Maison centrale de Clairvaux

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Maison centrale de Clairvaux
Image de l'établissement
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Drapeau du Grand Est Grand Est
Département Aube
Commune Ville-sous-la-Ferté
DISP Strasbourg
Coordonnées 48° 08′ 53″ nord, 4° 47′ 20″ est
Géolocalisation sur la carte : Aube
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Maison centrale de Clairvaux
Géolocalisation sur la carte : Champagne-Ardenne
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Maison centrale de Clairvaux
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Maison centrale de Clairvaux
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Maison centrale de Clairvaux
Architecture et patrimoine
Construction
Destination initiale abbaye
Propriétaire État français
Statut patrimonial Logo monument historique Classé MH (1981)
Logo monument historique Inscrit MH (1994)
Installations
Type maison centrale
Superficie 330 000 m2
Fonctionnement
Opérateur Drapeau de la France Ministère de la Justice
Effectif 43 (février 2022)
Date d'ouverture 1804

La maison centrale de Clairvaux est une maison centrale française située sur le territoire de la commune de Ville-sous-la-Ferté, dans le département de l'Aube et dans la région Grand Est. L'établissement est établi sur le site de l'abbaye de Clairvaux depuis 1804[1].

L'établissement dépend du ressort de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Strasbourg. Au niveau judiciaire, il relève du tribunal judiciaire de Troyes et de la cour d'appel de Reims.

Histoire[modifier | modifier le code]

Abbaye de Clairvaux[modifier | modifier le code]

Transformation en prison[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La transformation d'abbayes en prisons est courante au XIXe siècle (le Mont-Saint-Michel, Fontevraud etc) et est liée à la réforme du système pénal qui institue une nouvelle peine : la privation de liberté. Les abbayes, avec leurs murs d'enceinte et leurs cellules, semblent alors idéales[2]. De plus, l'expulsion des moines à la suite de la Révolution française a vidé de nombreux monastères, et les biens du clergé ont été déclarés biens nationaux.

L'abbaye est ainsi convertie en établissement pénitentiaire en [3].

L'ensemble de l'abbaye est ainsi transformé en prison[4] : le bâtiment des convers devient la prison des femmes puis les ateliers de travail ; le grand cloître est voué à la détention masculine. En , l'église abbatiale est vendue comme carrière de pierres pour honorer des dettes. Le directeur de la prison est révoqué à la suite de la vente de l'église car il n'y a plus de lieu de culte pour les détenus. L'ancien réfectoire des moines est alors transformé en chapelle des prisonniers[5].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

La cour d'honneur de la maison-centrale de Clairvaux

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Clairvaux sert également de lieu d'internement pour les opposants politiques, militants communistes et syndicalistes, ainsi que des Juifs habitant dans la région. Les détenus souffrent de conditions d’internement particulièrement dures et peuvent être livrés aux Allemands quand ces derniers réclament des otages[6].

Un quartier « maison centrale » plus récent est construit en [7].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le quartier « centre de détention », installé dans les locaux historiques de l'établissement, ferme en [7], faisant ainsi passer l'établissement du statut de centre pénitentiaire à celui de maison centrale.

La fermeture de la centrale est annoncée[8] le au cours d'un discours donné à l'École nationale d'administration pénitentiaire, à Agen, par le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas.

Malgré la mobilisation d'élus et d'habitants[9], l'arrêté ministériel du , décret n° 301 du , entérine la fermeture de la maison centrale de Clairvaux pour le .

Description[modifier | modifier le code]

Grand cloître transformé en cours de promenade

Situé sur le site de l'abbaye de Clairvaux et sur le territoire de la commune de Ville-sous-la-Ferté, la maison centrale est l'un des quatre établissements pénitentiaires du département[10].

Installé sur une superficie de 33 hectares[7], l'établissement a une capacité d'accueil de 80 places exclusivement pour des détenus majeurs hommes condamnés à de longues peines et composé exclusivement en quartier « Maison centrale Hommes »[11]. Précédemment, la maison centrale avait le statut de centre pénitentiaire et disposait également à ce titre d'un quartier « centre de détention Hommes »[7].

Au , l'établissement accueillait 43 détenus, soit un taux d'occupation de 53.8%[11]. Le faible nombre de place ainsi que le faible nombre de détenus s'explique par la fermeture prochaine de l'établissement, prévu le .

La quasi-totalité de l'établissement est classé ou inscrit au titre des Monuments historiques, incluant notamment l'ancien quartier « centre de détention », à l’exception des bâtiments du quartier « maison centrale » qui ouvre en . Le domaine est ainsi cogéré à la fois par le ministères de la justice et le ministère de la culture[7]. Les bâtiments relevant de ce dernier sont ouverts toute l'année aux visites.

Détenus notables[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Parmi les détenus, en détention provisoire ou condamnés à des peines plus ou moins longues ou récurrentes :

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

La maison centrale compte 240 places hébergeant, en , 160 longues peines, dont 48 perpétuités[18].

Événements notables[modifier | modifier le code]

Le 23 avril 1912, les Camelots du Roi Henri Bourgoin et Norbert Pinochet font évader grâce à un canular téléphonique Gabriel de Baleine, un autre militant emprisonné. Ils téléphonent au directeur de la Maison centrale de Clairvaux en se faisant passer pour le président du Conseil[19],[20]. Cette évasion inspira Charlotte Montard.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « La maison centrale de Clairvaux », sur l'annuaire du site Internet du ministère français de la justice
  2. « Falk Bretschneider, Julie Claustre, Isabelle Heullant-Donat, Elisabeth Lusset, webdocumentaire Le cloître et la prison. Les espaces de l'enfermement, 2018 »
  3. Ministère de la justice, « Justice / Annuaires et contacts / Annuaire des Établissements pénitentiaires », sur www.annuaires.justice.gouv.fr (consulté le )
  4. a et b Fey Dominique et Herbelot Lydie, CLAIRVAUX, vies emmurées au XIXe siècle, Saint-Parres-aux-Tertres, TheBookEdition, , 447 p. (ISBN 978-2-7466-6688-7, lire en ligne)
  5. « Falk Bretschneider, Julie Claustre, Isabelle Heullant-Donat, Elisabeth Lusset, webdocumentaire Le cloître et la prison. Les espaces de l'enfermement, 2018 »
  6. a b c et d Claudine Cardon-Hamet, Pierre Cardon, « La maison centrale de Clairvaux », sur politique-auschwitz.blogspot.fr, (consulté le ).
  7. a b c d et e CGLPL, « Rapport de visite - Première visite - 2009 » Accès libre [PDF], sur http://www.cglpl.fr/,
  8. « Prison : la maison centrale de Clairvaux, vétuste, va "vite" fermer », sur www.europe1.fr (consulté le )
  9. Clément Renard, « La centrale de Clairvaux aux portes de la pénitence », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  10. « Tous les organismes par thème - Aube - Annuaire | service-public.fr », sur lannuaire.service-public.fr (consulté le )
  11. a et b Ministère de la justice, « Statistiques des personnes écrouées et détenues au 1er février 2022 » Accès libre [PDF], sur http://www.justice.gouv.fr/prison-et-reinsertion-10036/les-chiffres-clefs-10041/statistiques-de-la-population-detenue-et-ecrouee-34271.html,
  12. Extraits d'une conférence que Pierre Kropotkine fit à Paris, salle Rivoli, le 20 décembre 1887.
  13. « Notice ROMAGON Maurice, par René Lemarquis », sur Maitron en ligne,
  14. Jacques Prévotat, op. cit., p. 520-521.
  15. Les principales prises d'otage dans des prisons françaises.
  16. Jean-Marc Ducos, « Clairvaux (Aube) : « La France n'a pas honte de la centrale de Clairvaux » », sur Le Parisien, (consulté le ) : « Guy Georges, le tueur de l'Est parisien, y est également incarcéré. »
  17. AFP, « Projet d'évasion: garde à vue prolongée » sur Le Figaro, 19 mai 2010
  18. Bastien Bonnefous, « «20 Minutes» a rencontré plusieurs détenus à perpétuité de la centrale de Clairvaux », (consulté le )
  19. Pierre Montagnon, 42, rue de la santé: Une prison politique, Pygmalion, (ISBN 978-2-7564-0940-5, lire en ligne)
  20. Marcel Montarron, Les chemins de la belle, (Stock) réédition numérique FeniXX, (ISBN 978-2-7062-8098-6, lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens externes liés à la maison centrale de Clairvaux[modifier | modifier le code]

Liens externes liés à l'abbaye de Clairvaux[modifier | modifier le code]