Collectionnisme

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Accumulation d'objets dans l'appartement d'un syllogomane.
Le collectionnisme accompagne le développement des arts de la civilisation occidentale.Peinture de Honoré Daumier.

Le collectionnisme est une activité humaine de collecte d'objet dans un but d'accumulation. Elle peut être, une activité à tendance pathologique : sujet d'étude en psychiatrie, ou une « activité humaine normale » : sujet d'étude en histoire de l'art[1].

Historique du terme[modifier | modifier le code]

Ce néologisme doit beaucoup à Henri Codet, qui dans sa Thèse de doctorat en médecine intitulée « Essai sur le collectionnisme » développe l'idée que « l'accumulation d'objets de toute nature relève pour lui de dispositions psychologiques spécifiques ». Ce n'est que plus tard que « collectionnisme » devient d'une utilisation courante chez les historiens qui l'utilisent pour désigner la pratique de la collection[2].

Collectionnisme en psychiatrie[modifier | modifier le code]

Le collectionnisme est, selon les éditions Larousse[3], « le besoin pathologique de rassembler des objets hétéroclites inutiles et sans valeur marchande. »

Collectionnisme dans l'art[modifier | modifier le code]

L’Encyclopædia Universalis précise que le collectionnisme est le fait de rassembler un groupe d'objets singuliers, attesté dès la préhistoire, principalement sous la forme d'hommage ou de butin, comme un signe de possession, dans les tombes des pharaons et les palais royaux de Babylone[4].

À partir de la période hellénistique, les œuvres d'art font désormais partie des collections qui fleurissent pendant la civilisation romaine[5].

Le collectionnisme, accumulation ostentatoire d'objets d'art, est observé chez les aristocrates de la péninsule italienne pendant les diverses phases de la Renaissance artistique, goût pour le prestige et preuve de bonne fortune qui s'est propagé pour tous les Grands des cours d'Europe. Cette propension à l'accumulation confinant au goût du lucre est particulièrement observable pour le cardinal de Rome Scipione Borghese, qui, de façon notoire, utilisa ses pouvoirs pour faire enfermer les propriétaires de peintures qu'il convoitait, afin de mettre la main sur leurs collections. À Florence, le trait commun aux membres de la maison de Médicis fut des siècles durant le collectionnisme (tout comme la cynégétique fut celui des Capétiens) ; ainsi Léopold de Médicis collectionna une série importante d'autoportraits qui se trouve exposée dans le corridor de Vasari.[réf. nécessaire]

L'émergence du collectionnisme pictural et sculptural est le long processus de reconnaissance d'une valeur autonome à l'art. Cette valeur patrimoniale prendra sa valeur au cœur du cabinet de curiosités, héritier de la chambre du trésor royal de l'époque médiévale[6]. Par la suite, cette tendance évoluera par les pratiques de certains aristocrates des siècles passés comme, aujourd'hui, à celles de personnes aisées voire fortunées consistant à rassembler, de manière plus ou moins compulsive, des collections privées d'objets d'art.[réf. nécessaire]

Dans la pratique contemporaine[7], le collectionnisme peut également correspondre à un besoin de reconnaissance sociale, ou bien déboucher sous la forme d'un mécénat ou encore correspondre à un calcul pour des placements financiers pouvant être rentables et peu imposables (œuvres d'art).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Desvallées et François Mairesse, Dictionnaire encyclopédique de muséologie, Armand Colin, , 776 p. (ISBN 9782200254179, lire en ligne), p. Collectionnisme
  2. Dominique Pety, Les Goncourt et la collection : de l'objet d'art à l'art d'écrire, Librairie Droz, , 420 p. (ISBN 9782600008488, lire en ligne), p. 52
  3. Collectionnisme sur le site Encyclopédie Larousse.fr].
  4. Collectionnisme sur le site d’Encyclopædia Universalis
  5. Collectionnisme sur le site de l'encyclopédie Universalis
  6. Collections et collectionneurs, encyclopédie Larousse
  7. « Collectionner, un passe-temps très tendance » dans Connaissance des arts, juillet-août 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Codet, Essai sur le collectionnisme (Thèse pour le doctorat en médecine), Paris, Jouve & Cie, , 102 p.
  • Pierre Pichot, Le Collectionnisme, Psynergie, 1993
  • Werner Muenstenberger, Le Collectionneur : anatomie d'une passion, Payot, 1996
  • Cristina De Benedictis, Per la storia del collezionismo italiano : fonti e documenti, Milan, Ponte alle Grazie, 1998 (2e éd.) (ISBN 88-7928-447-9)
  • Emmanuel Pierrat, La Collectionnite, Paris, Éditions Le Passage (ISBN 978-2-84742-165-1)
  • Olivier Saladini, « Contribution à l'étude des collectionneurs et du collectionnisme », thèse de médecine, Nancy, 1997
  • « Aspects du collectionnisme », numéro spécial de la revue Neuro-Psy

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]