Rodolphe Kreutzer

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Rodolphe Kreutzer
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Rodolphe Kreutzer par Carl Traugott Riedel

Naissance
Versailles, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 64 ans)
Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Activité principale violoniste, compositeur, chef d'orchestre
Maîtres Anton Stamitz
Enseignement Conservatoire de Paris
Élèves Charles Philippe Lafont
Famille Jean Nicolas Auguste Kreutzer (frère),
Léon Charles François Kreutzer (neveu)
Distinctions honorifiques Légion d'honneur[1]

Rodolphe Kreutzer, né le à Versailles et mort le à Genève, est un musicien français, violoniste, professeur, compositeur et chef d'orchestre, plus particulièrement connu grâce à la sonate que lui a dédiée Beethoven en 1803.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Jean Jacob Kreutzer (mort vers 1782/1783), musicien allemand du régiment des Gardes Suisses, et d'Elisabeth Trabol (morte vers 1782/1783) ; il est baptisé le 16 novembre en l'église Notre-Dame de Versailles : le parrain est Rodolfe Krettly, lui aussi musicien au régiment des Gardes Suisses et la marraine Louise Vincent.

Parmi les ancêtres de Rodolphe Kreutzer figure le compositeur Henry Purcell (1658-1695)[réf. nécessaire].

Rodolphe Kreutzer est le frère du violoniste et compositeur Jean Nicolas Auguste Kreutzer (1778-1832) et l'oncle du compositeur Léon Charles François Kreutzer (1817-1868).

Le 28 août 1788, il épouse à Versailles Adélaïde-Charlotte Foucard (née le 31 décembre 1771), fille d'Honoré Foucard, valet de chambre du comte d'Artois. « C'était une femme d'esprit très distinguée, fort intelligente et fort instruite, et dont les parents avaient particulièrement soigné l'éducation. C'est certainement grâce à elle que Kreutzer put arriver à la haute situation qu'il occupa par la suite ; et c'est encore elle qui fit de sa maison, un centre où les célébrités les plus diverses tinrent à honneur d'être admises » (Joseph Hardy, Rodolphe Kreutzer : sa jeunesse à Versailles 1766-1789, 1910). Enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris (13e division), près du cénotaphe élevé à la mémoire de son mari[2], elle fut exhumée en 1995.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il reçoit ses premiers cours de musique de son père et étudie plus tard avec Anton Stamitz. Il se fait remarquer dès l'âge de 13 ans en exécutant un concerto de sa composition. Il voyage ensuite en Italie et en Allemagne puis revient se fixer en France.

À 16 ans, il est nommé premier violon de l'orchestre royal à la suite de son père par faveur spéciale de la reine Marie-Antoinette car il vient de perdre ses parents et se trouve chargé de leurs trois plus jeunes enfants. Il prend ensuite la place du violoniste solo au Théâtre Italien, mais pense surtout à composer un opéra. Dès 1785, il est membre de la loge maçonnique parisienne La Concorde [3].

Dans les trente années suivantes, il écrit une quarantaine d'opéras, dont il dirige les représentations.

Il devient professeur de violon au Conservatoire dès sa fondation en 1795 et y reste jusqu'en 1826.

Il est membre de la commission des sciences et des arts lors de la campagne d’Italie, à la suite du général Bonaparte.

Ludwig van Beethoven l'ayant entendu jouer à Vienne en 1803, il lui dédie sa sonate pour violon no 9, connue, grâce à Léon Tolstoï, comme « la Sonate à Kreutzer » .

En 1817, il devient chef de l'Opéra Parisien, et membre de l'Académie de musique.

Avec ses collègues Pierre Rode et Pierre Baillot, il met au point la Méthode de violon du Conservatoire. On peut désigner le trio comme fondateurs de l'École française du violon.

Il cesse de jouer du violon en 1821, s'étant cassé le bras lors d'un voyage dans le Midi de la France.

Il reçoit la légion d'Honneur en 1824.

Rodolphe Kreutzer meurt le 6 janvier 1831 à Genève et est inhumé au Cimetière des Rois.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 19 concertos pour violon
  • Musique de chambre
  • 40 opéras, parmi lesquels Jeanne d'Arc à Orléans (1790), Paul et Virginie (1791), Lodoïska ou Les Tartares (1791), La mort d'Abel (1810, révision 1825)
  • Clari (ballet) (ru), un ballet-pantomime de Louis Milon, Opéra de Paris (Salle Favart, 1820).
  • 42 études ou caprices de 1796, qui est toujours un ouvrage pédagogique connu pour les violonistes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la photographie de la tombe
  2. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 445
  3. Pierre-François Pinaud, « Le cosmopolitisme musical à Paris à la fin du XVIIIe siècle », Chroniques d'histoire maçonnique no 63

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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