René Chambe

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René Chambe
Naissance
Lyon
Décès (à 94 ans)
Baudinard-sur-Verdon
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de brigade, aviateur
Années de service 1907-1946
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement Tous les échelons de 1916 à 1940. En 1939 : Commande les Forces aériennes de la VIIe armée
Faits d'armes Campagne de France
Distinctions Légion d'honneur(Grand Croix)
Croix de Guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
Médaille des évadés
Autres fonctions Ministre de l'information du gouvernement provisoire d'Afrique du Nord de Giraud

René Michel Jules Joseph Chambe (né le à Lyon, 1er arrondissement et mort à Baudinard-sur-Verdon, Var le ) est un général français, aviateur et écrivain. Il a joué un rôle important lors des deux guerres mondiales.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

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Fils d'avocat[1], il fait ses études chez les Dominicains d’Oullins et grandit au château de Monbaly près de Bourgoin jusqu’à la mort de son père en 1902.

Il décide, à 18 ans, de s’engager dans l'armée et il est incorporé au 10e régiment de hussards à Tarbes. Promu sous-lieutenant le , à sa sortie de l’École de Saumur, il est affecté au 20e dragons.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

C'est avec ce régiment de dragons qu'il participe à la première partie de la guerre de 1914-1918 : entrée en Alsace-Lorraine en août 1914, bataille de la Marne, course à la mer, opération de l’Yser en Belgique.

En décembre 1914, il quitte la cavalerie sur sa demande pour entrer dans l’aviation. En janvier 1915, il est affecté à une escadrille (D6) de reconnaissance d’armée (5e armée du général Franchet d’Espérey). Mais le , les premières escadrilles de chasse sont créées et le sous-lieutenant Chambe se porte volontaire ; affecté à l’escadrille MS 12 devenue bientôt célèbre, sous les ordres du commandant Charles Tricornot de Rose et du capitaine de Bernis.

Le 2 avril 1915, le sous-lieutenant Chambe abat son premier avion allemand, comme passager de Pelletier-Doisy, pilote, sur un "parasol" (Morane-Saulnier Type L). L’avion ennemi est tombé dans les lignes françaises. Les sous-lieutenants Chambe et Pelletier-Doisy sont faits chevaliers de la Légion d’honneur le jour même, par le général Franchet d’Espérey.

Nommé lieutenant, Chambe prend part ainsi à de nombreux combats. Il passe son brevet de pilote sur le front en février 1916, qui lui permet à la fois d’exercer le commandement d’une escadrille et de rester dans l’aviation de chasse (avions de chasse devenus monoplaces, des Morane-Saulnier Type N). Première blessure de guerre, mai 1916.

Chambe est désigné pour partir pour la Roumanie afin d’y mettre au point l’aviation de chasse roumaine encore inexistante et y prendre le commandement de cette première escadrille de chasse franco-roumaine constituée avec des avions français (Nieuport). Il prend part à toutes les opérations de guerre de la Roumanie, avec l’escadrille N1 de chasse qu’il a constituée (3 pilotes français, 3 pilotes roumains, 1 pilote anglais, 2 pilotes russes). Il connaît ainsi les premiers succès en Bulgarie, et Transylvanie, puis les revers d’Olténie, la retraite dans les boues de Valachie, l’arrivée de la neige, l'hiver rude de 1916-1917. Mais l’escadrille N1 n’a pas cessé de combattre. Elle abat de nombreux avions allemands ou autrichiens. L’été revenu, la Roumanie tente de reprendre l’offensive.

En août 1917, Chambe (nommé capitaine le 25 décembre 1916) est blessé en combat aérien, puis évacué vers la France. Il repart ainsi, seul avec deux cannes, à travers la Russie, en proie déjà à la révolution russe, en octobre 1917. Soigné en France, Chambe reparaît sur le front français en mars 1918. Il est adjoint au commandant de l’aéronautique du 10e corps d’armée. Il prend part ainsi aux opérations décisives qui se déroulent au printemps devant Verdun et en Champagne, puis en Artois. L'aéronautique du 10e corps est ensuite face aux Vosges en octobre 1918. Il prend le commandement de cette unité aérienne qui compte quatre escadrilles dont trois divisionnaires. C’est un commandement important pour son grade et son âge. Il entre ainsi en Alsace, à Strasbourg, avec ses équipages, aussitôt après l’armistice de 1918 (22 novembre), avec l’armée du général Henri Gouraud, à laquelle appartient son unité.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le capitaine Chambe, officier de cavalerie, opte définitivement après la victoire pour l’aviation, où il sert depuis quatre ans et où il finira sa carrière.

Il est successivement officier d’État-Major, chargé des questions d’aéronautique au 14e corps, commandant de groupe dans une escadre. Nommé commandant, il est désigné pour devenir le chef d’état-major du groupement d'aviation de bombardement (c’est-à-dire de l’ensemble des forces de bombardement de jour et de nuit de l’aviation française) aux ordres du général de Goÿs, à Paris. Le général de division Victor Denain, ministre de l’Air, l’appelle auprès de lui à son cabinet militaire où il exerce les fonctions de sous-chef de cabinet, chargé des questions d’information et d’expansion aériennes en 1934.

En 1936, le lieutenant-colonel Chambe qui, entre temps, a créé sur les indications du général Denain le service historique de l'armée de l’air (SHAA), est nommé directeur des études à l'École de l'air qui vient d’être créée. Au printemps 1938, il prend à Lyon le commandement de la 35e escadre de bombardement de nuit. Cette escadre est mobilisée et reçoit ses missions de guerre au moment de la tension de Munich en août 1938.

La trêve survenue, le colonel Chambe effectue avec toute son escadre, à titre d’entraînement de guerre, une des premières traversées aériennes en unité constituée de la Méditerranée, de Marseille à Tunis sans escale. Cette traversée a lieu sans incident. Les liaisons radio spécialement étudiées y sont expérimentées avec succès.

Le colonel Chambe reçoit l’ordre secret, en février 1939, l’affectant, en cas de guerre, au commandement des Forces Aériennes (aviation et artillerie de D.C.A.) de la 7e armée. C’est un commandement d’officier général, aux ordres du général Henri Giraud.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1939, le colonel Chambe réunit son état-major aux environs de Reims, où se concentre la 7e armée, en position centrale. En novembre, cette armée est portée face à la Belgique, le long de la frontière belge, en situation d’attente.

Les forces d’aviation de la France apparaissent singulièrement faibles et peu nombreuses au regard des forces aériennes allemandes. Chambe pousse Giraud à réclamer l’accroissement des forces d’aviation de son armée auprès de l’État-Major général, mais en vain. Le 28 février 1940, sur l’ordre de Giraud, Chambe organise à son P.C. de Saint-Omer un important Kriegspiel, où est étudiée l’action probable de l’aviation allemande le jour où l’ennemi se décidera à passer à l’offensive, et auquel assistent tous les généraux de la 7earmée et un certain nombre d’officiers généraux ou supérieurs des armées voisines (parmi lesquels le colonel Charles de Gaulle). Beaucoup se demandent si le colonel Chambe n’a pas surestimé les forces aériennes de l’ennemi, en particulier le nombre de ses groupes de bombardement et ses possibilités d’action. Mais le 10 mai 1940 prouve que ces estimations étaient encore au-dessous de la vérité. Le bombardement simultané de tous les P.C. d’armée, de corps d’armée, voire de divisions, des terrains d’aviation et des nœuds de communications français fait tomber un peu tard les écailles des yeux du commandement.

Au cours de la période 10 mai-22 juin 1940, les forces aériennes de la 7e armée se battent avec acharnement contre l’adversaire. Le troupier de base n’avait pas vu les aviateurs dans la bataille ; pourtant la citation collective (donnée aux forces aériennes du colonel Chambe par le général commandant la 7e armée prouve largement le contraire.

L'armistice du 22 juin 1940 signé, le colonel Chambe est atteint par le brutal abaissement des limites d’âge imposé par l’ennemi aux officiers de l’aviation française, réduite à presque rien.

Il est renvoyé chez lui avec les étoiles de général, mais ne se résigne pas à la défaite. Après des hésitations à passer en Angleterre et à répondre à se joindre au général de Gaulle, il décide donc de rester en France. Bientôt, il fait de nombreuses conférences publiques pour maintenir et stimuler le moral des Français découragés par la défaite et les privations, et entre dans un complot pour faire évader son ancien chef le général Giraud, prisonnier des allemands.

La liaison établie par code secret, celui-ci peut s’évader, le 17 avril 1942. Giraud arrive en France, Chambe l’abrite et le cache sous un faux nom, en Dauphiné, dans une propriété de sa famille à la Verpillière (Isère). Avec quelques autres officiers appartenant tous à l’ancienne 7earmée, Chambe travaille en secret auprès de Giraud. Le contact est pris avec l’état-major américain. Weygand, que Chambe est allé rencontrer pour Giraud, se récuse. Ce dernier prend alors en mains la direction des opérations en Afrique du Nord, au jour du débarquement anglo-américain fixé au 8 novembre 1942. (René Chambe, "Weygand", La Revue des deux Mondes, 15 août 1965.).

De son côté, Chambe est chargé de plusieurs missions en France, en particulier auprès du général Frère, futur chef de l’armée secrète. Puis il se décide à franchir les Pyrénées, puis toute l’Espagne. Embarqué clandestinement à Séville, il parvient à Gibraltar. Reconnu par le général Mac-Farlane, gouverneur de Gibraltar, avec qui il a été en rapport de service en 1940, sur le front de Belgique, Giraud est averti à Alger et met un avion à sa disposition pour le conduire en Algérie, à la fin de janvier 1943.

Giraud lui refuse un commandement sur le front de Tunisie, car il le nomme ministre de l’Information de son gouvernement provisoire, durant quatre mois. C’est à ce titre qu’il conduit avec le colonel américain Hazeltine la guerre psychologique, en s’attaquant au moral de l’adversaire, armée et population civile, par la propagande radio, tracts, renvois de prisonniers avec messages, etc. (Psychological Warfare Section).

Le général Chambe cesse ses fonctions de ministre dans le nouveau gouvernement bicéphale Giraud-de Gaulle et devient chef du cabinet militaire du général Giraud, le . Durant onze mois, il assiste à Alger, à l'aggravation de la mésentente entre le général de Gaulle et le général Giraud, entre « gaullistes » et « giraudistes ». Lorsque Giraud accepte, le , de se retirer à Mostaganem, ses proches se dispersent en des postes divers. Chambe rejoint alors le général Juin, commandant un chef du corps expéditionnaire français d’Italie. Affecté à son cabinet, il participe de nouveau aux combats.

Servant tantôt dans une unité, tantôt dans une autre, le général Chambe enlève les étoiles de ses manches, se bat comme simple soldat au milieu des tirailleurs et prend part ainsi à la plupart des combats de la campagne d’Italie et à l’entrée victorieuse à Rome, le 5 juin 1944. Le général de Monsabert, commandant la 3e division d’infanterie algérienne, le nomme tirailleur de 1re classe au 3e régiment de tirailleurs algériens.

La campagne d’Italie achevée, le général Chambe participe de nouveau à celle de France. Le 15 août 1944, à bord d’un transport de troupes L.S.T., il prend part au débarquement sur les côtes de Provence, dans la baie de Saint-Tropez, avec un détachement de chasseurs. À ses côtés, se tient le commandant William Bullitt, ancien ambassadeur des États-Unis en France de 1939 à 1940. Ce dernier a voulu marquer son attachement à la France en servant sous l’uniforme français. Chambe est alors affecté au cabinet du général de Lattre de Tassigny, ce qui lui permet d’assister ou de participer à toutes les grandes opérations jusqu’à la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945.

Les hostilités terminées, le général Chambe reste en occupation en Allemagne jusqu’à ce qu’une nouvelle fois atteint par la limite d’âge, il prenne sa retraite et regagne la France en avril 1946.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Pour René Chambe s’ouvre alors, après la carrière du soldat, celle de l’écrivain. Sa retraite permet à ce chasseur de dépeindre par les mots les chasses en montagne.

Toutefois, ses débuts dans cet autre art datent de 1927. Avant 1939, il a publié 7 ouvrages :

  • Le Bracelet d’ébène (prix Maurice Renard, de la Société des Gens de Lettres)
  • Sous le casque de cuir, préface Maurice Renard (médaille d’or de l’Aéro-Club de France)
  • Altitudes
  • Dans l’enfer du ciel (ouvrage couronné par l’Académie française)
  • Enlevez les cales ! (grand prix littéraire de l’Aéro-Club de France en 1936)
  • L’Escadron de Gironde (ouvrage couronné par l’Académie française)
  • Hélène Boucher, pilote de France

Au lendemain de la guerre de 1939-1945, le général Chambe reprend son œuvre et publie 4 nouveaux ouvrages :

  • Équipages dans la fournaise
  • Le 2eCorps attaque
  • Guynemer
  • Histoire de l’aviation aux éditions Flammarion

Auxquels il faut ajouter pendant sa retraite en Limousin :

  • L’Épopée française d’Italie
  • Le Bataillon du Belvédère
  • Au temps des carabines
  • Souvenirs de chasse pour Christian
  • La Bataille du Garigliano
  • Le Maréchal Juin, duc de Garigliano
  • Le Cor de Monsieur de Boismorand
  • Au carrefour du Destin
  • Propos d’un vieux chasseur de coqs
  • Adieu, cavalerie !
  • Route sans horizon
  • Les Cerises de Monsieur Chaboud

Il écrit aussi de très nombreux articles parus dans la presse et dans diverses revues et périodiques, en particulier dans la Revue des deux Mondes, dont il a été un collaborateur assidu avant la guerre de 1939 et dans les années 1950. Dans ses nombreuses conférences en France et à l’étranger, il traite le plus souvent de l’air et l’aviation.

Œuvre adaptée au cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives municipales de Lyon, état-civil en ligne, registre des naissances du Ier arrondissement, année 1889, acte no 811 (portant mention marginale de décès).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]