Charleston (Caroline du Sud)

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Charleston
Flag of Charleston, South Carolina.svg
BroadStreetCharleston.jpg
Nom officiel
(en) CharlestonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom local
(en) CharlestonVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays
État
Comté
Capitale de
Superficie
330,3 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
6 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
SCMap-doton-Charleston.PNG
Démographie
Population
120 083 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
363,6 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Jumelages
Histoire
Origine du nom
Fondation
Identifiants
Code FIPS
45-13330Voir et modifier les données sur Wikidata
GNIS
Indicatif téléphonique
843Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web

Charleston est une ville des États-Unis, siège du comté de Charleston en Caroline du Sud. C'est la deuxième ville la plus peuplée de l’État avec 134 385 habitants (estimation 2016).

Charleston est aujourd'hui notée pour la beauté de ses jardins et son architecture raffinée. Le tourisme y est important (tours de jardins, de monuments historiques et de propriétés de l'époque coloniale telle que Boone Hall et Middleton Gardens). Le Spoleto Festival USA regroupe chaque année au mois de juin des artistes européens et américains dans le domaine de la musique, de la danse, du théâtre et des arts de la scène. La ville a donné son nom à la danse éponyme.

C'est à Charleston que fut fondé en 1801 le Rite écossais ancien et accepté qui est l'un des rites maçonniques les plus répandus dans le monde.

Un ex-porte-avions de l'US Navy, le CV-10 USS Yorktown, lancé en 1943, est transformé en navire musée dans le port.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondée en 1670 par les Anglais, Charles Towne, au début simple colonie de Charleston, est devenue au siècle suivant une ville commerciale importante et un grand centre de la traite des Noirs dans les années 1730. Sullivan's Island, aujourd'hui municipalité autonome et située à l'entrée du port de Charleston, était en effet une porte d'entrée comparable à Ellis Island à New York, puisque par elle transitaient 40 % des esclaves amenés en Amérique du Nord.

La ville et sa région accueillirent aussi un demi-siècle plus tôt, de nombreux Huguenots[1] chassés par la révocation de l'édit de Nantes, qui s'installèrent dans le centre-ville de Charleston, et formèrent le quartier français ainsi que le long de la rivière Santee.

Le , William Sayle, âgé de 80 ans et gouverneur de la communauté anglaise des Bermudes, devient le premier gouverneur officiel de la Caroline du Sud, arrivé avec de nombreuses familles des Bermudes pour fonder Charleston.

Les fondateurs naviguèrent dans une région appelée West Ashley et en avril débarquèrent à l'Albemarle Point, sur les côte de la rivière Ashley, lieu où ils fondèrent Charles Town, en honneur de leur roi. L'un des trois navires venu des Bermudes, le Trois frères n'arriva que le 23 mai, car il avait fait escale sur une île où une partie des passagers avait déserté chez les indiens.

Vers 1775, la ville comptait 12 000 habitants[1] et était la 5e ville la plus peuplée des Treize colonies ; il s'agit en 1770 du plus grand port du pays après Boston, New York et Philadelphie et l'un des ports négriers les plus importants d'Amérique[2]. Durant la guerre d'indépendance des États-Unis, elle est capturée par le général britannique Henry Clinton en mai 1780. Ce général profita du moment où George Washington était réduit à l'inaction par la misère de son armée pour faire quitter New York à une partie de ses troupes et pour s'emparer de cette ville où il fit prisonnier 5 000 Américains. Il laissa ensuite dans cette province Charles Cornwallis, qui battit tous ceux que le Congrès chargea de le chasser.

En 1822, une rébellion d'esclaves de grande ampleur faillit se produire. Depuis trois ans, l'esclave affranchi Denmark Vesey forgeait la conscience révolutionnaire de centaines de noirs et espérait pouvoir organiser une fuite à Haïti. Le projet est dénoncé aux autorités par un esclave et un réseau secondaire tombe entièrement entre les mains de la police en juin 1822, un mois avant la date prévue pour le début du soulèvement. Les esclaves arrêtés résistent cependant suffisamment de temps aux tortures pour permettre à la majorité des conjurés d'échapper à l'arrestation, mais Vesey et quelques dizaines de ses compagnons sont arrêtés et pendus[3].

En , Charleston s'est révoltée contre le gouvernement américain avec le bombardement de Fort Sumter, un événement qui est un des premiers épisodes violents de la guerre de Sécession.

Le , un peu avant 22 h[4], un fort séisme intra-plaque de magnitude 6,5 à 7,01[5] fit des dizaines de victimes et marqua durablement les esprits.

Article détaillé : Séisme de 1886 à Charleston.

Dans la soirée du au , Dylann Roof, un suprémaciste blanc âgé de 21 ans, s'introduit dans le temple de l'Église épiscopale méthodiste africaine Emanuel de Charleston (symbole historique de la lutte pour les droits des Afro-Américains) et y tue neuf personnes, toutes afro-américaines, au moyen d'une arme de poing de gros calibre. L'attaque s'inscrit dans un contexte tendu depuis l'affaire Walter Scott (survenue aux alentours de Charleston) et relance le débat sur le racisme et le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

Climat[modifier | modifier le code]

Charleston a un climat subtropical : en hiver la température moyenne est de 15 à 20° et les pluies sont rares. Les printemps sont chauds (22-30°) et ensoleillés mais les averses sont fréquentes. Les étés sont très chauds (35°) Les automnes sont chauds et secs (25-30°) la pluviométrie est élevée (± 1 000 mm).

Démographie[modifier | modifier le code]

Historique des recensements
Ann. Pop.
179016 359
180018 824 +15,07 %
181024 711 +31,27 %
182024 780 +0,28 %
183030 289 +22,23 %
184029 261 -3,39 %
185042 985 +46,9 %
186040 522 -5,73 %
187048 956 +20,81 %
188049 984 +2,1 %
189054 955 +9,95 %
190055 807 +1,55 %
191058 833 +5,42 %
192067 957 +15,51 %
193062 265 -8,38 %
194071 275 +14,47 %
195070 174 -1,54 %
196060 288 -14,09 %
197066 945 +11,04 %
198069 779 +4,23 %
199080 414 +15,24 %
200096 650 +20,19 %
2010120 083 +24,25 %
Est. 2017138 036 +14,95 %
Composition de la population en % (2010)[6],[7]
Groupe Charleston Drapeau de la Caroline du Sud Caroline du Sud Drapeau des États-Unis États-Unis
Blancs 70,2 66,2 72,4
Afro-Américains 25,4 27,9 12,6
Asiatiques 1,6 1,3 4,8
Métis 1,5 1,7 2,9
Autres 1,0 2,5 6,2
Amérindiens 0,2 0,4 0,9
Océaniens 0,1 0,1 0,2
Total 100 100 100
Latino-Américains 2,9 5,1 16,7

Selon l'American Community Survey, pour la période 2011-2015, 93,15 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler anglais à la maison, alors que 4,11 % déclare parler l'espagnol et 2,73 % une autre langue[8].

Économie[modifier | modifier le code]

Le port de Charleston se classe au 11e rang des États-Unis pour le trafic de conteneurs en 2009[9].

Transport[modifier | modifier le code]

Charleston possède un aéroport (l'Aéroport international de Charleston, code AITA : CHS), ainsi qu'une gare (Gare de Charleston) desservie par les trains Amtrak.

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville est le siège de plusieurs universités, dont le Charleston College, treizième université créée aux États-Unis en 1770, et The Citadel, prestigieuse école militaire. Trois bases militaires sont à proximité.

Religion[modifier | modifier le code]

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Les ruines de l'église Saint Finbar, 1868. par William Aiken Walker (1839-1921), huile sur toile.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Protestantisme[modifier | modifier le code]

L'église épiscopale méthodiste africaine Emanuel.

Personnalités liées à Charleston[modifier | modifier le code]

pour les natifs de Charleston
voir la Catégorie:Naissance à Charleston (Caroline du Sud)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claude Fohlen, Les Pères de la Révolution américaine, Paris, Albin Michel, 1989, (ISBN 2226036644), p. 20
  2. Vincent Noyoux, « Autant en emporte le temps », Le Figaro Magazine, semaine du 28 avril 2017, pages 66-75.
  3. Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 220-221
  4. http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Fouqu%C3%A9_LTT.djvu/162
  5. (fr) Cartographie du jet de rive des tsunamis et guide de planification des mesures d'urgence : le tsunami de 1929 à St-Lawrence, Terre-Neuve p. 9
  6. (en) « Charleston, SC Population - Census 2010 and 2000 », sur censusviewer.com.
  7. (en) « Population of South Carolina - Census 2010 and 2000 ».
  8. (en) « Language spoken at home by ability to speak english for the population 5 years and over », sur factfinder.census.gov.
  9. North American Port Container Traffic 2009, American Association of Port Authorities, (http://www.aapa-ports.org).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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