Chandernagor, Pondichéry, Yanaon, Karikal et Mahé, qui seront occupés à nouveau par les Anglais de 1793 à 1816.

Le Strand et l'Amirauté, années 1930
Rue de la "Ville noire", années 1920

À l'occasion d'un référendum organisé le 19 juin 1949, la population de Chandernagor se prononce en faveur du rattachement de la ville à l'Inde, qui prend en charge l'administration du territoire dès le 2 mai 1950. Toutefois, cette situation ne sera officiellement entérinée que deux ans plus tard, en application du Traité de cession signé à Paris le 2 février 1951 et entré en vigueur le 9 juin 1952. La superficie du territoire était de 17 km². Avant 1951, les langues utilisées dans l'administration du territoire étaient le bengali, le hindi, et l'anglais.

Il y avait 105 Français en 1860, avant la période du libre échange avec la Grande Bretagne, et ce nombre va vite chuter avec la crise du textile (le jute était surtaxé, et les filatures de l'Inde Britannique étaient moins chères) à 80 environ en 1880, 35 en 1900, et 15 en 1920. Dans les faits, ce territoire, enclavé, était très cher à administrer, ainsi que les 4 autres comptoirs dispersés aux 4 coins de l'Inde. Après cette date, pour convaincre les Français de garder Chandernagor, et les 4 autres comptoirs, les Britanniques vont faire accéder ce comptoir, ainsi que les 4 autres, dont Pondichery, en zone Franche, avec ventes en duty-free, c'est à dire sans taxe. La France n'y gagnera rien, mais seulement quelques habitants locaux, qui vont s'enrichir, surtout à Yanaon et Pondichéry. La France va se focaliser alors sur l'Indochine. Chandernagor vendra ainsi beaucoup d'alcool, mais seuls quelques entrepreneurs locaux, souvent Britanniques, vont s'enrichir. Cependant, Chandernagor va perdre ce statut dés 1949, car le comptoir est directement intégré à l'état du Bengale Occidental, contrairement aux 4 autres comptoirs qui vont conserver le statut de zone franche, et former un territoire, le territoire de Pondichéry. Il ne restait plus que 3 Français issus de la France métropolitaine à Chandernagor, en 1948, dont l'administrateur Georges Tailleur et son épouse, contre 22 Britanniques, 18 Américains, et 16 Portugais (dont le prêtre de l'église Catholique, et 5 religieuses). Si les Français boudaient Chandernagor, en revanche, ils étaient 340 à Calcutta, en 1947 (860 en 1938), à une vingtaine de kilomètres plus au sud.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • le Musée et institut Français (Chandannagar Museum and Institute) qui conserve les rares souvenirs de la présence française
  • Le cimetière catholique français dont certaines tombes datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle.
  • le kiosque du débarcadère sur le Strand: offert par un fils de Durga Chorone Roquitte en souvenir de son père, descendant de Jean-Louis Roquet négociant originaire de Bordeaux. La famille Roquitte est la seule famille d'origine purement française encore présente à Chandernagor.
  • l'église de Chandannagar.
  • Quelques belles maisons à l'architecture coloniale XVIIIe, dissimulées derrière les palmiers.
  • Le Château de Goretty est construit vers 1766 par Jean-Baptiste Chevalier de Conan, gouverneur de Chandernagor, sur un terrain offert par un Zamindar bengali à la Compagnie française des Indes orientales, il était situé un peu au sud, à une petite lieue de la barrière de Chandernagor, et, de ce fait se trouvait enclavé dans les Indes anglaises. Très vite cette demeure, à l'origine simple maison de campagne, fut embellie, et dotée dans son vaste parc de jardins à la française et dépendances diverses. Son confort, outre l'importance et le luxe apporté à sa construction grâce à une grande hauteur sous plafond permettant une ventilation optimale, de vastes pièces, résidait pour l'essentiel sur le fait que ce château était édifié sur un promontoire. Il devient un lieu de réjouissances de la société coloniale européenne, fréquenté par Warren Hastings ou Philip Francis. Il devient la résidence permanente du Gouverneur des Indes Françaises au Bengale. Après les défaites françaises face à l’Angleterre, le général Eyre Coote s’y installa et sollicite la concession pour son usage personnel auprès du Conseil supérieur du Nabab du Bengale. La paix revenue, par traité la France récupère tous ses comptoirs et fait valoir ses titres de propriété sur Goretty.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Histoire maritime de France contenant l'histoire des provinces et villes maritimes, des combats ..., Léon Guérin, p. 264