Rue du Faubourg-Saint-Denis

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10e arrt
Rue du Faubourg-Saint-Denis
La rue du Faubourg-Saint-Denis (partie nord).
La rue du Faubourg-Saint-Denis (partie nord).
Situation
Arrondissement 10e
Quartier Porte-Saint-Denis
Saint-Vincent-de-Paul
Début 2, boulevard de Bonne-Nouvelle
28, boulevard Saint-Denis
Fin 37, boulevard de la Chapelle
75, rue Louis-Blanc
Voies desservies Passage du Prado
rue de l'Échiquier
rue de Metz
passage de l'Industrie
rue d'Enghien
passage Brady
cour des Petites-Écuries
passage Reilhac
rue des Petites-Écuries
rue du Château-d'Eau
passage du Désir
rue Jarry
rue de Paradis
rue de la Fidélité
square Alban-Satragne
boulevard de Magenta
cour de la Ferme-Saint-Lazare
rue de Chabrol
rue du 8-Mai-1945
passage d'Étienne
rue de Valenciennes
passage Delanos
rue des Deux-Gares
rue La Fayette
rue de Dunkerque
rue Demarquay
rue Cail
rue Perdonnet
rue Louis-Blanc
Morphologie
Longueur 1 672 m
Largeur Entre 17,5 et 20 m
Historique
Ancien nom Rue du Faubourg-Saint-Lazare
rue du Faubourg-de-Gloire
rue du Faubourg-Franciade (1793)
Géocodification
Ville de Paris 3541
DGI 3516

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue du Faubourg-Saint-Denis
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La rue du Faubourg-Saint-Denis est une voie du 10e arrondissement de Paris située dans le prolongement de la rue Saint-Denis au sud ; elle conduit à la basilique de Saint-Denis au nord.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Située dans le prolongement de la rue Saint-Denis, la rue du Faubourg-Saint-Denis traverse, du sud au nord, les quartiers de la Porte-Saint-Denis et Saint-Vincent-de-Paul, dans le 10e arrondissement, reliant la porte Saint-Denis au métro La Chapelle, en passant par les gares de l'Est et du Nord.

Ce site est desservi par les stations de métro Gare du Nord et La Chapelle.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

La rue du Faubourg-Saint-Denis doit son nom au fait qu'elle traversait le hameau à l'extérieur du mur d'enceinte, symbolisé aujourd'hui par la porte Saint-Denis, situé sur l'ancienne route vers Saint-Denis, dénommé « faubourg Saint-Denis », attesté dans le plan de Turgot, et qui desservait l'abbaye de Saint-Denis. Le faubourg est primitivement un quartier « fors le bourg » (de l'ancien français « fors », issu du latin foris, « en dehors » et de borc, « bourg », forsborc vers 1200, forbours vers 1260[1]).

Historique[modifier | modifier le code]

Il n'est pas possible de préciser l'époque de la construction de cette rue. Ce n'était à l'origine qu'un chemin qui conduisait à la ville de Saint-Denis.

Jusqu'au cours du Premier Empire, la portion comprise entre la rue Saint-Laurent et la place de la Chapelle a porté le nom de « rue du Faubourg-Saint-Lazare », du fait qu'elle longeait la maison Saint-Lazare. Elle a également porté le nom de « rue du Faubourg-de-Gloire » à cause du voisinage d'un terrain qui portait ce nom[2].

Durant la Révolution, la rue porta brièvement le nom de « rue du Faubourg-Franciade » en 1793[3],[4], la commune de Saint-Denis ayant été renommée « Franciade[4] ».

Depuis quelques années, un processus de gentrification dans la partie basse de la rue s'est amorcé entre la porte Saint-Denis et le boulevard Magenta[5]. Ainsi, la rue fait figure de trait d'union entre deux Paris : le Paris bourgeois des quartiers centraux et le Paris populaire des arrondissements du nord. Elle reste donc aujourd'hui une rue populaire et à forte population immigrée, tout en étant devenue un nouveau lieu de la jeunesse branchée parisienne[6].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de métro Strasbourg - Saint-Denis.

Sud de la rue du Faubourg-Saint-Denis (2007).
  • No 12 : le passage du Prado fait la jonction en « L » entre la rue et le boulevard Saint-Denis, ouvert en 1785 sous le nom de « passage du Bois de Boulogne », il a été couvert en 1925 ; il est réputé pour sa décoration Art déco.
  • Au no 16 se trouve le restaurant Julien, un ancien bouillon devenu brasserie chic, Chez Julien, dont la réputation des profiteroles fait le tour de Paris. Le restaurant et l'immeuble qui l'abrite sont classés monuments historiques[7], décor Art nouveau, on peut y voir des panneaux peints sur pâte de verre de Louis Trézel. À cet emplacement avait été fondée en 1787 une auberge à l'enseigne du Cheval Blanc, qui sera par la suite un des premiers café-concert[8].
  • Au no 23 se trouvait une salle d'entraînement de boxe ouverte par Jean Bretonnel[9].

Sites desservis par les stations de métro Strasbourg - Saint-Denis et Château d'Eau.

  • No 42 : le passage de l'Industrie, spécialisé dans les grossistes pour coiffeurs.
  • No 45 : la plus ancienne pharmacie de Paris, la pharmacie Vée, a été fondée ici en 1783, à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Denis et de la rue d'Enghien.
  • no 46 : le passage Brady, inauguré en 1828, abritait à l'origine des magasins de vêtements ; aujourd'hui, il est réputé pour ses restaurants pakistanais, devenant ainsi le quartier pakistanais de Paris, parfois surnommé Little Islamabad.

Ce site est desservi par la station de métro Château d'Eau.

  • Au no 57 se trouvait le Central sporting club, salle de boxe au gymnase Christmann. Une scène du film L'Air de Paris (1954), avec Jean Gabin, a été tournée au Central ; la salle est fermée en 1968, occupée depuis par l'école de théâtre Jacques-Lecoq.
  • Au no 60 se trouvait la Manufacture de porcelaine du faubourg Saint-Denis, fondée par Pierre Antoine Hannong (1761-1785), en 1771 ou 1772, qui sera sous la protection du second frère du roi Louis XVI, Charles-Philippe, comte d'Artois. Cette manufacture sera reprise en 1798 par Marc Schœlcher, fermée et finalement vendue en 1834[10],[11]. C'est dans ce lieu qu'est né son fils, Victor Schœlcher, le 22 juillet 1804.
  • Au no 61 bis se trouve l'entrée de la cour des Petites-Écuries, située sur l'emplacement qu'occupaient les petites écuries royales à la fin du XVIIIe siècle.
  • À l'actuel no 65 est né le président Félix Faure ; sur son acte de naissance, en 1841, il est noté « demeurant rue du Faubourg-Saint Denis, 71[12] » ; après enquête du Petit Journal[13], le no 71 correspondait alors au no 65 actuel.
  • No 77 : siège du Parti ouvrier indépendant.

Ce site est desservi par la station de métro Gare de l'Est.

Le « Bureau de renseignements pour les ouvriers français travaillant en Allemagne permissionnaires », (février 1943).
Le bureau de renseignements pour les ouvriers français travaillant en Allemagne permissionnaires ().
Extrémité nord de la rue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, 3 vol., 3e édition, Le Robert, 2006.
  2. Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.
  3. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), p. 500.
  4. a et b Noms révolutionnaires des communes de France, p. 62.
  5. Anne Clerval, « Les dynamiques spatiales de la gentrification à Paris », Cybergeo: European Journal of Geography, (consulté le 15 janvier 2012).
  6. Claire Fleury et Anne Sogno Fiole, « Tout ce qui bouge à Boboland », Le Nouvel Observateur, (consulté le 15 janvier 2012).
  7. Fiche patrimoine de France, www.patrimoine-de-france.org.
  8. H. Gourdon de Genouillac, Paris à travers les siècles. Histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis la fondation de Lutèce jusqu'à nos jours, t. 5, p. 266.
  9. « Jean Bretonnel (1910-1990) » (consulté le 10 mars 2010).
  10. Régine de Plinval de Guillebon, La Porcelaine à Paris sous le Consulat et l'Empire, p. 93.
  11. « Marc Schœlcher, un porcelainier de talent », Musée Victor Schœlcher (consulté le 10 mars 2010).
  12. Paul Bluysen, Félix Faure, intime, 1898, p. 41 et p. 45.
  13. Paul Bluysen, Félix Faure, intime, 1898, p. 43.
  14. Anthony Goreau-Ponceaud, « La diaspora tamoule en France : entre visibilité et politisation », EchoGéo, Sur le vif 2009, (consulté le 11 mars 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]