Michel Ier (roi de Portugal)

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Michel Ier
Illustration.
Portrait de Michel Ier vers 1824-1828.
Titre
Roi de Portugal et des Algarves

(5 ans, 10 mois et 28 jours)
Prédécesseur Marie II
Successeur Marie II
Biographie
Dynastie Maison de Bragance
Nom de naissance Miguel Maria do Patrocínio João Carlos Francisco de Assis Xavier de Paula Pedro de Alcântara António Rafael Gabriel Joaquim José Gonzaga Evaristo de Bragança e Bourbon
Date de naissance
Lieu de naissance Lisbonne (Portugal)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Esselbach (Bavière)
Père Jean VI
Mère Charlotte d'Espagne
Conjoint Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
Enfants Marie de Jésus de Bragance
Marie-des-Neiges de Bragance
Miguel de Bragance
Marie-Thérèse de Bragance
Marie-Josèphe de Bragance
Adelgonde de Jésus de Bragance
Marie-Anne de Bragance
Antónia de Bragance

Michel Ier (roi de Portugal)
Rois de Portugal

Michel Ier (en portugais : Miguel I), né le à Queluz et mort le à Esselbach, est roi de Portugal de 1828 à 1834.

Troisième fils du roi Jean VI et de Charlotte-Joachime d'Espagne, il fait partie de la dynastie des Bragance. Il porta successivement les titres d'Infant de Portugal, prince-régent de Portugal, puis roi de Portugal après avoir chassé du trône sa nièce, la reine Marie II. Il ne règne que 5 ans, de 1828 à 1834, et finit ses jours en exil, portant le titre de duc de Bragance.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un prince en exil[modifier | modifier le code]

L'infant Michel est le troisième fils du roi Jean VI et de la reine, née Charlotte-Joachime d'Espagne. Il naît peu après le décès de son frère aîné l'infant Antoine, mort à l'âge de six ans en 1801. À sa naissance, il est troisième en ligne de succession, après son père et son frère aîné restant, Pierre.

Très proche de sa mère, l'infant était un catholique traditionaliste convaincu. Si cela le rendait impopulaire auprès de la bourgeoisie libérale portugaise, il bénéficiait d'une grande popularité auprès du peuple. Les guerres contre l'Espagne et la France ayant plongé le pays dans la misère, on attendait un roi fort pour sauver la nation.

Portrait de Dom Miguel, roi de Portugal.

Chassée par les troupes napoléoniennes en 1807, la famille royale trouva refuge dans sa colonie brésilienne et ne revint au Portugal qu'en 1821 après la mort de la reine Marie Ire. Le roi Jean VI accepta la constitution libérale ce qui déplut à la reine et à l'infant Michel qui, en 1824, séquestrèrent le souverain et tentèrent en vain de le forcer à abdiquer (insurrection de l'Abrilada). L'infant Michel est alors déchu de ses droits au trône par son père et condamné à l'exil ; il trouve refuge en Autriche. Avant de mourir, le roi confie la régence non à sa femme mais à sa fille Isabelle-Marie de Portugal en attendant le retour de l'empereur également roi de Portugal sous le nom de Pierre IV.

L'usurpateur[modifier | modifier le code]

En 1826, Pierre Ier du Brésil succède à son père sur le trône du Portugal sous le nom de Pierre IV de Portugal. Empereur du Brésil depuis 1822, il conserve la régence à sa sœur l'infante Isabelle-Marie et cède son trône à sa fille Maria da Gloria, en 1826. Celle-ci, âgée de 7 ans, monte sur le trône du Portugal, prend le nom de Marie II. Dans un souci de réconciliation et afin d'éviter toutes querelles de succession, la jeune infante est fiancée à son oncle qui est proclamé roi-consort sous le nom de Michel Ier de Portugal.

En 1828, Isabelle-Marie prête serment à la constitution puis renonce à la régence, mais Michel détrône aussitôt sa nièce et fiancée, la reine Marie II, et se proclame roi de Portugal. Il mène dès lors une politique conservatrice. La famille royale soutient le roi Michel excepté la princesse Anne de Jésus de Portugal qui suit sa nièce en Angleterre. Chassé du pouvoir par son frère, revenu du Brésil, qui rétablit Marie II sur le trône en 1834, l'ex-roi Michel est exilé à vie en Autriche sous le nom de « duc de Bragance ».

En décembre 1834, les Cortes portugaises bannirent Michel et tous ses descendants à venir du royaume de Portugal et la Constitution portugaise de 1838 (article 98) exclut catégoriquement leur lignée (dite migueliste) de la succession au trône. La loi de 1834 resta en vigueur jusqu'à son abrogation en mai 1950.

Un roi en exil[modifier | modifier le code]

Gravure de l'ex-roi Michel en exil.

Le duc de Bragance épouse sur le tard la princesse Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg qui lui donne un fils et de nombreuses filles qui toutes épouseront des membres de familles royales catholiques (Autriche, Bavière, Espagne, Parme, Luxembourg) et sont les ancêtres de nombreux princes et de souverains régnants actuels.

Lorsque le Portugal devint une république, l'ultime descendant de la branche de Saxe-Cobourg-Bragance, le roi Manoel II, fut poussé à son tour à l'exil et, n'ayant aucun descendant, se réconciliera peu de temps avant sa mort (en 1932) avec Duarte de Bragance (1907-1976), petit-fils de l'ex-roi Michel, près d'un siècle après l'exil à vie de celui-ci.

Les miguelistes, partisans légitimistes des ducs de Bragance, continueront leur lutte pro-monarchiste après la mort sans descendant de Manoel II, dernier roi de Portugal.

Titre complet[modifier | modifier le code]

Roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique, duc de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d'Éthiopie, d'Arabie, de Perse et d'Inde par la grâce de Dieu.

Descendants[modifier | modifier le code]

L'ex-roi Michel et son épouse Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg.

En 1851, il épousa Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg (1831-1909). De cette union naîtront :

Le roi Michel Ier a eu par ailleurs une fille illégitime avec une dame de Santarém, Marie de Jésus de Bragance (1834-n/d).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Volkmann, Généalogies des rois et des princes, Paris, Éd. Jean-Paul Gisserot, , 127 p. (ISBN 978-2-87747-374-3 et 2877473740, lire en ligne).
  • Monique da Rocha Carneiro, La descendance de Dom Miguel Ier de Bragance, roi du Portugal (1802-1866), Patrice du Puy éd., 230 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]