Marc Restellini

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Marc Restellini, né le à Saint-Omer (Pas-de-Calais), est un historien de l'art[1], spécialiste et expert de Modigliani et directeur de musée français. Il est le fondateur de la Pinacothèque de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marc Restellini est le petit-fils du peintre Isaac Antcher. Étudiant, il obtient une licence d’histoire puis un DEA d’histoire de l’art à La Sorbonne. Quelques années plus tard, il est chargé d'un cours[2] sur "l’École de Paris" à l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) et responsable du Centre de Recherche interdisciplinaire d’Art et d’archéologie de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne. Il met en scène sa première exposition fin des années 1980 à la mairie du 6e arrondissement. Cette dernière, Portraits et paysages chez Zborowski[3], prend forme autour d'un personnage sur lequel il a basé ses recherches à la Sorbonne.

Au début des années 1990, il organise l’exposition inaugurale du musée Tōbu[4] au Japon où il sera commissaire de plusieurs expositions. À cette occasion, il associe une sélection des chefs-d’œuvre de Modigliani, un artiste qu'il a étudié durant ses études. C'est la première fois que ces créations de Modigliani sont exposées dans le pays. Pendant près de dix ans, Marc Restellini développe à travers le monde le concept des expositions itinérantes qui permet de rassembler des œuvres importantes pour les mettre à disposition du plus grand nombre. Parmi les expositions de cette époque : l’exposition sur Renoir, présentée tour à tour pour le groupe de presse Mainichi Shinbun, au musée Tobu à Tokyo et enfin au musée municipal d’Osaka. Sur ce même modèle, il monte en Suisse et en Italie une exposition sur les peintres du marchand Zborowski. L'exposition est présentée à la fondation de l’Hermitage de Lausanne puis au Palazzo Vecchio en Italie.

À la direction artistique du Musée du Luxembourg (Sénat) au début des années 2000, il crée de nombreuses expositions la rétrospective de Raphaël (2001) et celle de Modigliani (2002) qui propose au public 144 productions du maître. Cette dernière attirera un nombre record de visiteurs.

Pinacothèque de Paris, entrée des Collections

La Pinacothèque de Paris[modifier | modifier le code]

Marc Restellini fonde ensuite son propre musée, la Pinacothèque de Paris, en 2003 et met en place des expositions dont il assure la direction. Située Place de la Madeleine, la Pinacothèque de Paris va affirmer son identité et se positionner dans le paysage culturel parisien[5]. Les sujets abordés par les expositions (Pollock et le chamanisme, Giacometti et les Étrusques) et ses rétrospectives de pièces exclusives (trésors nationaux chinois ou mexicains) ont permis d'installer la Pinacothèque de Paris comme un lieu de culture comptant parmi les plus dynamiques de la capitale[6]. Le Musée ouvre une annexe rue Vignon peu de temps après[7]. Par cette expérience, Marc Restellini a surtout assuré une place importante dans la transformation de la perception des musées en France[8] aussi bien dans la façon d'accrocher et d’éclairer les toiles, jouant ainsi la transversalité par un accrochage de proximité, que dans l'organisation du parcours des expositions (couleurs des espaces d'exposition, approche ludique des textes, réflexion sur le contenu des sujets...) ou des sujets traités.

L'un des points marquants de l'aventure Pinacothèque repose sur un modèle économique différent de la plupart des grands musées parisiens. Marc Restellini appuie le fonctionnement de sa structure sans aucune aide publique, un tour de force dans le milieu culturel français[9]. La billetterie représente sa principale source de revenus. La programmation est tout à la fois éclectique et pédagogique et le lieu attire un public très varié – plus de 4 000 visiteurs chaque jour –, plaçant la Pinacothèque parmi les 5 musées les plus visités de la capitale avec le musée du Louvre, le Grand Palais, le musée d'Orsay et le Centre Georges-Pompidou[10]. Ce succès n'est pas neutre et lui attire notamment de nombreuses critiques de la part des conservateurs de musées publics[11]. Ces derniers tentent même de dissuader, par leur influence, leurs homologues des musées internationaux de participer aux expositions qu'il organise. Il s'oppose ouvertement au système culturel parisien public qui ne l'a jamais soutenu dans sa démarche[12].

En 2015, l'établissement est touché, comme les autres musées de la capitale, par une forte baisse de fréquentation en raison du contexte économique et sécuritaire, mettant un coup d'arrêt à son développement[13].

Institut Restellini[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son activité de directeur de musée et après seize ans de collaboration avec le Wildenstein Institute, Marc Restellini développe l'Institut Restellini[14] qui allie méthodes scientifiques analyses stylistique et historique traditionnelle au service de l'expertise des œuvres. L'institut a notamment pour vocation la publication de catalogues raisonnés et il reprend ainsi en janvier 2015 le catalogue raisonné de l'œuvre d'Amedeo Modigliani[15].

Modigliani, Jeune homme à la casquette, 1919

Amedeo Modigliani[modifier | modifier le code]

Marc Restellini est en effet reconnu comme l'un des plus grands spécialistes du peintre Amedeo Modigliani, qu'il a étudié durant des années. Il est ainsi à l'origine de certaines des plus importantes expositions dédiées à l'artiste dont celle du musée du Luxembourg, L'Ange au Visage grave, et Modigliani et le Primitivisme au National Art Center à Tokyo en 2008. Dix ans plus tard, il est encore invité pour son expertise sur ce peintre au niveau international[16],[17].

L'historien d'art met également les avancées technologiques et scientifiques au service de l'œuvre de Modigliani. Dès 1997, à l'invitation du marchand d'art Daniel Wildenstein, Marc Restellini débute le catalogue raisonné d'Amedeo Modigliani, en faisant reposer son travail sur des normes scientifiques uniques dans le monde de la recherche sur les œuvres d'art[18]. Le catalogue raisonné de Modigliani se base ainsi sur 600 dossiers scientifiques et des analyses systématiques pour chaque œuvre. Cette rigueur scientifique permet d'établir un étalonnage comparatif. Ce dernier est en outre affiné en continu par l'intégration des nouvelles technologies. Par exemple, Marc Restellini est le premier à utiliser un protocole d'analyse pigmentaire comparatif dans le domaine des catalogues raisonnés en peinture. D'autres techniques, comme le recours systématique aux clichés infrarouges ou l'utilisation des procédés numériques de « fausses couleurs », viennent compléter ce corpus pour aboutir à un degré de précision d'analyse novateur dans ce domaine[19].

Principales expositions[modifier | modifier le code]

  • 1989 : commissaire de l'exposition Portraits et Paysages chez Zborowski à la Mairie du 6e arrondissement de Paris. On y retrouve des œuvres de Modigliani, Soutine, Antcher...
  • 1991 : commissaire de l'exposition Flaure au Musée du Luxembourg.
  • 1992 : commissaire général d'une rétrospective dédiée à Modigliani pour le Musée Tobu de Tokyo
  • 1993 : rétrospective Renoir pour le groupe de presse Mainichi au Musée Tobu et au Musée principal d'Osaka. La même année, il est commissaire général de Modigliani et ses amis, exposition itinérante au Japon.
  • 1994 : exposition sur le marchand Zborowski à la Fondation de l'Hermitage de Lausanne (Suisse) puis à Florence (Palazzo Vecchio).
  • 1997 : rétrospective Georges Rouault au Musée d'Art moderne de Lugano en Suisse.
  • 1998 : Musée national de Colombie à Bogotá, chargé de l'exposition pour le centenaire d'Eugène Boudin.
  • 1999 : Exposition itinérante des Chefs-d’œuvre de la collection du Docteur Rau au Japon, aux USA et en Europe.
  • 2002-2003 : Modigliani, l'ange au visage grave, Musée du Luxembourg de Paris puis au Palazzo Reale de Milan, Italie.
  • De 2003 à 2016 : l'ensemble des expositions de La Pinacothèque de Paris parmi lesquelles :
    • Picasso intime
    • Pollock et le Chamanisme
    • Van Gogh, Rêves de Japon - Hiroshige, l'Art du Voyage
    • Les Soldats de l'Éternité - L'armée de Xi'An
    • Edvard Munch ou l'« Anti-Cri »
    • Georges Rouault, les chefs-d'œuvre de la collection Idemitsu
    • L'Or des Incas, Origines et mystères
    • Chu Teh-Chun, Les Chemins de l'Abstraction
    • Au temps de Klimt, la Sécession à Vienne
  • 2017 : Commissaire de l'exposition Modigliani, Soutine et autres légendes de Montparnasse au Musée Fabergé de Saint-Pétersbourg (Russie)
  • 2020 : Commissaire de l'exposition Modigliani - Picasso : la Révolution primitiviste[20] à l'Albertina de Vienne (Autriche)

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Modigliani, ses mécènes, ses marchands, ses collectionneurs » in Catalogue de l’exposition Modigliani au Japon, 1992-93, p. 46-51
  • « Zborowski, marchand et poète », L’Œil, juillet-août 1994, p. 52-59
  • « Zborowski, le marchand-poète », p. 9-16 et « La carrière d’un nouvel artiste dans un nouveau monde de l’art (de Paul Alexandre à Léopold Zborowski) », in Catalogue de l’exposition Les Peintres de Zborowski, Modigliani, Utrillo, Soutine et leurs amis, Lausanne, Fondation de l’Hermitage, 24 juin-23 octobre 1994, p. 21-32
  • « Zborowski, il mercante-poeta », p. 19-26 et « La carriera di un nuovo artista in un nuovo mondo dell’arte, da Paul Alexandre a Léopold Zborowski », in Catalogue de l’exposition Modigliani, Soutine, Utrillo e i pittori di Zborowski, Florence, Palazzo Vecchio, 19 novembre 1994-5 mars 1995, p. 31-41
  • « Il clima artistico di Parigi tra il 1910 e il 1925. Modigliani nel cuore degli anni folli », in Catalogue de l’exposition Amedeo Modigliani, Lugano (Suisse), 28 mars-27 juin 1999, p. 55-86
  • « L’Ange au visage grave : entre résurrection d’une œuvre et questions d’authenticité », « Modigliani : artiste d’avant-garde ou peintre “schizophrène” ? », « Paul Alexandre et l’aventure de la rue du Delta », « Modigliani et Paul Guillaume » et « Le cas Zborowski » in Catalogue de l’exposition Modigliani, l’Ange au visage grave, Paris, Musée du Luxembourg, 23 octobre 2002-2 mars 2003
  • Francis Berthier et Marc Restellini, « Les grands collectionneurs de Modigliani en 1920 », in Catalogue de l’exposition Modigliani, l’Ange au visage grave, Paris, Musée du Luxembourg, 23 octobre 2002-2 mars 2003, p. 409-416
  • Le Silence éternel : Modigliani - Hébuterne 1916-1919 suivi du Catalogue raisonné de l'œuvre peint et dessiné de Jeanne Hébuterne, Pinacothèque de Paris, 2008
  • « What is about Modigliani », in IFAR Journal vol. 19 n°1 & 2, 2018, p. 42-47

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche sur Critikart.net.
  2. Par GIGNOUX Sabine, « Dossier. Marc Restellini, le trublion de l'art. Dossier. Marc Restellini, le trublion de l'art », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  3. « Carrefour Vavin. Paris - Organisation - Ressources de la Bibliothèque nationale de France », sur data.bnf.fr (consulté le 13 décembre 2016)
  4. « Marc Restellini: quand l'histoire de l'art se raconte », Culture Minute,‎ (lire en ligne)
  5. [1]Le Paris de Marc Restellini
  6. « La Revue de Presse - Accueil | Marc Restellini », sur Marc Restellini (consulté le 6 mars 2017)
  7. « Pinacothèque de Paris : Naissance d'un musée », Tout Pour Les Femmes,‎ (lire en ligne)
  8. « Marc Restellini, l’art et la manière » sur Magazine décideurs.
  9. « Fabrice Hergott et Marc Restellini, à la pinacothèque et au Musée d'art moderne », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  10. « Marc Restellini, le musée autrement », L'Opinion,‎ (lire en ligne)
  11. « La Revue de Presse - Accueil | Marc Restellini », sur Marc Restellini (consulté le 2 mars 2017)
  12. Le Point, magazine, « Marc Restellini, le franc tireur de l'art », sur Le Point.fr (consulté le 10 décembre 2016)
  13. Sabine Gignoux, « Pourquoi la fréquentation des musées baisse », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  14. « Catalogues raisonnés - Institut Restellini », sur www.institut-restellini.com (consulté le 4 décembre 2016)
  15. [2], Despite Death Threats, Modigliani Expert To Publish New Catalogue Raisonné.
  16. (es) « El historiador francés Marc Restellini hablará sobre Modigliani en el Museo San Carlos - Proceso », Proceso,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « IFAR: What is about Modigliani? », sur ifar.org,
  18. « Accueil - Institut Restellini », sur www.institut-restellini.com (consulté le 6 mars 2017)
  19. « Accueil - Institut Restellini », sur www.institut-restellini.com (consulté le 2 janvier 2017)
  20. (en) David d'Arcy, « Modigliani the maverick? Vienna show to position Italian artist alongside Picasso », The Art Newspaper,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]