Marie Dorval

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Marie Dorval
Dorval2.jpg

Marie Dorval, L'Artiste 1832.

Biographie
Naissance
Décès
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Sépulture
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Activité
Marie Dorval dans le rôle d'Agnès de Méranie[1] par Hippolyte Lazerges

Marie Dorval, née Marie Amélie Thomase Delaunay le à Lorient et morte le à Paris, est l’une des plus célèbres actrices françaises du XIXe siècle. Ses succès au théâtre et sa vie sentimentale bien remplie contribueront à en faire un mythe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de comédiens, abandonnée par son père à l’âge de cinq ans, elle perd sa mère victime de la tuberculose peu de temps après. Elle joue d’abord des rôles d’enfants à Lille, sous le nom de Bourdais, qui est celui de son oncle, acteur comique distingué. On la marie, à l’âge de 16 ans, à Allan Dorval, un maître de ballets plus âgé qu’elle, qui meurt cinq ans plus tard après la naissance de leur deuxième enfant. Il lui laisse aussi et surtout son nom de scène qui passera à la postérité.

Se produisant définitivement sur la scène après la mort de son époux, elle est attachée à diverses troupes de province pour les amoureuses de comédie et les dugazons d’opéra comique. À Strasbourg, elle commence à jouer les premiers rôles de comédie et de drame avant d'être engagée au théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris, en 1818[2].

En 1827, elle connaît le succès dans la pièce Trente ans, ou la vie d’un joueur de Victor Ducange et Prosper Goubaux où elle a pour partenaire le célèbre acteur Frédérick Lemaître. En 1829, elle épouse le journaliste Jean-Toussaint Merle[3].

En 1832, elle devient la maîtresse d’Alfred de Vigny[4],[5] qui, avec Victor Hugo, la fera entrer au Théâtre-Français au mois de février 1834. Le nom de Marie Dorval se rattache à la révolution dramatique de l’école romantique. Son jeu, où l’art disparaît sous le naturel de la sensibilité et sous les élans de la passion, s’adapte parfaitement à la nouvelle littérature. À la majesté classique, elle substitue, elle aussi, la violence des effets.

En janvier 1833, elle se lie avec l'écrivaine George Sand après avoir reçu d'elle une lettre admirative concernant l’une de ses représentations,. Leur amitié intense donne lieu à des rumeurs de lesbianisme à Paris, d'autant que chacune des deux femmes avait fait l'objet de ces rumeurs auparavant. Gustave Planche écrit à Sand de se méfier de cette « dangereuse amitié » tandis qu'Alfred de Vigny écrit à Dorval de rester à distance de Sand, qu'il qualifie de « damnée lesbienne ». Les historiens actuels restent partagés sur la nature de cette relation, dont le caractère amoureux ou sexuel n'a pas été vérifié[6]. En 1840, elle joue la pièce de George Sand Cosima à la Comédie française [7]. Les deux femmes collaborent même au manuscrit, mais la pièce, mal reçue, n'aura que sept représentations.

Marie Dorval exprimera son talent remarquable à la Porte Saint-Martin, dans des œuvres mélodramatiques, le Château de Kenilworth, les Deux forçats, Trente ans ou la Vie d’un joueur, etc. ; puis des créations d’un ordre plus élevé, Antony et Marion de Lorme, lui développeront l'ampleur de son talent. Au Théâtre-Français, elle a été applaudie surtout dans Angelo et dans Chatterton, pièces dans lesquelles elle a montré avec puissance l’ardente passion de la Thisbé, et y a donné de Ketty-Bell une figure suave.

Vers la fin de sa vie, elle s’essaya au répertoire classique à l’Odéon, créa Agnès de Méranie et joua, non sans succès, les rôles de Phèdre et d’Hermione.

Elle apparaît dans Lucrèce de François Ponsard (1843) et, revenant au drame des boulevards, elle remporta malgré ses forces épuisées et sa voix presque éteinte, un dernier succès avec Marie-Jeanne, ou la femme du peuple, d’Adolphe d'Ennery. Les changements dans la mode et le désir du public de voir des actrices plus jeunes achèvent sa carrière par des tournées en province. Elle meurt, très dépressive, à l’âge de cinquante et un ans, après le décès d’un petit-fils.

Elle est enterrée au cimetière Montparnasse (div. 6).

Littérature[modifier | modifier le code]

Michel Mourlet a publié un roman (Histoire d’un maléfice, 2001) et une pièce de théâtre (Marie Dorval) qui s'inspirent librement des amours de Marie Dorval[8]. "Marie Dorval" a été créée le 29 novembre 2002 au Théâtre de Saint-Maur et publiée en 2014 dans le recueil "Pièces masquées" (Les Cygnes, collect. "Théâtre contemporain").

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Daufresne, Théâtre de l'Odéon: architecture, décors, musée, Mardaga, (ISBN 9782870098738), p. 57-58
  2. : les débuts de Marie Dorval
  3. : Biographie et grands rôles de Marie Dorval
  4. Liaison tumultueuse puisque le poète fit suivre sa maîtresse par le premier détective de l'histoire : Vidocq. (source : Historique des détectives privés)
  5. Alfred de Vigny et Marie Dorval (préf. Ariane Charton), Lettres à lire au lit, Correspondance amoureuse d'Alfred de Vigny et Marie Dorval (1831-1838), Paris, Mercure de France,
  6. Article "Dorval, Marie (1798-1849", article de Ruth M. Pettis sur la LGBTQ Encyclopaedia, glbtq, Inc., 2015. Page consultée le 16 avril 2017.
  7. : Marie Dorval, George Sand, Alfred de Vigny... au théâtre et à la vie
  8. Michel Mourlet, « Le Démon des planches : Souvenirs d'un intermittent du spectacle », dans Michel Mourlet, L'Anti-Brecht : Le Théâtre, sa mort, sa vie, France Univers, (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie, Paris, s.d. (lire en ligne)
  • Théophile Gautier, Madame Dorval, article dans La Presse, , repris dans Histoire du Romantisme, 1874 ; texte sur wikisource
  • Francis Ambrière , " Mademoiselle Mars et Marie Dorval, au théâtre et dans la vie" , Le Seuil, 1992
  • Lettres pour lire au lit, correspondance amoureuse entre Marie Dorval et Alfred de Vigny, présentation et notes d'Ariane Charton, Mercure de France, coll. Le Temps retrouvé, Paris, 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 651

Liens externes[modifier | modifier le code]