Sainte-Alliance

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Brandenburg gate sunset.jpg

La Sainte-Alliance est formée le 26 septembre 1815 à Paris par trois monarchies européennes victorieuses de l'empire napoléonien héritier de la France révolutionnaire, dans le but de maintenir la paix dans un premier temps, puis de se protéger mutuellement d'éventuelles révolutions. Constituée dans un premier temps par l'Empire russe, l'Empire d'Autriche et le Royaume de Prusse, elle fut par la suite signée par un grand nombre de pays européens à l'exception du Royaume-Uni. Ce n'est qu'en 1818, après avoir mis fin à l'occupation étrangère, que la France y prend part. Elle fut dissoute de fait en 1825 à la mort de l'empereur Alexandre Ier, qui en était l'instigateur.

Origine[modifier | modifier le code]

Après les longues guerres napoléoniennes, les monarchies européennes victorieuses aspirent à la paix et à la stabilité de leurs trônes. Le congrès de Vienne ayant redessiné la carte de l'Europe, le tsar Alexandre Ier — mis en garde par l'expérience des Cent-Jours — propose la formation d'une alliance pour le maintien de la stabilité.

La Sainte-Alliance[modifier | modifier le code]

Conclue à Vienne le 26 septembre 1815 par les monarchies victorieuses de Napoléon (Empire russe, Empire d'Autriche, Royaume de Prusse), puis rejointe par la France de Louis XVIII (1818) à l'aide des négociations de Talleyrand, la Sainte-Alliance unit — théoriquement — ces pays dans le cadre d'une union chrétienne pacifique. Le Royaume-Uni était quant à lui membre de l'alliance militaire chargée de surveiller directement la France, la Quadruple Alliance, mais refusa d'entrer dans la Sainte-Alliance conformément à sa doctrine de ne pas intervenir dans les affaires intérieures des autres pays.

Mais sous l'impulsion de Metternich (congrès de Troppau en 1820, congrès de Laybach en 1821) et de son affirmation d'un « droit d'intervention si la situation intérieure d'un État menace la paix de ses voisins », elle devient une alliance contre-révolutionnaire, réprimant les insurrections et les aspirations nationales contraires au maintien de l'ordre de Vienne (expédition d'Espagne (1823), Italie, Pologne etc.). La France doit donc faire ses preuves pour retrouver son rang au sein des puissances européennes, c'est-à-dire témoigner de sa rupture définitive avec son passé révolutionnaire. Avec l'accord de la Sainte Alliance, l'armée française intervient donc en Espagne en 1823 afin de rétablir le roi Ferdinand VII sur son trône[1]. Sur la plan intérieur, Louis XVIII incarne également cette rupture, conciliant la restauration d'une Cour à l'ancienne et la mise en place d'une constitution, la Charte.

À la suite de la mort du tsar Alexandre Ier, il n'y a plus réellement de Sainte-Alliance, mais les expéditions de maintien de l'ordre continuent à l'initiative de telle ou telle grande monarchie.

Différents congrès de la Sainte-Alliance[modifier | modifier le code]

Autres congrès y succédant :

Cet ensemble de congrès est souvent appelé par les historiens le « système des congrès » ou la « politique des congrès ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Maurice Bourquin, Histoire de la Sainte-Alliance, Genève, Georg, 1954.
  • Stella Ghervas, Réinventer la tradition. Alexandre Stourdza et l'Europe de la Sainte-Alliance, Paris, Honoré Champion, 2008. ISBN 978-2-7453-1669-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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