Division marocaine

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Division Marocaine
Création août 1914
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de Terre
Type Division d'Infanterie
Rôle Infanterie
Devise Sans peur et sans pitié
Guerres Première Guerre mondiale
Batailles 1914 - Bataille de la Fosse-à-l'Eau
1914 - Bataille de la Marne
(Bataille des Marais de Saint-Gond)
1915 - Bataille de l'Artois
1915 - 2e Bataille de Champagne
1916 - Bataille de la Somme
1917 - Bataille des monts de Champagne
1917 - Bataille de Verdun
1918 - Bataille de l'Aisne
1918 - Offensive des Cent-Jours
(Bataille de Vauxaillon)
7e Régiment de Tirailleurs algériens, Division marocaine, en 1917

La Division marocaine, initialement Division de marche du Maroc, était une division d'infanterie de l'armée d'Afrique qui participa à la Première Guerre mondiale.

Composée initialement de Tirailleurs marocains, de Zouaves et de troupes d'Infanterie coloniale du Maroc, la Division marocaine s'illustra notamment lors de la bataille de la Marne en septembre 1914 puis lors de la bataille de l'Artois de mai 1915, où, pour la première fois, une division française rompit le front allemand[1].

Tous ses régiments furent cités à l'ordre de l'armée et à la fin du conflit, elle comptera dans ses rangs les unités les plus décorées de l'armée française. Elle fut la seule division dont tous les drapeaux furent décorés de la légion d’honneur au cours de la Première Guerre mondiale[2].

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

A la veille de la mobilisation du 02 août 1914, les troupes dont dispose l’Armée française au Maroc comprennent :

- 1 bataillon d'infanterie coloniale (1e B.I.C. du Maroc) à Fez - 6 régiments mixtes d'Infanterie coloniale du Maroc composés chacun d’un « bataillon de coloniaux » (« marsouins ») et de deux de « tirailleurs sénégalais » à Rabat, La-Chaouïa, Meknés, Fez et Marrakech - 2 groupes mixtes d’artillerie coloniale (un groupe de trois « batteries montées de 75 de campagne » et autre de quatre « batteries de 65 de montagne ») - 6 compagnies de conducteurs sénégalais - 13 bataillons de tirailleurs algériens - 9 bataillons de tirailleurs tunisiens - 9 bataillons de zouaves - 5 bataillons de tirailleurs marocains - un escadron de spahis sénégalais

Par prélèvement d’une partie de ces forces immédiatement disponibles, le Général Lyautey crée dès la mobilisation la « Division de marche du Maroc » (future « Division marocaine »), avec notamment trois bataillons (6e, 7e et 9e bataillon d’infanterie coloniale du Maroc) regroupés au Bled-el-Makhzen qui vont former le « Régiment de marche d’infanterie coloniale du Maroc » (futur « R.I.C.M ») de la « 1e brigade de marche du Maroc » appartenant à cette division.

Sous les ordres du G.al Humbert, les unités constituant la « Division de marche du Maroc » sont regroupées à Bordeaux le 15 août 1914 après avoir débarqué à Sète depuis Oran, Casablanca et Mahedia. Le 16 août, la division quitte Bordeaux et se positionne dans la région de Tournes (Ardennes françaises) le 18 août, pour se joindre au « Corps d’armée des troupes coloniales » de la « 4e armée française » dans la « Bataille des frontières ».

Le 20 août 1914, la « Division de marche du Maroc » devient la « Division du Maroc » (une « 2e division du Maroc » sera constituée le 04 Août 1918) avec principalement deux brigades de « Marche du Maroc ».

Le « Régiment de marche d’infanterie coloniale du Maroc » est subséquemment dénommé « 1e Régiment de marche d’infanterie coloniale du Maroc » avec comme Chef de corps le Lieutenant-Colonel PERNOT à la tête de trois bataillons : 6° Bataillon du Commandant VINCENT, 7° Bataillon du Commandant COUP et 9° Bataillon du Commandant GARRELY. Il est rattaché à la « I° Brigade de marche du Maroc » du Général BLONDLAT, avec le 1° Régiment de Zouaves du Lieutenant-Colonel LEVEQUE à la tête des bataillons des commandants LAGRUE, RANDIER et BURKART.

La « 2° Brigade de marche du Maroc » du Colonel CROS regroupe : - un régiment de Tirailleurs marocains constitué de trois bataillons prélevés sur des régiments de Tirailleurs du Maroc occidental (1° Bataillon du 5° Tirailleurs du Commandant BRITSCH, 4° Bataillon du 7° Tirailleurs du Commandant De-LIGNY et 5° Bataillon du 4° Tirailleurs du Commandant TISSEYRE) - un régiment mixte, commandé par le Lieutenant-Colonel FELLERT, constitué de trois bataillons prélevés sur des régiments de Tirailleurs du Maroc oriental (1° Bataillon du 2° Tirailleurs du Commandant MIGNEROT, 4° Bataillon du 2° Tirailleurs du Commandant SAUVAGEOT et 3° Bataillon du 6° Tirailleurs du Commandant CLERC) un d’un bataillon prélevé sur le « 2° Régiment de Zouaves » (3° Bataillon du Commandant MODELON).

La « 1e division du Maroc » est en outre soutenue par : - une unité d’artillerie commandée par Lieutenant-Colonel DUCROS comprenant un groupe de marche sous les ordres du Commandant TURPIN (1° et 2e batteries du 4e groupe d'artillerie de campagne d'Afrique ainsi que la 2e batterie du 8e groupe d'artillerie de campagne d'Afrique) et un groupe de deux batteries du « 3° Régiment d’Artillerie coloniale » sous les ordres du Commandant MARTIN - une compagnie divisionnaire du Génie du Maroc sous les ordres du Capitaine QUINSON.

A l’issue de la Bataille des Ardennes le 23 août 1914, la « 1e division du Maroc » est intégrée au « 9° corps d’armée » de la « 4° Armée » sous les ordres du Général DUBOIS. Ce corps d’armée a pour mission de couvrir le repli de cette dernière en s'établissant le 27 Août sur une ligne Signy-l'Abbaye / La-Fosse-à-l'Eau, sur laquelle elle doit contrer l’avancée de la « 3° Armée » allemande .

Les chefs de la division marocaine[modifier | modifier le code]

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

Commandants de brigade[modifier | modifier le code]

  • 1re Brigade
Général Blondlat : 18 août - 14 septembre 1914.
Colonel Mérienne-Lucas : 14 septembre - 5 octobre 1914.
Colonel Lavenir : 5 octobre 1914 - 13 mars 1915.
Colonel Pein : 13 mars - 9 mai 1915 (tué à l'ennemi).
Colonel Delavau : 14 mai 1915 - 10 février 1916.
Colonel Demetz : 10 février 1916 - 5 juillet 1917.
Colonel Mittelhauser : 9 juillet 1917 - 27 avril 1918.
Colonel Boucher : 27 avril 1918.
  • 2e Brigade
Colonel Cros : 28 septembre 1914 - 10 mai 1915 (tué à l'ennemi).
Colonel d'Anselme : 14 mai 1915 - 23 janvier 1916.
Colonel Girodon : 25 janvier 1916 - 25 mai 1916 (tué à l'ennemi comme général commandant la 12e D.I.)
Colonel Schuhler : 25 mai 1916 - 17 juillet 1918.
Colonel Bertrand : 20 juillet 1918.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Composition au cours de la guerre[modifier | modifier le code]

  • 2e Brigade Marocaine
    • 1er régiment mixte de zouaves et de tirailleurs jusqu'au 5 septembre 1914; Il n'y eut jamais de bataillon de zouaves dans le 1er RMZT.
    • 2e régiment mixte de zouaves et de tirailleurs jusqu'au 5 septembre 1914
    • Régiment de Marche de Tirailleurs du Maroc Occidental du 5 septembre au 1er octobre 1914 (3 bataillons)
      • 1er bataillon du 5e tirailleurs algériens
      • 4e bataillon du 7e tirailleurs algériens
      • 5e bataillon du 4e tirailleurs tunisiens
    • Régiment de Marche de Tirailleurs du Maroc Oriental du 5 septembre au 1er octobre 1914 (4 bataillons)
      • 1er bataillon du 2e tirailleurs algériens
      • 4e bataillon du 2e tirailleurs algériens
      • 3e bataillon du 6e tirailleurs algériens
      • 3e bataillon du 2e zouaves
    • 7e Régiment de Marche de Tirailleurs, formé par la fusion du Régiment de Marche de Tirailleurs du Maroc Occidental avec le Régiment de Marche de Tirailleurs du Maroc Oriental, du 1er octobre 1914 au 11 novembre 1918
    • 8e Régiment de Marche de Zouaves par changement d'appellation du Régiment de Marche de Zouaves, du 1er octobre 1914 au 11 novembre 1918.

Composition[modifier | modifier le code]

Août 1914 - septembre 1914[modifier | modifier le code]

Octobre 1914 - juin 1918[modifier | modifier le code]

Juillet - novembre 1918[modifier | modifier le code]

  • 1re Brigade Marocaine
Régiment de Marche de la Légion Étrangère
Bataillon de légion russe de début 1918 au 11 novembre 1918
12e Bataillon de Tirailleurs Malgaches
  • 2e Brigade Marocaine
7e Régiment de Marche de Tirailleurs
8e Régiment de Marche de Zouaves

Historique[modifier | modifier le code]

Mobilisée au Maroc.

1914[modifier | modifier le code]

  • 6 - 18 août : Constitution, puis embarquement, transport et débarquement à Bordeaux et Sète.
  • 18 - 23 août : transport par V.F. à l'ouest de Mézières dans les Ardennes.
  • 23 août - 6 septembre : mouvement par Mézières vers le nord-est, puis repli par Mézières et Witry-lès-Reims, vers la région de Fère-Champenoise.
28 août : combats de Dommery et de la Fosse-à-l'Eau (bataille de la Meuse).
30 août : combats à Bertoncourt.
1er septembre : combats de Neuflize et d'Alincourt.
23 - 28 septembre : participation aux attaques françaises en direction de Berru.
12, 13 octobre, 22 décembre : attaques locales françaises.
22 octobre : combats au bois des zouaves.
1er mars 1915 : attaques locales allemandes.
Du 26 octobre 1914 au 8 février 1915, la 2e brigade est transférée dans le nord. Engagée le 11 novembre dans la première bataille d'Ypres, enlèvement du bois triangulaire (nord d'Ypres) et de la grande Dune (Nieuport-Bain).

1915[modifier | modifier le code]

  • 23 - 27 avril : retrait du front ; à partir du 25 avril, transport par V.F. de la région d'Épernay, dans celle de Saint-Pol.
  • 27 avril - 9 mai : mouvement vers la région d'Aubigny-en-Artois, puis à partir du 29 avril occupation d'un secteur vers la ferme de Berthonval et la Targette.
  • 9 - 12 mai : engagée dans la seconde bataille de l'Artois, attaque de la cote 140.
  • 12 - 26 mai : retrait du front. Repos vers Mont-Saint-Éloi, puis vers Tincques.
  • 26 mai - 24 juin : mouvement vers le front et occupation d'un secteur vers la cote 123 et le bois de Carency, réduit à gauche, le 3 juin vers le cabaret rouge.
16 - 22 juin : attaques françaises en direction de Givenchy-en-Gohelle.
  • 24 juin - 14 septembre : retrait du front et repos vers Wail. À partir du 4 juillet, transport par V.F. dans la région de Montbéliard ; à partir du 15 juillet, mouvement vers Giromagny ; instruction et repos.
  • 14 septembre - 18 octobre : transport par V.F. de la région de Lure, dans celle de Suippes. À partir du 25 septembre, engagée vers le bois Sabot dans la seconde bataille de Champagne.
25 - 28 septembre : attaques vers le Trou Bricot et la butte de Souain. À partir du 30 septembre, mouvement de rocade et occupation d'un secteur au sud-est de Sainte-Marie-à-Py.
  • 18 octobre - 21 décembre : retrait du front vers Cuperly. À partir du 20 octobre, transport par V.F. de la région de Cuperly dans celle de Pont-Sainte-Maxence ; instructions et repos.
  • 21 décembre 1915 - 16 janvier 1916 : mouvement vers Cœuvres-et-Valsery ; instruction.

1916[modifier | modifier le code]

  • 16 janvier - 24 février : mouvement vers Crépy-en-Valois ; instruction. À partir du 23 janvier, mouvement par étapes vers le camp de Crèvecœur-le-Grand ; repos et instruction. À partir du 13 février, mouvement vers la région de Noyers-Saint-Martin ; repos.
  • 24 février - 19 juin : mouvement vers Montdidier, puis occupation d'un secteur entre l'Oise et Belval.
  • 19 juin - 6 juillet : retrait du front. Transport par V.F. dans la région d'Amiens. En réserve au début de la bataille de la Somme.
  • 6 - 15 juillet : mouvement vers le front, engagée dans la bataille de la Somme, vers Belloy-en-Santerre et l'est de Flaucourt.
7 - 13 juillet : attaques françaises sur les positions allemandes au sud-est de Belloy-en-Santerre.
  • 15 - 29 juillet : retrait du front. Transport par V.F. dans la région de Gournay-sur-Aronde.
  • 29 juillet - 29 octobre : mouvement vers le front et occupation d'un secteur entre Belval et la lisière sud du bois des Loges.
  • 29 octobre - 17 novembre : retrait du front. Repos vers Estrées-Saint-Denis. À partir du 3 novembre, mouvement vers le camp de Crèvecœur ; instruction.
  • 17 novembre - 28 décembre : transport par camions dans la région de Chuignolles. Occupation d'un secteur vers Belloy-en-Santerre et le sud de Barleux.
  • 28 décembre 1916 - 25 janvier 1917 : retrait du front, mouvement vers le camp de Crèvecœur ; instruction.

1917[modifier | modifier le code]

20 août : engagée dans la bataille de Verdun, prise du bois des Corbeaux. Puis organisation des positions conquises vers la Meuse et l'ouest de Forges-sur-Meuse.
  • 3 septembre - 3 octobre : retrait du front, transport par camions dans la région de Vaucouleurs, puis à partir du 8 septembre au camp de Bois l'Évêque ; repos et instruction.
  • 3 octobre 1917 - 21 janvier 1918 : occupation d'un secteur entre Limey et l'étang de Vargévaux.
8 janvier 1918 : action locale française au nord de Flirey vers le bois de Montmare.

1918[modifier | modifier le code]

  • 21 janvier - 31 mars : retrait du front, instruction vers Vaucouleurs et travaux. À partir du 26 mars, regroupement vers Vaucouleurs ; repos et instruction.
  • 31 mars - 24 avril : transport par V.F. au nord de Beauvais ; travaux et instruction vers Rumigny ; puis tenue prête à intervenir vers Sains-en-Amiénois et Hangard.
  • 24 avril - 7 mai : mouvement vers le front ; participe à l'action franco-britannique au sud de Villers-Bretonneux et vers le bois de Hangard. Organisation et défense, dans cette région d'un secteur réduit à gauche, le 29 avril, jusqu'à la lisière nord du bois de Hangard.
  • 7 - 28 mai : retrait du front ; transport par camions vers Nanteuil-le-Haudouin ; repos.
  • 28 mai - 4 juin : transport par camions vers Dommiers. Engagée dans la 3e bataille de l'Aisne vers la Montagne de Paris, Missy-aux-Bois et Chaudun, combat en retraite puis organisation du nouveau front. À partir du 1er juin, regroupement dans la région Vivières, Villers-Cotterêts.
  • 4 - 20 juin : mouvement vers le front et occupation d'un secteur vers Ambleny et l'Aisne, déplacée à droite le 14 juin vers Ambleny et Fosse-en-Haut.
12 juin : attaque allemande.

Rattachement[modifier | modifier le code]

  • Affectation organique
août 1914 : isolée
septembre 1914 : corps combiné Humbert, puis 32e C.A.
octobre 1914 - novembre 1918 : isolée
29 octobre - 3 novembre 1916
5 janvier - 26 mars 1918
4 avril - 7 mai 1918
22 - 27 août 1918
23 janvier - 13 février 1916
24 juillet - 3 septembre 1917
16 juillet - 29 octobre 1916
11 janvier - 31 mars 1917
7 - 12 mai 1918
21 - 29 août 1914
31 mars - 2 juin 1917
15 septembre - 20 octobre 1915
7 - 24 juillet 1917
7 octobre 1914 - 26 avril 1915
2 juin - 7 juillet 1917
31 mars - 4 avril 1918
12 - 27 mai 1918
20 octobre 1915 - 23 janvier 1916
13 février - 12 avril 1916
20 juin - 16 juillet 1916
27 mai - 2 juin 1918
4 juillet - 15 septembre 1915
3 septembre 1917 - 5 janvier 1918
26 - 31 mars 1918
27 septembre - 10 novembre 1918
5 septembre - 7 octobre 1914
26 avril - 4 juillet 1915
12 avril - 20 juin 1916
3 novembre 1916 - 11 janvier 1917
2 juin - 22 août 1918
27 août - 27 septembre 1918
10 - 11 novembre 1918
  • Détachement d'armée Foch
29 août - 5 septembre 1914
  • Intérieur
2 - 21 août

Décorations[modifier | modifier le code]

Le Maréchal Joffre avec des soldats de la Division marocaine

Citations militaires de la division[modifier | modifier le code]

« Le général commandant la 9e Armée cite à l'ordre de l'armée la 1re Division du Maroc, commandée par le général Humbert pour la vaillance, l'énergie, la ténacité dont elle a fait preuve aux combats de la Tosse-à-l'Eau le 28 août et dans les journées des 6, 7, 8 et 9 septembre à Montdement, Montgivroux, Saint-Prix. Les résultats obtenus, comme aussi les pertes cruelles mais glorieuses qu'elle a subies, en témoignent. Tous, zouaves, coloniaux, tirailleurs indigènes ont fait d'une façon admirable leur devoir. »

— Citation à l'ordre de l'Armée obtenue par la Division Marocaine lors de la Bataille de la Marne, Ordre général no 11 du 22 septembre 1914 de la 9e Armée, Maréchal Foch

« Le général commandant en chef le Groupe des Armées de l'Est cite à l'ordre des armées le 33e corps d'armée, comprenant les 70e, 77e divisions et la Division Marocaine pour avoir sous la conduite énergique de son chef, le général Pétain, fait preuve, au cours de son attaque du 9 mai, d'une vigueur et d'un entrain remarquables, qui lui ont permis de gagner d'une haleine plus de trois kilomètres, de prendre à l'ennemi 25 mitrailleuses, 6 canons et de faire 2 000 prisonniers. »

— Citation à l'ordre de l'Armée obtenue par la Division Marocaine lors de la Bataille de l'Artois (mai 1915), Ordre général no 38 du 10 mai 1915, Maréchal Joffre

« Le général de Castelnau, commandant le groupe des Armées du Centre, cite à l'ordre des armées : le 2e corps d'armée colonial, qui, comprenant les 10e et 15e divisions coloniales et la division métropolitaine du Maroc, a, le 25 septembre, sous l'impulsion énergique du général Blondlal, enlevé dans un vigoureux assaut la première position ennemie puissamment organisée et, par certains de ses éléments (division Marchand) atteint d'un seul bond la deuxième position allemande. A complété son succès dans la journée du 26, rejetant partout l'ennemi au-delà de sa deuxième position, faisant plus de 4 000 prisonniers, enlevant 25 canons, 60 mitrailleuses et recueillant un butin considérable. »

— Citation à l'ordre de l'Armée obtenue par la Division Marocaine lors de la Seconde bataille de Champagne, Ordre général no 1 du 25 octobre 1915, Général de Castelnau

Citations militaires des régiments[modifier | modifier le code]

Les drapeaux des quatre régiments de la Division marocaine (Régiment de marche de la Légion étrangère, 4e RMT, 7e RMT et 8e RMZ) ont été décorés de la Légion d'honneur au cours de la Première Guerre mondiale[4].

« Merveilleux régiment, qu'animent la haine de l'ennemi et l'esprit de sacrifice le plus élevé. En Artois, le 9 mai 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, s'est élancé à l'assaut des Ouvrages Blancs, enfonçant, d'un seul bond, toutes les organisations ennemies, enlevant la cote 140, poussant jusqu'à Carency et Souchez. En Champagne, le 25 septembre 1915, sous les ordres du colonel Lecomte-Denis, puis du commandant Rozet, a conquis l'ouvrage de Wagram, au Nord de Souain, Le 28 septembre, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, a triomphé d'une organisation puissante et, poussant jusqu'aux tranchées et au bois de la Ferme de Navarin, les a enlevés. Dans la Somme, le 4 juillet 1916, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, après avoir franchi un glacis de 800 mètres, fauché par les mitrailleuses, a conquis à la baïonnette Belloy-en-Santerre et l'a gardé, malgré un bombardement intense, contre les efforts violents et répétés de l'ennemi. En Champagne, devant les monts de Moronvilliers, le 17 avril sous les ordres du lieutenant-colonel 1917, Duriez, puis du commandant Deville, s'est élancé à l'attaque contre un ennemi résolu, trois fois supérieur en nombre. Par un combat corps à corps, ininterrompu pendant cinq jours et cinq nuits, s'est emparé des tranchées du Golfe et du village d'Auberive. A Verdun, le 20 août 1917, sous les ordres du lieutenant-colonel Rollet, a enlevé le village de Cumières et son bois, avec une telle fougue, qu'il a dépassé l'objectif final qui lui était assigné. S'est ensuite rendu maître de la côte de l'Oie et de Régneville. »

— Décret du 27 septembre 1917 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur au drapeau Régiment de marche de la Légion étrangère

« Drapeau glorieux. A flotté sur tous les champs de bataille de la Grande Guerre. Le 23 août 1914, à Hanzinelle, en Belgique, le 30 août à Ribemont et Villers-le-Sec, les tirailleurs brisent l'ennemi. Du 6 au 13 septembre 1914, ils poursuivent l'adversaire jusqu'au Chemin des Dames. Le 16 juin 1915, en Artois, ils enlèvent près du Cabaret Rouge quatre lignes de tranchées ; en Champagne, le 25 septembre 1915, ils prennent le Bois Sabot. Le 17 avril 1917, le régiment attaque près d'Auberive, atteignant tous ses objectifs ; le 20 août 1917, à Verdun, il emporte la Côte de l'Oie et le Bois de Cumières. Le 12 juin 1918, près de Soissons, il résiste héroïquement à la poussée de l'ennemi, maintenant intégralement toutes ses positions. Du 30 août au 3 septembre 1918, sur l'Ailette, il pénètre dans des positions défendues désespérément et force l'ennemi à la retraite. Les 26, 27, 28 et 29 septembre, il contribue à l'enlèvement de la Butte du Mesnil, passe la Dormoise, s'empare du Plateau de Grateuil, franchit l'Alin et prend pied sur les pentes du sud du massif de Marvaux. Au cours de ces actions, le drapeau du 4e régiment de marche de tirailleurs indigènes conquiert la fourragère aux couleurs de la Légion d'honneur ; il est glorieusement blessé le 18 septembre 1914 à Paissy, par éclat d'obus. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau 4e RMT - Le Président de la République

« Digne héritier des Turcos de Wissembourg et Frœschwiller, unissant sous son Drapeau les fils de l'Algérie, de la Tunisie et du Maroc, image vivante de l'Afrique du Nord, venus se donner corps et âme à la mère Patrie. En août 1914, aussitôt débarqués et lancés dans la bataille, les Tirailleurs, sous les ordres du Lieutenant-colonel Cros, retardent pied à pied la marche de l'envahisseur à la Fosse à l'eau, Bertoncourt, Ablancourt. En septembre, ils rejettent la Garde Impériale dans les marais de Saint-Gond, puis écrasent l'ennemi, contraint à la retraite, sous les murs du Château de Mondement. Le 9 mai 1915, en Artois, sous les ordres du Lieutenant-colonel Demetz, ils s'emparent de la Cote 140 et le 25 septembre, en Champagne, enlèvent brillamment les ouvrages ennemis au Nord de Souain. Le 11 juillet 1916, dans la Somme, ils se distinguent encore devant Belloy-en-Santerre. En Champagne, le 17 avril 1917, ils s'emparent des formidables positions du Mont Sans-Nom sous les ordres du Lieutenant-colonel Schultz qui, à Verdun, le 20 août les lance à l'assaut des puissantes organisations fortifiées qu'ils réduisent, en faisant 1 100 prisonniers. Au cours de l'épopée sublime de 1918, devant Villers-Bretonneux, ils enlèvent, le 26 avril 1918, sous les ordres du Lieutenant-colonel Schultz les positions de Cachy. Dans l'Aisne, le 18 juillet, sous les ordres du Lieutenant-colonel Mensier, ils percent les lignes ennemies, progressent de 11 kilomètres et font un grand nombre de prisonniers sur le même terrain où, les 29 et 30 mai, ils avaient soutenu des combats acharnés pour arrêter la marche de l'ennemi vers Compiègne. Du 2 au 16 septembre, sous le même commandement, à Sorny et à Vauxaillon, ils bousculent dans des conditions exceptionnellement dures, sur la ligne Hindenburg, les régiments allemands les plus réputés et progressent de plus de 7 kilomètres, préparent ainsi par leur héroïsme la marche sur Laon et la grande victoire. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau du 7e RMT - Le Président de la République

« Régiment superbe d'héroïsme et de vaillance qui, pendant quatre ans de guerre, sans jamais faiblir, a dressé devant l'envahisseur la foi sacrée d'une troupe qui sait mourir pour la défense de son sol. Entré le 28 août 1914 en contact de l'ennemi, ils manœuvrent en retraite sans faiblir jusqu'au 8 septembre ou les zouaves s'arrêtent et font face. Au château de Mondement et dans les marais de Saint-Gond, ils battent la garde prussienne. Beaux de dévouement, de courage et de sacrifice, ils dressent, dans la boue de Belgique, à Boesinghe et à Nieuport, le mur inébranlable de leurs poitrines. Le 9 mai, le 16 juin et le 25 septembre 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel Modelon, ils se lancent à l'attaque de la crête de Vimy et de la butte de Souain. Le 9 juillet 1916, ils se sacrifient et meurent sur les fils de fer de Barleux. Puis, sous les ordres de lieutenant-colonel Lagarde, ils s'emparent, le 17 avril 1917, du Mont-Sans-Nom, réputé imprenable. Le 20 août, ils éloignent à jamais le Boche de Verdun, la citadelle inviolée. L'année 1918 les trouve prêt encore à toutes les audaces et à tous les sacrifices; le 26 avril, ils attaquent Villers-Bretonneux et barrent la route d'Amiens. Les 29 at 30 mai, alors que menaçant et terrible monte le flot ennemi, ils accourent, se sacrifient héroïquement pour défendre la route de Soissons à Paris. Ils sont encore debout, le 18 juillet, pour pousser de l'avant et chasser l'ennemi de Chaudun et de Charantigny. Et c'est en vain que, du 28 août au 15 septembre, l'ennemi essayera de s'accrocher aux falaises de l'Aisne, de tenir Neuville-sur-Margival et le ravin de Vauxaillon, la fougue impétueuse de ceux qui, par sept fois déjà, les ont vaincus, commencera leur défaite.. »

— Décret du 5 juillet 1919 portant attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d'Honneur au Drapeau du 8e RMZ - Le Président de la République

Chant[modifier | modifier le code]

  • Le texte du chant de la Division marocaine de la Première Guerre mondiale fut repris en 1943 par le capitaine Félix Boyer dans Le Chant des Africains.

Mémorial de Givenchy-en-Gohelle[modifier | modifier le code]

Un monument édifié en juin 1925 à Givenchy-en-Gohelle sur le plateau de Vimy, en face du mémorial canadien, rend hommage à la Division marocaine et aux centaines de milliers de soldats étrangers engagés pour la France pendant la Grande Guerre[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « ... Le 9 mai 1915, les régiments de la division marocaine s’élançant à 10 heures des tranchées de Berthonval et brisant de haute lutte la résistance des allemands atteignirent d’un bond la côte 140, leur objectif, rompant pour la première fois le front ennemi », voir la dédicace du Monument aux morts de la division marocaine de Givenchy-en-Gohelle
  2. 4e RTT, 7e RTA, Régiment de marche de la Légion étrangère et 8e régiment de zouaves, Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, pp.2023-2035
  3. Memorialgenweb.org - Château-Salins : plaque commémorative de la Division Marocaine (relevé n° 201037).
  4. Bulletin des lois de la République française, Imprimerie Royale, 1919, pp.2023-2035
  5. Maxime Pedrero, « Givenchy-en-Gohelle: le maire veut sauver le monument à la mémoire de la division marocaine : Passionné depuis des années des lieux de mémoire qui entourent son village, Pierre Sénéchal s’est donné pour mission de sauver l’un d’entre eux de l’oubli, le monument à la division marocaine. Un édifice soulignant la mémoire de centaines de milliers de soldats étrangers tombés pour la France. », La Voix du Nord,‎ (lire en ligne).
  1. ↑ R.G. Grant, Soldats, de l'Antiquité à nos jours (p. 313)
  2. ↑ Anthony Clayton, Histoire de l'armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994, p. 274-299
  3. ↑ Robert Huré, L'armée d'Afrique : 1830-1962, Charles-Lavauzelle, 1977
  4. ↑ L’armée d'Afrique [archive], Léon Rodier, Institut de stratégie comparée, commission française d'histoire militaire, Institut d'histoire des conflits contemporains
  5. ↑ (en) «  » [archive], Bureau de spectateur militaire, 1831 (consulté le 2010-01-03)
  6. ↑ Chronologie. 13 juillet 2001 -Les Échos
  7. ↑ In Le Livre d'or de la Légion étrangère, pages 41 et 42.
  8. ↑ In Le livre d'or de la Légion étrangère, page 66.
  9. ↑ ESS de l'intéressé - Répertoire des titulaires de la Légion d'honneur (site Légion d'honneur)
  10. ↑ Alexis Neviaski, , Fayard, 2012, 380 p.
  11. ↑ In, La Légion en Indochine, page 190.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Louis Larcade, Zouaves et tirailleurs, les régiments de marche et les régiments mixtes : 1914-1918, Argonautes, 2000
  • Anthony Clayton, Histoire de l'Armée française en Afrique 1830-1962, Albin Michel, 1994
  • Pages de gloire de la Division marocaine, 1919
  • AFGG, vol. 2, t. 10 : Ordres de bataille des grandes unités : divisions d'infanterie, divisions de cavalerie,‎ , 1092 p. (lire en ligne).
  • (fr) Ministère des Armées, État-Major de l'Armée de Terre, Service Historique, Inventaire sommaire des archives de la Guerre 1914-1918, Imprimerie « LA RENAISSANCE » — TROYES - Dépôt légal : 4e trimestre 1969 — N° 19.982

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Historiques[modifier | modifier le code]