1654 en France

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Chronologie de la France


Cette page concerne l'année 1654 du calendrier grégorien.

Événements[modifier | modifier le code]

Janvier[modifier | modifier le code]

Février[modifier | modifier le code]

Mars[modifier | modifier le code]

  • Vendredi 20 mars : réponse à la Lettre d’une personne de condition, touchant les règles de la conduite des Saints Pères dans la composition de leurs ouvrages pour la défense des vérités combattues et de l'innocence calomniée, d'Antoine Arnauld, le Grand Arnauld.
  • 21 mars :
    • à quatre heures et demie du matin, Jean-François de Gondi, oncle du cardinal de Retz, archevêque de Paris meurt. À 5 heures, le chapitre s'assemble. Retz n'a pas prêté serment, s'il ne le fait pas promptement l'archevêché est mis en régale. Un notaire apostolique, déguisé en garçon tapissier, pénètre au château de Vincennes et fait signer à Retz une procuration donnée à un prêtre, Pierre Labeur, pour que ce dernier puisse prendre en son nom possession de l'archevêché. Pierre Labeur, introduit, prête serment et prend possession de la cathédrale au nom de Retz[1];
    • le théologal proclame le nom du nouvel archevêque du haut du jubé. À 10 heures, le secrétaire d'État, Le Tellier, arrive à son tour. Il veut signifier au chapitre que, Retz n'ayant pas prêté le serment de fidélité requis, le siège est considéré comme vacant et le diocèse mis en régale. Apprenant ce qui vient de se passer, il ne peut que se retirer. Un exempt et des archers occupent l'archevêché. Le même soir, démarche infructueuse du chapitre au Louvre en faveur de Retz.
    • le roi suivi des ducs de Guise, Joyeuse, d'Épernon, de Candale, des maréchaux de Gramont, du Plessis-Praslin, de l'archevêque de Reims et de l'évêque de Beauvais se déplacent au parlement de Paris pour ordonnet que Condé soit jugé par défaut;
    • Bossuet prononce le Premier Panégyrique de saint Benoît.
  • 27 mars : un arrêt du Conseil interdit de reconnaître l'autorité des chanoines Chevalier et Lavocat, vicaires généraux désignés par Retz pour administrer le diocèse.
  • 28 mars :
    • en présence du roi et des pairs de France, les chambres du Parlement assemblées condamnent le prince de Condé, qui est déchu du nom de Bourbon, à la peine capitale pour haute trahison[1]. Viole, Lenet, de Persan, Marsin sont convaincus de lèse-majesté et de félonie et condamnés à avoir la tête tranchée. En attendant, ils sont exécutés en effigie, place de Grève. Lenet, secrètement à Paris, a trouvé que son effigie n'était pas trop ressemblante;
    • abattu par quinze mois de détention et découragé par l'hostilité persistante du pouvoir royal à son égard, Retz signe sa démission d'archevêque de Paris et la remet entre les mains du premier président Pomponne de Bellièvre. Il résidera au château de Nantes, sous la surveillance du maréchal de La Meilleraie, en attendant la confirmation de son successeur par le pape. Il sera alors libéré, se retirera à Rome et recevra les revenus de sept abbayes pour pouvoir y vivre selon son rang. Il reprend sa démission dès son arrivée en Italie.
  • 30 mars :
    • après avoir signé sa démission d'archevêque, Retz est transféré de Vincennes à Nantes sous bonne garde[1].. Il donne à La Meilleraie sa parole de ne pas s'échapper. Selon lui, cette promesse n'était valable que pour la durée du voyage. Pour La Meilleraie la promesse couvrait la totalité du séjour à Nantes;
    • Fouquet signe l'acte d'achat à Mme de Beauvais de sa propriété de Saint-Mandé. Fouquet n'y séjournera que trois ans, de 1655 à 1658.


  • En mars (à la Notre Dame de mars), Saler ("un brave et honnête garçon que je connois, il y a longtemps"), envoyé par Condé, pour faire savoir à Mademoiselle qu'il n'est pour rien dans l'arrestation du duc de Lorraine. Il séjourne à Saint-Fargeau.

Avril[modifier | modifier le code]

  • Mercredi 1er avril :
  • 2 avril : saler envoyé de Condé rejoint Mademoiselle à Orléans.
  • 3 avril : Mademoiselle entretient Monsieur à Orléans d'un message dont Saler est porteur. Monsieur ne veut d'abord pas ouvrir le message, puis s'y résigne, mais refuse absolument de recevoir Saler.
  • 4 avril : arrivée du duc de Damville à Orléans.
  • 5 avril : Damville rend compte loyalement à Mademoiselle des mauvais desseins dont le charge Monsieur.
  • 7 avril : à la chasse Mademoiselle fait comprendre à Monsieur qu'elle n'est pas dupe qu'il informe la cour de ses rapports avec Condé.


  • Printemps : Adresse à l’illustre Académie parisienne de mathématiques et Traités de l'équilibre des liqueurs et de la pesanteur de la masse de l'air de Pascal.
  • Avril - juillet : à Nantes, Retz dispose d'un appartement dans le château, utilise les services d'un nombreux personnel, peut se promener sur les remparts et recevoir des visites. Mais le pape Innocent X refuse d'entériner sa démission de l'archevêché de Paris. Mazarin, persuadé que la résistance du pape ne peut s'expliquer que par les intrigues des agents de Retz, à Rome, l'abbé Charrier, dit Charrier le Diable, et Malclerc, envisage le transfert du prisonnier à Brest ou à Brouage. Les amis de Retz lui conseillent de s'évader. Son secrétaire, Guy Joly, imagine le scénario de la fuite.
  • Fouquet achète la seigneurie de Moulins-Neufs à Lézigné près de Durtal pour, dit Petitfils, "se laver de la roture des marchands d'Angers".

Mai[modifier | modifier le code]

Juin[modifier | modifier le code]

  • Vendredi 5 juin : décès de Charles de Gelas de Léberon, évêque, depuis 1623, et comte de Valence et de Die. C'est cet évêché que Cosnac convoite et qu'il obtient si magistralement de Mazarin via sa nièce.
7 juin : Sacre de Louis XIV
  • 7 juin : sacre de Louis XIV à Reims[1]. Gaston de France refuse d'y assister.
  • 8 juin : Cosnac apprend, par un courrier à 6 heures du matin la vacance de l'évêché de Valence. Il le réclame via la princesse de Conti, qu'il a éveillé dès 6 heures, à Mazarin, qui lui offre Saint-Flour, le siège n'est pas vacant mais l'évêque résident trouve l'air mauvais. Refus de Cosnac.
  • 9 juin : le lendemain, devant l'insistance de Cosnac, Mazarin cède et accepte de lui donner Valence.
  • 10 juin : mort de L'Algarde, sculpteur et architecte italien.
  • 16 juin : abdication de Christine de Suède[3], future correspondante de Mme de Choisy. Après avoir traversé le Danemark, Hambourg, Münster, la Hollande, elle séjourna à Anvers, à Bruxelles, puis à Rome. Elle se rendit en France en 1656, et entra dans le port de Marseille le 29 juillet. Le duc de Guise, envoyé à sa rencontre, la joignit à Lyon.
  • 21 juin :
    • Saint-Jean (jour de la Nativité de Saint Jean-Baptiste), Cosnac prêche à l'église des Minimes à Rethel (où est la cour) devant le roi, pour montrer que l'on donne un évêché au mérite. Mazarin lui remet son brevet : « le roi vous fait maréchal de France sur la brèche »;
    • Jean-Dominique Ithier moine Cordelier, ami de Cosnac, qui a échappé de peu à une condamnation à mort à Bordeaux un an plus tôt est évêque de Glandèves.
  • 22 juin : Cosnac retourne à Paris pour s'occuper de l'expédition des bulles, la cour part vers Sedan à minuit à cause des chaleurs.
  • 24 juin : Cosnac reçoit son brevet d'évêque de Valence.
  • 28 juin : début du siège de Stenay par Fabert. Cosnac est de retour de Paris.

Juillet[modifier | modifier le code]


Août[modifier | modifier le code]

  • Jeudi 6 août : prise de Stenay en présence de Louis XIV[1].
  • 8 août : peu après cinq heures de l'après-midi, Retz réussit à s'enfuir du château de Nantes[1]. Pendant que ses valets font boire les gardes, il enfourche un palonnier de carrosse fixé à une corde et se fait descendre le long de la muraille. Des complices l'attendent, qui le font monter à cheval et l'entraînent. Mais il fait une chute et se brise l'épaule. Vers 7 heures, il franchit la Loire près d'Oudon. Il passe la nuit couché dans une meule de foin, puis caché dans une grange.
  • 9 août : Retz arrive à Beaupréau, duché apporté par sa cousine, chez son cousin par alliance, le duc de Brissac. Il y dicte trois lettres, l'une révoquant sa démission d'archevêque de Paris, les deux autres au chapitre de Notre-Dame et aux curés de la capitale. Il affirme que sa démission d'archevêque lui a été extorquée par la force.
  • 11 août : escorté par les fidèles du duc de Brissac et par ceux de son frère aîné Pierre de Gondi, duc de Retz, il arrive à Machecoul, où il est mal reçu par le vieux duc de Retz, le chef de la branche aînée, qui craint les représailles de La Meilleraie. (Il y eut deux ducs de Retz de 1633 à 1659 : Henri de Gondi (1590-1659), cousin du cardinal, et Pierre de Gondi (1602-1676), son frère aîné. En effet, par privilège spécial, le chef de chacune des deux branches de la maison de Gondi pouvait porter le titre ducal.)
  • 13 août : retour de la cour vers Péronne après être allée assister à la prise de Stenay.
  • 14 août : à Péronne, Mazarin apprend l'évasion de Retz et entre dans une violente colère, tandis qu'à Paris le chapitre de Notre-Dame se félicite de l'événement. Cosnac est surpris de la colère de Mazarin. Il était en effet en train de converser avec lui quand la nouvelle est arrivée.
  • Nuit du 14 au 15 août : Retz, accompagné d'une trentaine de fidèles, s'embarque sur une chaloupe, à l'embouchure du Falleron et va mouiller au Croisic. Il réussit à s'embarquer pour l'Espagne. Le chapitre de Notre-Dame fera, effrontément, chanter un Te Deum.
  • 15 août : le reste de la cour arrive à Péronne.
  • 17 août : vers 11 heures du matin, Retz aborde à Belle-Île, fief de sa famille. Île qui sera aussi le fief d'un autre proscrit, Fouquet. Pendant ce temps, les soldats de La Meilleraie occupent Machecoul, la terre du frère aîné du fugitif.
  • 22 août : arrêt du Conseil déclarant vacant l'archevêché de Paris et ordonnant au chapitre de désigner quatre nouveaux vicaires généraux (les chanoines s'exécuteront le 28 août). Exil du père de Retz en Auvergne.
  • 25 août : le siège d'Arras par les Espagnols assistés de Condé est levé, le roi de France y a concentré toutes ses troupes (Maréchaux de La Ferté, Turenne, d'Hocquincourt) pour secourir la forteresse. C'est le moment fort de cette campagne. Turenne a battu les Espagnols et Condé qui assiégeaient la ville[1].
  • 27 août : Bossuet est nommé grand-archidiacre du chapitre de Metz.
  • 28 août : les chanoines de Paris, attachés à Retz, exécutent l'ordre royal et désignent quatre nouveaux vicaires généraux.


  • Fouquet achète la terre et la seigneurie des Moulins-Neufs pour valider le mythe d'une noble origine.

Septembre[modifier | modifier le code]

  • 9 septembre : Retz quitte Belle-Île, avec quatre compagnons, dans une barque de pêcheurs.
  • 12 septembre : il débarque à Saint-Sébastien et informe le baron de Vatteville, gouverneur de Guipûzcoa, de son arrivée. Vatteville avertit aussitôt le gouvernement de Madrid.
    • Retz passe la moitié du mois de septembre à Saint-Sébastien. Il soigne son épaule, refuse de se rendre à Madrid ou de rejoindre Condé aux Pays-Bas espagnols. Il demande seulement l'autorisation de traverser l'Espagne pour se rendre à Rome.
  • 18 septembre : Mazarin est averti du séjour de Retz en Espagne.
  • 21 septembre : Mazarin ordonne au Parlement de faire le procès de Retz.
  • 27 septembre : mort du chevalier de Guise, des suites de la blessure, dont parle Mademoiselle : "M. de Joyeuse fut blessé en une occasion, deux jours avant l'attaque des lignes d'Arras, au bras, qu'il eut cassé. Il servoit à sa charge de colonel de la cavalerie, qu'il avoit eue par la mort de son beau-père. On l'apporta à Paris, où il fut longtemps malade, et mourut sur la fin de septembre en 1654. ". Louis de Lorraine, qui devint devint duc de Joyeuse. Sur Louis de Lorraine, duc de Guise (11 janvier 1622-27 septembre 1654), Mazarin : « Il est léger et capable de se jeter à tort et à travers dans toute mauvaise affaire. » Il avait épousé Marie de Valois, fille unique et héritière de Louis-Emmanuel, duc d'Angoulême.
  • 29 septembre : contre la distinction du droit et du fait, formulée par Antoine Arnauld, un bref d'Innocent X confirme qu'il a condamné les cinq propositions comme étant dans l'Augustinus et au sens donné par Jansenius.

Octobre[modifier | modifier le code]


Novembre[modifier | modifier le code]

  • Dimanche 1er novembre : Toussaint. Monsieur, à son habitude, séjourne à Orléans.
  • 3 novembre : Après avoir traversé la Méditerranée occidentale, par Palma, Port-Mahon, le détroit de Bonifacio et l'île d'Elbe, Retz débarque à Piombino. Bien reçu par le grand-duc de Toscane, Ferdinand II, il se rend à Florence et à Sienne avant de prendre le chemin de Rome.
  • 9 novembre : la princesse de Conti fait une chute de cheval, ce qui retarde son départ avec Cosnac pour rejoindre la Catalogne, départ prévu le 12.
  • 17 novembre : mort glorieuse du marquis de Plessis-Bellière en Italie. Il était le mari de Suzanne de Bruc, amie fidèle de Fouquet et Précieuse.
  • 23 - 24 novembre : nuit de feu de Pascal dans la maison de Patris qui loue sa maison près du palais d'Orléans, entre les portes St-Germain des Prés et Saint Michel sur le fossé d'enceinte. Mémorial de Pascal «Depuis environ dix heures et demie du soir jusques environ minuit et demi», véritable dialogue de Pascal avec Dieu. «Oubli du monde et de tout, hormis Dieu. Il ne se trouve que par les voies enseignées par l'Évangile. » Nuit du mémorial qui marque la « seconde conversion» de Pascal[4].
  • 28 novembre : Retz arrive à Rome et s'installe chez son ami l'abbé Charrier. Le lendemain, le pape Innocent X lui donne audience, l'assure de sa protection et lui accorde de quoi vivre. Mais les cardinaux de la faction de France lui témoignent leur hostilité.
  • 30 novembre : départ de la princesse de Conti et de Cosnac pour la Catalogne où ils doivent rejoindre le prince. Ce départ avait été différé du 12, à la suite d'une chute de cheval de la princesse. Ils le rejoignent à Remoulins.

Décembre[modifier | modifier le code]

  • Mercredi 2 décembre : Innocent X remet à Retz le chapeau de cardinal.
  • 4 décembre : l'Académie de peinture et de sculpture reçoit le droit de s'intituler Académie royale.
  • 5 décembre : mort de Louis II de La Rochefoucauld, évêque de Lectoure, frère de François.
  • 12 décembre : dans une lettre qui énumère les cabales et les crimes politiques de Retz, Louis XIV demande au pape d'instruire le procès du cardinal factieux.
  • 14 décembre : Retz riposte par une lettre circulaire aux cardinaux, archevêques et évêques de France, datée de Paris et répandue dans tout le royaume. Dans cette lettre, dont il ne parle pas dans les Mémoires, il proteste contre le traitement qui lui a été infligé et il met en accusation le pouvoir royal. Éloquent et passionné, son texte a profondément blessé Louis XIV et Mazarin qui l'ont fait condamner à être brûlé — le texte — par la main du bourreau. Une fois de plus, Retz est allé trop loin et n'a réussi qu'à aggraver son cas.
  • 15 décembre : mort, à Pézenas, de Jean-François Sarrasin, écrivain et proche du prince de Conti. D'après Cosnac, il est plausible qu'il ait été empoisonné par un mari jaloux.
  • 16 décembre : Conti, qui est peu affecté par cette mort, nomme aussitôt, un protégé à l'époque de Cosnac, Guilleragues, à la charge de secrétaire de ses commandements.
  • 24 décembre :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Jean Charles L. Simonde de Sismondi, Amédée Renée, Histoire des Français, vol. 24, Paris, Treuttel et Würtz,‎ 1840 (présentation en ligne)
  2. François-André Abot de Bazinghen, Traité des monnoies, et de la jurisdiction de la Cour des monnoies, en forme de dictionnaire, vol. 1, Chez Guillyn,‎ 1764 (présentation en ligne)
  3. Jacques Lacombe, Histoire de Christine, reine de Suède, Chez la Ve. Damonneville & Musier, fils, quai des Augustins, près de la rue pavée. De Hansy, pont au Change, à Saint Nicolas.,‎ 1762 (présentation en ligne)
  4. André Bord, La vie de Blaise Pascal, Éditions Beauchesne,‎ 2000 (ISBN 9782701013985, présentation en ligne)