Charles de Flahaut

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Charles de Flahaut
Charles de Flahaut de La Billarderie
Charles Auguste Joseph de Flahaut
Image illustrative de l'article Charles de Flahaut

Naissance
Paris
Décès (à 85 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme État-major
(Aide de camp)
Grade Général de division
()
Distinctions Légion d'honneur
(Grand-croix)
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile
(32e colonne)
Autres fonctions Diplomate
Membre de la Chambre des pairs
Sénateur du Second Empire
Famille Famille de Flahaut
Famille de Talleyrand-Périgord

Charles de Flahaut, de son nom complet Auguste Charles Joseph de Flahaut de La Billarderie, né le à Paris, mort le dans la même ville, est un militaire et diplomate français.

Son nom est habituellement orthographié Flahaut, mais on trouve également la graphie Flahault, plus conforme à son ascendance paternelle officielle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et jeunesse[modifier | modifier le code]

Il est officiellement le fils de Charles-François de Flahaut de La Billarderie (1728-1794), maréchal de camp et Intendant des Jardins du Roi, guillotiné en 1794, et de Marie-Adélaïde Filleul (1761-1836)[1]. Cependant, Charles de Flahaut, ainsi que nombre de ses contemporains, considèrait Talleyrand (1754-1838) comme son père. Celui-ci a d'ailleurs entretenu avec Charles de Flahaut une relation très particulière tout au long de sa vie.

Il passe la plus grande partie de sa jeunesse dans l'émigration pendant la Révolution française, séjournant dans plusieurs villes d'Europe (Londres, Hambourg, Bremgarten). Il rentre en France après l'avènement de Bonaparte comme Premier consul (fin 1799).

La période napoléonienne (1800-1815)[modifier | modifier le code]

À l'âge de 15 ans, il entre dans un corps de volontaires à cheval, organisé pour accompagner le premier Consul en Italie. Il lui écrit une lettre qui témoigne de sa volonté et de son ambition : «  Général, je n'ai que 16 ans, mais je suis fort. Je sais trois langues assez bien. […] Trop jeune pour être soldat, j'ose vous demander d'être votre aide de camp. Soyez sûr que je serai tué ou que j'aurai justifié de votre choix à la fin de la campagne. ». Le jeune homme entame ainsi une carrière militaire rapide et impressionnante, avec l'aide de Talleyrand.

Il est admis au service de Louis Bonaparte en 1801, puis de Murat en 1803, comme capitaine aide-de-camp puis, après une liaison avec la femme de Murat, il est versé à l'état-major de Berthier en 1808.

Pendant ses quinze ans au service de Napoléon, il participe aux combats les plus prestigieuses : Marengo, Ulm, Austerlitz, Iéna, Eylau, Friedland, Wagram. Il est aussi présent pendant la terrible campagne de Russie.

Promu au grade de général de brigade le , il devient aide de camp de l'Empereur en 1813. Peu enthousiasmé par leurs premières rencontres, ce dernier aurait dit à Joséphine :

« De l'esprit ? brtt ! Qui n'en a pas comme cela ? Il chante bien ? Belle qualité pour un soldat, qui, par état, est presque toujours enroué. Ah ! il est joli garçon, voilà ce qui vous touche, vous autres, femmes... Eh bien ! Je ne lui trouve rien du tout d'extraordinaire. Il ressemble à un faucheux avec ses éternelles jambes. »

Par la suite, il reconnut cependant qu'il est « un homme fait pour aller à tout ». Il eut en effet un rôle militaire, puis diplomatique.

Peinture de Meissonier : 1814, Campagne de France : Retraite après la bataille de Laon; Napoléon et son état-major derrière lui; de gauche à droite, Ney (capote sur les épaules), Berthier, Flahaut (fils de Talleyrand); derrière Ney, un inconnu tombant de fatigue, puis Drouot et, derrière Flahaut, peut-être Gourgaud[2],[3],[4].

Il se distingue alors à la bataille de Dresde et est élevé au grade de général de division (). Le , il se rend auprès des plénipotentiaires russes, autrichiens et prussiens pour traiter d'un armistice, mais ses propositions ne sont pas acceptées.

Le titre de comte de l'Empire et le grade de commandant de la Légion d'honneur lui furent accordés un peu plus tard.

Après la première abdication de Napoléon Ier, en 1814, il s'oppose à la première Restauration ; pendant les Cent-Jours, le , il reprend son poste d'aide de camp et est nommé Pair de France. Il participe à la bataile de Waterloo. Il défend alors à la Chambre des Pairs le rapport du ministre de la Guerre attaqué par Ney, donne des détails sur les opérations de Grouchy, certifie que ce maréchal avait alors 40 000 hommes sous ses ordres, et appuye avec chaleur la proposition de Lucien Bonaparte en faveur de Napoléon II.

À la seconde abdication de Napoléon, il manque partir avec lui à Sainte-Hélène, mais est retenu par sa mère. Avec les derniers fidèles de l'empereur, il tente vainement d'imposer le roi de Rome.

La carrière militaire de Charles de Flahaut s'arrête là ; Talleyrand réussit à faire rayer son nom de la liste des personnes qui devaient être exilées de France. Toutefois il doit s'éloigner pour quelque temps des sphères du pouvoir.

La Restauration (1815-1830)[modifier | modifier le code]

La monarchie de Juillet (1830-1848)[modifier | modifier le code]

En 1830, le comte de Flahaut achète, pour 250 000 francs, l'hôtel de Massa. La famille de Flahaut y demeurera pendant vingt-trois ans.

Le , il accède à la dignité de pair de France dans la série de trente-six pairs viagers destinée à permettre l'adoption à la Chambre haute du projet de loi abolissant l'hérédité de la pairie.

Dans les rangs de l'armée, il eut quelques missions pendant la monarchie de Juillet, mais il ne retrouva jamais le prestige militaire acquis sous le Premier Empire.

Napoléon lui confia aussi ses premières missions diplomatiques à Neumarck en 1813 (exécuter l'armistice conclu avec les armées russes et prussiennes) et à Lusigny en 1814 (négocier l'armistice avec les alliés).

C'est grâce à l'ambition de sa femme qu'il va entamer une carrière diplomatique dès la Monarchie de Juillet. Il a en effet de très bonnes relations avec Louis-Philippe Ier, par l'intermédiaire de sa mère qui aurait été la maîtresse du futur roi pendant son exil au moment de la Révolution Française. Après avoir été écarté par Talleyrand (1754-1838) du poste d'ambassadeur à Londres que celui-ci occupait, il obtint celui d'ambassadeur à Vienne (). Son épouse avait beaucoup intrigué pour qu'on lui attribue ce poste. Ce ne fut qu'une ambassade mondaine. Ils furent cependant tous deux très appréciés de Metternich.

La Seconde République (1848-1851)[modifier | modifier le code]

Mais les évènements l'obligent à quitter son poste : il démissionne en en même temps que la Deuxième République le révoque. Farouchement anti-républicain (il est plutôt libéral, par ses influences anglaises), il retourne vivre à Londres.

C'est l'entrée en politique de son fils Auguste de Morny, et l'arrivée de Louis-Napoléon Bonaparte, qui le fait revenir en France et et rentrer dans la vie politique. À nouveau, sa femme est derrière lui, ainsi que sa fille aînée. Le couple est évoqué dans une lettre écrite à Londres par Prosper Mérimée à Mme Edouard Odier le  :

« M. de Flahaut m'a mené chez lord Ellesmere[5] où j'ai vu un magnifique Cuyp nullement repeint (...) Il m'a paru que Mme de Flahaut était considérablement rajeunie. Elle a un râtelier neuf et est devenue douce et bonne. »

— Correspondance générale, Paris, Le Divan, 1947 - tome VI, 1850-1852 - p.56

Le Second Empire (1851-1870)[modifier | modifier le code]

Souvent ignoré par les sources, Flahaut participe, aux côtés de son fils, à la préparation et au coup d'État du , retour d'un Bonaparte au pouvoir et souvenir du temps glorieux du Premier Empire. C'est la raison pour laquelle il va favoriser l'instauration du second Empire de Napoléon III pour qui il représente un excellent moyen de légitimer le nouveau régime, en continuité avec celui de son oncle.

Rapidement déçu par Napoléon III[6], il va bientôt se désintéresser de la politique française. Malgré tout, il reste attaché à l'Empire, et c'est pourquoi il accède enfin au poste tant désiré d'ambassadeur à Londres en 1860. Il ne marqua pas cependant cette place, comme l'avait fait auparavant son père, mais fut d'excellent conseil pour Édouard Thouvenel, alors ministre des Affaires extérieures. Il démissionne de ce poste en 1862, à cause d'un désaccord avec Napoléon III et après le renvoi de Thouvenel.

Charles de Flahaut va finir sa vie entre Londres et Paris, ne s'occupant plus de politique malgré quelques titres honorifiques : il est fait sénateur le , Grand chancelier de la Légion d'honneur, puis relevé de sa retraite militaire pour être placé dans la deuxième section de réserve de l'état-major.

Il décède dans la nuit du 1er au , jour de la bataille de Sedan qui vit la chute du Second Empire. Il est enterré au cimetière de Montmartre à Paris (2e division 15PAD1836), avec sa fille Clémentine.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Mariages et enfants légitimes[modifier | modifier le code]

Adélaïde de Flahaut, née Marie Adélaïde Filleul (1761-1836), dont les romans ont obtenu tant de succès au XIXe siècle, et qui épousa en secondes noces M. de Souza, était la mère du général.

Le (ou le 1er juillet), Charles de Flahaut épouse à l'église St André d'Édimbourg Margaret Mercer Elphinstone, baronne de Keith, fille de l'amiral Lord Keith (elle meurt à Paris le 12 novembre 1867) avec laquelle il aura cinq filles.

Parmi ses descendants, on relève le nom de Michel Poniatowski (1922-2001), homme politique français.

Un fils naturel : le duc de Morny[modifier | modifier le code]

grand, blond aux yeux bleux, chantant à merveille, Charles de Flahaut a eu beaucoup de liaisons. On lui attribue notamment les faveurs de Caroline Murat, de Pauline Bonaparte, ainsi que de femmes étrangères comme la Polonaise Anna Potocka (née Tyszkiewicz), rencontrée lors d'un séjour à Varsovie.

Cependant, c'est avec Hortense de Beauharnais qu'il a eu la liaison la plus durable, dont est issu un fils illégitime, Charles de Morny (1811-1865). Déclaré à l'état civil le à Paris (IIIe arrondissement de l'époque), sous l'identité de Charles Auguste Louis Joseph Demorny, frère utérin du futur Napoléon III ; son identité a été ultérieurement transformée en Auguste, duc de Morny.

L'acte de naissance de l'enfant mentionne comme parents : « Auguste Jean Hyacinthe Demorny, propriétaire à Saint-Domingue, demeurant à Villetaneuse, département de la Seine » et son épouse « Louise Émilie Coralie Fleury ». En réalité, le couple Demorny faisait partie des connaissances de la famille Beauharnais, aux Antilles. Joséphine aurait demandé à ce Demorny, moyennant une somme d'argent, de reconnaître le fils illégitime de sa fille[7].

La famille de Flahaut a très bien accepté la présence d'Auguste de Morny, qui est devenu très complice avec la fille aînée du comte.

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 31e et 32e colonnes.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason ville fr Mésanger (Loire-Atlantique).svg
Armes des Flahault de la Billarderie 
D'argent, à trois merlettes de sable.[9]
Armes de la famille de Flahault 
D'argent, à trois merlettes de sable, au chef d'azur, ch. d'une croix d'or.[9]
Ornements extérieurs Barons de l'Empire français.svg
Blason Baron Charles de Flahaut (1785-1870).svg
Armes du baron de Flahaut de La Billardrie et de l'Empire (décret du , lettres patentes du , Fontainebleau),

D'argent à trois merlettes de sable, surmontées d'un comble d'azur chargé d'une croix d'or : franc-quartier des Barons tirés de l'armée brochant sur le tout.[10]

Ornements extérieurs Comtes de l'Empire français.svg
Blason Comte Charles de Flahaut (1785-1870).svg
Armes du comte Flahaut de La Billardrie et de l'Empire () (décret du , lettres patentes du , Palais des Tuileries)

D'argent à trois merlettes de sable ; au comble d'azur chargé d'une croix pleine d'or ; franc-quartier des comtes tirés de l'armée, brochant au neuvième de l'écu.[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Alis, Henri-Charles De Thiard De Bissy, Correspondance du comte de Thiard, Éditions L'Harmattan, , p. 207
  2. Jean Louis Ernest Meissonier. Ses Souvenirs - Ses Entretiens, précédés d'une étude sur sa vie et son œuvre, par M. O. Gréard. Librairie Hachette et cie - Paris, 1897.
  3. Site du ministère de la Culture - JOCONDE : Catalogue des collections des musées de France
  4. Juliette Glikman, Ernest Meissonier, 1814. Campagne de France, Cahiers de la Méditerranée, "Dossier : XVe - XXe siècles - De la tourmente révolutionnaire au traumatisme de 1870 : la fin du Guerrier et l'émergence du soldat", n°83 : "Guerres et guerriers dans l'iconographie et les arts plastiques", 2011, p. 175-186.
  5. Egerton, 1800-1857, homme d'État, écrivain et amateur d'art qui possédait une importante galerie de tableaux
  6. Au sujet de qui il écrivit à son fils : « Quelle différence, grand Dieu ! Entre lui et son oncle ! »
  7. Michel Moisan, Le duc de Morny. Le parisien et l'Auvergnat, édition Carlat, Paris, 2001
  8. a et b Almanach royal et national, (lire en ligne)
  9. a et b
  10. a, b, c et d « Titre de baron, accordé par décret du 15 août 1809, à Auguste, Charles, Joseph de Flahaut de La Billardrie. Fontainebleau ( 2 novembre 1810). », sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr : Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 11 mai 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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