1848 en France

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Chronologie de la France


Cette page concerne l'année 1848 du calendrier grégorien.

Événements[modifier | modifier le code]

 Sommaire :  Haut - Janvier - Février - Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet - Août - Septembre - Octobre - Novembre - Décembre 

Janvier[modifier | modifier le code]

Février[modifier | modifier le code]

  • 3 février : pétitions pour la reprise du cours de Jules Michelet.
  • 12 février : un amendement déposé par le député conservateur Sallandrouze, qui demandait sur un ton mesuré que le gouvernement prenne l'initiative de « réformes sages et modérées », est rejeté sous l'impulsion de Guizot par 222 voix contre 189. Le vote de l'adresse par 241 voix contre 3 réaffirme la politique conservatrice de Guizot[1]
  • 14 février : Girardin renonce à son mandat de député.
  • 15 février : Honoré de Balzac revient de Wierzchownia, il est bouleversé par les évènements qui éclatent le 23.
  • 19 février : Victor Hugo veut interpeller, à la Chambre des pairs, sur la situation politique, mais il y renonce.
  • 21 février : les organisateurs du banquet interdit le 14 janvier l'avaient prévu pour le 22. Ils souhaitaient l'appuyer par une manifestation préalable. Devant la double interdiction gouvernementale, ils s'inclinent.
Barricade dans la rue Soufflot, à Paris, le 25 juin 1848 par Horace Vernet[2]
25 février : Lamartine devant l’Hôtel de ville de Paris refuse le drapeau rouge
Henri Felix Emmanuel Philippoteaux.
  • 22 février - 24 février : révolution à Paris. Ces trois journées révolutionnaires renversent la Monarchie de Juillet, Louis-Philippe abdique.
  • 22 février : les manifestants (étudiants du Quartier latin et ouvriers des faubourgs) se rassemblent, à l’appel des sociétés secrètes et avancent vers la place de la Concorde. La troupe les repousse, mais l’ébullition demeure. Guizot veut faire appel à la garde nationale pour disperser les manifestants. En fin d'après-midi, des incidents dans le quartier de la Madeleine font un premier mort. La garde pactise avec les manifestants qui exigent à la fois la réforme et la démission de Guizot, que Louis-Philippe accepte dans l’après-midi du 23.
  • 23 février :
    • les affrontements se multiplient entre la foule et les gardes nationaux. La plupart des bataillons fraternisent avec la foule et dans l'après-midi reprennent à leur compte l'appel à la « réforme ». Tocqueville est témoin de la démission de Guizot à la Chambre des députés. Dans la soirée, une fusillade fait 52 victimes boulevard des Capucines ; les corps sont promenés à travers les rues de Paris ; les quartiers de l'Est et du centre se couvrent de barricades ;
    • Louis Molé devient Premier ministre. Dans la soirée, pour fêter cette victoire, les Parisiens sortent les lampions et vont manifester leur joie sous les fenêtres du ministère des Affaires étrangères qu’occupe Guizot. La troupe tire, faisant plusieurs morts qui sont immédiatement mis sur des charrettes et montrés dans tout Paris. La promenade des cadavres déclenche la révolution.
  • 24 février :
    • à l'aube, la ville est couverte de barricades ;
    • au matin, Molé démissionne. Adolphe Thiers, puis Odilon Barrot, partisans de la réforme, refusent de lui succéder. Vers midi, le palais des Tuileries est attaqué par les insurgés. Louis-Philippe Ier abdique en faveur de son petit-fils de neuf ans, le comte de Paris. Lorsque la duchesse d’Orléans arrive au palais Bourbon pour demander la régence, elle y trouve des insurgés victorieux et des députés qui ont accepté, sous la pression, de former un gouvernement républicain provisoire. La famille royale s'enfuit.
    • à midi, une déclaration du « Peuple souverain » est placardée dans les rues de Paris : « La nation se constitue dès à présent en république ; tous les citoyens doivent rester armés et défendre leurs barricades jusqu'à ce qu'ils aient acquis la jouissance de tous leurs droits comme citoyens et comme travailleurs ; tout citoyen majeur est garde national ; tout citoyen est électeur ; liberté absolue de la pensée et de la presse ; droit d'association politique et industrielle pour tous ; le gouvernement de l'avenir ne pouvant être que l'expression des vœux et des intérêts de tous, tous les Français doivent se grouper dans leurs communes respectives, en assemblées délibérantes, afin d'élire les nouveaux et vrais mandataires du pays ; jusqu'à ce que la nation ait prononcé formellement à ce sujet, toute tentative de restauration de pouvoirs anciens doit être considérée comme une usurpation, et le devoir de chaque citoyen est de s'y opposer par la force. »[3]
    • dans la soirée, à l'Hôtel de Ville dont les insurgés se sont emparés, formation du gouvernement provisoire (Dupont de l'Eure, Lamartine, Crémieux, Ledru-Rollin, Louis Blanc, "Albert", Marie, Arago, Marrast, Flocon, Garnier-Pagès, Pyat). Une déclaration précise que ce gouvernement « veut la République ». Louis-Philippe quitte Paris. Naissance de la deuxième République française (fin en 1852).
    • émeute à Rouen : le pont de chemin de fer dit « pont aux Anglais » est incendié par les émeutiers.
  • 25 février :
    • la République est proclamée place de l'Hôtel-de-Ville par Lamartine et Ledru-Rollin. Le gouvernement provisoire crée une garde mobile de 24 000 hommes, recrutés parmi les jeunes chômeurs parisiens; sous l'influence des idées de Louis Blanc, il s'engage par décret à « garantir l'existence de l'ouvrier par le travail » ;
    • proclamation du droit au travail ;
    • le drapeau tricolore est conservé grâce à un discours de Lamartine qui retourne l’opinion de la foule, rassemblée à l’Hôtel de Ville en faveur du drapeau rouge ;
    • Auguste Blanqui revient de Blois à Paris.
  • 26 février :
    • création des « Ateliers nationaux » destinés à résorber le chômage (40 000 ouvriers à la mi-avril). Dans les jours qui suivent, la peine de mort en matière politique est abolie, les délits de presse amnistiés, les titres de noblesse abolis, les biens de la famille royale confisqués.
    • pétition réclamant à la commission du Luxembourg la mise en place d'ateliers nationaux pour les femmes[4].
  • 27 février :
  • 28 février : création d'une « Commission du gouvernement pour les travailleurs », dite Commission du Luxembourg, composée de délégués ouvriers et présidée par Louis Blanc[5]. Louis Bonaparte quitte Londres et arrive à Paris.

Mars[modifier | modifier le code]

  • Mercredi 1er mars :
    • la Société du Peuple du VIIIe arrondissement témoigne sa profonde méfiance à Victor Hugo, dont elle juge le républicanisme douteux;
    • abrogation du serment pour les fonctionnaires.
  • 2 mars :
  • 3 mars :
    • Désirée Gay adresse une pétition au gouvernement provisoire pour réclamer du travail et des secours pour les femmes[4].
    • Karl Marx reçoit en même temps une expulsion hors de la Belgique et une invite (par le gouvernement provisoire) à résider en France.
  • 4 mars : liberté de la presse et liberté de réunion. Abrogation du Code noir.
  • 5 mars :
    • une Assemblée constituante est convoquée. Elle doit être élue le 9 avril au suffrage universel direct par tous les Français domiciliés âgés de 21 ans.
    • décret qui concède aux colonies françaises la représentation nationale[6].
  • 6 mars : Jules Michelet reprend son cours. Organisation des Ateliers nationaux
  • 7 mars : l’arrêté révoquant Prosper de Barante de sa fonction d'ambassadeur à Pétersbourg est signé par Lamartine, alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire.
  • 8 mars : ouverture de la garde nationale à tous les citoyens.
  • 9 mars :
  • 11 mars : classant ses manuscrits, Victor Hugo prévoit (entre autres) les recueils suivants : Les Contemplations, Les Petites Épopées, La Poésie de la rue, Les Quatre Hymnes du Peuple.
  • 12 mars : abolition des châtiments corporels.
  • 13 mars : nuit du 13 au 14 mars. Hugo (Choses vues T1 p. 655) : "Cette nuit quatre hommes ont traversé le faubourg Saint-Antoine portant un drapeau noir avec cette inscription : Guerre aux riches. Ils ont été arrêtés par une patrouille de garde mobile commandée par un jeune capitaine de dix-huit-ans appelé Baudoin. Le drapeau était fait avec un jupon de femme."
  • 14 mars : violentes manifestations ouvrières sur la grand-place de Lille ; la filature Yon est mise à sac et les ouvriers belges sont menacés[7].
  • 15 mars : cours forcé des billets de banque (Paris). Le gouvernement provisoire émet, pour faciliter la circulation monétaire, des coupures de 100 francs.
  • 16 mars :
    • décret qui prévoit la levée d'une contribution extraordinaire, dite des « 45 centimes ». Pour remplir les caisses, le gouvernement provisoire fait augmenter de 45 % tous les impôts directs ce qui provoque l'opposition du monde rural[8].
    • pétition de la « Société pour l'émancipation des femmes », présidée par Jenny d'Héricourt, qui réclame le suffrage et l'éligibilité pour les femmes, l'abrogation du code civil et le droit au divorce[9].
  • 17 mars :
    • journée révolutionnaire à Paris ; la manifestation des « corporations » rassemble 200 000 ouvriers. Un Comité central des ouvriers du département de la Seine est créé[10].
    • à la demande d'une délégation conduite par le révolutionnaire Auguste Blanqui, le gouvernement provisoire accepte de reporter les élections, mais seulement jusqu'au 23 avril, jour de Pâques. Les socialistes craignaient de voir les notables conservateurs encadrer les populations paysannes et réclamaient un report significatif pour se donner le temps d'éduquer les masses;
    • Caussidière est nommé préfet de police.
  • 18 mars - 24 mars : l'écho de la révolution parisienne se répand en Europe: les Berlinois s'insurgent et contraignent Frédéric-Guillaume à convoquer un Parlement pour la rédaction d'une constitution; Venise se soulève aux cris de « l'Italie libre! », les Milanais chassent les troupes autrichiennes. Le 24 mars, le Piémont entre en guerre contre l'Autriche.
  • 19 mars :
    • ayant quitté Paris le 14 afin de préparer les élections, Alexis de Tocqueville prononce avec succès à Valognes une allocution qui présente sa candidature et son adhésion sincère à la République : « N'avons-nous pas renversé la vieille royauté… La royauté de dix siècles en trois ans; la royauté de la branche aînée en trois jours; la royauté de la branche cadette en trois heures. Qui pourrait vouloir restaurer, à l'aide d'une nouvelle révolution, un principe si peu viable? […] Quant à moi, dès que la République a été proclamée, je l'ai acceptée sans hésitation, je l'ai adoptée sans arrière-pensée. J'ai voulu fermement, non seulement la laisser subsister, mais la soutenir de toutes mes forces. Je le veux encore. » L'après-midi, il se rend sans y avoir été convié au dîner patriotique de Cherbourg organisé par les commissaires de la République, et remporte l'adhésion du public grâce à un « petit pathos oratoire ».
    • début de l'affaire Libri ; un article du Moniteur dénonce les larcins du comte Libri, académicien et Secrétaire de la Commission des Manuscrits des bibliothèques de France, qui a pris la fuite en ayant dérobé des centaines de livres d'une valeur inestimable.
  • 20 mars : premier numéro de La Voix des femmes d'Eugénie Niboyet[4].
  • 22 mars : une délégation du « Comité des droits de la femme » est reçue à l'Hôtel de ville de Paris par Armand Marrast pour avoir des précisions sur le suffrage universel qui vient d'être institué ; le maire renvoie la question sur le droit de vote des femmes à l'assemblée nationale qui doit être élue en avril[4].
  • 28 mars : décret facilitant la naturalisation des étrangers[11].
  • 29 mars : Victor Hugo publie sa Lettre aux électeurs. Il ne sera pas candidat à la Constituante, mais il ne refuserait pas son mandat s'il était malgré tout élu.
  • 31 mars : publication du « document Taschereau » visant à discréditer Auguste Blanqui.

Avril[modifier | modifier le code]

Mai[modifier | modifier le code]

Juin[modifier | modifier le code]

  • Vendredi 2 juin : la loi d'exil est abrogée pour Louis Bonaparte.
  • 4 juin-5 juin : élections complémentaires à la Constituante, où entrent Thiers, le général Changarnier, Proudhon, Victor Hugo et Louis-Napoléon Bonaparte. L'Assemblée, après débat, valide l'élection de Louis-Napoléon Bonaparte mais celui-ci démissionne. Le premier projet de Constitution de la commission est lu à l'Assemblée et transmis pour examen aux bureaux de celle-ci.
  • 10 juin : Victor Hugo se rend, pour la première fois, à la Constituante.
  • 14 juin : élu député aux élections complémentaires du 4 juin, Louis Bonaparte renonce à son mandat.
  • 15 juin : les révoltés d'Ajain, des paysans creusois révoltés contre l'impôt des 45 centimes marchent sur Guéret, préfecture du département de la Creuse. Seize d'entre eux sont tués par la garde nationale de Guéret.
  • 20 juin : à la Constituante, discours de Victor Hugo « sur les Ateliers nationaux ».
  • 21 juin : le gouvernement décide de supprimer les Ateliers nationaux ; un décret de la Commission exécutive ordonne aux ouvriers de 17 à 25 ans de s'enrôler dans l'armée et aux autres de se tenir prêts à quitter la capitale, ce qui équivaut à dissoudre les Ateliers nationaux. Le soir même, des rassemblements d'ouvriers se forment, un cortège se dirige vers la Bastille ; la Constituante approuve la dissolution des Ateliers nationaux.
  • 23 juin - 26 juin : Journées de Juin, insurrection ouvrière à Paris réprimée par l'armée commandée par le général Louis Eugène Cavaignac (environ 4 000 ouvriers morts, 11 700 arrestations). L'état de siège n'est levé que le 19 octobre.
  • Vendredi 23 juin : les quartiers Est de Paris se couvrent de barricades. À midi, début de l'insurrection; vers une heure première barricade à la Porte Saint-Denis. Dans l'après-midi et la nuit formation d'une sorte de forteresse fermée et criblée de barricades des rues Saint-Jacques, Saint-Denis, faubourg Saint-Denis et Poissonnière jusqu'au mur d'octroi. (Rémusat T4 p. 335). Alexis de Tocqueville assiste aux combats de rue qui font de nombreux morts chez les insurgés comme chez les défenseurs de l'ordre établi.
  • 24 juin :
    • l'Assemblée exige la démission de la Commission exécutive et confie les pouvoirs militaires au général Cavaignac, ministre de la Guerre. L'état de siège est proclamé à Paris - Tocqueville, par « horreur pour la tyrannie militaire », vote contre ce paragraphe du décret, mais le regrette aussitôt. Au cours des journées de juin, 4 000 insurgés et 1 600 soldats ou gardes ont été tués au combat, 1 500 insurgés exécutés sommairement et on dénombre 11 000 internés;
    • en dehors de combats sur place un peu partout, dans la matinée reprise du Panthéon (Rémusat T4 p. 335);
    • Victor Hugo est l'un des soixante commissaires spécialement nommés par la Constituante pour rétablir l'ordre dans Paris. Il paie de sa personne en entraînant la garde mobile au feu;
    • les insurgés occupent pacifiquement la maison de Victor Hugo, place des Vosges. On a dit à Hugo qu'elle a été incendiée, l'a-t-elle vraiment été ?
  • 25 juin : suite de la répression. Aux premières heures, début de l'attaque générale par Lamoricière au nord, Bedeau au centre, reprise de tout le quartier de l'Hôtel de ville jusqu'à la Bastille et de tous les quartiers du nord. Seul, le faubourg Saint-Antoine résiste jusqu'au soir. Dans la nuit descente progressive des troupes de Lamoricière par les quartiers de l'est pour tourner le faubourg Saint-Antoine (Rémusat T4 p. 335)
  • 26 juin :
    • à la fin de la nuit échec de pourparlers : à 11 heures capitulation des insurgés. (Rémusat T4 p. 335);
    • ultime résistance du faubourg Saint-Antoine. On exécute massivement les insurgés. On arrête et on déporte sans jugement. Cavaignac triomphe;
    • Mgr Affre, archevêque de Paris, tente, face aux insurgés, de leur faire entendre raison. Il est touché d'une balle dans le dos à la Bastille (on dira : une balle perdue). Il meurt dans la nuit.
  • 27 juin : décret sur la transportation des insurgés de juin 1848.
  • 28 juin :
    • la commission exécutive est remplacée par Louis Eugène Cavaignac, ministre de la guerre nommé président du Conseil après avoir écrasé l’émeute et dissous les ateliers. Il forme un ministère de tendance républicaine modérée;
    • restriction de la liberté de la presse, fermeture des clubs les plus révolutionnaires, rétablissement des droits de timbre. Louis Blanc et Albert s’exilent en Angleterre (fin en 1870).
  • 29 juin : le ministère Cavaignac est remanié.

Juillet[modifier | modifier le code]

  • 3 juillet : décret de création d'une Commission provisoire municipale et départementale.
  • 4 juillet : mort de Chateaubriand.
  • 6 juillet : Victor Hugo entreprend son action en faveur des prisonniers politiques et contre les mesures extrêmes qui les frappent.
  • 8 juillet : obsèques de Chateaubriand.
  • 10 juillet : Mgr Sibour devient archevêque de Paris.
  • 11 juillet : caution financière imposée aux journaux. Beaucoup disparaissent, dont Le Peuple constituant de Lamennais.
  • 12 juillet : à la Constituante, Victor Hugo intervient contre les restrictions apportées à la liberté de la presse.
  • 17 juillet : à la Constituante, discours de Victor Hugo « sur les secours aux théâtres ».
  • 19 juillet :
    • Chateaubriand, conformément à sa volonté, est enterré à Saint-Malo ; face à la mer, à la pointe du Grand Bé;
    • rétablissement du Préfet de la Seine. (Brochure Paris 1971).
  • 25 juillet : les Piémontais sont battus par les Autrichiens à Custozza. Le mouvement italien pour l'unification et l'indépendance de la péninsule subit là un revers décisif.
  • 28 juillet : une loi réglemente la création et le fonctionnement des clubs - toute motion de leur part portant atteinte à l'ordre public est passible de sanctions. Restriction des réunions publiques et des clubs.

Août[modifier | modifier le code]

  • Mardi 1er août :
  • 7 août : Gustave de Beaumont est nommé ministre plénipotentiaire à Londres.
  • 8 août : dans L'Événement, publication d'une lettre de Victor Hugo affirmant qu'il est « absolument étranger » à la rédaction de ce journal.
  • 13 août : à la Constituante, discours de Victor Hugo : « Pour les secours aux transportés ».
  • 13 août : sous la présidence de l'évêque de Langres, un bureau destiné à venir en aide aux déportés de juin est créé. Victor Hugo en assure la vice-présidence.
  • 17 août : le Théâtre historique reprend Marie Tudor.
  • 25 août : par 493 voix contre 292, la Constituante autorise des poursuites contre Louis Blanc et Caussidière. Victor Hugo vote contre.
  • 28 août : adoption du timbre-poste.
  • 29 août : à la Constituante, à l'issue du débat touchant la publication des documents trouvés aux Tuileries, Victor Hugo vote contre (avec la gauche).
  • La commission constitutionnelle élabore un nouveau projet, après avis des bureaux de l'Assemblée. Le « droit au travail » disparaît de la nouvelle rédaction.
  • Alexis de Tocqueville est élu conseiller général au suffrage universel dans le canton de Montebourg, dorénavant séparé de celui de Sainte-Mère-Église.

Septembre[modifier | modifier le code]

  • Samedi 2 septembre :
    • premier numéro du journal Le Peuple de Proudhon;
    • à la Constituante, discours de Victor Hugo « sur la levée de l'état de siège ».
  • 3 septembre : Victor Hugo vote avec la gauche (proposition Ceyras sur les indigents invalides).
  • 4 septembre - 1er novembre : début de la rédaction de la constitution. L'Assemblée examine le projet de Constitution en première lecture. Le débat porte sur le préambule, l'élection du président par le corps législatif, le bicaméralisme.
  • 7 septembre : Victor Hugo vote avec la gauche pour que figure une référence aux Droits de l'homme dans le préambule de la Constitution. "la journée, du 7, 777 voix ont voté la république démocratique. Les astrologues, il y a seulement deux siècles auraient conclu de cela bien des choses." (Hugo, Choses vue T 1 p. 703)
  • 9 septembre : le baron Charon, gouverneur général de l'Algérie.
  • 11 septembre : intervention de Victor Hugo, à la Constituante, « sur la liberté de la presse ».
  • 12 septembre : Alexis de Tocqueville intervient contre l'amendement Mathieu réclamant l'inscription du droit au travail dans le préambule. Il défend l'idée d'organiser socialement la charité.
  • 15 septembre :
    • à la Constituante, discours de Victor Hugo « contre la peine de mort »;
    • premier numéro de la Revue provinciale. Elle paraîtra régulièrement chaque mois jusqu'en août 1849.
  • 17 septembre : lors d'une élection législative partielle ("complémentaire"), Louis-Napoléon Bonaparte est élu dans cinq départements.
  • 20 septembre : Victor Hugo, à la Constituante, intervient « sur la censure et le théâtre ».
  • 23 septembre : Louis Bonaparte quitte Londres.
  • 25 septembre - 27 septembre : l'Assemblée débat sur le bicaméralisme. Alexis de Tocqueville, malade, ne peut prononcer le discours qu'il a préparé, dans lequel, suivant l'exemple américain, il défend le principe des deux chambres, qui permet selon lui un meilleur fonctionnement de la démocratie. C'est une Assemblée législative unique qui sera choisie, conformément à la tradition de 1789.
  • 26 septembre : première apparition de Louis Bonaparte à l'Assemblée.
  • 27 septembre : par 530 voix contre 289, l'Assemblée repousse le principe des deux Chambres. Victor Hugo est parmi les opposants qui ont voté pour le principe des deux Chambres.
  • 29 septembre : Victor Hugo témoigne devant le 2e Conseil de guerre de Paris.

Octobre[modifier | modifier le code]

Campagne électorale : deux gamins se battent, un pour Napoléon, l'autre pour Cavaignac, publié dans l'Illustrierte Zeitung, 1848
  • Mardi 3 octobre : L’Événement publie un article en faveur de la candidature de Lamartine à la présidence de la République.
  • 5 octobre : Alexis de Tocqueville intervient dans la discussion sur la Constitution pour défendre l'élection du président par le peuple. L'Assemblée suit ici le modèle américain: le président de la République est élu au suffrage universel pour quatre ans; il ne peut cependant être réélu avant quatre autres années.
  • 6 octobre : devant le 15, bureau de l'Assemblée, Victor Hugo prononce son « Opinion sur l'exclusion des Bonaparte ».
  • 8 octobre : départ de Paris, quai de Bercy, du premier convoi de peuplement constitué de 843 personnes en partance pour l'Algérie ; arrivée à Marseille le 21/10/1848 ; départ de Marseille le 22/10/1848 sur la corvette l'Albatros à destination d'Arzew, près d'Oran, où il arrive le 27/10/1848 ; principale colonie agricole Saint-Cloud.
  • 9 octobre : la Constituante décide massivement de confier au suffrage universel direct l'élection du président de la République.
  • 11 octobre :
  • 12 octobre : l'état de siège est levé.
  • 13 octobre : Cavaignac remanie son gouvernement et fait entrer Jules Dufaure à l'Intérieur, Alexandre Vivien aux travaux publics et Pierre Freslon à l'Instruction publique. Alexis de Tocqueville, qui briguait ce dernier poste, est déçu. En compensation, Cavaignac lui offre de représenter la France à la conférence de Bruxelles prévue pour organiser la paix entre l'Autriche et le Piémont. Tocqueville hésite puis accepte. Mais la conférence n'aura jamais lieu.
  • 21 octobre : les Mémoires d'outre-tombe commencent à paraître en feuilleton dans La Presse (jusqu'au 8 février 1850).
  • 22 octobre :
  • 24 octobre : démission de Goudchaux du gouvernement Cavaignac.
  • 25 octobre : date approximative de la visite de Louis Bonaparte à Victor Hugo pour lui demander son appui.
  • 28 octobre : L’Événement prend parti pour la candidature de Louis Bonaparte.

Novembre[modifier | modifier le code]

  • 2 novembre - 4 novembre : le projet de Constitution, discuté en seconde lecture, est adopté par 739 voix contre 30, par une majorité de droite. Elle est promulguée le 21 novembre.
  • 10 novembre : à la Constituante, discours de Victor Hugo « sur la question des encouragements aux lettres et aux arts ».
  • 12 novembre : promulgation Place de la Concorde de la nouvelle constitution de la Deuxième République. L’État doit fournir du travail ou une assistance aux citoyens nécessiteux. L’exécutif est représenté par un président élu pour quatre ans au suffrage universel, qui nomme et révoque les ministres. L’Assemblée unique, élue pour trois ans, vote les lois.
  • 14 novembre : Armand Marrast est élu président de l'Assemblée.
  • 15 novembre : assassinat de Rossi, ancien ambassadeur de France à Rome, italien, ami de Guizot.
  • 20 novembre : Louis Bonaparte publie un manifeste électoral.
  • 25 novembre : Victor Hugo vote contre le décret que prend l'Assemblée de déclarer que le général Cavaignac a bien mérité de la patrie.
  • 30 novembre : départ de Paris, quai Saint-Bernard, du quinzième convoi de peuplement constitué de 865 personnes (dont 40 enfants de moins de 2 ans) en partance pour l'Algérie ; arrivée à Marseille le 16/12/1848 ; départ de Marseille le 17/12/1848 sur la corvette "Le Cacique" à destination de Mostaganem où il arrive le 22/12/1848 ; colonies agricoles de Aboukir, Aïn Nouissy, Tounin et son annexe Carouba.
  • Gobineau s'indigne de voir les légitimistes se rallier à la candidature de Louis-Napoléon et « servir de piédestal à l'ambition d'un Bonaparte ».

Décembre[modifier | modifier le code]

Louis Napoléon Bonaparte en 1848


Candidat Tendance %
Louis-Napoléon Bonaparte Bonapartiste
74,44 %
Louis-Eugène Cavaignac Militaire, Conservateur
19,65 %
Alexandre Ledru-Rollin Républicain, Extrême gauche
05,08 %
François-Vincent Raspail Républicain, Extrême gauche
00,49 %
Alphonse de Lamartine Républicain
00,28 %
Nicolas Changarnier Monarchiste
00,07 %
    • Tocqueville, qui soutient Cavaignac, refuse de conserver son poste de médiateur pour la conférence de Bruxelles et songe un moment à démissionner de l'Assemblée. Beaumont quitte également l'ambassade de France à Londres.
  • 20 décembre :
    • Louis-Napoléon Bonaparte est proclamé officiellement président de la République et prête serment devant l'Assemblée. Après avoir juré « de rester fidèle à la République démocratique, une et indivisible et de remplir tous les devoirs que [lui] impose la Constitution », il forme un cabinet conservateur présidé par Odilon Barrot avec Alfred de Falloux à l'Instruction publique (fin en octobre 1849). Déjà commandant de la garde nationale de la Seine, Changarnier, malgré ou en raison de sa ferveur légitimiste, est nommé commandant de la division militaire de Paris et commandant de la garde nationale mobile;
    • abolition de l'esclavage à l'île de La Réunion.
    • Inauguration de la section de ligne de Tours à Saumur par la Compagnie du chemin de fer de Tours à Nantes.
  • 22 décembre : L’Événement se dit déçu par le cabinet proposé par le Président.
  • 23 décembre : Victor Hugo est invité à l'Élysée. Premier diner organisé par Louis-Napoléon Bonaparte.
  • 26 décembre : le ministère Odilon Barrot se présente devant l'Assemblée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Boulanger, Léon Muel, Gouvernements, ministères et constitutions de la France de 1789 à 1895 : Précis historique des révolutions, des crises ministérielles et gouvernementales et des changements de constitutions, vol. Collection XIX, (ISBN 9782346082865, présentation en ligne)
  2. Le Club Histoire
  3. Charles Boutin, Les murailles révolutionnaires de 1848, E. Picard, (présentation en ligne)
  4. a b c et d Jean Garrigues, Philippe Lacombrade, La France au XIXe siècle : 1814-1914, Armand Colin, (ISBN 9782200626006, présentation en ligne)
  5. Chloé Gaboriaux, La République en quête de citoyens, Presses de Sciences Po (ISBN 9782724687491, présentation en ligne)
  6. Jules Delarbre, Les colonies françaises : leur organisation, leur administration, Berger-Levrault, (présentation en ligne)
  7. Pierre Pierrard, Lille : dix siècles d'histoire, Stock (présentation en ligne)
  8. Gérard Noiriel, op. cit, p. 352.
  9. Michelle Zancarini-Fournel, Les luttes et les rêves : Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours, La Découverte, (ISBN 9782355221149, présentation en ligne)
  10. Louis Hincker, Citoyens-combattants à Paris, 1848-1851, Presses Universitaires du Septentrion, (ISBN 9782757421185, présentation en ligne)
  11. Charles Aubry, Charles Rau, Karl Salomo Zacharii von Lingenthal, Cours de droit civil français d’après l'ouvrage allemand de C.-S. Zachariae, vol. 1, Cosse, (présentation en ligne)
  12. Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France : De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, (ISBN 9782748903027, présentation en ligne)
  13. E. Sautayra, Législation de l'Algérie : lois, ordonnances, décrets et arrêtés, vol. 1, Paris, Maisonneuve et Cie, (présentation en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]