9e régiment de zouaves

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9e régiment de Zouaves
Création Septembre 1914
Dissolution 1962
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Régiment de Zouaves
Rôle Infanterie
Ancienne dénomination régiment de marche de la 3e brigade du Maroc
9e régiment de Marche de Zouaves
Devise "Chacals en Algérie et tigres à Verdun"
Inscriptions
sur l’emblème
YSER 1914
VERDUN 1916
CŒUVRES 1918
SACONIN 1918
BREUIL 1918
MONTDIDIER 1918
BERRY-AU-BAC 1918
ROCHES-LES-BLAMONT 1944
Guerres Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Batailles Bataille de l'Yser
Bataille de Verdun
Seconde bataille de la Marne
Bataille de l'Aisne (1918)
Bataille de la Somme
Fourragères à la couleur du ruban de la Légion d'honneur
Décorations Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
6 palmes
1 étoile d'argent
Croix de guerre 1939-1945
2 palmes

Le 9e régiment de zouaves (9e RZ) était un régiment d'infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'armée de terre française.

Créé en 1914, conformément au plan de mobilisation, il se distingue particulièrement lors de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il est cité six fois à l'ordre de l'Armée et obtient la Légion d'honneur, puis lors de la Seconde Guerre mondiale ; il est à nouveau cité deux fois à l'ordre de l'Armée.

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

Ce régiment est incorporé à la 3e brigade du Maroc, 13e Corps, VIe Armée.

  • décembre 1914 : renommé le 9e régiment de Marche de Zouaves
  • février 1919 : bien que s'étant particulièrement distingué durant la guerre, le régiment est dispersé en février, puis dissous.
  • 1er janvier 1920 : eu égard au comportement du régiment et à ses décorations, un des deux régiments de zouaves créés en plus des quatre premiers porte le nom de 9e régiment de Zouaves.
  • 1962 : dissolution.
  • 1982 : réactivé au centre d'entraînement commando (CEC) de Givet (Ardennes)
  • 1999 : le CEC perd le nom de 9e Zouaves, mais conserve son drapeau et les traditions des zouaves jusqu'au 3 mars 2006.
  • 2000 : le CEC continue à porter le nom de 9e Zouaves (2000-2005).
  • 2006 : le CEC devient 3e Régiment de chasseurs parachutistes (jusqu'à sa dissolution trois ans plus tard). Le drapeau des zouaves est retiré du CEC et est remis à l’École d'Application de l'Infanterie (EAI) à Montpellier.

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • 30/08/1914 - 08/02/1915 : lieutenant-colonel Niessel
  • septembre 1914 : le commandant Cazenove, nommé ensuite lieutenant-colonel
  • en mai 1915 : lieutenants-colonels Mingasson et Cazenove
  • jusqu'au 14 septembre 1915 : colonel Mingasson
  • 14 septembre-15 novembre 1915 : colonel Couranjou
  • 15 novembre 1915-28 février 1916 : lieutenant-colonel Joulia
  • mars 1916-septembre 1916 : lieutenant-colonel Fouchard
  • Le Colonel Auroux, commandant de la 3ème Brigade du Maroc discutant avec le Lieutenant-Colonel Gros, commandant du 9eme Régiment de Zouaves en Lorraine en 1917
    Le Colonel Auroux, commandant de la 3ème Brigade du Maroc discutant avec le Lieutenant-Colonel Gros, commandant du 9eme Régiment de Zouaves en Lorraine en 1917.
    septembre 1916-juin 1918 : lieutenant-colonel Gros
  • juillet 1918 : chef de bataillon de Marsay
  • août-novembre 1918 : lieutenant-colonel Rozet
  • 1er janvier 1920-1924 : colonel Bertrand
  • 1924-1926 : colonel Trestournel
  • 1926-1928 : colonel Godefroy
  • 1928-1932 : colonel Laborde
  • 1932-1935 : lieutenant-colonel Clarion
  • 1935-1937 : colonel Normand
  • 1937-1939 : colonel Roubertie
  • 1939-8 janvier 1940 : lieutenant-colonel Tasse
  • 1940-1941 : lieutenant-colonel de la Grandière
  • 1943 : colonel Michel
  • 1943-1945 : lieutenant-colonel Aumeran, nommé ensuite colonel
  • 1945-1946 : lieutenant-colonel Pernet, nommé ensuite colonel
  • 18 septembre 1946-1947 : chef de bataillon Jean Romillat
  • 1947-1948 : chef de bataillon Rouvier
  • 1948-1950 : chef de bataillon André
  • 1950-1952 : chef de bataillon puis lieutenant-colonel Bargues
  • octobre 1952-1954 : lieutenant-colonel Charles Fredet
  • décembre 1954-1957 : lieutenant-colonel Jean Boissarie
  • novembre 1957-1959 : lieutenant-colonel André Barjaud
  • février 1959-1961 : lieutenant-colonel Paul Santini
  • 1er janvier 1961-1962 : lieutenant-colonel Marcel Sobra
  • 23 mars 1962-28 janvier 1963 : lieutenant-colonel Charles Delmas

Au CEC-9e Zouaves :

  • 7 mai 1982 : lieutenant-colonel Cuny
  •  ? : lieutenant-colonel Falda
  • 1985-1987 : lieutenant-colonel Thomsen
  •  ? : lieutenant-colonel Lemercier
  •  ? …1989 : lieutenant-colonel Vergez
  • juin 1992 : lieutenant-colonel Pons
  • 1993-1995 : Colonel Faucher
  • 1995-1997 : lieutenant-colonel Melin
  • juin 1997 : lieutenant-colonel Martin
  • juin 1999 : lieutenant-colonel Lechaix
  • juin 2001 : lieutenant-colonel Lombard
  • juin 2003 : lieutenant-colonel Jean-Louis Lemmet
  • 26 juin 2005 - 29 septembre 2006 : lieutenant-colonel Pascal Vigneron

Colonels du 9e zouaves tués ou blessés au combat :

  • Colonel Mingasson, Mort au Champ d'Honneur le 27 septembre 1915 en Champagne
  • Lieutenant-colonel Joulia : blessé le 26 février 1916, Mort au Champ d'Honneur le 28 février 1916 à Verdun
  • Lieutenant-colonel Fouchard : blessé en août 1916

Personnalités ayant servi au 9e régiment de zouaves[modifier | modifier le code]

Certificat de décès du caporal André Dupont, Mort pour la France, 9e régiment de Zouaves de marche 10e bataillon. Tué à l'ennemi dans un bois devant Rouvroy, dans la Marne le 6 octobre 1915.

Historique des garnisons, campagnes et batailles du 9e Zouaves[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

À la 153e D.I. d’avril 1915 à novembre 1918

1914[modifier | modifier le code]

Issu des 1er et 4e régiments de zouaves, ce régiment, créé en septembre 1914, participe immédiatement aux combats dès le 16 septembre à Carlepont dans l'Oise. Jeté sans aucune préparation dans la bataille, débutant dans la guerre par un assaut sur des positions redoutables après une marche de 35 kilomètres, ce régiment remporte ses premiers combats au prix de lourds sacrifices.

1915[modifier | modifier le code]

Appelé en Belgique sur l'Yser, il y gagne sa première citation. Reçoit son Drapeau le 24 août 1915 au cours d'une revue passée par le Président de la République et par le Roi des Belges.

1916[modifier | modifier le code]

Participe ensuite à l'offensive de la Somme en 1916, de Champagne, puis à Verdun au bois de Caillette devant Douaumont, bois-le-chaume et les Chambrettes, secteurs délicats où le régiment se distingue et y gagne sa deuxième citation.

1917[modifier | modifier le code]

1918[modifier | modifier le code]

En juin 1918, il s'empare du village de Cœuvres pendant la 3e bataille de l'Aisne, il y obtient sa troisième citation. Puis il se dirige sur Saconin, Breuil et Soissons, le régiment est cité pour la quatrième fois (Seconde bataille de la Marne).

Il est ensuite engagé dans la Somme et est cité une cinquième fois. Il termine la Grande Guerre à Berry-au-Bac, sanctionné par une sixième citation.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

La fourragère à la couleur du ruban de la légion d'honneur portée par les personnels du 9e régiment de zouaves, à la suite des 7 citations à l'ordre de l'armée décernées pendant la Première Guerre mondiale.

Le 13 juillet 1919, son drapeau est décoré de la Légion d'honneur avec une septième citation.

Envoyé en Afrique du Nord, le régiment tient garnison à Alger (caserne d'Orléans), Fort-National et Aumale (caserne Rullières). Il participe aux opérations du Maroc en 1925 et 1926.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Campagne de France mai-juin 1940[modifier | modifier le code]

Le 2 septembre 1939, la déclaration de guerre le conduit vers le sud tunisien afin de faire face à une éventuelle menace Italienne. Finalement, le régiment touche "la Mère Patrie" en octobre et prend position dans le secteur de Sarreguemines en Moselle avec la 87e DIA.

Mais l'offensive allemande s'est déclenchée le 10 mai 1940 et l'ennemi a percé à Sedan. Aussitôt le régiment s'établit à partir du 18 mai sur les berges du canal de l'Ailette dans l'Aisne. Dès le 21 mai des attaques ennemies se déclenchent et le régiment reçoit l'ordre de tenir ses positions coûte que coûte. Il arrête effectivement toutes les attaques jusqu'au 6 juin en soirée.

Devant une menace d'encerclement le régiment reçoit l'ordre de décrocher, mission exécutée dans la nuit au contact de l'ennemi.

Le 7 juin, l'Aisne est franchie à Vic-sur-Aisne. Puis c'est Crépy-en-Valois, mais le bourg est déjà occupé par les troupes allemandes, et seul le sacrifice du 1er bataillon permet aux autres unités d'échapper à la capture et de se regrouper sur la Gergogne, à Vincy-Manœuvre. Puis il reçoit pour mission d'occuper le sous-secteur de Saint-Germain-sur-Morin, et enfin de se porter au sud de la Seine. L'armistice du 25 juin trouve le 9e Zouaves sur la Vienne, prêt au combat, après un repli de plus de 400 kilomètres, dans l'ordre et sans avoir connu la défaite.

Dans les seuls combats de l'Ailette, le régiment a fait dans les rangs de l'ennemi, de son propre aveu, 1 800 morts et 4 500 blessés, ayant lui-même perdu 28 officiers, 97 sous-officiers et 1 038 caporaux et zouaves tués, blessés ou disparus.

Une huitième Palme et la Croix de guerre 1939-1940 viennent alors s'accrocher à son drapeau, accompagnées de la citation à l'ordre de l'Armée suivante : « Sous les ordres du Lieutenant-Colonel Tasse, a, depuis le 5 juin, constamment tenu tête à l'ennemi ; sur l'Ailette pendant deux jours, à l'est de la forêt de Compiègne pendant deux jours, pour couvrir le flanc droit des Divisions voisines, pendant deux jours enfin, sur le front de la Seine, se laissant encercler dans ses points d'appui formés sans aucune défaillance, se dégageant la nuit, et ne quittant la position que lorsque l'ordre de repli était imposé par le Commandement. A fait au cours de ces combats plus de 200 prisonniers allemands. » Le 2 septembre 1940. Signé : Weygand.

Après l'armistice, le régiment est mis en dépôt à Alger.

Campagne de libération 1943-1945[modifier | modifier le code]

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942 et la reformation de l'armée française, les zouaves, en raison de la crise des effectifs, recrutent aussi des combattants « indigènes » et deviennent des unités mixtes[1].

Le 18 novembre 1942 le régiment est reconstitué et en 1943 est engagé avec le 1er corps d'armée. Il participe aux combats de l'île d'Elbe. Le 15 avril 1943 il reçoit de nouveau son drapeau de 1915. On trouve le "9" en Tunisie, puis en Corse. Sous les ordres de son chef ardent et courageux, le lieutenant-colonel Aumeran, il met pied en France le 3 septembre 1944.

Alors au sein même de la 1re armée française du général de Lattre de Tassigny, et aux côtés de leurs camarades chasseurs d'Afrique, légionnaires et coloniaux, les zouaves participent dans le Doubs vers la frontière Suisse à une suite de combats acharnés en enlevant de haute lutte le village de Roches-lès-Blamont le 16 novembre 1944, puis la ville d'Hérimoncourt le 17 novembre 1944. Ces combats acharnés continuèrent dans les Vosges et se concrétisèrent par la prise de Remiremont le 19 novembre 1944.

Après une période de stabilisation dans la région de Mulhouse, le régiment revient dans le secteur des Vosges au col de la Schlucht, où ni le froid, ni la neige, ni les incessantes réactions d'un ennemi très mordant ne sont parvenus à le déraciner de sa position. Le "9" repart à l'attaque le 2 février 1945 et dans ouvre la voie et libère Munster le 5 février.

Au coude à coude avec leurs camarades de la 9e division d'infanterie coloniale, par une manœuvre audacieuse les zouaves franchissent le Rhin le 29 mars 1945 à la hauteur de Karlsruhe. Il bouscule et désorganise alors le dispositif ennemi de la Forêt-Noire, poursuit l'adversaire, lui enlevant au cours de durs combats Baden-Baden, participant ainsi à l'entrée des troupes françaises dans Stuttgart. Le 1er mai le 9e Régiment de Zouaves, au sein de la 5e DB, termine sa marche à Bregenz, sur les bords du lac de Constance.

Une 8e inscription se grave alors sur son drapeau : « Roche-lès-blamont 1944 », où s'y accroche la Croix de guerre 1939-1945.

Lors des campagnes de France et d'Allemagne, de septembre 1944 à mai 1945, il compte près de 230 tués dont près de la moitié de soldats maghrébins (principalement algériens)[2].

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Réduit en 1946 à un bataillon, il prend part aux premières opérations de police en Kabylie dès 1954. Puis il est chargé au difficile maintien de l'ordre dans la ville d'Alger. Notamment avec sa 4e compagnie installée dans la Casbah qui démantèle de nombreux réseaux du FLN sous les ordres du capitaine Sirvent.

Le régiment est dissous en octobre 1962.

De mars 1982 au 3 mars 2006, le Centre d'entraînement commando (CEC) de Givet dans les Ardennes a eu la garde du drapeau du 9e Régiment de Zouaves (9e RZ) et a assuré la tradition de toutes les unités Zouaves. Le CEC créé en 1961, par la 61e Compagnie du génie aéroporté (61e CGAP) unité issue du 17e Bataillon du génie aéroporté (17e BGAP), pour la 11e Division légère d'intervention (DLI) s'est appelé successivement « Centre d'entraînement commando de la 11e Division légère d'intervention », « Centre d'entraînement commando n° 2 », « Centre d'entraînement commando-9e Régiment de zouaves », puis enfin « Centre d'entraînement commando » (tous les autres ayant été dissous successivement dans le cadre de diverses restructurations de la Défense). Le départ du drapeau du 9e RZ eut lieu le 29 septembre 2006 et il a été choisi de confier au centre les traditions du 3e régiment de chasseurs parachutistes (3e RCP). Le centre d’entraînement commando de Givet a fermé ses portes à l’été 2009 à la suite d'une nouvelle restructuration.

Les traditions des Zouaves et le drapeau ont été remis en 2006 à l’École d’Application d’Infanterie à Montpellier, elle-même restructurée en 2010. Le drapeau n'a pas suivi l'école lors de son départ au quartier Bonaparte de Draguignan en juillet 2010 (co-localisation avec l'École d'Artillerie afin de générer des économies). Le Drapeau est actuellement en remise comme l'ensemble du Musée de l'Infanterie, qui n'a pas trouvé place à Draguignan (stocké probablement avec les autres pièces de collection du musée à Saint-Astier), dans l'attente d'une nouvelle implantation du Musée de l'Infanterie (le projet de la cité Vauban à Neuf-Brisach n'ayant pas abouti pour sa part).

Inscriptions portées sur le drapeau du régiment[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[3]:

9e régiment de zouaves - drapeau.svg

Décorations[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

"Chacals en Algérie et tigres à Verdun"

Marche du 9e Zouaves[modifier | modifier le code]

Comme pour tous leurs camarades des autres régiments de Zouaves, les zouzous du "9" ont pour chant de tradition : "Pan Pan l'arbi !". Notons que les zouaves, d’après 1945, entonnent aussi "les Africains".

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anthony Clayton (trad. de l'anglais par Paul Gaujac), Histoire de l'armée française en Afrique : 1830-1962 [« France, soldiers and Africa »], Paris, A. Michel, , 550 p. (ISBN 978-2-226-06790-6, OCLC 30502545), p. 258
  2. Militaires décédés durant le conflit (1939-1945)
  3. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ces ouvrages sont disponibles sur commande auprès de l'Union Nationale des Zouaves.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]