Lydie

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Position de la Lydie en Asie Mineure
L'Asie Mineure au temps des Diadoques.

La Lydie est un ancien pays d'Asie Mineure, proche de la mer Égée, dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie et est parfois citée dans les légendes d'Héraclès et Omphale, d'Arachné, ou de Tantale et de Pélops (ancêtres des Atrides).

Géographie[modifier | modifier le code]

La Lydie était une région occidentale de l'Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie, à l'ouest par la Ionie et à l'est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l'Hermos, du Méandre et du Pactole, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hemi-hecte du royaume de Lydie (c. 610-550 avant notre ère)

Les Lydiens sont un peuple de langue indo-européenne, qui a d'abord été sous domination phrygienne. Selon Hérodote, leur nom vient de Lydos, fils d'Atys[1]. Assyriens et Égyptiens les connaissaient sous le nom de Lud, nom apparenté à celui de « louvite »[2]. Selon Hérodote, les Étrusques seraient d'origine lydienne[3], mais des analyses linguistiques et génétiques laissent penser que cela ne peut être vrai que pour, peut-être, une partie de l'aristocratie étrusque, tandis que la majeure partie de ce peuple descend des villanoviens[4],[5],[6],[7].

Après la chute de l'empire phrygien, les Lydiens repoussent les Cimmériens au VIe siècle av. J.-C. : c'est le début de l'empire lydien, qui culminera avec le règne de Crésus. La Lydie étend alors son emprise sur une grande partie de l'Asie Mineure occidentale, Lycie exceptée ; la Carie et la Bithynie sont ses vassales. Mais les guerres de conquête de Crésus se retournent contre lui, et la Lydie est conquise par le perse Cyrus le Grand (546 avant notre ère) lors d'une contre-attaque. Annexée à l'Empire perse, elle devient la satrapie de Sardes.

Après les conquêtes d'Alexandre le Grand, elle fait partie du royaume hellénistique des Séleucides, puis de celui de Pergame (en 260 avant notre ère) et enfin l'Empire romain l'intègre en 129 avant notre ère, dans sa province d'Asie mineure. Sous la domination romaine, la région achève de s'helléniser, et se christianise au IVe siècle. La Lydie est une province prospère et peuplée de l'Empire romain d'Orient ; elle est intégrée au thème byzantin des Thracésiens. Lorsqu'en 1206, la quatrième croisade provoque la division de l'empire byzantin, la Lydie échoit à l'Empire de Nicée. Les villes principales sont alors Smyrne sur la côte égéenne, et Philadelphie dans l'intérieur.

En 1336 de notre ère, à l'époque des beylicats turcs d'Anatolie, la Lydie est conquise par les émirs Saruhanides et Aydinides ; Philadelphie échoit aux Ottomans, qui finiront par soumettre les autres beylicats en 1390[8]. Petit à petit, la population lydienne, qui était devenue grecque et orthodoxe durant le premier millénaire de notre ère, devient turque et musulmane au fil des conversions (entre autres, pour ne plus payer le haraç : impôt sur les non-musulmans, et pour ne plus subir le devchirmé : enlèvement des garçons pour le corps des janissaires). Seules les grandes villes et les villages de pêcheurs de la côte garderont une population grecque jusqu'en 1923, lorsqu'en application du Traité de Lausanne celle-ci sera expulsée vers la GrèceSmyrne, l'incendie du quartier chrétien lors de l'entrée de l'armée kémaliste en ville et la déportation des chrétiens survivants se traduisirent par la mort de la plupart des habitants grecs : les survivants fondèrent dans la banlieue d'Athènes le quartier de Néa Smyrni, ou « nouvelle Smyrne »). Le territoire originel de la Lydie fait aujourd'hui partie des provinces turques d'Izmir et de Manisa, densément peuplées[9].

Langue[modifier | modifier le code]

Liste des rois de Lydie[modifier | modifier le code]

La Lydie forma de 1579 à 548 av. J.-C. un royaume dont les limites varièrent, mais qui, sous Crésus, s'étendait de la mer Égée à l'Halys. Le royaume eut trois dynasties de rois, les Atyades (1579 à 1292), les Héraclides (1292 à 685), les Mermnades (685 à 547).

Économie[modifier | modifier le code]

Située sur la route commerciale entre le bassin méditerranéen et l'Asie centrale, la Lydie a su tirer parti de sa situation géographique, grâce à des taxes et des droits de douane. Disposant d'importantes ressources minières propres, notamment en électrum (mélange d'or et d'argent), onyx et mica dans le fleuve Pactole et le mont Tmole, la Lydie fut l'« eldorado » de la Grèce, avec qui elle entretenait de nombreux échanges commerciaux, notamment par l'intermédiaire des cités grecques du littoral égéen. Cette puissance économique de l'époque semble, d'après les premiers historiens antiques (Hérodote notamment), être à l'origine de la monnaie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Antiquité romaine[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote, I, 7 ; VII, 74 : « Autrefois, les Lydiens s'appelaient Méoniens ; changeant de nom, ils prirent celui de Lydiens d'après Lydos, fils d'Atys. »
  2. Beekes, Robert S. P. (2010) Etymological Dictionary of Greek (Leiden Indo-European Etymological Dictionary Series; 10), with the assistance of Lucien van Beek, Leiden, Boston: Brill, →ISBN, page 876
  3. Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques, Éditions du Chêne, coll. « Grandes civilisations », 2006, 240 p., (ISBN 2-84277-658-5).
  4. Silvia Ghirotto, Francesca Tassi, Erica Fumagalli, Vincenza Colonna, Anna Sandionigi, Martina Lari, Stefania Vai, Emmanuele Petiti, Giorgio Corti, Ermanno Rizzi, Gianluca De Bellis, David Caramelli et Guido Barbujani, « Origins and Evolution of the Etruscans' mtDNA », PLOS ONE, vol. 8,‎ , e55519 (PMCID 3566088, DOI 10.1371/journal.pone.0055519, lire en ligne, consulté le 25 avril 2015)
  5. « Genetic evidence does not support an Etruscan origin in Anatolia. », American Journal of Physical Anthropology, vol. 152, no 1,‎ , p. 11–18 (PMID 23900768, DOI 10.1002/ajpa.22319)
  6. Simona Marchesini (translation by Melanie Rockenhaus), « Raetic (languages) », sur Mnamon - Ancient Writing Systems in the Mediterranean, Scuola Normale Superiore, (consulté le 26 juillet 2018)
  7. Kluge Sindy, Salomon Corinna, Schumacher Stefan, « Raetica », sur Thesaurus Inscriptionum Raeticarum, Department of Linguistics, University of Vienna, 2013-2018 (consulté le 26 juillet 2018)
  8. Ibn Battûta, Du sultan de Maghnîciyah, p. 143-145
  9. D'après Hans-Erich Stier (dir.): « Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte », 1985, (ISBN 3-14-100919-8), p. 5, 9, 11, 15, 16, 22, 26, 27, 34, 44, 50, 64, 66, 70 et 103.