1831 en France

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Chronologie de la France


Cette page concerne l'année 1831 du calendrier grégorien.

Événements[modifier | modifier le code]

Janvier[modifier | modifier le code]

  • 7 janvier : le bey de Tunis prend Oran. Conformément à la convention signée avec la France en 1830, Husayn bey propose ses services à la France. Il espère obtenir Constantine et placer son frère Mustapha au gouvernement d’Oran. Mais les violences exercées par ses troupes en Algérie font scandale et Paris ne ratifie pas la convention. Ce revirement nuira aux relations franco-tunisiennes, alors que, en offrant ses services à l’occupant, le bey s’est compromis aux yeux des musulmans.
  • 15 janvier :
    • Sainte-Pélagie à Paris devient prison politique;
    • arrêté envoyant des étudiants devant le Conseil académique pour tentative d'associations, attroupements et manifestations de jeunes gens autour de la Sorbonne.
  • 17 janvier : Victor Hugo remet à Gosselin un manuscrit de Notre-Dame de Paris. Les ajouts manquent.
  • 20 janvier : le ministre des affaires étrangères britannique Palmerston fait échouer le projet de la France d’annexer la Belgique. La Conférence de Londres reconnaît l’indépendance de la Belgique.
  • 30 janvier : dépôt du projet de loi électoral du gouvernement fixant un cens abaissé à 200 francs. En discussion il est relevé mais double le nombre d'électeurs.

Février[modifier | modifier le code]

  • Mardi 1er février : François Buloz reprend une revue moribonde : la Revue des deux Mondes.
  • 1er février : Honoré de Balzac publie Le Réquisitionnaire.
  • 2 février : Victor Hugo termine le chapitre « Paris à vol d'oiseau ».
  • 3 février : le congrès national belge élit, à une faible majorité le duc de Nemours, fils de Louis Philippe, comme roi des Belges. Celui-ci est contraint de refuser sous la pression britannique.
  • 4 février : le duc de Nemours refuse la couronne du royaume de Belgique.
  • 8 février : loi qui admet le culte israélite au nombre des cultes reconnus par l'État et met le traitement de ses ministres à la charge du trésor public.
  • 14 - 15 février : émeutes à Paris à la suite d’un service funèbre organisé par les légitimistes à Saint-Germain-l’Auxerrois pour l’anniversaire de l’assassinat du duc de Berry. L’église est envahie et mise à sac par les républicains. Le lendemain, l’émeute saccage le palais de l'Archevêché et de nombreuses églises à Paris et en province.
  • 15 février :
    • sac de l'archevêché de Paris, destruction de l'archevêché et de la maison de campagne de l'archevêque à Conflans, tentatives sur les églises de l'Assomption et de Saint-Roch, envahissement de la maison de l'avocat Dupin, rue Coq-Héron;
    • bal chez les Rothschild. Thiers raconte à Rémusat le sac de l'archevêché qu'il a laissé faire.
      • Rémusat (Mémoires, t. 2, p. 434) : « Thiers et le sac de l’archevêché », Rémusat : « J'y rencontrai Thiers, et nous eûmes sur ce point, au milieu du salon, une conversation qui se tourna en discussion à la grande curiosité de la galerie qui, naturellement, était pour moi. Il était allé le matin aux ruines de l'archevêché. C'est là qu'il avait trouvé Arago et sa compagnie, et qu'ils avaient eu un entretien dont il fut plus tard question à la tribune. Il avait été vivement frappé de la rapidité irrésistible avec laquelle s'était consommée cette grande destruction. La sensation est forte chez lui. Indifférent à ce qu'on lui rapporte, Thiers ressent presque avec excès l'impression de ce qu'il voit; pour peu que le spectacle soit frappant et inattendu, son imagination s'émeut. La vue de la force et de la force triomphante ne le trouve jamais insensible. Sa seconde pensée est, non de lui résister, mais de s'en emparer. C'est ce qui lui reste de son commerce historique avec Mirabeau, Danton, Napoléon. Je reconnus cet effet dans notre conversation du bal ou du concert de Rothschild, et je l'ai retrouvé d'autres fois. Il me disait sans cesse : « Ah ! si vous aviez vu ce que j'ai vu ce matin ! » Sa politique en resta modifiée quelque temps. » Thiers, sortant du Palais Bourbon où il avait apostrophé durement Berryer, était allé se rendre compte sur place de l'émeute. Il arriva à l'archevêché au moment où Arago se préparait à pénétrer avec ses gardes nationaux dans le bâtiment pour mettre fin à la dévastation. Craignant une collision sanglante, Thiers intervint pour empêcher cette intervention. Arago, se rendant à cet ordre d'un sous-ministre, ne bougea pas et le pillage de l'archevêché se poursuivit. Les malveillants virent dans cette action personnelle de Thiers, une preuve de la complicité du gouvernement avec les émeutiers.
  • 16 février : une ordonnance supprime les fleurs de lys sur le sceau de l'État qui porte désormais un livre ouvert avec les mots Charte de 1830.
  • 17 février :
    • Benjamin Delessert interpelle le cabinet sur les évènements du 14 février;
    • une délégation belge vient offrir le trône de Belgique au duc de Nemours, fils de Louis-Philippe. Celui-ci, le roi, refuse;
    • débats houleux à la Chambre les 17, 18 et 19 février.
  • 26 février : le gouvernement français refuse de soutenir les révolutionnaires italiens.

Mars[modifier | modifier le code]

  • Mercredi 2 mars : émeutes républicaines à Paris. À l'occasion de l'acquittement de prévenus de délits de presse, rassemblements d'ouvriers qui marchent sur le Palais-Royal, au Louvre et sur la place de Grève : « De l'ouvrage ou du pain ! ».
  • 4 mars :
    • loi sur la composition des cours d'assises et sur la majorité nécessaire pour les décisions rendues par le jury contre l'accusé;
    • loi pour la répression de la traite des nègres.
  • 8 mars : démission du ministre de la Justice, Joseph Mérilhou, qui estime le Gouvernement insuffisamment favorable au mouvement.
  • 9 mars :
  • 10 mars : émeute de républicains à Paris. Cortèges parcourant les rues avec des drapeaux tricolores et noirs, crêpes aux bras, immortelles à la boutonnière
  • 11 mars : rassemblement d'étudiants au Panthéon qui essayent de soulever le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint-Marceau après avoir essayé de débaucher les polytechniciens.
  • 12 mars : la foule rassemblée au Panthéon se porte sur les maisons de Comte, procureur du roi révoqué, et Mérilhou, ministre démissionnaire, pour les féliciter.
  • 13 mars : départ de Jacques Laffitte et gouvernement Casimir Perier (parti de la résistance). Casimir Perier, président du Conseil, décide la non-intervention en Europe ; les mouvements révolutionnaires (Belgique, Italie…) seront écrasés.
  • 16 mars : parution de Notre-Dame de Paris, 2 vol., chez Gosselin.
  • 18 mars : Casimir Perier demande à la Chambre des députés de voter quatre douzièmes provisoires en attendant l’adoption régulière du budget, en présentant ce vote comme un vote de confiance au nouveau gouvernement.
  • 21 mars :
    • loi qui fixe, pour le jugement des conflits entre l'autorité administrative et les tribunaux, un délai d'un mois, passé lequel le conflit peut être considéré comme non avenu;
    • loi sur la formation et l'organisation des conseils municipaux par la voie de l'élection.
  • 22 mars : loi sur l’organisation de la Garde nationale sédentaire et mobile, par l'élection directe des sous-officiers et l'élection indirecte des officiers supérieurs. Restauration de la Garde nationale.
  • 24 mars : Chateaubriand publie De la Restauration et de la monarchie élective.
  • 27 mars : à Paris, première exécution de la Neuvième Symphonie de Beethoven.

Avril[modifier | modifier le code]

  • Vendredi 1er avril : rassemblements tumultueux au Châtelet, au Pont au Change et sur le quai aux Fleurs, qui se reproduisent le lendemain en s'étendant à tout le quartier.
  • 2 avril : alors que la société française est en proie à des agitations et mouvements divers (tel le sac de l'archevêché à Paris en février), Tocqueville et Beaumont s'embarquent au Havre pour les États-Unis. Dès la traversée, Tocqueville rédige un journal de voyage.
  • 5 avril - 15 juin : cinq procès pour émeutes, complots, insurrection. Les accusés qui ne contestent pas les faits sont acquittés par les jurys.
  • 8 avril : le vote de la Chambre des députés sur les douzièmes provisoires montre une large confiance à l’égard du gouvernement : 227 voix pour contre 32 contre.
  • 10 avril : loi renforçant les mesures contre les attroupements.
  • 14 avril : décès de Alexandre Camille Taponnier, général français.
  • 15 - 16 avril : à Paris, les manifestations organisées à l’occasion du procès devant la cour d’assises de quelques meneurs républicains dont Godefroy Cavaignac, Guinard, Audry fils, sont vigoureusement dispersées par la Garde nationale associée à l’armée.
  • 15 avril : la loi électorale exige une contribution minimale de 200 F pour être électeur. Poursuivi pour une proclamation républicaine, Cavaignac est acquitté.
  • 19 avril : promulgation de la loi sur les élections législatives qui abaisse le cens électoral de 300 à 200 francs de contributions directes et le cens d'éligibilité de 1,000 à 500 francs.

Mai[modifier | modifier le code]

  • Fin mai : accord entre la France et les États-Unis concernant l’indemnisation des dommages causés par les corsaires français pendant les guerres napoléoniennes.

Juin[modifier | modifier le code]

Juillet[modifier | modifier le code]

Août[modifier | modifier le code]

Marion Delorme, drame de Victor Hugo.

Septembre[modifier | modifier le code]

  • Vendredi 2 septembre : Chateaubriand publie ses Etudes historiques.
  • 3 septembre : Victor Hugo pose pour son buste par Jehan Duseigneur.
  • 8 septembre : les troupes russes entrent à Varsovie.
  • 13 septembre : la Chambre des députés adresse à Casimir Perier une pétition demandant le retour des cendres de l'Empereur en France.
  • 16 - 19 septembre : on a appris à Paris la prise de Varsovie. Louis-Philippe refuse de soutenir les insurgés polonais contre la Russie (1830-1831) : Manifestations à Paris en faveur de la Pologne. Devant la Chambre des députés, le ministre Sébastiani déclare : « aux dernières nouvelles, la tranquillité règne à Varsovie » (résumé dans la formule célèbre : « L’ordre règne à Varsovie »).
    • Rémusat (Mémoires T2 p 534) : "Sur le mot fameux de l’ordre règne à Varsovie de Sébastiani, Rémusat : « Il en donna alors un exemple célèbre. En rendant compte dès le premier jour à la Chambre assez émue de la dépêche par laquelle il avait appris la prise de Varsovie, il voulut nous rassurer sur les suites immédiates de l'événement et pour nous dire que l'entrée du vainqueur n'avait pas été accompagnée des désordres et des violences que l'on pouvait craindre, il nous dit qu'au départ du courrier l'ordre régnait à Varsovie. Cela signifiait que Varsovie n'était pas mise à feu et à sang; l'opposition entendit que l'ordre était rétabli dans Varsovie. Cette interprétation fut, j'en ai peur, celle du public. »
  • 17 septembre : Vivien quitte la préfecture de police
  • 21 septembre : Louis-Philippe renonce à habiter au Palais-Royal et s’installe aux Tuileries.
  • Au cours d'un dîner "républicain" au Café de Paris avec Arago et Armand Carrel, Béranger chante l'"admirable chanson" : "Chateaubriand, pourquoi fuir ta patrie, fuir son amour, notre encens et nos soins ?"
  • Septembre - Décembre : Tocqueville et Beaumont se dirigent vers le Sud. Après Boston (9 septembre-3 octobre), Philadelphie et Baltimore (12 octobre-22 novembre), ils séjournent à Cincinnati (14 décembre) puis décident d'aller à Charleston par La Nouvelle-Orléans. Mais leur bateau à vapeur est pris par les glaces sur le Mississippi peu avant Louisville (5 décembre). Dans des conditions très difficiles, ils doivent alors emprunter la voie de terre par Louisville, Nashville, Memphis. En route (12 décembre), Tocqueville, malade, doit rester alité dans une cabane en rondins glaciale au relais de poste de Sandy Bridge à 94 miles de Nashville; il y contracte une maladie pulmonaire chronique.

Octobre[modifier | modifier le code]

Novembre[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe métamorphosé en poire (dessin de Ch.Philipon)
« Vivre en travaillant, ou mourir en combattant… »


Décembre[modifier | modifier le code]

Gargantua, caricature d'Honoré Daumier contre le roi Louis-Philippe, parue le 15 décembre.
  • 3 - 9 décembre : Lyon est reprise sans effusion de sang par les troupes royales commandées par le maréchal Soult et le duc d’Orléans.
  • Lundi 5 décembre : Louis-Philippe envoie Soult avec 20 000 hommes pour écraser la révolte des Canuts dans le sang. L'ordre est rétabli.
  • 6 décembre : en Algérie, le général Pierre Berthezène est remplacé par le duc de Rovigo (fin le ).
  • 8 décembre : un article de Saint-Marc Girardin dans le Journal des débats relate la révolte des Canuts : « La sédition de Lyon a révélé un grave secret, celui de la lutte intestine qui a lieu dans la société entre la classe qui possède et celle qui ne possède pas.[…] notre société commerciale et industrielle a sa plaie comme toutes les autres sociétés ; cette plaie, ce sont ses ouvriers. […] Les Barbares qui menacent la société ne sont point au Caucase ni dans les steppes de la Tartarie ; ils sont dans les faubourgs de nos villes manufacturières […] ils sont, hélas ! plus à plaindre qu'à blâmer : ils souffrent, la misère les écrase. Comment ne chercheraient-ils pas aussi une meilleure condition ? […] Il faut que la classe moyenne sache bien quel est l'état des choses ; il faut qu'elle connaisse bien sa position. Elle a au-dessous d'elle une population de prolétaires qui s'agite et qui frémit, sans savoir ce qu'elle veut, sans savoir où elle ira ; que lui importe ? Elle est mal. Elle veut changer. C'est là où est le danger de la société moderne, c’est de là que peuvent sortir les barbares qui la détruiront »[2].
  • 17 - 24 décembre : parvenus à Memphis, Tocqueville et Beaumont attendent le dégel du Mississippi pour gagner La Nouvelle-Orléans sur un bateau à vapeur sur lequel sont embarqués des Indiens de la tribu des Chactas, que l'on déporte à l'ouest du fleuve. Tocqueville, indigné, évoquera ce transfert dans le dernier chapitre de De la démocratie en Amérique.
  • 28 décembre : adoption par la Chambre des pairs du projet de loi abolissant l’hérédité de la pairie.
  • 29 décembre : suppression de l'hérédité de la pairie. La liberté de choix du roi de nouveaux pairs est maintenue et restreinte.

Économie & Société[modifier | modifier le code]

Naissances en 1831[modifier | modifier le code]

Décès en 1831[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Bouchet, Vincent Bourdeau, Edward Castleton, Ludovic Frobert, François Jarrige, Quand les socialistes inventaient l'avenir, 1825-1860, La Découverte, (ISBN 9782707193100, présentation en ligne)
  2. a et b Michel Pigenet, Danielle Tartakowsky, Histoire des mouvements sociaux en France : De 1814 à nos jours, La Découverte, (ISBN 9782707185686, présentation en ligne)
  3. Ernest Grangez, Précis historique et statistique des voies navigables de la France et l'une partie de la Belgique, N. Chaix et cie, (présentation en ligne)
  4. Jean Benoît Désiré Cochet, Le tombeau de Childéric Ier, Paris, (lire en ligne)