Babylone (civilisation)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Babylone (homonymie).
Babylone
Image illustrative de l'article Babylone (civilisation)
Le mušhuššu, dragon-serpent, symbole du dieu Marduk de Babylone. Détail de la porte d'Ishtar, Pergamonmuseum de Berlin, VIe siècle av. J.-C.

Période IIe millénaire av. J.‑C. et Ier millénaire av. J.‑C. :
- Première dynastie de Babylone (v. 1894-1595 av. J.-C.) ;
- Dynastie kassite de Babylone (v. 1595-1155 av. J.-C.) ;
- Période post-kassite (v. 1155-728 av. J.-C.) ;
- Domination assyrienne (v. 728-626 av. J.-C.) ;
- Empire néo-babylonien (v. 626-539 av. J.-C.) ;
- Babylonie tardive (v. 539 av. J.-C. - Ier siècle).
Ethnie Babyloniens
Langue(s) akkadien (babylonien)
Religion Religion Mésopotamienne
Villes principales Babylone ; Sippar ; Borsippa ; Kish ; Ur ; Nippur ; Uruk
Région d'origine Sud de la Mésopotamie
Région actuelle Delta du Tigre et de l'Euphrate / Irak
Rois/monarques Hammurabi ; Nabuchodonosor II.
Frontière L'Assyrie, au nord ; le golfe Persique au sud ; l'Élam, à l'est ; le désert syro-arabe, à l'ouest.

La civilisation babylonienne s'est épanouie en Mésopotamie du Sud du début du IIe millénaire av. J.-C. jusqu'au début de notre ère. Elle prend corps à partir de l'héritage des civilisations du Sud mésopotamien plus anciennes (Sumer et Akkad) dont elle est historiquement la prolongation, marquée par l'affirmation progressive, de la cité de Babylone, capitale de l'État qui s'affirme à partir du XVIIIe siècle av. J.-C. et dont les différentes dynasties dominent le Sud mésopotamien pendant plus d'un millénaire.

L’État de Babylone devient un royaume puissant dans le courant du XVIIIe siècle av. J.-C., sous l'impulsion du plus grand roi de sa première dynastie, Hammurabi. Après son pillage par les Hittites en 1595 av. J.-C., Babylone passe sous l'autorité d'une dynastie d'origine kassite qui stabilise ce royaume pendant plus de quatre siècles. Cette période marque le début de la rivalité avec le royaume voisin situé au nord, l'Assyrie, qui marque les siècles suivants. Après plusieurs siècles d'instabilité entre 1100 et 800 av. J.-C., la Babylonie passe sous la coupe de l'Assyrie pendant plus d'un siècle (728 – 626 av. J.-C.), avant d'initier une réaction qui aboutit à la destruction de l'Assyrie et à la formation de l'Empire néo-babylonien (626 – 539 av. J.-C.) par Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Cette dernière phase de l'histoire du royaume de Babylone est brève, s'achevant en 539 av. J.-C. par sa conquête par le roi perse Cyrus II. Dès lors, Babylone n'est plus dominée par une dynastie d'origine autochtone : aux Perses Achéménides (539 – 331 av. J.-C.) succèdent les Grecs Séleucides (311 – 141 av. J.-C.), puis les Parthes Arsacides (141 av. J.-C. – 224 ap. J.-C.). La Babylonie conserve néanmoins sa prospérité jusqu'aux débuts de notre ère, tandis que sa culture millénaire s'éteint lentement.

À partir du moment où il met la main sur les vieilles cités du Sud mésopotamien héritières des civilisations de Sumer et d'Akkad, le royaume de Babylone devient l'héritier de leurs anciennes traditions, et un centre culturel et religieux rayonnant dans tout le Proche-Orient ancien et même le monde antique. Son prestige fut immense pendant la période antique, et s'est transmis jusqu'à nos jours par la tradition biblique et celle des auteurs de la Grèce classique, témoins de l'Empire néo-babylonien.

Les milliers de tablettes cunéiformes découvertes sur les différents sites de Babylonie (Babylone, Ur, Uruk, Nippur, Sippar, etc.) ont permis de dresser le tableau d'une civilisation urbaine reposant sur une agriculture irriguée potentiellement très productive. La société et l'économie mésopotamienne étaient chapeautées par des institutions importantes, en premier lieu les temples qui étaient de grands propriétaires terriens en plus d'être des centres religieux et intellectuels. Mais le pouvoir royal fut toujours très affirmé et dominait la société. Une notabilité urbaine dynamique s'est également affirmée au cours des siècles dans l'orbite du palais royal et des temples.

Les murs de la Voie processionnelle et la porte d'Ishtar reconstruits au Pergamon Museum de Berlin.

Sommaire

Redécouverte de la civilisation babylonienne[modifier | modifier le code]

Babylone dans les traditions occidentales et orientales[modifier | modifier le code]

Nemrod supervisant la construction de la tour de Babel dans les Heures du duc de Bedford, par le « Maître de Bedford », XVe siècle.

Le nom de Babylone est resté bien vivant durant les siècles qui ont suivi sa chute grâce à la trace que la ville et son royaume ont laissé dans plusieurs écrits qui en parlaient, rédigés du temps où ils étaient encore prestigieux. À l'époque de la domination perse (VeIVe siècle av. J.-C.), Babylone est décrite par plusieurs auteurs grecs dont Hérodote et Ctésias, qui mentionnent la grandeur de la ville et quelques éléments de son histoire, non sans quelques approximations ou confusions, notamment la substitution de l'Assyrie à Babylone sur certains événements[1].

Mais c'est essentiellement par le biais de la tradition juive que Babylone survit dans le monde savant avant la période contemporaine : la Bible hébraïque s'inspire de cette ville pour le mythe de la tour de Babel qui connaît un grand succès, et mentionne ce royaume et la Babylonie où ont été déportés des habitants du royaume de Juda au début du VIe siècle av. J.-C.[2] Le Talmud de Babylone fournit également quelques informations sur la Babylonie et s'inspire en partie de ses savoirs, même s'il est une source à manier avec précaution[3]. Ce sont avant tout les connaissances astronomiques et astrologiques des Babyloniens qui assurent leur postérité dans le monde savant.

La tradition juive est le moyen essentiel par lequel le souvenir de Babylone se transmet au Moyen Âge, chez les peuples chrétiens qui ont fait de la plupart des livres de la Bible hébraïque leur Ancien Testament et chez qui Babylone a souvent une image négative[4], mais aussi chez les peuples qui occupent le sol de l'ancienne Mésopotamie, les Arabes[5], ainsi que leurs voisins Iraniens[6], dont les lettrés et savants (notamment astronomes) mentionnent encore « Bâbil ».

La redécouverte de Babylone par les explorateurs et les archéologues[modifier | modifier le code]

Reconstitution de la Voie processionnelle de Babylone au Pergamon Museum de Berlin.

Les premiers voyageurs occidentaux qui parcourent la Basse Mésopotamie au Moyen Âge et à l'époque moderne ne s'accordent pas sur la localisation à donner à Babylone, dont les ruines ne sont pas aussi évocatrices que celles de sites voisins comme Birs Nimrud (l'ancienne Borsippa) ou Aqar Quf (l'ancienne Dur-Kurigalzu)[7]. Finalement, les premières fouilles du XIXe siècle se portent sur le bon site[8]. La redécouverte des capitales assyriennes au milieu du XIXe siècle suscite un intérêt croissant pour la redécouverte de l'ancienne Mésopotamie[9]. C'est de cette période que date la naissance de la discipline appelée assyriologie d'après le premier peuple mésopotamien à être redécouvert, et qui repose sur l'étude des tablettes cunéiformes exhumées sur les sites fouillés que l'on parvient à déchiffrer au milieu du XIXe siècle.

Les fouilles en Mésopotamie méridionale démarrent plus tardivement, d'abord sur des sites d'époque archaïque, puis à partir des années 1880 des sites plus récents sont fouillés : Sippar et Borsippa brièvement, et surtout Nippur, qui livre des milliers de tablettes permettant de mieux connaître la société et la culture de la Babylonie[10]. Babylone fait finalement l'objet de fouilles régulières au début du XXe siècle, remarquablement menées par une équipe allemande dirigée par Robert Koldewey qui met au jour ses principaux monuments, emportant une partie de ses découvertes à Berlin[11],[12]. Les autres grands sites de Basse Mésopotamie, comportant des niveaux datés des phases babyloniennes, sont redécouverts progressivement : Uruk dans les mêmes années[13], Ur dans les années 1920 – 1930[14], Kish[15], puis après 1945 et jusqu'à la première guerre du Golfe, d'autres sites sont mis au jour ou fouillés à nouveau (Uruk, Nippur, Larsa, Sippar, etc.)[16] permettant d'exhumer de nombreux documents provenant des périodes durant lesquelles ils étaient contrôlés par les rois babyloniens. Depuis le début de la guerre du Golfe en 1991, la situation politique de l'Irak a empêché les fouilles régulières durables dans l'ancienne Babylonie, et entraîné des destructions dans les musées irakiens et sites de la Babylonie antique (notamment en raison de fouilles clandestines)[17].

Les sources disponibles pour l'étude de la Babylonie antique[modifier | modifier le code]

Contrat de location d'un champ inscrit sur tablette d'argile, règne d'Abi-eshuh (1711 – 1684), musée des beaux-arts de Lyon.

Les fouilles archéologiques ont mis au jour une quantité importante de bâtiments et d'objets, dont des sources écrites, provenant de nombreux sites de cette région. Elles ont avant tout concerné des bâtiments publics majeurs, les secteurs des temples et des palais, et parfois des quartiers d'habitation. Des prospections au sol ont également été menées dans plusieurs secteurs de la Basse Mésopotamie. La période du Royaume babylonien est documentée par une vaste quantité de sources écrites. On compte certes parmi elles les divers témoignages indirects provenant de l'Antiquité récente, mais le plus important est constitué par les dizaines de milliers de tablettes et inscriptions en cunéiforme exhumées par les archéologues sur les sites de l'ancienne Mésopotamie. Ces sources écrites peuvent être classées en différentes catégories. Les plus nombreux sont les documents issus d'archives d'institutions (palais ou temples) ou de familles, qui sont souvent des textes juridiques (contrats de vente, location, prêt, mariage, etc.), et peuvent parfois être rapportés sur des stèles (comme les kudurrus), ou des textes administratifs (enregistrement de la circulation de produits, cadastres), et parfois des textes de correspondance. Les textes de nature « littéraire », « religieuse » ou « scientifique » sont en général des textes scolaires qui sont produits par des apprentis scribes, souvent incomplets ou fautifs. On trouve également quelques fonds de tablettes qui peuvent être considérés comme des sortes de bibliothèques, issus d'institutions religieuses ou de maisons de prêtres. On trouve enfin des textes commémoratifs provenant des scribes royaux, qui servent à préserver le souvenir des hauts faits du roi, comme les inscriptions glorifiant la construction ou la restauration d'un édifice, des batailles victorieuses, le sens de la justice d'un roi (comme le Code de Hammurabi) ou bien des hymnes à la gloire du roi, voire des chroniques historiques[18].

Cadre géographique et culturel[modifier | modifier le code]

Carte de la Mésopotamie antique, dans les frontières actuelles.

Géographiquement, le cœur du royaume de Babylone correspond à la Basse Mésopotamie, vaste plaine de delta constitué par l'Euphrate qui coule à l'ouest et le Tigre qui coule à l'est, les deux se divisant en plusieurs bras secondaires avant de se jeter dans le golfe Persique, qui remontait dans l'Antiquité plus au nord que de nos jours[19]. La pente y est très faible, et les fleuves charrient une grande quantité d'alluvions, ce qui fait que le niveau de leur cours est rehaussé par rapport à la plaine. On note de plus un déplacement progressif de leur tracé, amenant à l'abandon à certaines époques de villes qu'ils irriguaient autrefois, et à la création de bras isolés des cours d'eau et le présence de vastes zones marécageuses, en particulier vers le littoral. Le climat aride et la pauvreté des sols font par ailleurs que les zones éloignées des cours d'eau sont des steppes, puis des déserts, très étendus en direction de l'ouest. La bordure orientale de la Basse Mésopotamie conduit vers les montagnes iraniennes (le Zagros). Vers le nord s'étend la Haute-Mésopotamie, région de plateaux marquée par un climat moins aride que le Sud, surtout sur ses franges nord et nord-est qui reçoivent plus de précipitations.

Cette césure géographique entre le Nord et le Sud de la Mésopotamie (correspondant en gros au territoire de l'Irak actuel) a correspondu à une coupure culturelle qui est toujours vérifiée depuis les temps protohistoriques. Le Nord était au IIIe millénaire av. J.‑C. un territoire dominé par des populations parlant des langues sémitiques (et aussi le hourrite), tandis que le Sud était partage entre un groupe parlant une langue sémitique, l'akkadien[20], surtout dans sa moitié nord, le pays d'Akkad[21], qui correspond à l'espace où devait se développer Babylone au millénaire suivant, tandis que le Sud était occupé par une population parlant un isolat linguistique, le sumérien, le pays de Sumer, autour de plusieurs cités majeures (Uruk, Ur, Nippur, etc.), dont la langue était dominante dans le milieu intellectuel (et sans doute la première langue écrite). La Basse Mésopotamie est en fait une région plutôt culturellement homogène, car ses peuples ont cohabité sur une longue période, et elle est souvent désignée dans les textes cunéiformes comme le « pays de Sumer et d'Akkad », désignation qui perdura par la suite dans les inscriptions officielles. La disparition du sumérien en tant que langue vernaculaire au plus tard aux alentours de 2000 av. J.-C. (mais elle resta une langue pratiquée dans les cercles lettrés) ont aboutit à l'homogénéisation linguistique de cette région, renforcée par son unification politique sous la coupe des rois de Babylone à partir du XVIIIe siècle av. J.-C. : la langue dominante est une variante de l'akkadien, le babylonien, et la Basse Mésopotamie est souvent présentée à partir de la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. sous la dynastie kassite comme un seul ensemble, le pays de Karduniaš[22]. Les auteurs grecs classiques devaient la désigner comme la « Chaldée », d'après un groupe de population qui s'y installa au début du Ier millénaire av. J.‑C., tandis que les spécialistes modernes emploient souvent le terme de « Babylonie ». À partir de la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. le Nord-Mésopotamien connut un même phénomène d'unification politique durable, autour du royaume d'Assur, l'Assyrie, qui devint le pendant septentrional de la Babylonie et son rival, culturellement situé à la croisée des influences du Sud mésopotamien et de l'espace syro-anatolien[23]. Du point de vue linguistique, le Ier millénaire av. J.‑C. vit l'affirmation de l'araméen dans toute la Mésopotamie, qui devint la principale langue vernaculaire de la Babylonie au moins à partir du milieu de ce millénaire, pour finalement supplanter l'akkadien écrit[24]. Après la conquête d'Alexandre le Grand, des communautés grecques s'implantèrent dans la région, et leur domination politique appuya un phénomène d'hellénisation culturelle, qui toucha principalement les villes qui avaient une communauté civique grecque (Séleucie du Tigre, Babylone, peut-être Uruk).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le royaume de Babylone s'est épanoui en Mésopotamie du Sud du début du IIe millénaire av. J.‑C. jusqu'en 539 av. J.-C., date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Durant sa longue histoire, il a connu des périodes fastes et d'autres plus difficiles, et plusieurs dynasties se sont succédé à sa tête.

On distingue traditionnellement trois grandes périodes dans l'histoire de Babylone, en sachant qu'avant les environs de 700 av. J.-C., les dates sont approximatives :

Les transitions entre ces trois phases sont deux périodes de crises durables et de reflux des institutions et de l'urbanisation, mal documentées.

La dernière phase (jusqu'aux débuts de notre ère) est celle durant laquelle la Babylonie est dominée par des dynasties étrangères (Perses Achéménides, Grecs, Parthes puis Perses Sassanides), et l'antique civilisation mésopotamienne disparaît.

La première dynastie[modifier | modifier le code]

L'expansion du Royaume babylonien sous le règne de Hammurabi et de ses successeurs.
Article détaillé : Première dynastie de Babylone.

Babylone apparaît dans des textes de la période de l'empire d'Akkad et de l'empire d'Ur III, en tant que petit centre provincial. Elle devient le siège d'une dynastie d'origine amorrite vers 1894 av. J.-C., période durant laquelle la Basse Mésopotamie est dominée par les puissantes cités d'Isin et de Larsa. Durant plus d'un siècle, les premiers rois de Babylone vont réussir à étendre leur territoire jusqu'à devenir un royaume en mesure d'égaler ses rivaux. Le règne de Hammurabi (1792 – 1750) voit cette dynamique se concrétiser de façon spectaculaire avec l'annexion successive des principaux royaumes de Mésopotamie : Eshnunna, Larsa et Mari[25].

Ce souverain constitue alors un puissant royaume, que son fils Samsu-iluna (1749 – 1712 av. J.-C.) réussit à préserver en grande partie malgré des révoltes[26]. Cependant, une grave crise touche le Sud du pays, où l'influence de Babylone s'efface et est supplantée par la première dynastie du Pays de la Mer, et les rois babylonien suivants font face à la désagrégation lente de leur royaume tandis que d'autres rivaux apparaissent au nord, au sud et à l'est (Élamites, Hourrites, Kassites, Pays de la Mer). C'est finalement l'intervention d'une puissance extérieure à la Mésopotamie, le royaume des Hittites dirigé par Mursili Ier, qui met fin au royaume babylonien en 1595 av. J.-C. par la prise de sa capitale[27].

La dynastie kassite[modifier | modifier le code]

La situation politique du Moyen-Orient au début du XIIIe siècle av. J.-C., époque du début de la rivalité entre les rois kassites et ceux d'Assyrie.
Article détaillé : Dynastie kassite de Babylone.

La chute de la première dynastie de Babylone profite à une dynastie d'origine kassite, qui réussit à prendre le pouvoir dans cette ville dans des conditions inconnues. Ses souverains réunifient peu à peu le Sud mésopotamien puis en éliminant la dynastie du Pays de la Mer et rétablissent la prospérité de ses principales cités. Leur influence ne s'étend cependant pas au nord, dominé par le royaume du Mitanni puis par l'Assyrie, qui devient l'adversaire le plus coriace des Babyloniens. Le prestige des rois kassites est très important dans le Moyen-Orient de cette période, et des princesses babyloniennes sont mariées aux plus puissants rois (Hittites, Égyptiens, Élamites, Assyriens). La culture babylonienne connaît un important rayonnement, les rois kassites ne bousculant pas les traditions héritées des périodes antérieures. Une série de revers face aux Assyriens (prise de Babylone par Tukulti-Ninurta Ier en 1235 av. J.-C.) puis aux Élamites qui prennent la capitale en 1155 av. J.-C. entraînent finalement la chute de la dynastie kassite[28].

La période post-kassite[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Babylonie post-kassite.

Ni les Élamites ni les Assyriens ne sont en mesure de conserver la Babylonie sous leur coupe, et cette dernière retrouve une certaine stabilité sous les rois de la seconde dynastie d'Isin, surtout Nabuchodonosor Ier (1126 – 1105 av. J.-C.) qui remporte une victoire éclatante contre l'Élam. Le dernier quart du XIe siècle av. J.-C. voit cependant la chute de cette dynastie, et le début d'une succession de lignées royales incapables de conserver le pouvoir longtemps. La Babylonie est alors soumise aux incursions de peuples nouvellement arrivés, les Araméens et les Chaldéens, qui forment de puissantes confédérations tribales indépendantes des rois babyloniens. Le Xe siècle av. J.-C. voit donc cette région être plongée dans le chaos[29].

La période de domination assyrienne[modifier | modifier le code]

Les différentes phases d'expansion de l'Empire assyrien.

À partir de la fin du Xe siècle av. J.-C., le royaume d'Assyrie, lui aussi jusqu'alors plongé dans une longue crise, connaît un renouveau et est en mesure de reprendre ses campagnes contre les rois de Babylone. Malgré le dynamisme de Nabû-shuma-ukin (899 – 888 av. J.-C.) et Nabû-apla-idinna (888 – 855 av. J.-C.) face aux menaces qui se présentent à eux, l'instabilité dynastique joue en faveur des Assyriens, qui mènent de plus en plus de guerres en Babylonie. Durant la première moitié du VIIIe siècle av. J.-C., des chefs chaldéens parviennent à monter sur le trône de Babylone et s'opposent aux rois assyriens. Toutefois les luttes pour le pouvoir jouent finalement en faveur de ces derniers, et l'un d'eux, Teglath-Phalasar III, réussit finalement à s'emparer de Babylone en 728 av. J.-C. Les décennies suivantes sont marquées par diverses révoltes tentant de repousser la domination assyrienne ; elles sont menées par des Babyloniens, des Chaldéens, mais aussi des Élamites, qui cherchent à affaiblir le puissant Empire assyrien. Cette lutte culmine dans la destruction de Babylone par les troupes de Sennachérib en 689 av. J.-C. et le nouveau siège de cette cité en 649 av. J.-C., quand le roi de Babylone révolté est alors un prince d'origine assyrienne, Shamash-shum-ukin, le propre frère du roi Assurbanipal[30].

L'Empire néo-babylonien[modifier | modifier le code]

L'extension approximative de l'Empire babylonien sous le règne de Nabonide.
Article détaillé : Empire néo-babylonien.

Après la mort d'Assurbanipal en 627 av. J.-C., l'Assyrie plonge dans une crise successorale dont profite le gouverneur babylonien (sans doute d'origine chaldéenne) Nabopolassar (626 – 605 av. J.-C.). Il réussit en une décennie à repousser les différents prétendants au trône d'Assyrie hors de Babylonie, puis à lancer ses troupes vers le cœur du royaume du Nord. Il lui faut l'appui de Cyaxare, le roi des Mèdes, pour s'emparer des capitales assyriennes entre 615 et 612 av. J.-C., puis achever les dernières poches de résistance ennemies en 609[31].

Son fils et successeur Nabuchodonosor II (604 – 562 av. J.-C.) poursuit sur cette lancée en reprenant le contrôle de la majeure partie de l'ancien Empire assyrien, notamment les riches cités de Syrie et du Levant (en particulier les ports phéniciens). Les travaux entrepris à Babylone en font alors l'une des plus prestigieuses cités du monde antique. La succession de Nabuchodonosor est cependant chaotique, et plonge le royaume dans une instabilité à laquelle la prise du pouvoir par Nabonide (556 – 539 av. J.-C.) ne parvient pas à mettre fin. Contesté dans son propre royaume pour ses prises de position religieuses heurtant le clergé babylonien, ce roi doit finalement laisser son trône à un conquérant étranger, le roi Cyrus II, fondateur de l'empire des Perses Achéménides[32].

La Babylonie tardive[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Babylonie tardive.

À partir de la chute de Babylone face aux Perses en 539 av. J.-C., la Babylonie est placée sous la coupe de dynasties étrangères dominant de vastes empires dont elle n'est qu'une province, tout en étant l'une des plus riches et prestigieuses. Les rois achéménides (539 – 331) font face à quelques révoltes en Babylonie, mais sans remise en cause durable de leur domination[33]. Cette stabilité offre à la Babylonie une de ses plus grandes périodes de prospérité, qui se poursuit sous la domination des souverains grecs de la dynastie séleucide (311 – 141 av. J.-C.), qui ont mis la main sur la région après qu'Alexandre le Grand eut détruit l'Empire achéménide[34]. Babylone perd alors son statut de centre politique (au profit de Séleucie du Tigre), tout en conservant un rayonnement culturel notable, qui s'affaiblit peu à peu.

La domination séleucide s'achève durant la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C. face à l'arrivée des Parthes Arsacides[35]. Les divers conflits émaillant cette conquête puis les luttes internes au royaume parthe touchent à plusieurs reprises la Babylonie, dont la situation s'aggrave. Parallèlement, les derniers foyers de la culture mésopotamienne antique que sont Babylone et Uruk perdent leur importance et sont finalement abandonnés. Les derniers feux de l'antique civilisation babylonienne s'éteignent durant les premières décennies de notre ère.

Société et économie[modifier | modifier le code]

La civilisation babylonienne est l'héritière de la civilisation suméro-akkadienne qui s'est développée durant le IIIe millénaire en Mésopotamie méridionale. L’État babylonien est une monarchie de type patrimonial, organisée autour de la figure du roi de droit divin, qui dirige avec l'appui de ses proches. La société et l'économie sont encadrées par des institutions étroitement contrôlée par le souverain et les élites, le palais et le temple. Mais, à la différence des périodes précédentes, les unités économiques privées occupent une place de plus en plus importante. La famille patriarcale est l'unité de base de la société et de l'économie. Du point de vue du peuplement, la Babylonie est dominée par d'importantes villes qui sont des centres politiques, économiques et religieux, mais son économie repose surtout sur une agriculture irriguée très productive. En dehors de cela, les ressources primaires locales sont limitées, mais n'ont pas empêché le développement d'un artisanat de qualité, qui peut s'appuyer sur des réseaux d'échanges à longue distance actifs depuis plusieurs siècles.

Le roi, l'administration et les institutions[modifier | modifier le code]

Le roi Hammurabi de Babylone face au dieu Shamash, détail de la stèle du Code de Hammurabi, XVIIIe siècle.

Les royaumes babyloniens étaient des monarchies héréditaires dirigées par un roi (šarru(m)), censé diriger le domaine terrestre pour le compte des dieux, suivant la théologie politique mésopotamienne. Son rôle était de diriger l'administration, les armées, assurer l'exercice de la justice et la paix sociale, et d'entreprendre la construction et l'entretien des temples, canaux et murailles assurant la prospérité et la sécurité du pays, autant d'actes dont se glorifiaient régulièrement les monarques dans leurs inscriptions commémoratives[36]. Le plus célèbre de ces textes, le Code de Hammurabi, est ainsi, plus qu'un recueil de préceptes juridiques, une longue célébration des accomplissements de Hammurabi et en particulier de son sens de la justice[37].

Plan du palais sud de Babylone : A, B, C, D, E : cours principales. 1 : salle du trône, 2 : bâtiment voûté, 3 : bastion ouest, 4 : bâtiment perse, 5 : porte d'Ishtar.

Trois palais royaux ont été identifiés à Babylone, tous érigés durant la période néo-babylonienne, avec des remaniements aux débuts de l'époque achéménide. Celui dont les ruines étaient le mieux préservées, le « palais sud », a la forme d'un trapèze de 322 × 190 mètres, comprenant plus de 200 pièces, organisées autour d'une succession de cinq cours juxtaposées, la cour principale ouvrant sur la salle du trône et les suites royales[38]. Un autre palais royal a été mis au jour à Dur-Kurigalzu, daté de l'époque kassite (début du XIVe siècle av. J.-C.) : il s'agit d'un vaste complexe constitué de plusieurs unités partiellement dégagées, apparemment chacune organisée autour d'une cour centrale carrée entourée par des rangées de petites pièces ; cet édifice avait peut-être avant tout une fonction cérémonielle[39].

Les monarques s'appuyaient pour gouverner sur une administration centrale constituée de hauts dignitaires, notamment des membres de la famille royale ou des personnages qui lui étaient liés par des mariages, qui disposaient de postes de ministres et de généraux aux contours souvent flous dans notre documentation[40]. Dans cet « État patrimonial », ce qui importait avant tout était la délégation de pouvoir concédée par le roi, qui pouvait par ailleurs récompenser et renforcer le rôle des grands personnages par le biais de donations de terres et/ou d'exemptions de taxes et corvées, commémorées par actes officiels, notamment les kudurrus, à partir de l'époque kassite.

Le royaume babylonien était divisé en provinces à la tête desquelles se trouvaient des gouverneurs (šāpirum à l'époque paléo-babylonienne, bēl pīḫāti ou šaknu par la suite) dont le rôle suivait les mêmes contours que celui du souverain à l'échelle régionale, et aussi des sortes de « maires » ou « bourgmestres » (rabiānu(m), ḫazannu(m)) dirigeant des communautés urbaines et villageoises qui disposaient souvent d'organismes collégiaux représentatifs (assemblées d'Anciens ou de notables)[41]. Les agents royaux étaient chargés du prélèvement des taxes, qui pesaient notamment sur les revenus des terres agricoles du palais, sur ceux des artisans, et les échanges commerciaux (péages), de l'organisation des corvées dues par les sujets, des grands travaux, de la levée des troupes, du financement d'une partie du culte, de rendre la justice en première instance, etc. Il existait par ailleurs des juges professionnels (dayyānu(m)) chargés de rendre les sentences, même si l'exercice de la justice était en pratique éclaté entre les différents agents royaux (ceux situés à l'échelle locale étant notamment chargés de l'instruction des affaires), les administrateurs de temple, et en dernière instance le souverain[42].

La société et l'économie mésopotamiennes étaient encadrées depuis les temps archaïques par des institutions, ou « grands organismes ». Il s'agissait des palais, le palais royal et ceux des gouverneurs provinciaux, et des grands temples, qui disposaient de leur propre administration civile à côté de leur administration chargée de la gestion du culte[43], et au Ier millénaire av. J.‑C. les conseils qui les dirigeaient avaient souvent pris un rôle prépondérant dans l'administration des villes où ils se trouvaient. Ces institutions disposaient du contrôle de nombreuses terres agricoles, d'ateliers, entreprenaient des opérations commerciales, effectuaient des prêts, organisaient les travaux publics suivant un système de corvées, prélevaient des taxes et redevances. Ces domaines jouaient donc un rôle essentiel dans l'activité économique et plus largement dans la vie des communautés locales[44]. Ce rôle fut d'ailleurs plus affirmé après la fin du royaume babylonien, les sanctuaires servant un temps de relais de pouvoir avec les nouveaux maîtres Perses puis Grecs de la région, avant d'être écartés au profit de nouvelles formes d'organisation politique (les cités), leur déclin politique accompagnant la disparition de l'antique civilisation mésopotamienne[45].

Catégories et hiérarchies sociales[modifier | modifier le code]

Stèle représentant le roi Nabû-apla-iddina (888-855 av. J.-C.), à droite, face à un grand prêtre de Sippar auquel il confirme une donation de terres (à gauche), dont le texte est rapporté en dessous. British Museum.

Les élites de la société babylonienne étaient en général des proches du roi, ceux que les textes de l'époque de Nabuchodonosor II surnomment les « Grands du pays d'Akkad » (rabûti ša māt Akkadi), qui disposent des hautes charges dans l'administration centrale et provinciale, souvent issus de grandes familles liées à celle du souverain, et de lignages majeurs de l'élite provinciale. Les textes de donations royales permettent de tracer les contours de cette élite : il s'agit de ministres, de gouverneurs, de grands prêtres ou de grands intendants des temples (fonctions en général dévolues à des membres de la famille royale et des grandes familles provinciales). Cette catégorie de l'élite peut être caractérisée par le cumul d'une liberté juridique avec une importance économique, les plus puissants disposant en plus des leviers du pouvoir, même s'il est difficile de déterminer l'existence d'une sorte d'« aristocratie » ou de « noblesse » structurée dans la société babylonienne[46]. La proximité du roi et l'exercice de charges de première importance au service des institutions est donc essentielle. Cela vaut du reste pour toute l'élite sociale, même au niveau local, qui disposait de charges dans l'administration royale et surtout dans celle des temples (notamment les prébendes), qui se transmettaient souvent au sein d'une même famille de notables ayant une assise locale, ou faisait plus largement des affaires avec les grands organismes, principales sources de revenus et donc d'importance sociale et de prestige. À partir de l'époque néo-babylonienne émerge parmi la notabilité urbaine un groupe de familles riches, se désignant d'après un ancêtre commun fondateur, comme la famille des descendants d'Egibi à Babylone ou celle des descendants de Murashu à Nippur, dont l'enrichissement repose en grande partie sur des activités économiques liées aux institutions (on a pu qualifier certains de ces personnages d'« entrepreneurs »), sans pour autant qu'elles n'exercent de fonction importante au sein de l'administration royale[47].

« § 209 : Si quelqu'un a frappé une fille de notable (awīlum) et lui a fait expulser son fœtus, il payera 10 sicles (environ 80 g) d'argent pour le fœtus. § 210 : Si cette femme est morte, on tuera sa (= de l'agresseur) fille. § 211 : S'il a fait expulser son fœtus à la fille d'un homme du peuple (muškēnum) en (la) frappant, il payera 5 sicles (environ 40 g) d'argent. § 212 : Si cette femme est morte, il payera une demi-mine d'argent. § 213 : S'il a frappé l'esclave femme (amtum) de quelqu'un et lui a fait expulser son fœtus, il payera 2 sicles (environ 16 g) d'argent. § 214 : Si cette esclave est morte, il payera un tiers de mine d'argent. »

Peines et statuts sociaux dans le Code de Hammurabi[48].

L'existence de hiérarchies sociales apparaît en particulier dans le Code de Hammurabi, qui distingue parmi les hommes libres entre deux catégories de personnes : awīlum et muškēnum. Les premiers sont mieux considérés, et leur porter atteinte et plus lourdement pénalisé que s'il s'agit des seconds, et a fortiori d'esclaves. On ne sait cependant pas exactement à quoi correspond le statut des premiers : une aristocratie de fonction liée au palais, ou bien des « gentlemen » au sens large[49] ? Quoi qu'il en soit cette distinction disparaît par la suite. Les textes d'époque néo-babylonienne mentionnent cependant les mār banê (« fils de (gens de) bien ») qui correspondent aux awīlū de l'époque paléo-babylonienne[50].

Les couches modestes de la population approchées par les sources textuelles sont quant à elles caractérisées par leur situation de dépendance économique au sein des institutions ou au service de grandes familles. Elles se retrouvent notamment parmi les nombreux dépendants travaillant dans les grands organismes, ou parmi le prolétariat urbain louant ses bras pour divers types d'activités agricoles ou artisanales, à l'image des « oblats » (širku) de l'époque récente, qui peuvent être des hommes libres ou des esclaves mais appartiennent à un temple pour lequel ils doivent travailler, et sont parfois caractérisés comme des sortes de « serfs » ou des « semi-libres »[51]. Les conditions de vie de la paysannerie plus autonome, n'interagissant qu'épisodiquement avec les secteurs institutionnels qui sont les principaux pourvoyeurs de sources écrites, sont quasiment impossibles à approcher[52].

Dans ce cadre social, les femmes libres sont censées devenir des épouses, et il est significatif qu'elles apparaissent peu dans les sources avant leur mariage, auquel cas elles sont du reste souvent plutôt traitées comme un objet de négociation et de transaction, avec la dot et au « prix de la mariée », et restent dans une position inférieure à leur époux, qui peut les répudier si elles n'enfantent pas tandis qu'elles risquent la mort en cas d'adultère ou de comportement jugé irrespectueux envers lui, comme vu plus haut. Il était surtout attendu des épouses qu'elles enfantent et se consacrent à l'éducation des enfants, même si elles pouvaient participer aux affaires de la famille en assistant leur mari dans son métier. Elles sont quasiment absentes des activités intellectuelles, peu de femmes sachant sans doute lire. Ce cadre familial pouvait par ailleurs être bousculé par la présence de femmes esclaves achetées pour servir de concubines au maître de maison. Les femmes évoluant en dehors du cadre familial traditionnel étaient elles aussi surveillées, même si elles pouvaient disposer de plus d'indépendance. Le statut des veuves dépendait du bon vouloir de leur famille (leurs enfants si elles en avaient) et aussi de leur âge, les plus jeunes étant en général destinées à se remarier. Les religieuses nadītum de l'époque paléo-babylonienne, consacrées à des dieux, étaient en général des filles de bonne famille richement dotées, qui avaient certes parfois le droit de se marier, mais pas celui d'enfanter, tout en pouvant adopter. Le statut des prostituées est moins bien connu car elles apparaissent peu dans les sources[53].

Les esclaves (wardum dans le Code de Hammurabi, amelu puis ardu par la suite ; amtu pour les esclaves femmes) avaient un statut à part, puisqu'ils ne disposent pas de leur liberté juridique, tout en étant des dépendants économiques, puisqu'ils devaient travailler pour leur maître, quoi que certains esclaves plus privilégiés aient pu mener des affaires avec une certaine latitude. Le Code de Hammurabi les place clairement au rang inférieur de la société en termes d'honorabilité et leur réserve les peines les plus dures. Les esclaves étaient souvent des prisonniers de guerre, ou des enfants d'esclaves, même si l'esclavage pour dette est attesté[54]. Les textes économiques indiquent que cette population a surtout été importante dans le cadre des domaines du palais et des temples, où ils étaient employés pour tous les types de professions, mais il s'en trouvait jusque dans le cadre domestique. La question de la fuite des esclaves est récurrente dans les textes, ce qui met en évidence la dureté des conditions de vie auxquelles étaient soumises ces personnes.

La Babylonie fut par ailleurs marquée par la venue des groupes ethniquement différentes de la majeure partie de la population, dont plusieurs eurent un rôle majeur dans l'histoire politique de la région, d'autres restant dans une certaine mesure à l'écart des structures et hiérarchies sociales vues plus haut (même si le nomadisme n'était pas une réalité courante dans la région). Les Amorrites, originaires de l'espace syrien et arrivés en grands groupes (souvent présents dans les textes sous un jour violents) dans le Sud mésopotamien durant le dernier siècle du IIIe millénaire av. J.‑C., offrirent à Babylone sa première dynastie et occupèrent le trône des principaux royaumes de l'époque paléo-babylonienne. Ils se fondirent rapidement dans la population locale, au point de ne plus être désignés comme un groupe ethnique, leur présence n'étant identifiable que par la présence de personnes portant des noms en langue amorrite[55]. Quant aux Kassites qui fondèrent la seconde dynastie, ils n'exerçaient pas non plus des activités spécifiques, et il n'est pas clair qu'ils aient connu une forme d'organisation tribale. Ils paraissent eux aussi s'être rapidement fondus dans la société babylonienne[56]. En revanche des sortes de confédérations tribales, les « maisons » (bītu), nommées d'après un ancêtre, et dirigées par des cheikhs, les « chefs de maison » (bēl bīti), se retrouvent chez les groupes chaldéens aux IXe – VIIIe siècle av. J.-C., quand ils étaient nombreux dans l'extrême Sud mésopotamien. Plusieurs de leurs chefs parvinrent sur le trône de Babylone. Mais ces communautés semblent avoir un mode de vie proche de celui des autres habitants de la région, étant établies dans des villages, avec des villes murées servant de capitales, et s'adonnant à l'agriculture et aussi au commerce. On trouvait sans doute un mode de vie plus spécifique chez les populations vivant à la même période dans le Nord de la Babylonie à la même époque, plus au contact des régions steppiques de la Mésopotamie moyenne, où les groupes de nomades ou semi-nomades étaient puissants (Itu, Gambulu). Des groupes d'Araméens s'implantèrent ainsi dans les régions de Babylonie du Nord situées à l'est du Tigre. Ils avaient leurs propres cheikhs (désignés là par le terme nasiku), habitaient des petits villages et des campements, apparaissant dans les sources comme exerçant des activités essentiellement pastorales[57]. D'une manière générale néanmoins, les populations non-autochtones venues s'installer de gré ou de force, notamment à la suite des déportations de l'époque néo-babylonienne comme le cas bien connu des Judéens, et leurs descendants, ne se distinguaient pas par leur mode de vie du reste de la population. Ils travaillaient dans les activités agricoles, artisanales, commerciales, et même l'administration ou l'armée, seuls leurs noms trahissant en général leurs origines dans les sources cunéiformes[58]. Les Grecs occupent dans un premier temps une position similaire, les premiers arrivés en Babylonie y étant venus de force ou librement sous les empires néo-babylonien et achéménide ; mais après la conquête macédonienne et la mise en place du royaume séleucide, ils se retrouvèrent politiquement et culturellement dans une position dominante, implantant des cités grecques dans le Sud mésopotamien et ayant une influence marquée sur les élites locales[59].

La famille et la maisonnée[modifier | modifier le code]

La base de la famille babylonienne était le couple marié. Le déroulement des mariages sont bien documentés par les textes juridiques, qu'il s'agisse des « lois » ou des contrats de mariage[60]. L'union était négociée entre les deux familles, et donnait lieu au versement d'une dot (šeriktu(m), nudunnu(m)) par la famille de la mariée, qui pouvait comprendre de nombreux biens dans le cas des unions entre familles riches (mobilier, esclaves). C'est l'épouse qui quittait son foyer pour rejoindre celui de son époux, et recevait parfois un présent de la part de son époux (biblum). Dans les textes paléo-babyloniens, la famille de la mariée reçoit un cadeau d'épousailles (terḫatum) au moment de la décision de l'union, pratique qui n'est plus attestée aux époques suivantes. La norme juridique et sociale est largement favorable au chef de famille, détenteur de l'autorité au sein de sa maisonnée. L'union peut être dissoute sur la volonté du mari qui répudie son épouse, mais s'il ne peut mettre en évidence une faute de cette dernière il doit lui verser une compensation. L'épouse ne peut en revanche pas solliciter la rupture de l'union, et risque la mort si elle rejette son mari, le Code de Hammurabi posant comme exception le cas où il est clairement établi que ce dernier l'a négligé. Le chef de famille pouvait en principe prendre une seconde épouse si l'union avec la première s'était avérée stérile, ainsi que des concubines, qui sont en général des esclaves, au sujet desquelles plusieurs textes sapientiaux mettent en garde les maîtres de maison susceptibles de leur accorder une place supérieure à celle de leur épouse légitime (surtout si elles leur avaient donné des enfants). Une autre solution possible dans le cas des unions stériles (ou plutôt sans fils héritier) était l'adoption[61].

« Sabitum (est la) fille d'Ibbatum. Ibbatum son père l'a donnée à la maison d'Ilushu-ibni son beau-père, en tant qu'épouse de Warad-kubi son fils. 2 lits, 2 chaises, 1 table, 2 paniers, 1 meule, 1 mortier, 1 vase-doseur, 1 vase à moudre, tous ces objets qu'Ibbatum a donné à Sabitum sa fille, elle les a emportés dans la maison d'Ilushu-ibni son beau-père. Ibattum a reçu son cadeau d'épousailles de dix sicles d'argent, (puis) après l'avoir embrassée, il a noué (l'argent) sur la frange de l'habit de sa fille Sabitum ; il fut ainsi rendu à Warad-kubi. Si jamais Sabitum dit à son mari Warad-kubi : « (Tu) n'es pas mon mari », on l'attachera et on la jettera dans l'eau. Et si jamais Warad-kubi dit à son épouse Sabitum : « (Tu) n'es pas ma femme », il payera un tiers de mine d'argent pour le divorce. Emuq-Adad, son frère, doit être responsable de ses paroles. (Cinq témoins, dont le scribe. Date : 15 Tishri, année inconnue, règne d'Ammi-ditana.) »

Un contrat de mariage paléo-babylonien[62].

Les enfants attendus de l'union du couple font également l'objet de dispositions de la part des textes juridiques. Le Code de Hammurabi protège ainsi l'autorité du père face à la rébellion de leur fils, qui voit sa main tranchée s'il frappe son père, tandis que ce dernier peut donner en gage un de ses enfants ou son épouse en cas d'incapacité à rembourser une dette qu'il a contractée. Mais c'est surtout la question de l'héritage qui retient l'attention des textes juridiques : à l'époque paléo-babylonienne cohabitent selon les coutumes locales des règles de partage égalitaires ou non entre les fils, le Code de Hammurabi ne prévoyant que des cas spécifiques, offrant la possibilité à un père d'avantager un des ses fils qu'il préfère[63] ; à l'époque néo-babylonienne, il semble admis que le fils aîné ait droit à une part équivalent au double de celle reçue par ses frères bien qu'il soit possible de déroger à cela par testament[64]. Quoi qu'il en soit la division du patrimoine à la mort du chef de famille, qu'elle se fasse en avantageant l'aîné ou pas, semble avoir été la norme. Il est en général attendu que les fils prennent la succession de leur père dans son métier, qu'ils s'occupent de leurs parents durant leurs vieux jours, et qu'ils prennent en charge le culte ancestral de la famille, assurant ainsi le repos de leurs aïeux dans l'au-delà[65]. Quant aux filles, leur part d'héritage est en principe leur dot, reçue au moment où elles quittent leur famille pour rejoindre celle de leur époux.

Une des résidences mises au jour dans le quartier du Merkes de Babylone, VIe siècle av. J.-C. 1. vestibule 2. cour principale 3. pièce de réception 4. cuisine 5. pièces résidentielles privées.

La forme de foyer la plus répandue, d'après les maigres sources disponibles, semble avoir été la famille nucléaire, formée autour de l'union d'un couple marié, avec ses enfants (en général entre deux et quatre), et un ou plusieurs esclaves pour les familles les plus aisées. Les familles étendues (avec les parents de l'époux) semblent moins répandues, de même que les foyers associant plusieurs familles, ce qui semble logique si la division du patrimoine est la forme dominante d'héritage (au moins en milieu urbain, mieux documenté)[66]. Au sens large, la « maisonnée » (c'est un autre sens des termes sumérien é- et akkadien bītu(m), qui signifient « maison » avec les mêmes acceptions qu'en français) est une unité sociale, économique et religieuse forte ; suivant les expressions babyloniennes consacrées, l'épouse « entre dans la maison » de son époux au moment de son mariage, les esclaves domestiques sont des « gens de la maison »[67].

Des quartiers résidentiels ont été dégagés sur plusieurs sites urbains, pour l'époque paléo-babylonienne (pour des phases en général antérieures à la domination babylonienne, notamment à Ur et Nippur, aussi à Sippar et Larsa)[68] et néo-babylonienne (Ur, Uruk, Babylone)[69]. Les plus grandes maisons, comme celles dégagées dans le secteur du Merkes à Babylone qui ont une surface au sol moyenne de 200 m² (avec un maximum à 1 900 m²), disposent de plus de pièces (jusqu'à une vingtaine) et même de plusieurs cours intérieures[70]. On y retrouve avec des variantes le « modèle » mésopotamien de maison en briques crues (parfois cuites) organisées autour d'un espace central, ouvert ou non (la « cour », tarbaṣu dans les textes), disposant de plusieurs pièces souvent exigües, dont une pièce de réception souvent proche de l'espace central, même s'il existe des variantes déterminées notamment par les moyens des familles, les possibilités d'extension dans le quartier résidentiel, les remaniements suite à des successions, faisant qu'on trouve également des résidences de forme linéaire[71]. D'autres pièces ont dû avoir des fonctions de stockage, servir de salles d'eau ou de chambres à coucher, mais l'identification est souvent difficile lors des fouilles, d'autant plus qu'il ne faut pas exclure la possibilité que de nombreuses pièces soient multi-fonctionnelles, en particulier dans les petites résidences. La question de la présence d'un étage est débattue. Ces résidences avaient un toit en terrasse, fait de terre cuite supportée par des poutres, qui devait être accessible. Les textes de la pratique indiquent par ailleurs les types d'espaces annexes destinés aux activités économiques jouxtant les espaces résidentiels : greniers, réserves, ateliers, ou encore des huttes en roseaux attenantes aux maisons[72]. Les textes d'inventaires de mobiliers, dressés notamment pour les dots, et les fouilles archéologiques permettent de connaître les meubles et divers objets du quotidien présents dans ces résidences : de la vaisselle (jarres, gobelets, écuelles, chaudrons, couteaux, etc.) ainsi que des instruments de broyage pour la préparation des aliments (meules et mortiers en pierre) ; des meubles en bois : lits (représentés sur plusieurs plaques en terre cuite d'époque paléo-babylonienne), tables, sièges et coffres et boîtes ; de nombreuses pièces textiles, qu'il s'agisse de vêtements ou bien de couvertures ou de toiles murales, ainsi que des sacs ; les sols pouvaient être couverts de nattes en roseaux ou de tapis[73].

Les campagnes et l'agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture en Mésopotamie.
Les ensembles régionaux de l'agriculture mésopotamienne antique.

Les conditions écologiques de la Basse Mésopotamie ne sont pas vraiment propices au développement d'une agriculture sèche. Le climat aride ne permet pas des précipitations suffisantes, tandis que les très violentes crues des fleuves proviennent au printemps, au moment de la moisson des céréales, ce qui fait qu'elles ne sont d'aucune utilité pour l'agriculture[19]. Les habitants de la Basse Mésopotamie ont donc développé un système d'irrigation complexe afin de profiter de la platitude du relief pour disposer d'une grande zone agricole[74]. Sa fonction première était l'alimentation en eau des champs par des canaux. Les cours d'eau coulant au-dessus de la plaine, une irrigation par gravitation est suffisante : il suffisait de pratiquer une ouverture sur le bord du canal pour laisser l'eau irriguer le champ. Dans certains cas, le champ est irrigué par un appareil à bascule, le shadouf. Ce système était complété par des installations de stockage d'eau (par des réservoirs, barrages) qui servaient également à lutter contre les crues, et à drainer des eaux hors des terres irriguées. Les canaux étaient également utilisés pour le transport fluvial. L'entretien et le creusement des canaux sont devenus au fil du temps des tâches majeures dont se vantaient les souverains, qui y voyaient un moyen de contribuer à la prospérité de leurs sujets, même si au quotidien ce sont les institutions locales et les individus qui doivent prendre soin de ces aménagements[75].

Croquis hypothétique d'un finage de la Babylonie.

Le paysage rural de la Basse Mésopotamie est donc constitué d'une zone de culture irriguée où les champs et jardins-palmeraies, généralement de forme allongée, bordent par leur petit côté les canaux nécessaires à leur mise en culture. Au-delà des zones en culture, on trouve les espaces incultes de steppe et de nombreux marécages qui fournissent diverses ressources (poissons, roseaux). Les villages et hameaux sont établis sur des levées de terre proches des cours d'eau naturels ou artificiels[76]. D'après les résultats des prospections archéologiques réalisées dans plusieurs régions de Babylonie, au début du IIe millénaire les établissements de moins d'une dizaine d'hectares sont encore largement minoritaires face aux espaces urbains importants qui regroupent la majorité de la population. À partir du XVIIe siècle en revanche, ils occupent une part de plus en plus importante dans l'habitat, notamment ceux inférieurs à 2 hectares, qui peuvent être qualifiés de « villages » (encore que l'agglomération de petite taille fouillée à Harradum présente des traits urbains), ce qui reflète manifestement une augmentation de la part de la population vivant dans l'espace rural, avec l'apparition de nombreux établissements ruraux durant la période kassite qui marque donc une importante transition dans l'évolution du peuplement des campagnes babyloniennes. Les textes indiquent par ailleurs d'autres types d'habitats ruraux : des maisons et fermes isolées, des huttes en roseau, des campements, des établissements fortifiés[77].

Empreinte de sceau de la période kassite (fin du XIVe siècle av. J.-C.) représentant une équipe de laboureurs conduisant un araire à semoir.

L'agriculture de la Basse Mésopotamie est dominée par la culture de l'orge (sumérien ŠE, akkadien še'u(m)), céréale généralement préférée au blé et à l'épeautre en raison de sa meilleure résistance aux sols salins de la région et du fait qu'elle nécessite moins d'eau[78]. Les outils utilisés pour travailler les champs sont ceux qui sont employés depuis plusieurs siècles en Mésopotamie : l'araire à semoir (epinnu(m)) tirée par des bœufs, la houe et la faucille[79]. Le labour de la terre était effectué par des équipes de laboureurs et trois ou quatre bovins. On pratiquait généralement la jachère biennale. En temps normal, les rendements des meilleures terres pouvaient être très élevés, et atteindre les 16/1 ou 20/1 voire plus. L'orge constitue la première source de nourriture pour les Anciens mésopotamiens, qu'elle soit consommée sous forme de pain, de galette, de bouillie ou encore de bière, boisson très répandue en Basse Mésopotamie[80].

Palmeraie dans l'actuel Iraq, dans la région de Bagdad.

L'autre grande culture de la région était celle du palmier-dattier[81], qui supporte lui aussi les sols salins, et dont la croissance nécessite un fort ensoleillement et un apport important en eau, raison pour laquelle les palmeraies sont placées au bord des canaux. Le palmier fournit d'autres produits en plus des dattes : son bois peut servir pour des outils et des constructions, les bouts de l'arbre et certaines de ses fibres servent à tresser des paniers, et les rejets poussant à la base de l'arbre sont utilisés pour produire du vin de palme. En plus de cela, les palmeraies sont de véritables jardins, puisqu'on profitait de l'ombre fournie par les palmiers - qui pouvaient atteindre jusqu'à 20 mètres de haut - pour faire pousser divers légumes et fruits à leurs pieds : salade, pois chiche, lentille, fève, oignon, ail, figues, pommes, grenades, etc.[82]

À côté des cultures, les paysans mésopotamiens entretenaient quelques têtes de bétail, avant tout des moutons fournissant de la laine et des chèvres fournissant du lait, mais aussi des bovins, plus onéreux, et des cochons, des ânes ainsi que de la volaille[83]. L'accès régulier à la viande était limité pour la majorité de la population, réservé aux tables des élites et des dieux. Les plus grands troupeaux d'animaux sont ceux des grands organismes, qui pouvaient les confier à des pasteurs professionnels. Les bêtes vont paître à la limite des zones cultivées ou sur des champs en jachère. Les troupeaux institutionnels pouvaient être envoyés en été vers des régions fraîches situées au nord de la Babylonie en été, une sorte de transhumance[84].

Les structures agraires du Sud mésopotamien reflétaient le caractère « domanial » de l'économie[85]. Elles étaient marquées depuis les périodes archaïques par la forte emprise de la propriété des temples, qui occupait souvent une grande partie des terroirs, même s'il est impossible de déterminer exactement dans quelle proportion. Leurs archives sont en tout cas prépondérantes dans la documentation sur l'activité agricole. Il a été estimé qu'au VIe siècle av. J.-C. le temple de Shamash à Sippar disposait de 7 000 hectares de terres et celui d'Ishtar à Uruk 19 000[86]. Ces terres peuvent être exploitées directement par les dépendants de l'institution, ou bien concédées en fermage, ou encore attribuées à une personne en échange d'un service accompli pour le temple, notamment dans le cadre du système des prébendes rémunérant l'exercice de fonctions dans le culte[87]. Les palais des rois et des gouverneurs devaient également disposer de grandes terres concédées suivant des modalités similaires[88], mais leur fonctionnement est mal connu. Le rôle de la politique royale dans l'évolution des structures agraires se voit surtout dans les actes de donations de terres rapportés par les kudurru à partir de l'époque kassite, destinés avant tout aux temples (l'Esagil de Babylone recevant au moins 5 000 hectares dans une donation de cette époque), et aux dignitaires de l'administration royale et des temples, avec des exemptions, et parfois la concession des villages dont les habitants exploitent les domaines[89]. Le pouvoir royal exerçait du reste souvent une tutelle sur les domaines des temples dont il pouvait surveiller et parfois contrôler la gestion, notamment par le biais des gouverneurs. De fait, les agents « publics » des temples et des palais, notamment les intendants des domaines, les chefs d'équipes de travailleurs, et les responsables de l'irrigation (gugallu) et plus largement de la mise en culture, jouaient un important rôle dans le monde rural au niveau local[90]. Du côté des domaines « privés », le rôle des notables babyloniens dans l'agriculture est surtout connu pour l'époque récente, notamment par les archives des descendants d'Egibi et de Murashu[47], mais pour l'époque ancienne quelques cas sont connus, comme celui du grand chantre Ur-Utu de Sippar-Amnanum (seconde moitié du XVIIe siècle av. J.-C.), qui disposait d'environ 90 hectares de terres céréalières (dispersées en plusieurs champs)[91]. Ces personnages avaient donc pu se constituer des propriétés agricoles importantes, qu'ils faisaient exploiter par leurs propres dépendants ou des locataires, par l'exercice de charges pour les temples ou le palais, notamment les prébendes ou donations déjà évoquées ou bien par la prise en location de terres ou encore par des achats ; ces domaines sont donc souvent difficiles à distinguer des domaines institutionnels tellement les deux étaient imbriqués. Les notables prisaient en particulier les investissements dans les palmeraies-jardins, plus rentables que les champs céréaliers, et dans la commercialisation des produits agricoles vers les villes. L'accès à la terre des petits exploitants agricoles n'est connu que lorsqu'ils sont salariés ou fermiers des grands domaines, la petite propriété rurale échappant en général à la documentation écrite. Les institutions villageoises, dirigées notamment par des sortes de conseils de chefs de famille et des représentants du pouvoir royal (les « bourgmestres »), devaient également jouer un rôle dans l'organisation de l'économie agricole et plus largement la vie rurale[92].

« Les [domaines dont] je suis responsable, qu'ils soient habités ou abandonnés, qui appartiennent au Seigneur de tous les Pays (Enlil), souffrent tous à cause de l'eau. Et la ville de Mannu-gir-Adad, que le roi, qui t'aime, et toi, mon seigneur, m'avaient donnée en tenure, est désertée à cause de la pénurie d'eau. Bien que (les dieux) t'aient gratifié de la pluie des cieux et de la remontée des eaux souterraines, la ville que mon seigneur m'a confiée en don est désertée à cause de la pénurie d'eau ! Où vais-je aller (pour vivre) l'année prochaine ? Et qu'en est-il des portes de cuivre de la ville, des moutons, et des veaux de deux ans qui paissaient ces champs depuis le temps du gouvernorat de ton père Nazi-Enlil jusqu'à ce jour ? »

L'importance cruciale de l'irrigation pour le développement agricole : complainte de l'administrateur d'un domaine du temple d'Enlil au gouverneur de Nippur alors que ses terres ne sont plus irriguées (XIIIe siècle av. J.-C.)[93].

Au bout du compte, l'agriculture de la Basse Mésopotamie pouvait être très productive au prix d'aménagements et de soins constants, dans un milieu difficile mais qui devenait très fertile une fois bien mis en valeur, notamment aux abords des villes où les terres sont mieux irriguées, et dans les palmeraies qui dégagent en général plus de revenus que les champs céréaliers[94]. Un problème posé par l'irrigation est la salinisation des sols : l'eau d'irrigation apportait des sels minéraux qui après évaporation restaient dans la terre et faisaient baisser ses rendements. Si certaines pratiques avaient été mises en place pour faire face à ce risque, comme la pratique d'un drainage du sol pour évacuer une partie des sels, ce phénomène qui a commencé durant le IIIe millénaire a pu contribuer à rendre incultes de nombreuses terres à la fin de la période paléo-babylonienne, jouant un rôle dans la crise économique de cette époque[95]. Mais il reste difficile d'évaluer l'impact réel de cette dégradation, et les limites de l'agriculture de la Basse Mésopotamie paraissent avant tout humaines : il y avait généralement plus de terres à mettre en culture que de main-d'œuvre et de matériel agricole disponibles[96]. En cas de conflits, de crises économiques et politiques (marquées par le déclin des institutions) le système agricole pouvait être perturbé et subir un recul important, comme ce fut manifestement le cas dans l'extrême-sud durant la seconde moitié de la période paléo-babylonienne, phase de recul qui fut suivie d'une phase de reprise sous les premiers rois kassites, entreprenant au XVe siècle av. J.-C. d'importants travaux de construction de canaux afin d'augmenter les surfaces irriguées dans cette région[97]. En revanche en période de calme durable, l'agriculture de la Babylonie pouvait atteindre des rendements très importants, comme ce fut le cas aux périodes récentes durant lesquelles la Babylonie fut un « grenier à blé » des empires étrangers qui la dominaient[98],[99].

Les villes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ville en Mésopotamie.
Localisation des principales villes de la Basse Mésopotamie à la période paléo-babylonienne.
Localisation des principales villes de la Babylonie récente.
Plan d'une ville de Babylonie : Nippur. La zone centrale est occupée par les grands temples (Ekur, Temple d'Ishtar), voisinant d'autres temples, édifices publics et zones résidentielles repérés dans différents secteurs lors des fouilles (TA, TB, TC, WB, WC).
Plan de la ville intérieure de Babylone au VIe siècle av. J.-C., avec les données topographiques issues des fouilles et du texte Tintir. « Livius »

La Mésopotamie méridionale était caractérisée depuis les derniers siècles du IVe millénaire av. J.‑C. par la présence de grands sites urbains, à la suite d'un phénomène de forte concentration de population sur un nombre limité de site, qui s'est quelque peu estompé dans le courant du IIe millénaire av. J.‑C., en particulier dans les derniers temps de la période paléo-babylonienne, période de crise qui vit l'abandon de nombreux sites urbains de l'ancien pays de Sumer et de la partie orientale de la Babylonie[97]. La réoccupation de ces sites et la reprise de la vie urbaine se produisit dans les premiers temps de l'époque kassite[100], conjointement à un phénomène de « ruralisation » de la Babylonie[77]. La seconde grande période de crise qui affecta la Babylonie aux XIe – Xe siècle av. J.-C. entraîna certes un déclin de la vie urbaine, mais pas autant de changements dans l'organisation de l'habitat, et les villes reprirent en importance au sortir de cette époque. Parmi les principaux sites du Sud de la Babylonie, Nippur[101], et surtout Uruk[102] occupèrent une place majeure jusqu'à la fin du Ier millénaire av. J.‑C. ; d'autres sites tout aussi anciens comme Ur[103], Larsa[104] et Eridu[105] ne retrouvèrent en revanche pas leur splendeur passée et survécurent surtout autour de leurs sanctuaires et de leur statut de villes sacrées, alors que les villes du sud-est (comme Lagash et Girsu) ne furent quasiment plus occupées durant le reste de l'histoire babylonienne. La cœur de la Babylonie était dominé par la capitale, Babylone[106], et sa voisine Borsippa[107], l'agglomération de Sippar[108] située au nord, et dans une moindre mesure Kish[109] et d'autres villes non connues par les fouilles comme Dilbat, Kutha, Opis et enfin Der plus à l'est. Les principales cités babyloniennes antiques furent désertées au plus tard aux débuts de notre ère, ou alors réduites à de modestes villages, supplantées par les nouvelles agglomérations qui émergèrent aux époques séleucide, parthe et sassanide. En particulier, l'implantation de Séleucie du Tigre[110] puis celle de Ctésiphon[111] devaient consacrer le rôle-pivot de la région de confluence de la Diyala et du Tigre, où se développa ensuite Bagdad.

Les villes babyloniennes étaient des agglomérations de grande taille, couvrant au moins une centaine d'hectares, parfois beaucoup plus, Babylone atteignant à son apogée au VIe siècle av. J.-C. environ 975 hectares, Uruk au IIIe siècle av. J.-C. environ 300 hectares. La seule grande ville nouvelle construite par des rois babyloniens, Dur-Kurigalzu, s'étendait à l'époque kassite sur environ 225 hectares, mais seuls les secteurs monumentaux ont été dégagés et il est peu probable que tout cet espace ait été occupé, la ville ayant par ailleurs une histoire courte[112]. Les sites de niveau intermédiaire, correspondant à des bourgades, sont mal connus en l'absence de fouilles, même si les prospections ont repérés quelques sites occupant au moins une trentaine d'hectares. Les plus petits sites sont quant à eux considérés comme plus proches du monde rural, même si une petite agglomération de l'époque de Hammurabi fouillée dans la région du Moyen-Euphrate, Harradum, couvrant à peine plus de un hectare, a les caractéristiques physiques et sociales d'une ville (muraille, réseau de rues étroites, temple, bâtiments administratifs, lors d'archives témoignant d'une pratique de l'écriture, etc.). Les limites entre l'urbain et le rural en Mésopotamie ancienne sont donc difficiles à tracer[77].

Les fouilles des sites urbains ont surtout étudié les espaces monumentaux, et ne permettent pas de bien connaître l'espace urbain où vivait la majorité de la population et donc de disposer d'une vision d'ensemble d'une ville à un moment donné. Seuls quelques sites d'époque paléo-babylonienne ont permis de mieux connaître leur organisation interne, et il s'agit pour la plupart de phases antérieures à l'époque de domination babylonienne : Larsa et Mashkan-Shapir, deux sites de plus de 100 hectares appartenant au royaume de Larsa qui ont fait l'objet de prospections, et deux petits sites de moins de 2 hectares, Harradum et Shaduppum, dont une grande partie de l'espace a pu être dégagée en raison de leur taille réduite. Des quartiers d'habitation de la même période ont été explorés à Ur, Nippur et Sippar. Pour la période néo-babylonienne, seuls des quartiers d'Ur et de Babylone (secteur du Merkes) sont bien connus par les fouilles. Quoi qu'il en soit, on y retrouve les traits caractéristiques des premiers temps de l'urbanisme de la Mésopotamien méridionale. Les villes sont situées au milieu de terroirs irrigués, le long de cours d'eau (fleuves, chenaux, canaux artificiels). Elles disposaient d'espaces portuaires, appelés « quai », qui servaient d'espaces d'échanges, le transport fluvial jouant un rôle essentiel dans l'approvisionnement des villes. Les cités disposaient pour la plupart d'une muraille, percée de portes fortifiées. L'espace urbain était traversé par des rues principales partant des grandes portes, et des canaux qui servaient également d'axes de communication. Ils séparent la ville en plusieurs secteurs, et convergent en général vers le quartier sacré de la ville, situé généralement en son centre. On y trouve le temple principal de la divinité tutélaire de la ville, isolé du reste de l'espace urbain par une enceinte interne à partir de l'époque néo-babylonienne. Le secteur palatial principal de Babylone est en revanche excentré, situé à cheval sur la muraille nord de la ville intérieure. De nombreux autres temples secondaires étaient dispersés dans le reste de l'espace urbain. Les quartiers résidentiels, qui devaient occuper la majeure partie de l'espace construit, se présentent en général sous la forme d'un habitat tassé, parcouru par en général par des rues étroites séparant des îlots occupés par des résidences de tailles diverses, puisqu'il n'y avait apparemment pas de séparation sociale dans les quartiers entre riches et pauvres. Les cas d'espaces urbains constituées de rues au tracé régulier sont limités (notamment à Harradum, qui était apparemment une ville nouvelle planifiée). Certains quartiers artisanaux ont pu être repérés lors des prospections à Larsa et Mashkan-Shapir, spécialisés dans le travail du métal, du silex, de la céramique. La localisation de marchés est quant à elle discutée (voir plus bas). Par ailleurs, les textes indiquent d'une partie de l'espace urbain n'était pas bâtie, laissée en friche ou bien mise en valeur sous la forme de jardins, de vergers, de champs ou d'espaces de pâture. Les cimetières devaient en général être situés à l'extérieur des murailles, même si dans certains cas il y en avait en ville, et que plusieurs familles avaient l'habitude d'enterrer leurs morts sous le sol de leurs résidences[113].

Les cités étaient les centres du pouvoir, où se trouvaient le palais du roi ou du gouverneur, ainsi que les grands temples, avec leur administration. Ces institutions ont donc joué un rôle fondamental dans leur administration et plus largement celle de leur arrière-pays rural et des autres agglomérations qui s'y trouvaient. On trouve par ailleurs des fonctionnaires spécifiques, les « maires » ou « bourgmestres » (rabiānu(m), ḫazannu(m)), à qui le Code de Hammurabi attribue des fonctions de sécurité publique, qui jouent aussi un rôle dans l'exercice de la justice de première instance, et plus largement de contrôle social, et sont aussi responsables de la levée des taxes. Ils remplissent ce rôle conjointement à des assemblées représentant les chefs de famille (les « Anciens », šibūtu(m)) de la ville. Par ailleurs, les « quartiers » (babtu(m)) des grandes villes disposent aussi d'un rôle similaire à l'époque paléo-babylonienne, et ont leur propre chef et conseil[114]. À l'époque récente les textes mentionnent les « assemblées » (puḫru) de notables ou d'Anciens, qui ont surtout un rôle judiciaire, tandis que les collèges (kiništu) des temples jouent également un rôle important dans l'administration et l'exercice de la justice au niveau local[115].

Les échanges[modifier | modifier le code]

Les échanges de biens se déroulaient à plusieurs échelles, inégalement documentées. Au sein des grands organismes prenait lieu un système de redistribution des denrées agricoles et artisanales, par le biais du système des rations, qui équivalent à des paiements des dépendants de l'institution : leur travail était payé en rations de céréales, d'huile, de laine, et parfois d'autres produits de base comme de la bière, des dattes, etc.[116] Ce système tend néanmoins à reculer au Ier millénaire av. J.‑C. au profit des paiements salariaux en argent, même s'il reste important, constituant donc une part notable de la circulation des produits à l'échelle locale. Pour le reste, l'autoconsommation ne pouvant suffire à combler les besoins des familles, a fortiori pour celles qui n'étaient pas engagées dans les activités agricoles, il importait de s'approvisionner par le biais du commerce local. Celui-ci devait concerner essentiellement des produits de première nécessité produits ou exploités dans les campagnes et les ateliers urbains : grains de céréales, pains, fruits, légumes, poissons, bière, laine, bois, vêtements, outils, objets en céramique et roseau, etc. On ne sait pas exactement comment ce commerce de détail pouvait se dérouler, car il échappe à la documentation écrite. Les fouilles archéologiques n'apportent pas de réponse à la question, puisqu'elles n'ont pas mis au jour de marché ou de boutique dans des villes de Babylonie[117]. Le « quai » (karū(m)), terme désignant un espace d'échange situé souvent au bord d'un fleuve comme leur nom l'indique, et plus largement un quartier marchand, a pu jouer ce rôle[118]. Le cabaret/taverne semble aussi avoir été important pour le commerce de détail, par la vente à crédit de produits alimentaires de base[119].

Les activités commerciale à l'échelle locale ou régionale telles qu'elles sont documentées relèvent surtout du commerce en gros, en premier lieu la commercialisation de produits agricoles vers les villes depuis leur arrière-pays rural. Un entrepreneur de Babylone à l'époque néo-babylonienne était ainsi impliqué dans l'acheminement et la vente dans les villes des denrées produites dans les campagnes alentour par des paysans qui n'ont pas les moyens de les vendre eux-mêmes[120]. Les grands organismes devaient par ailleurs recourir au marché pour écouler une partie de leurs productions, et obtenir en retour des produits dont ils avaient besoin pour leur fonctionnement quotidien, notamment le culte. Pour cela ils faisaient appel à des intermédiaires, les « marchands » (tamkāru(m)) chargés de vendre et d'acheter des produits pour leur compte ; dans les textes de Larsa à l'époque paléo-babylonienne, on voit ainsi ces intermédiaires prendre en charge les productions agricoles du palais, assurant leur transport, leur stockage puis leur vente, en dégageant un bénéfice[121]. Les marchands étaient organisés à cette époque dans des sortes de « guildes » (le « quai » en tant qu'institution) dirigées par un agent royal, le « chef des marchands », qui assurait la liaison entre eux et l'administration, et s'occupait du règlement des litiges commerciaux[118]. Ils exerçaient par ailleurs souvent leur activité pour leur propre compte. Afin de réaliser leurs opérations commerciales, ils pouvaient recourir à des prêts commerciaux (« à la grosse aventure ») ou bien à des associations temporaires, comme l'association-tappūtum figurant dans le Code de Hammurabi ou le contrat ana harrāni (« pour une expédition commerciale ») d'époque néo-babylonienne, qui voient un ou plusieurs bailleur(s) de fonds remettre une somme à un agent commercial, les partenaires devant ensuite partager le profit proportionnellement à l'apport initial[122].

Tablette provenant des archives administratives de l'Ebabbar de Sippar, enregistrant des paiements en argent, durant le règne de Nabuchodonosor II (605–562 av. J.-C.). Metropolitan Museum of Art.

Le moyen de paiement le plus courant est l'argent pesé ; le grain, qui servait couramment d'unité de compte aux époques plus anciennes, ne joue plus ce rôle à partir du IIe millénaire av. J.‑C., tandis que l'or n'a pu jouer ce rôle que sous les Kassites, en raison de l'afflux de ce métal grâce aux relations diplomatiques avec l’Égypte. L'argent était exprimé dans les unités de poids que sont la mine (environ 500 grammes) et sa subdivision le sicle (1/60e de mine), apparemment diffusé sous diverses formes standardisées de poids courant et parfois authentifiées par une marque : lingots, plaques, anneaux, etc. ; sinon des poids de type standard devaient permettre de réaliser la pesée de l'argent servant lors des échanges[123]. Les pièces ne monnaie n'ont jamais été répandues en Babylonie après leur apparition dans la seconde moitié du Ier millénaire av. J.‑C., et quand elles étaient utilisées comme moyen de paiement elles étaient évaluées en fonction de leur poids en métal et non leur valeur faciale[124]. Les modalités de fixation des prix ont fait l'objet de débats parmi les spécialistes d'histoire économique, divisant ceux qui estiment que la loi de l'offre et de la demande jouait, et ceux qui lui attribuent un rôle inexistant ou limité, notamment parce que de nombreux produits de base circulaient sans être vendus (par la redistribution). Plusieurs textes indiquent cependant que les Mésopotamiens avaient conscience des fluctuations de prix, en premier lieu ceux qui comme le Code de Hammurabi indiquent le « juste prix » pour des produits et des services de base, qu'il ne faut cependant pas interpréter comme une forme de régulation stricte des prix. Les textes économiques indiquent clairement des variations des prix de céréales sur le court terme, dus à des variations saisonnières liées aux aléas touchant le secteur agricole (sécheresse, crue violente, guerre, épidémie, etc.). Les évolutions sur le long terme sont moins évidentes, les produits les plus courants ne semblant pas voir leur valeur fluctuer de façon marquée, en dehors du fer dont le prix baisse sur le très long terme[125]. Les périodes tardives semblent par ailleurs marquées par une monétisation plus importante des échanges, concernant des petites transactions, qui reflèterait une plus grande place du salariat et des acteurs non-institutionnels dans l'économie[126],[99].

Le commerce à longue distance était quant à lui surtout accompli pour le compte des grands organismes, pour obtenir des matières premières non disponibles en Babylonie, surtout des pierres de qualité et du minerai : étain d'Iran, cuivre de Chypre, fer, alun d'Égypte, aussi des teintures du Levant, et du vin de Syrie et de Haute Mésopotamie[127].

Artisans et autres professions[modifier | modifier le code]

Artisan travaillant un objet en bois (araire, partie d'un char ?), terre cuite du début du IIe millénaire retrouvée à Tell Asmar (Eshnunna).

La documentation cunéiforme fait apparaître épisodiquement les nombreux métiers exercés par les travailleurs de la Babylonie antique. Le Code de Hammurabi, dans ses articles concernant la régulation des professions (§ 215 à 277), notamment les conditions d'embauche et le paiement des prestations, évoque ainsi les médecins, bateliers, ouvriers agricoles et pasteurs, des nourrices et différentes catégories d'artisans (tisserand, tailleur de pierre, charpentier, maçon, vannier, mégissier)[128], auxquels on peut ajouter les activités apparaissant dans d'autres textes comme celles de transformation de produits alimentaires (minoterie, boulangerie, brassage de la bière, boucherie) et les différents métiers de la métallurgie et du textile, des blanchisseurs, des potiers, etc.[129]

Ce sont des activités en général documentées pour les périodes babyloniennes dans les domaines institutionnels, moins dans le secteur « privé », tandis que les fouilles archéologiques n'ont pas mis au jour d'ateliers artisanaux. On sait par les textes économiques que, comme durant les époques précédentes, les populations serviles des grands organismes étaient souvent employées aux tâches artisanales (comme elles l'étaient pour les travaux agricoles), notamment celles qui sont les plus pénibles et nécessitent une main-d’œuvre abondante (minoterie, confection de briques, travail de la laine), mais pour lesquelles on faisait aussi appel à des journaliers, et également pour des métiers nécessitant plus de savoir-faire[130]. L'administration avait du reste la possibilité de mobiliser les sujets par le système de la corvée pour les grands travaux (constructions et réparations d'édifice, nettoyage des canaux). Sinon les artisans qualifiés qu'elle employait pour les travaux les plus élaborés étaient en général des hommes libres. Comme le reste de leur personnel, ils étaient organisés en équipes dirigées par un chef. Pour les prestations pour lesquelles elles n'avaient personne à leur disposition en leur sein, les institutions et les particuliers rémunéraient ou louaient les services de travailleurs indépendants, passant si besoin des contrats d'embauche de main-d’œuvre. Ces métiers étaient donc également exercés dans un cadre domestique, certains de façon itinérante. Pour les métiers nécessitant un certain savoir-faire, il semble que celui-ci se transmettait en général au sein de la famille. Mais quelques contrats d'époque néo-babylonienne prévoient qu'un maître confie son esclave en apprentissage auprès d'un artisan spécialisé afin qu'il se forme à un métier qu'il pourra plus tard exercer pour son compte[131].

« (Contrat concernant) Ina-qat-Nabû-bultu, esclave d'Itti-Marduk-balatu, qui est au service de Rehetu, esclave de Basia, afin (d'apprendre) le métier de boulanger, à partir du cinquième mois de la sixième année du règne de Cyrus, Roi de Babylone et des Pays. Jusqu'au huitième mois (de la septième année de règne de Cyrus) il lui apprendra tout ce qu'il y a à savoir sur le métier de boulanger. S'il échoue à lui apprendre, il devra payer 1 sūtu d'orge par jour en paiement en guise de redevance pour chaque jour durant lequel il a été à son service. (Témoins et date) »

Contrat d'apprentissage d'un boulanger, début d'époque achéménide, Babylone (archives des Egibi)[132].

La transformation de produits agricoles en aliments était sans doute réalisée en général au sein de la maisonnée, où l'on disposait d'installations et biens de stockage et d'outils de broyage à cette fin. Mais il existait des artisans spécialisés employés pour ce type de travail, notamment dans le cadre institutionnel[133]. Les meuniers (ararru), chargés de transformer les grains céréaliers en farine, sont attestés dans plusieurs lots de tablettes. Leur production était ensuite livrée aux cuisiniers/boulangers (nuḫatimmu) qui fabriquaient notamment des galettes, pains, gateaux et tartes. Les brasseurs (sirašu) étaient également très importants, la bière étant un produit très consommé en Babylonie antique. La bière d'orge est la plus répandue aux époques anciennes, mais elle semble supplantée à partir de l'époque néo-babylonienne par la bière réalisée à partir de dattes[134]. À l'époque kassite, les meuniers et brasseurs apparaissent souvent côte à côte dans les documents administratifs, et semblent avoir exercé leur métier de façon itinérante[135]. Le presseur d'huile de sésame (ṣāḫitu) est également important car ce produit est souvent fourni dans les rations d'entretien ; il procédait d'abord à la torréfaction des graines de sésame puis les pressait à l'aide d'une meule et d'eau afin d'obtenir le produit final[136].

Les métiers de la construction apparaissent à plusieurs reprises dans les textes cunéiformes. Ils sont avant tout intéressés par la problématique de la confection des briques d'argile[137], qui constituait une tâche particulièrement lourde pour les grands travaux de construction et de réparation entrepris par l'administration royale et les temples. À l'époque néo-babylonienne, le temple de Sippar doit ainsi employer ses équipes de dépendants, augmentées de journaliers, afin d'effectuer les travaux de moulage des briques, ces chantiers mobilisant des milliers de personnes (jusqu'à 8 000 pour la construction ou agrandissement de la ziggurat) ; dans d'autres cas les temples font appel à des entrepreneurs qui servent d'intermédiaires pour leur approvisionnement en briques, livrées par lots de plusieurs milliers[138]. Un métier important dans l'artisanat de la construction est celui du « maçon » (itinnu(m)), qui fait l'objet de plusieurs articles dans le Code de Hammurabi. Ce sont plutôt des sortes de maîtres d’œuvre dirigeant les chantiers de construction, notamment des maisons, avec l'aide d'autres travailleurs qui confectionnent les briques et érigent les murs[139]. Ceux qui apparaissent dans les textes sont souvent des esclaves ou des dépendants du palais ou de temples.

L'organisation de l'artisanat textile, moins bien documentée que pour les périodes antérieures au royaume paléo-babylonien, était manifestement similaire. On connaît mal la production en grande quantité de vêtements de base, confiée à des femmes des basses couches de la société et des esclaves durant les époques antérieurs. Le Code de Hammurabi (§ 274) évoque les prix des prestations d'un certain type de tisserand, appelé kāmidum, que pouvaient embaucher les particuliers. Pour ce qui concerne la production de textiles de luxe, les temples néo-babyloniens employaient des tisserands (išparu), parfois spécialisés (« tisserands du lin » išpar kitê, « tisserands de tissus multicolores » išpar birmi) à qui ils fournissaient du tissu (laine, lin), parfois teint, afin de réaliser les somptueux habits des statues divines, des ravaudeurs (mukabbû) pour les réparer, ainsi que des blanchisseurs (ašlāku ou pūṣāyu) pour les nettoyer (et aussi blanchir les fibres de lin avant le tissage)[140]. Par ailleurs, des contrats d'époque néo-babylonienne voient des personnes des familles riches confier le nettoyage de leurs vêtements à des blanchisseurs, qui sont aussi bien des hommes libres que des esclaves[141].

Les palais et les temples avaient par ailleurs besoins d'artisans qualifiés dans la réalisation d’œuvres de qualité, pour les besoins de la famille royale ou du culte (pour les statues divines notamment). Il s'agissait notamment d'orfèvres (kuttimu) et joailliers (kabšarru) chargés de travailler les pierres et les métaux précieux, aussi de charpentiers (nagāru) pour la réalisation de meubles et vantaux de portes, ainsi que de tailleurs de pierre/lapicides (purkullu). Dans les archives de l'Eanna, le temple d'Ishtar à Uruk, au Ve siècle av. J.-C., ces personnes sont des hommes libres tenus en haute estime, qualifiés de « maîtres » (ūmmanu), terme également appliqué aux lettrés les plus savants, participent à des rituels ; mais il est possible que des oblats aient accompli des tâches similaires. Ils doivent réaliser et réparer les objets de culte à partir de matériaux luxueux fournis par le temple, qui surveillait qu'ils ne mettent pas de côté une partie de ceux-ci (des cas de vols de matières première par des artisans étant attestés par les textes judiciaires de l'époque)[142]. Ce groupe d'artisans avait un chef, responsable devant les autorités du temple, mais on ne peut pas considérer qu'il forme à proprement parler une « guilde », puisqu'il est organisé suivant les mêmes principes que le reste du personnel du temple[143].

Parmi les autres professions, le médecin (asû(m)) est sans doute celle qui nécessite un apprentissage lettré le plus poussé, même s'il n'a pas l'honorabilité des spécialistes de la guérison membres du clergé que sont les exorcistes (voir plus bas)[144]. Ce personnage est chargé d'étudier les symptômes des malades, de la confection et l'administration de remèdes médicaux et d'opérations chirurgicales, contre une rémunération. Il semble surtout exercer son métier de façon itinérante, en se rendant au chevet des patients. Le « barbier » (gallābu(m)) a un métier dont les contours sont flous : il apparaît dans le Code de Hammurabi en tant que responsable de la coupe de la mèche distinctive des esclaves, et a sans doute des attributions de barbier-coiffeur, et plus largement un rôle dans la purification des corps et aussi d'espaces rituels, ainsi que dans des opérations chirurgicales de base (comme le « barbier-chirurgien » médiéval)[145]. Les bateliers (malāḫu(m)) sont importants en raison du cadre géographique de la Basse Mésopotamie, dans lequel le transport par bateau est très courant ; comme l'indiquent les archives du Code de Hammurabi les concernant (§ 234-239), ils pouvaient aussi bien être employés pour conduire une embarcation ou en constituer l'équipage, que pour la construction de celle-ci, aux côtés de charpentiers et vanniers apportant leurs produits[146]. Les professions féminines se retrouvent surtout dans les métiers liés à la petite enfance, notamment les nourrices (mušēniqtu(m)) dont les services étaient loués, par des contrats prévoyant notamment qu'on leur fournissait des rations pour la période d'allaitement ; la condition de sage-femme (šabsūtu(m)) est en revanche très mal connue[147].

Croyances et pratiques religieuses[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Religion mésopotamienne.

Les dieux et l'évolution du panthéon[modifier | modifier le code]

Le dieu Marduk et son animal-attribut, le dragon-serpent (mušhuššu).

Au début du IIe millénaire av. J.‑C., la théologie reste similaire à celle des périodes précédentes, notamment celle d'Ur III (v. 2112-2004 av. J.-C.)[148]. Le panthéon est dominé par quelques grands dieux, qui sont les divinités tutélaires des principales cités du Sud mésopotamien. Enlil est le roi des dieux, chargé de déterminer la destinée des humains, et notamment de désigner ceux qui doivent exercer la royauté, dont le grand temple se situe à Nippur, capitale religieuse de la Mésopotamie méridionale, considérée comme le centre du Monde. Il est accompagné par le dieu céleste An, figure patriarcale du panthéon dont le principal temple est à Uruk, le dieu sage Ea, maître du domaine des eaux souterraines (l'« Abîme », Apsû) et de la cité d'Eridu, et trois autres divinités célestes, le dieu-lune Sîn, dieu tutélaire de la ville d'Ur, le dieu-soleil Shamash, dieu de la justice dont les deux principaux sanctuaires sont à Larsa et Sippar, et la déesse Ishtar, incarnation de la planète Vénus et déesse de l'amour et de la guerre, dont le temple le plus célébré est à Uruk. Par ailleurs existent une foule de divinités rattachées à d'autres villes, et ayant des fonctions variées : Adad est le dieu de l'Orage, Gula est une déesse guérisseuse, Ninurta et Zababa des dieux guerriers, Nergal/Erra, Ereshkigal et Ninazu des divinités des Enfers, etc. Ces grandes divinités apparaissent pour la plupart dans le prologue du Code de Hammurabi, invoquant les grands dieux mésopotamiens et leurs grands temples[149].

« Carte babylonienne du monde » figurant Babylone au centre de celui-ci, VIIe siècle av. J.-C..

Ce texte introduit cependant parmi les premiers rôles le dieu Marduk[150], dieu tutélaire de Babylone dont les origines sont obscures, proclamant que les grands dieux lui ont confié le pouvoir suprême, sur tous les peuples : en effet, suivant la théorie mésopotamienne du pouvoir, le véritable maître d'un royaume est sa divinité tutélaire, le souverain humain n'était jamais que son représentant. La montée en puissance de Babylone s'accompagne donc de celle de son dieu, jusqu'alors une divinité sans importance. Ce phénomène se poursuit sous les successeurs de Hammurabi et les rois kassites. Ces derniers reconnaissaient certes encore la suprématie d'Enlil, mais les prières personnelles de l'époque commencent à présenter Marduk comme le « maître du Ciel et de la Terre ». À la fin du IIe millénaire av. J.‑C., la position de Marduk en tant que divinité suprême du panthéon officiel de la Babylonie est consacrée, sans doute sous le règne de Nabuchodonosor Ier, lorsqu'il reprend la statue du dieu aux Élamites qui l'avaient enlevée lorsqu'ils avaient pris Babylone lors qu'ils firent chuter les rois Kassites[151]. Cette nouvelle position s'appuie sur un ensemble de textes glorifiant Marduk et Babylone, produits par le clergé de cette cité, s'inspirant beaucoup des traditions plus anciennes liées à Enlil et Nippur[152]. Le long texte mythologique l'Épopée de la Création (Enuma eliš) raconte ainsi comment Marduk est devenu le roi des dieux en soumettant la déesse Tiamat, représentant les eaux maritimes symbolisant le chaos (suivant un thème mythologique repris du monde syrien), avant de créer le monde à partir de ses dépouilles, d'assigner à chaque dieu son rôle dans le cosmos, et de créer Babylone en son centre, puis les humains dont la vocation est de servir les dieux (ce qui réactualise les mythes de création de l'homme plus anciens)[153],[154]. Le texte topographique Tintir = Babilu décrit quant à lui les principaux lieux de culte de Babylone, consacrant ainsi son rôle de capitale religieuse, tandis que d'autres tablettes, dont une représentation du Monde selon les Babyloniens, l'érigent au rang de capitale cosmique située au centre de l'Univers[155].

Le panthéon babylonien connaît d'autres évolutions aux côtés de l'affirmation de Marduk comme dieu suprême. D'autres divinités connaissent une plus grande popularité au cours du temps, notamment celui que la théologie présente à partir de l'époque kassite comme le fils de Marduk, le dieu Nabû, associé aux savoirs, dont le principal lieu de culte est situé à Borsippa[156]. La déesse Ishtar voit sa position renforcée au cours du temps, étant la seule divinité féminine à occuper un des premiers rangs dans l'univers divin mésopotamien, qui se voit notamment dans le fait qu'elle dispose de lieux de culte importants à Uruk, Babylone, Akkad, Kish, Nippur, et qu'elle a inspiré plusieurs hymnes ou mythes majeurs de la littérature en akkadien[157].

Dans les arts, les divinités figurent en général sous un aspect anthropomorphique. Mais elles peuvent aussi être représentées par certains de leurs attributs, comme le disque solaire pour le dieu-soleil Shamash ou le foudre pour le dieu de l'Orage Adad, et les animaux qui les symbolisent, par exemple le « dragon furieux » (mušhuššu) de Marduk ou le chien de la déesse guérisseuse Gula.

Les sanctuaires, le culte divin et le clergé[modifier | modifier le code]

Plan du temple de Ninmah (É.MAH) à Babylone (VIIe et VIe siècles av. J.-C.) : entrée au nord, organisation autour d'une cour centrale ouvrant au sud sur un vestibule puis la cella à disposition barlongue, avec une niche pour la statue de culte face à sa porte d'entrée (plan dit « babylonien »).
Les ruines de la ziggurat de Dur-Kurigalzu (Aqar-Quf).

Le temple est le bâtiment qui concentre l'essentiel du culte divin. Il est conçu comme étant la « maison » d'une divinité et de son entourage, et est désigné sous ce terme (sumérien (é), akkadien bītu(m)). La présence du dieu dans l'édifice est assurée par une statue de culte, placée dans la pièce principale de celui-ci, le « saint des saint » ou « cella » (papāḫu en akkadien). Le reste de l'édifice reprenait en général l'organisation d'une maison : une cour principale menant vers la cella barlongue, souvent précédée d'un vestibule, et des pièces annexes servant de dépendances pour le culte (temple de plan « babylonien »)[158]. Les temples les plus importants étaient ceux des divinités principales des grandes villes, connus par leur nom cérémoniel en sumérien : l'Esagil (« Maison au pinacle élevé ») de Marduk à Babylone, l'Eanna (« Maison du Ciel ») d'Ishtar à Uruk, l'Ekur (« Maison-montagne ») d'Enlil à Nippur, l'E-Apsû (« Maison de l'Abîme ») d'Ea à Eridu, l'Ebabbar (« Maison brillante ») de Shamash à Sippar et Larsa, l'Ekishnugal (« Maison de la grande lumière ») de Sîn à Ur, l'Ezida (« Maison pure ») de Nabû à Borsippa, pour les mieux connus par l'archéologie et les textes. entourés d'un ensemble d'édifices rattachés à leur culte, souvent isolés du reste de la ville par une enceinte sacrée, elle-même organisée autour de plusieurs cours. On y trouvait d'autres lieux de culte, notamment des chapelles, des édifices dédiés à l'administration, des bibliothèques, les magasins et les cuisines dédiés à la préparation des offrandes. Les plus grands complexes religieux étaient dominés par une ziggurat, édifice à degré dont la plus fameuse est celle de Babylone, qui passe pour être la source d'inspiration de la Tour de Babel. Les quartiers des grands sanctuaires comprenaient également les résidences de prêtres, des ateliers, d'autres entrepôts, renvoyant au rôle des temples en tant qu'institution sociale et économique.

« Bœufs et moutons d’offrande régulière, de chaque jour, de toute l’année, pour Anu, Antu, Ishtar, Nanaya et les autres dieux demeurant au Bit-Resh, à l’Erigal et l'Esharra, le sublime-parakku de la ziggurat d’Anu. (...) Au grand repas du matin de toute l’année, 7 moutons de première qualité, gras, purs âgés de deux ans, ayant mangé de l’orge ; 1 mouton-kalû, d’offrande régulière, gros, (nourri) de lait : en tout 8 moutons d’offrande régulière. 1 grand bœuf, 1 veau de lait et 10 moutons, gros, venant (en qualité) après les (autres), n’ayant pas mange d'orge : en tout, au grand repas du matin de toute l’année, 18 moutons, dont 1 mouton-kalû, d’offrande régulière, (nourri) de lait ; 1 grand bœuf ; 1 veau de lait. Sur le bœuf et le(s) mouton(s) tandis qu’ils sont égorgés, le boucher dira l’oraison (suivante) : « Le fils de Shamash (Sîn), le seigneur du bétail, a créé le pâturage dans la plaine ». Secondement, sur le bœuf et le(s) mouton(s), tandis qu’ils sont égorgés, le grand boucher à Anu, Antu, la Grande Étoile (Jupiter) et Dilbat (Vénus) dira (l’oraison) de vie (?), à aucun autre dieu il ne la dira. »

Offrandes de viandes lors du grand repas du matin, un des quatre repas quotidiens des dieux d'Uruk au IIe siècle av. J.-C.[159]

Les temples étaient le lieu de l'observation des rituels quotidiens destinés à l'entretien des dieux, rappel de la raison d'être des hommes qui était de servir leurs maîtres divins. Il fallait donc s'assurer que les dieux (leur statue) soient nourris, abreuvés, vêtus, parés, qu'ils aient un mobilier, des armes et emblèmes, et des chars ou des bateaux pour se déplacer, et qu'ils soient divertis par de la musique et des chants. Les offrandes alimentaires régulières étaient les plus courantes, consistant au Ier millénaire av. J.‑C. en quatre repas sacrés (naptanu) quotidiens, au rythme de deux repas (« grand repas » et « petit repas ») ayant lieu le matin et le soir, en pain, bière, lait, moutons, etc. Dans les grands temples, ils étaient particulièrement dispendieux, les restes étant en fait redistribués au roi et aux desservants du sanctuaire[160]. Les rituels de consécration de statues divines étaient plus rares mais très importants, car ils donnaient vie à l'objet. Les cérémonies d'habillage (lubuštu) étaient un peu plus régulières, en général mensuelles. Enfin, quelquefois dans l'année des fêtes religieuses animaient le calendrier liturgique des temples et les villes, voyant notamment les sorties des statues des temples pour des processions dans les rues et l'exécution de rituels dans d'autres temples. Les rituels de « Mariage sacré » (hiérogamie, ḫāšadu en akkadien) par exemple sont attestés à plusieurs reprises dans les villes de Babylonie, notamment à Borsippa entre Nabû et sa parèdre Tashmetu, incarnés là encore par leurs statues[161]. Une autre cérémonie majeure s'appelait l'akītu(m). Celle de Babylone, connue par des textes d'époque néo-babylonienne, avait lieu lors du Nouvel An (en mars, au début du printemps), mettait en avant Marduk et le souverain, le principal rituel voyant le dieu (représenté par son grand-prêtre) confirmer le monarque dans sa fonction[162].

Le personnel chargé du culte devait donc être en mesure d'assurer ces rites quotidiens et plus irréguliers. Il n'y a pas à proprement parler de « grand prêtre » dans les temples babyloniens, mais un administrateur (šangu(m) ou šatammu(m)) chargé de diriger son administration. Les textes néo-babyloniens désignent la catégorie du clergé qui peut pénétrer dans l'espace sacré comme les ērib bīti, « (celui) qui rentre dans le temple ». Des « purificateurs » (pašīšu) étaient chargés de préserver les zones sacrées et les statues de toute pollution symbolique. Les lamentateurs (kalû) et les chantres (nâru) étaient spécialisés dans les récitations d'hymnes lors des rituels. Des bouchers (ṭābiḫu) exécutaient les animaux sacrifiés en récitant des prières, des boulangers (nuḫatimmu) faisaient le pain et des gâteaux, des brasseurs (sirāšu) de la bière, des cuisiniers (mubannû) préparaient d'autres offrandes alimentaires, des portiers (atû) gardaient les entrées, des tisserands (išparu) confectionnaient les vêtements divins, etc. Il s'agissait là de charges cultuelles renvoyant à des rôles domestiques dans la maison du dieu. Ces charges étaient rémunérées par le temple sous la forme d'une part des offrandes (sous forme de rations alimentaires), ou de terres de services[163]. Les charges cultuelles, et les revenus qui y étaient associés, étaient souvent exercées suivant le principe de prébende, qui pouvait faire l'objet d'une vente, d'une transmission en héritage, être scindée entre plusieurs personnes[164]. L'exercice des rituels moins réguliers, ceux liés à la communication avec les dieux (lamentations, divination) ou l'action sur le monde divin (magie, exorcisme), était pris en charge par des spécialistes qui constituaient l'élite savante du cercle des temples et plus largement de la société mésopotamienne, les lamentateurs (kalû), les exorcistes (āšipu) et les devins (barû) (voir plus bas). Le clergé féminin apparaît peu dans les sources. Il existe des « grandes prêtresses » (entu), en fait des femmes de haute extraction, souvent des princesses, vouées à un dieu dont elles sont considérées comme l'épouse terrestre ; celle d'Ur, liée au dieu-lune Sîn, réside dans son propre palais, le Giparu. Des catégories de religieuses comme les nāditu(m) vivant en communautés (gāgu(m)) sont bien connues pour la période paléo-babylonienne, mais leur rôle cultuel n'est pas clair, si tant est qu'elles en ait eu. Au culte de la déesse Ishtar étaient associées des desservantes ainsi que des travestis ou hermaphrodites, et peut-être des prostituées sacrées, mais la nature de ce personnel reste débattue[165].

Religion populaire et piété personnelle[modifier | modifier le code]

L'« adorant de Larsa », statuette en cuivre d'un homme en position de prière offerte au dieu Amurrum, règne de Hammurabi, musée du Louvre. L'inscription de dédicace dit : « À Amurrum, son dieu, pour la vie de Hammurabi, roi de Babylone, et pour sa propre vie, Lu-Nanna, [(titre)], fils de Sîn-le'i, a façonné une statuette de cuivre (en attitude) de suppliant, le visage plaqué or, et la lui a vouée pour (qu'elle représente) son serviteur[166]. »

Le déroulement de la religion populaire est mal documenté. Un passage du texte sapiential Ludlul bēl nēmeqi présente l'attitude que se devait de respecter un homme pieux : prier les dieux, leur faire des offrandes, enseigner aux autres de les respecter, participer aux célébrations religieuses, et prier pour la vie du souverain[167].

Sceau-cylindre avec son impression : scène de présentation d'un homme devant une divinité sur un trône, caractéristique du début du IIe millénaire av. J.‑C., Musée des beaux-arts de Lyon.

Les prières « pénitentielles », à différencier de celles intervenant lors de rituels magiques pour en renforcer l'efficacité, même si les deux se ressemblent, permettent d'approcher la piété populaire, même si elles étaient elles aussi rédigées dans le milieu des temples. Elles avaient pour but d'obtenir les bonnes grâces d'une divinité, impliquant parfois de la part de l'orant la reconnaissance de sa culpabilité, et reflètent en tout cas un sentiment d'angoisse face à l'imprévisibilité des décisions divines. Cette piété personnelle se développe dans les écrits du IIe millénaire av. J.‑C., aboutissant à l'essor de la littérature sapientiale (voir plus bas). La notion de « dieu personnel » apparaît : il s'agit d'une figure protectrice, en général sans nom personnel, mais qui peut être qualifié par des termes désignant des génies protecteurs (šēdu, lamassu), à qui sont notamment adressées des prières[168]. Les scènes dites de présentation gravées sur nombre de sceaux-cylindres du début du IIe millénaire av. J.‑C. et des stèles, mettent souvent en scène des déesses protectrices lama en posture d'intercédantes, conduisant un humain en position d'orant (la main levée) devant une divinité de rang supérieur[169]. La dévotion populaire aux dieux se voit aussi dans le fait que les noms des personnes sont en général « théophores », invoquant une divinité, ce qui implique peut-être une relation personnelle et reflète plus largement les préférences populaires en ce qui concerne les divinités (par exemple Imgur-Sîn « Sîn est favorable »). La légende du sceau présente parfois le fidèle comme le « serviteur » ((w)ardu(m)) d'une divinité particulière, sans que l'on sache exactement ce que cela signifie ; il s'agit peut-être d'une sorte de divinité familiale, car elle se retrouve en général chez différents membres d'une même famille[170].

Les fidèles interagissaient avec le milieu des temples lorsqu'ils vouaient des objets aux dieux, notamment des statuettes, des plaques en terre cuite, des bijoux et autres objets précieux, pour leur vie ou la vie de leur souverain, ou bien pour voir exaucé un vœu spécifique (guérison notamment), les plus riches leur offrant par ailleurs des esclaves (qui venaient grossir les rangs des dépendants des temples)[171]. On ne sait pas vraiment dans quelles conditions les laïcs pouvaient avoir accès aux services des exorcistes ou des devins, même si ce genre de recours est évoqué dans Ludlul bēl nēmeqi, dans lequel le narrateur, un « juste souffrant » atteint d'un malheur d'origine inconnue qu'il cherche à comprendre et conjurer, commence par prier son dieu et sa déesse personnels, puis fait appel à des devins et un exorciste[167]. Les textes divinatoires, là encore le produit du milieu des élites lettrées des temples, abordent souvent à des problématiques personnelles quotidiennes concernant potentiellement toutes les couches de la société. Des rituels comme l'hépatoscopie impliquant le sacrifice d'agneaux étaient sans doute trop dispendieux pour les gens du commun qui devaient se contenter de formes moins onéreuses (divination par jet d'huile dans l'eau, fumée d'encens, horoscopes aux périodes récentes, etc.). Des textes de prières précisent ainsi que les riches peuvent vouer aux divinités des animaux, tandis que les plus démunis (les veuves) apportent de l'huile ou de la farine[172]. Ces inégalités devaient concerner aussi les offrandes faites aux temples. Divers rituels protecteurs évoqués dans des textes et des prières s'attachaient enfin à des problèmes courants, comme la santé des femmes enceintes, la sexualité ou la protection des récoltes[173].

En dehors des interactions avec le personnel cultuel, les particuliers pratiquaient des formes de culte domestique, qui avaient pour cadre la famille. Cela est surtout attesté pour le culte aux ancêtres familiaux, le rituel kispu(m) (voir plus bas). Des sortes de chapelles domestiques ont été mises au jour lors de fouilles de résidences, et des textes mentionnent des objets et lieux de résidences dédiées au culte, comme des tables d'offrandes ou des brasiers[174].

La mort et les pratiques funéraires[modifier | modifier le code]

Plaque en terre cuite d'époque paléo-babylonienne représentant une divinité infernale (Nergal ? Dumuzi ?), dans un cercueil. Musée du Louvre.

Les défunts peuvent être désignés simplement comme des morts (mītu(m)) ou des fantômes (eṭemmu(m)). La conclusion de l’Épopée de Gilgamesh est que la mort est une fatalité, voulue par les dieux et inévitable. Suivant les conceptions religieuses des Mésopotamiens, ils se rendaient dans un Au-delà situé sous la Terre, où ils menaient une vie triste dans l'obscurité. Ce monde inférieur était gouverné par des divinités spécifiques, en premier lieu le grand dieu infernal Nergal, qui avait pris le pas sur les principales divinités infernales sumériennes, Ereshkigal et Ninazu, les dieux jumeaux Lugal-irra et Meslamta-ea, le dieu Erra (souvent assimilé à Nergal) associé aux morts violentes, le dieu mourant Dumuzi, et aussi Gilgamesh, présenté comme un « juge » des Enfers[175].

Les funérailles commençaient par des rites de déploration, durant plusieurs jours dans le cas des décès royaux (mais cela devait être très rapide pour la majorité des gens)[176] ; il existait des femmes spécialisées dans ces lamentations (des « pleureuses » professionnelles), appelées bakkītu(m) ou lallarītu, peu attestées dans les textes, et leurs contreparties masculines (lallaru), mais les lamentateurs (kalû) devaient aussi intervenir lors des rites funéraires. La mise en terre était précédée par le lavage rituel du corps du défunt, ensuite enveloppé dans une couverture ou une natte de roseau. Les anciens Mésopotamiens pratiquaient l'inhumation dans des tombes (qabru(m)), peut-être considérées comme un moyen de rapprocher les morts de leur demeure dans l'Au-delà, située dans un monte souterrain[177],[178]. Il existait des fossoyeurs (qabbiru(m)) professionnels.

Les lieux d'inhumation dégagés par l'archéologie indiquent qu'il n'y avait pas d'endroit préférentiel : de nombreux caveaux familiaux ont été dégagés sous des résidences (où ils étaient manifestement construits en même temps que le reste de l'édifice), d'autres tombes étaient dans des nécropoles, parfois situées en dehors des murailles de la ville ; on sait également par les textes que des nécropoles se situaient dans des marécages, qui servaient traditionnellement de lieux de sépulture en Mésopotamie du Sud depuis au moins l'époque sumérienne. Les tombes sont en général individuelles, rarement collectives. Les plus simples sont des fosses dans lequel le mort est simplement enveloppé dans une natte en roseau, ou disposé sur des tessons de terre cuite, accompagné d'un matériel funéraire fruste (quelques céramiques en général). Les sites de Babylonie ont par ailleurs fourni de nombreux cas d'inhumations dans des jarres, notamment les « tombes à jarres doubles » dans lesquelles le cadavre était placé dans deux jarres dont l'ouverture se faisait face[179]. Au Ier millénaire av. J.‑C. on utilise de plus en plus des sarcophages en terre cuite, courts (le défunt étant souvent en position fléchie) ou longs avec un couvercle ou encore des sarcophages retournés sur le défunt[180]. Les tombes babyloniennes de la seconde moitié du Ier millénaire av. J.‑C. témoignent du recul de la pratique de l'inhumation en position fléchie au profit de la position allongée, et du développement des caveaux en terre cuite, comprenant ou pas un sarcophage. Les tombes familiales sont alors des chambres funéraires avec des niches pour y disposer les défunts. Les sépultures en briques prennent souvent la forme d'une voûte en berceau[181]. Les sépultures les plus riches ont livré de la céramique, des bijoux, des statuettes et des objets ayant une fonction protectrice (amulettes notamment). Les tombes royales babyloniennes n'ont pas été dégagées. D'après les textes relatifs à la période post-kassite plusieurs souverains se faisaient enterrer dans le palais de Sargon à Akkad, ville qui n'a pas été fouillée, ou bien dans des marécages, où des tombes royales auraient été visitées par Alexandre le Grand (d'après les textes de Strabon et d'Arrien)[182].

Les défunts étaient ensuite honorés par les membres vivants de leur famille lors de rituels appelés kispu(m), qui avaient lieu lors des enterrements puis à des intervalles réguliers (au moins chaque mois, mais deux fois par mois pour les familles royales). Il s'agissait d'offrandes alimentaires faites aux ancêtres de la famille, sous-entendue comme ses aïeux patrilinéaires, une obligation que devait respecter le chef de la famille, ce qui explique sans doute l'habitude répandue de faire enterrer les morts sous les résidences des vivants. Le non-respect de ce rituel exposait la famille à des représailles de la part des esprits défunts, susceptibles de devenir des spectres vengeurs (utukku). Dans la famille royale, ce rituel était particulièrement important, peut-être aussi renouvelé lors des intronisations afin d'attirer les faveurs des ancêtres pour le nouveau souverain[183]. Par ailleurs, des fêtes religieuses liées au monde infernal et aux défunts étaient célébrées dans les cités de Babylonie, en particulier lors du mois du dieu Dumuzi/Tammuz (mois IV, en théorie juin-juillet), figure de « dieu mourant » et lors du mois suivant, le mois Abu(m) (mois V, juillet-août), période durant laquelle les mondes des morts et des vivants étaient censés rentrer en interaction, et qui voyait habituellement se dérouler des fêtes marquées par des banquets funéraires[184].

Le milieu lettré et savant[modifier | modifier le code]

La civilisation babylonienne était l'héritière d'une des premières civilisations à avoir développé l'écriture et une production littéraire, qui nous offre un accès aux réflexions et aux accomplissements de ses savants[185]. En effet, si la majorité des scribes s'est destinée à la rédaction de textes de la pratique peu élaborés du point de vue littéraire, une frange des lettrés, qui se retrouve essentiellement dans le milieu des temples, s'est consacrée à des activités intellectuelles plus poussées. Ils suivaient une formation poussée, et constituaient de véritables bibliothèques les aidant dans leurs activités. Ces savants ont ainsi cherché à comprendre et expliquer le monde, mettant à cette fin par écrit des mythes, des sortes d'encyclopédies et des textes à visée morale, et ont également élaboré des textes à finalité technique visant à mieux comprendre et agir sur le monde, notamment la divination et les pratiques curatives. Ces pratiques intellectuelles témoignent de méthodes de réflexion similaires et cohérentes, une « rationalité » propre aux anciens Babyloniens, reflétant leur conception du monde, que cela concerne des thèmes qui paraissent s'appuyer sur des éléments considérés aujourd'hui comme aussi bien tangibles que surnaturels[186].

L'écriture cunéiforme et ses usages[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cunéiforme.
Inscription cunéiforme sur le « caillou Michaux », texte de donation babylonien du XIe siècle av. J.-C. Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France.

L'écriture cunéiforme développée en Mésopotamie à partir de la fin du IVe millénaire av. J.‑C. a atteint au début de la période paléo-babylonienne un stade de maturité. Il s'agit d'un système d'écriture rédigé avant tout sur des tablettes d'argile, associant des signes aux fonctions différentes : des phonogrammes (un signe = un son) qui transcrivent en général une syllabe (a, ba, bar, etc.), des logogrammes ou idéogrammes (un signe = une chose) renvoyant directement à un ou plusieurs mots (LUGAL = le roi, SAG = la tête, É = la maison, le temple, etc.). Cette écriture avait sans doute été élaborée pour transcrire du sumérien, puis fut employée pour d'autres langues, à commencer par l'akkadien, ce qui explique le recours croissant à des signes phonétiques, même si les logogrammes sont restés très présents[187].

L'écriture cunéiforme est avant tout pratiquée par des scribes et des lettrés, même si son usage ne se cantonne pas à ce milieu puisque des dignitaires du palais, des marchands et hommes d'affaires ont souvent une connaissance de l'écriture. En fait on peut distinguer différents niveaux de connaissance : un stade « fonctionnel » servant à élaborer des textes simples de gestion, des lettres et des contrats (niveau requis pour les chefs des bureaux des institutions, les marchands, les « notaires » par exemples) ; un niveau « technique » impliquant la maîtrise d'un jargon spécialisé dans une discipline ; un niveau « supérieur », celui des savants ayant une connaissance approfondie de l'écriture[188]. La plupart des personnes connaissant l'écriture se contentaient d'une connaissance fonctionnelle nécessitant simplement de maîtriser une centaine de signes, essentiellement phonétiques, ce qui permettait à une plus large portion de la population que ce que l'on pense généralement d'avoir accès à l'écrit[189]. L'écriture concernait certes avant tout les hommes en raison de leur prépondérance dans les activités publiques nécessitant le recours à l'écrit, mais des femmes, en général des membres des élites, notamment de la cour royale et du clergé féminin (par exemple les nadītums de Sippar), maîtrisaient l'écriture ou commanditaient des écrits[190].

L'apprentissage du cunéiforme se faisait dans des écoles privées, à la maison d'un scribe expérimenté ou dans des bibliothèques pour les phases tardives[191]. Le cursus scolaire, qui a varié suivant les lieux et les époques, débutait par l'apprentissage des signes de base, puis progressait avec la rédaction de termes et signes plus élaborés à l'aide de listes lexicales, puis la copie et la mémorisation de textes types de plus en plus complexes suivant le niveau final visé[192].

Le Ier millénaire av. J.‑C. voit le lent déclin de l'écriture cunéiforme face à l'essor des écritures alphabétiques, représentées en Mésopotamie par l'alphabet araméen écrit sur parchemin dont l'usage se développe à partir de l'époque néo-assyrienne, et devient dominant à la période achéménide, cette écriture étant alors celle privilégiée par l'administration impériale. À l'époque hellénistique puis sous les Parthes, l'usage du cunéiforme s'est restreint au cercle des familles lettrées en lien avec les temples babyloniens, bien connus à Babylone et Uruk, qui perpétuent jusqu'au premier siècle de notre ère les anciennes traditions d'apprentissage, de copie et de rédaction de textes savants cunéiformes[193].

Les savants et leur littérature[modifier | modifier le code]

Les « savants » de Babylonie sont issus du milieu clérical. Il s'agit avant tout de lamentateurs (kalû), de devins (barû) et d'exorcistes (āšipu). C'est dans les temples et dans leurs résidences qu'ont été mis au jour les lots de tablettes savantes, et quand des textes sont attribués à des auteurs, il s'agit de personnages exerçant ces fonctions. Ces lettrés exercent donc un monopole sur la production intellectuelle mésopotamienne, surtout à partir de la fin du IIe millénaire av. J.‑C. Dans la seconde moitié du Ier millénaire av. J.‑C., s'y joignent les astronomes/astrologues (tupšar Enūma Anu Enlil), dans un contexte d'essor de ces sciences astrales. Ils ne sont pas forcément cantonnés à leur fonction, puisqu'ils disposent souvent d'ouvrages relevant d'autres disciplines. Ils sont souvent présentés comme des « érudits » (ūmmanu), et on loue leur « sagesse » (nēmequ)[194].

Ces lettrés ont reçu une formation de base de scribe, puis d'apprenti suviant un cursus plus poussé pour se former dans l'étude des grands textes savants et devenir un spécialiste. Cela se fait en général dans un cadre familial, puisqu'il est souvent manifeste que, à l'image des lignées de lettrés d'Uruk à la période tardive, ils se succèdent de père en fils dans l'exercice de ces fonctions. Les fonds de textes savants se développent et s'organisent au cours du temps. Pour l'époque paléo-babylonienne, on connaît essentiellement les textes littéraires grâce aux tablettes scolaires exhumées dans des résidences de prêtres qui étaient aussi des professeurs, à Nippur et Ur[191]. Au Ier millénaire av. J.‑C., on est en présence de fonds plus structurés, qui méritent le qualificatif de « bibliothèques ». Ils sont connus d'abord dans des maisons, temples et palais de villes assyriennes (Nimroud, Sultantepe, puis la « Bibliothèque d'Assurbanipal » de Ninive) qui sont des sources inestimables pour reconstituer la littérature mésopotamienne, puis en Babylonie, notamment dans le temple de Shamash de Sippar et les résidences des lettrés d'Uruk à l'époque hellénistique. La bibliothèque du temple de Marduk de Babylone, qui semble avoir été particulièrement importante, n'est pas connue par l'archéologie. Les textes qu'on y trouve sont avant tout à finalité technique : traités de divination, d'exorcisme, rituels religieux, hymnes, listes lexicales destinées à l'apprentissage du cunéiforme, et dans une faible portion des textes sapientiaux, mythologiques ou épiques[195].

L'étude diachronique de ces textes révèle que la culture lettrée babylonienne se construit dans la première moitié du IIe millénaire av. J.‑C. sur la fin et la stagnation de la littérature en langue sumérienne qui dominait jusqu'alors[196]. Le développement de la littérature en akkadien ouvre une période de grande renouveau littéraire, loin de se limiter à une entreprise d'adaptation et de reformulation des textes sumériens dans cette langue. Sont alors élaborées les listes lexicales bilingues et les premières versions de mythes et épopées majeures, dont l’Épopée de Gilgamesh[197]. Se développe également le principe des traités ou « séries », textes techniques destinés aux spécialistes d'une discipline (divination, exorcisme, médecine, etc.) compilant sur plusieurs tablettes des cas qui peuvent se présenter aux spécialistes et leurs solutions, sous la forme de conseils, ou suivant le principe protase/apodose (« si cela arrive, alors il faut faire cela »). Ce genre littéraire se développe considérablement par la suite, notamment dans les longues séries divinatoires et exorcistiques qui sont développées sur des dizaines de tablettes dans les centres savants du Ier millénaire av. J.‑C. À partir de la fin du IIe millénaire av. J.‑C., les textes les plus importants commencent à avoir une version stabilisée, circulant sous un même nom, qui est toujours l’incipit du texte (par exemple « Celui qui a tout vu », Ša nagba īmuru, pour l’Épopée de Gilgamesh). Mais il n'y a jamais, ou très rarement, de version à proprement parler « canonique » d'un texte qui se retrouve sous une forme identique sur plusieurs sites, de légères variantes existant toujours[198]. Le Ier millénaire av. J.‑C. voit la poursuite de ce mouvement, en même temps que se développe la pratique du commentaire d'un expert savant, qui connaît son plus grand développement dans les centres lettrés la Babylonie tardive, où sont attestés de nombreux commentaires ésotériques des séries les plus répandues[199]. La culture littéraire savante de cette période[200] reste largement conservatrice dans de nombreux domaines, mais les innovations réalisées dans l'astronomie et l'astrologie témoignent de la vitalité de la vie intellectuelle dans les derniers cercles savants de culture cunéiforme. Les derniers textes produits dans les premières décennies de notre ère sont d'ailleurs astronomiques.

Les listes lexicales[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Listes lexicales.
Seizième tablette de la liste lexicale Urra = ḫubullu, listant les pierres et les objets en pierre. Uruk, milieu du Ier millénaire av. J.‑C., musée du Louvre.

Une des productions écrites caractéristique du milieu savant mésopotamien depuis les débuts de l'écriture est la liste thématique de signes et mots, regroupant une vaste gamme de connaissances. Ce genre littéraire connaît également un important renouveau durant la période paléo-babylonienne, dans le cadre scolaire, puisque de nombreuses listes servent à l'apprentissage des signes cunéiformes, qu'il s'agisse de la première initiation aux signes courants par des syllabaires (listes dénommées Sa, Sb, Tu-ta-ti), ou bien l'apprentissage de mots de plus en plus spécifiques avec des listes de vocabulaire ou de synonymes. Les scribes de cette période mettent également au point le principe des listes bilingues sumérien-akkadien sur plusieurs colonnes servant d'aide à la connaissance de la première langue, devenue morte, et des signes logographiques. C'est le cas de la liste Urra = ḫubullu qui comprend sur deux colonnes le signe et le sens de mots arrangés par thème (arbres et objets en bois, roseau, objets en argile, textile, métal, animaux, pierres, étoiles, etc.) et de la liste Ea = naqû qui présente dans une première colonne un mot, dans la seconde le signe logographique le signifiant, et dans la troisième un explication brève du sens du mot. Les versions « canoniques » des listes lexicales se stabilisent dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. et leur état final est attesté dans les bibliothèques du Ier millénaire av. J.‑C. où elles occupent une place importante. La version finale de la série Urra = ḫubullu comprend alors 24 tablettes et environ 9 700 entrées, celle d'Ea = naqû huit tablettes de 2 400 entrées. Parmi les autres listes majeures qui se retrouvent souvent dans le milieu savant, on peut citer la liste étymologique Nabnitu, la liste de métiers Lú-A, des listes spécialisées comme Abnu šikinšu listant des pierres, ou encore Diri qui sert à connaître le sens de combinaisons de signes. À l'époque hellénistique sont mises au point les textes « gréco-babyloniens », trilingues sumérien-akkadien-grec, souvent des listes lexicales adaptées au nouveau contexte intellectuel[201].

Hymnes divins[modifier | modifier le code]

Les « lamentateurs » ou « chantres » (kalû) comptaient parmi les lettrés les plus estimés des temples babyloniens. Ces personnages sont des spécialistes des hymnes et autres chants et prières destinés à apaiser les divinités et à obtenir leurs faveurs, ou plus largement à les célébrer, donc des formes de communication destinées à assurer l'équilibre précaire entre les mondes humains et divins. La particularité des textes hymniques est qu'ils étaient rédigés essentiellement en sumérien, notamment dans un dialecte sacré spécifique, appelé emesal, qui est la dernière forme de sumérien à avoir été préservée dans le milieu des temples. Cela exigeait donc des lamentateurs qu'ils maîtrisent un langage complexe, nécessitant une formation poussée. À la différence des prières personnelles, les chants qu'ils accomplissaient avaient en général pour finalité de servir la communauté. Ils étaient souvent accomplis lors de rituels du culte divin, qu'il s'agisse des rites sacrificiels quotidiens, ou des fêtes religieuses épisodiques ou dans des situations exceptionnelles (notamment quand survenait un événement susceptible de susciter ou refléter la colère divine : reconstruction de temple, déplacement de statue cultuelle, éclipse, etc.), parfois durant des rituels d'exorcisme. Plusieurs catégories apparaissent dans les textes, dont les noms sont dérivés du sumérien et renvoient à leur finalité, la gestuelle ou les instruments de musique qui les accompagnaient : les chants appelés eršaḫungû, « chant pour calmer le cœur (d'un dieu) » ; les prières šuʾillakku, « à main levée », geste courant des orants dans l'art religieux, des courtes litanies visant à apaiser une divinité ; les chants balaggu, qui doivent leur nom à un instrument de musique, une sorte de harpe, qui sont en général des chants longs invoquant les divinités et prédisant des scénarios malheureux que l'on entendait éviter ; les eršemmû, « chants accompagnant un tambourin », en général de courtes litanies, parfois récitées pour conclure un balaggu[202].

Divination[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Divination en Mésopotamie.

La divination occupait une place majeure dans l'univers religieux et intellectuel de la Mésopotamie antique. Cette discipline visait à déchiffrer les messages envoyés aux hommes par les dieux, via différents media, afin de leur permettre de prendre des décisions appropriées, d'anticiper le futur et aussi de mieux comprendre le passé. Cette pratique était particulièrement importante dans le milieu du palais royal, intervenant pour appuyer les prises de décision royales, ainsi que dans les temples puisqu'elle était cruciale pour prévoir si l'exécution d'un rituel était propice ou non, mais plus largement les présages connus concernant tout le monde et tous types d'activités. Les formes les plus prisées de divination dans le milieu de la cour royale sont l'hépatoscopie et l'haruspicine, rituels au cours desquels le devin (barû) doit lire les messages divins dans le foie ou les entrailles d'un animal sacrifié, en général un agneau. L'astrologie, lecture des astres (et aussi des phénomènes météorologiques) et l'oniromancie, interprétation des rêves, sont deux autres formes répandues de divination. Mais d'autres formes étaient pratiquées : la tératomancie, interprétation de la forme de nouveau-nés humains ou animaux présentant des formes anormales ; la lécanomancie, lecture de la fumée d'encens ; et l'observation de différents phénomènes survenant au quotidien, qui étaient susceptibles d'avoir une signification importante, les messages divins ne se manifestant pas forcément lors de rituels précis ou de façon spectaculaire, mais partout, puisque plus largement il était considéré que tout ce qui se déroulait normalement avait une signification positive, tandis qu'un phénomène inhabituel était potentiellement néfaste, ou en tout cas à analyser avec attention suivant un ensemble de principes symboliques plus ou moins complexes. Au Ier millénaire av. J.‑C., les savoirs des devins babyloniens sont compilés dans de longues séries comprenant des centaines de présages, regroupées par type de divination et présentés de façon casuistique comme il était courant dans les textes savants mésopotamiens (« si tel présage se produit, alors ceci surviendra ») ; la série Si une ville est établie sur une hauteur (Šumma ālu ina mēlê šakin), compilant les présages du quotidien, recensait ainsi une dizaine de milliers de présages. Ces textes comptaient parmi les pièces les plus importantes des bibliothèques des lettrés de la Babylonie tardive[203].

Magie et science de la guérison[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine en Mésopotamie.

La contrepartie de la divination était souvent l'exécution de rituels précis visant à contrecarrer un malheur lorsqu'il était annoncé. L'origine du mal était en général une décision divine, suivant le principe plus large qui veut que les dieux décident du destin des humains, ou bien l'action d'un démon, d'un fantôme, d'un sorcier. Ces pratiques magiques et exorcistiques sont connues par des textes rituels précis, comme Namburbû, « pour sa dissolution », comprenant des rituels à accomplir pour sauver une personne avant qu'elle ne soit touchée par le mal qui lui avait été annoncé par un présage, ou Maqlû, « crémation », ayant pour but de délivrer une victime de sorcellerie. Le spécialiste des exorcismes, mašmašu(m) ou āšipu(m), est une figure majeure du milieu sacerdotal et lettré. Son rôle s'apparente du reste à celui d'un devin, puisqu'il consiste en premier lieu à déterminer l'origine du mal, souvent surnaturelle et divine. L'un des grands traités destinés aux exorcistes, Quand l’āšipu va à la maison du malade (Enûma ana bīt marsi āšipu illaku), se présente d'ailleurs comme un texte divinatoire disant ce qu'il va advenir au malade en fonction de ce qu'il survient quand l'exorciste se rend à son chevet, et plus largement les textes de diagnostics et pronostics (la série Sakikkû, « Symptômes ») ont la même forme que les séries divinatoires[204].

Le rôle de médecin est exercé par un autre spécialiste appelé asû(m), chargé de réaliser des remèdes pharmacologiques, ou de faire des opérations chirurgicales, mais pas du domaine de la magie. En fait la distinction entre les deux spécialistes est parfois floue, et durant les dernières phases de l'histoire babylonienne l’āšipu peut être aussi bien un exorciste qu'un médecin. Les connaissances médicales des anciens Babyloniens sont connues par des traités décrivant comment réaliser des remèdes médicaux (lotions, potions, fumigations, pommades, liniments, cataplasmes, lavements, etc.) à base de plantes, minéraux et autres ingrédients divers. Dans la pratique il est probable que ces remèdes soient prescrits à côté d'autres de type magique, comme l'utilisation de talismans, de figurines protectrices servant à éloigner le mal, la récitation de prières et d'incantations, ou l'exécution de rituels exorcistiques plus complexes[205].

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Tablette YBC 7289 (XVIIe siècle av. J.-C.) avec l'écriture en numération sexagésimale de 1/2 et des valeurs approchées au six dix-millionièmes de (
= 1.414212) et 2/2 = 42 + 25/60 + 35/602 = 30547/720[206].

La pratique des mathématiques babyloniennes est essentiellement documentée par de nombreuses tablettes scolaires d'époque paléo-babylonienne, ainsi que quelques tablettes trouvées dans les bibliothèques d'époque tardive. Le système de numération employé dans les calculs est la notation positionnelle sexagésimale (de base 60), mise au point dans la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.‑C.[207], mais les systèmes de mesure (de longueurs, de surfaces, de capacités) employaient chacun leur propre système de numération[208], ce qui impliquait aux apprentis scribes d'apprendre d'abord des listes métrologiques et des tables permettant de convertir les unités métrologiques dans le système sexagésimal. Les tablettes d'apprentissage consistaient tout d'abord en un ensemble de textes de calcul numérique, comme des tables de multiplications, d'extractions de racines carrées et des tables d'inverses qui servaient notamment pour réaliser des divisions. Les démonstrations étaient formulées sous la forme de séries d'algorithmes, parfois subdivisés en sous-algorithmes. Les autres types de textes mathématiques étaient des problèmes et séries de problèmes, qui se présentent en général sous la forme de cas pratiques, notamment la construction, quoi que les énoncés soient en général irréalistes, ce qui laisse planer des doutes sur la finalité pratique de ces textes. On reconnaît surtout aux anciens Babyloniens des qualités dans le domaine de l'algèbre, comme l'attestent les nombreuses tablettes de résolution d'équations du second degré, pour la résolution desquels était en fait employée un raisonnement géométrique s'apparentant à la méthode de la complétion du carré, ou de troisième degré. La géométrie est du reste très marquée par le raisonnement arithmétique. Parmi les plus fameuses tablettes mathématiques babyloniennes, Plimpton 322 est ainsi une liste de triplets pythagoriciens (entiers naturels non nuls x, y, z tels que x² + y² = z²), et YBC 7289 représente un carré et ses diagonales, donnant une valeur approchée de la racine carrée de deux. Les connaissances mathématiques furent en particulier mobilisées à l'époque récente pour l'astronomie prédictive[209].

Science astrale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Astronomie mésopotamienne.
Rapport d'observation astronomique régulière daté de 323-322 av. J.-C., mentionnant la mort d'Alexandre le Grand. British Museum.

À partir du Ier millénaire av. J.‑C., les savants mésopotamiens se tournèrent de plus en plus vers l'observation et l'interprétation des phénomènes astraux, pour effectuer des pronostics astrologiques, et également des prédictions astronomiques, et ce domaine intellectuel devint le plus dynamique de la Babylonie récente. Les « astronomes » babyloniens accumulèrent d'importantes données d'observations, compilées dans des rapports réguliers à partir du milieu du VIIIe siècle av. J.-C., qui devinrent de plus en plus élaborés par la suite. La seconde moitié du Ier millénaire av. J.‑C. vit l'astronomie prédictive se développer de plus en plus, avec la mise en évidence du caractère cyclique des phénomènes astraux, avant tout ceux de la lune, permettant d'établir des relations périodiques entre ceux-ci, par exemple le cycle du saros, période de 223 mois lunaires synodiques (périodes séparant deux phases identiques consécutives de la Lune) durant laquelle il y a 38 possibilités d'éclipses lunaires et ainsi d'établir les probabilités de ces dernières, ou encore la correspondance entre 235 mois synodiques et 19 années solaires (observées au moment du solstice d'été), qui permit de calculer de façon plus précise la durée d'une année et de clarifier le principe de l'ajout de mois intercalaires dans le calendrier (le « cycle métonique »). Furent également élaborées des méthodes mathématiques permettant d'affiner les prédictions des phénomènes astraux. Afin de faciliter les observations, le ciel fut découpé de façon plus précise entre les différents signes du zodiaque, permettant de mieux déterminer la position des astres. Les horoscopes apparurent à cette période, marquant une évolution dans la pratique astrologique : celle-ci était jusqu'alors marquée par l'observation des mouvements astraux considérés comme imprévisibles (astrologie compilée dans la série Enūma Anu Enlil), mais la mise en évidence de leur caractère récurrent et prédictible semble avoir rendu cette pratique obsolète, tandis que les horoscopes faisaient reposer leurs prédictions sur la position des astres au moment de la naissance d'un individu. Les savoirs astrologiques et astronomiques développés en Babylonie à cette période eurent un fort impact dans l'histoire de ces disciplines, parce qu'ils furent connus et repris par des savants grecs (notamment Hipparque)[210].

Les « sagesses »[modifier | modifier le code]

« Marduk, les cieux ne peuvent porter le poids de ses mains,
mais sa main légère retient (l'homme) voué à la mort.
Par sa colère, les tombes s'ouvrent,
par sa miséricorde, il relève de la catastrophe l'homme tombé.

Quand il s'irrite, déesse et dieu reculent ;
il vient en aide à celui que (même) son dieu repousse.
Si dure que soit la punition, tout à coup il la supprime ;
il pardonne et, sur le champ, les douleurs saisissent l'accouchée ;
il accourt et lui soigne le ventre,
puis il l'entoure d'attentions comme une vache son veau.

Ses coups pénètrent, ils transpercent le corps ;
mais doux sont ses bandages, ils sauvent de la mort.
Il parle et fait tomber dans le crime ;
au jour de son euphorie, faute et pêché sont enlevés. (...)

Marduk pénètre ce que disent les dieux dans (leur) cœur,
(mais) aucun dieu n'a vent de son décret.
Si lourd que (pèse) sa main, son cœur est miséricordieux ;
si terribles que soient ses armes, sa volonté opère guérison.
Sans son bon plaisir, qui pourrait atténuer son coup ? »

Les mystères des volontés divines, dans le Ludlul bēl nēmeqi[211].

Une catégorie de textes a été classée par les spécialistes modernes comme relevant du domaine des « sagesses », genre transposé depuis la littérature biblique. Les anciens Babyloniens connaissaient certes la notion de sagesse (nēmequ), capacité à faire montre d'un grand savoir dans tout type d'activité, offerte par les dieux (notamment le dieu-sage par excellence, Ea) aux hommes, mais pas en tant que genre littéraire. Les principes moraux dispensés sont en général de mener une vie accomplie dans le respect des normes sociales et des dieux, et de ne jamais douter en ces derniers, même dans les moments d'adversité. Cette littérature s'était développée assez tôt à l'époque archaïque, dans des textes en sumérien contenant des préceptes moraux (notamment les Instructions de Shuruppak), des collections de proverbes, des fables. La période paléo-babylonienne voit l'apparition du genre de la « théodicée », réflexion sur la contradiction entre le comportement pieux d'un personne et le malheur qui l'atteint. Ce genre se développe d'abord dans un texte en sumérien, intitulé Un homme et son Dieu, puis dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. il connaît un essor remarquable, dans une série de textes sapientiaux plus complexes[212]. Ludlul bēl nēmeqi (« Je loue le Seigneur de la sagesse »), ou Monologue du juste souffrant, est la longue supplique adressée à Marduk par un homme pieux et juste qui a connu le malheur et la disgrâce. La Théodicée babylonienne est un discours entre une autre figure de « juste souffrant » qui en vient à douter du fait que les dieux soient justes envers les hommes, et un ami qui l'exorte à continuer à leur accorder sa confiance. Si la qualité littéraire des textes s'améliore, la morale reste la même : accorder une confiance aveugle dans les dieux, dont les volontés sont impénétrables, et le malheur, bien qu'incompréhensible, doit venir d'une manière ou d'une autre d'une faute humaine. Ces textes semblent en particulier développés dans le cercle des exorcistes, portés vers la réflexion sur les origines divines du mal comme vu plus haut[213]. Le Dialogue du pessimisme est plus atypique : il s'agit d'une farce d'interprétation difficile, mettant en scène un maître qui cherche à vaincre son ennui et dialogue avec son esclave pour savoir quoi faire, trouvant toujours une raison pour ne rien faire, remettant parfois en question les préceptes moraux, mais conservant le principe selon lequel les désirs des dieux sont incompréhensibles pour les humains[214].

Textes mythologiques et épiques[modifier | modifier le code]

Première tablette de l’Atrahasis, copie provenant de Sippar, XVIIe siècle av. J.-C., conservée au British Museum.

Les bibliothèques des savants mésopotamiens contenaient également des œuvres mythologiques et épiques, dont le but apparent était plus divertissant, même si elles délivraient elles aussi des préceptes moraux et une réflexion sur la condition humaine et divine, et véhiculaient souvent un message politique. Bien que très proches du point de vue littéraire, les textes mythologiques et épiques sont couramment distingués parce que les premiers mettent en scène principalement des protagonistes divins, et les seconds des héros humains[215]. Ils sont composés à partir de traditions plus anciennes élaborées à l'époque sumérienne et souvent couchées par écrit à la fin du IIIe millénaire av. J.‑C., mais remaniées et réécrites en babylonien à partir du second quart du IIe millénaire av. J.‑C., la vieille littérature épique et mythologique sumérienne étant alors oubliée et remplacée par cette littérature en akkadien[197]. Ces œuvres se caractérisent en général par une longueur et une ambition moins courante dans les œuvres plus anciennes.

Article détaillé : Mythologie mésopotamienne.

Parmi les principaux textes mythologiques en babylonien plus directement liés aux traditions anciennes, on trouve la Descente d'Ishtar aux Enfers, adaptation raccourcie d'un mythe en sumérien plus ancien, relatant comment la grande déesse Inanna/Ishtar décida un jour de prendre le contrôle des Enfers, mais y fut piégée et capturée par la Reine des Enfers, Ereshkigal, et ne put en revenir qu'après des péripéties emportant son bien-aimé, Dumuzi/Tammuz[216]. D'autres textes mythologiques majeurs en babylonien sont des compositions plus originales, reprenant et réassamblant des mythes plus anciens pour former un récit cohérent. L'Atrahasis ou « Mythe du Supersage », rédigé autour du XVIIIe siècle av. J.-C., relate la création de l'homme par les dieux, puis la tentative de destructions des seconds par les premiers par le Déluge, l'humanité ne survivant que grâce au « Supersage » qui construisit une arche après avoir été alerté par le dieu Ea[217]. L’Épopée de la Création, ou Enūma eliš (« Lorsqu'en haut ») est un autre récit de création, élaboré dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. afin de glorifier Babylone et son grand dieu Marduk (il s'agit probablement d'une création de son clergé, de concert avec le pouvoir royal), qui y triomphe de la déesse primordiale Tiamat, créant ensuite le Monde et les hommes[154]. L’Épopée d'Erra, mise par écrit vers le VIIIe siècle av. J.-C., décrit les destructions causées en Babylonie par le dieu destructeur Erra (un avatar du dieu infernal Nergal), servant d'explication théologique aux malheurs subis par cette région durant les siècles ayant précédé sa rédaction[218].

Le texte épiques le plus célèbre mis par écrit en Babylonie est l’Épopée de Gilgamesh, mise en forme vers les XVIIIe – XVIIe siècle av. J.-C. à partir de récits épiques en sumérien mettant en scène le même héros, puis connaissant une version standardisée écrite vers les XIIIe – XIIe siècle av. J.-C. qui connut un immense succès dans le Proche-Orient ancien. Elle raconte les aventures de Gilgamesh, légendaire roi d'Uruk, et sa quête infructueuse de l'immortalité[219]. Le Mythe d'Adapa relate quant à lui comment son héros éponyme, grand-prêtre du dieu Enki/Ea à Eridu, faillit également se voir octroyer la vie éternelle après avoir fait preuve de ses qualités aux dieux[220]. Dans le Mythe d'Etana, le héros éponyme, roi légendaire de Kish, cherche de son côté à atteindre le Ciel afin d'obtenir une plante qui doit lui permettre d'avoir un fils[221].

Textes historiographiques[modifier | modifier le code]

Fragment de la Chronique de Nabonide. British Museum.

Une partie de la production littéraire mésopotamienne a une vocation historiographique. Certains de ces textes, en particulier ceux rédigés à l'époque paléo-babylonienne, reprennent des traditions sumériennes mettant en récit des événements passés repensés dans un contexte épique ou mythologique avec une visée morale et politique (comme le font par ailleurs des textes mythologiques tels que l’Épopée d'Erra). Cela concerne avant tout des récits relatifs aux anciens rois d'Akkad, Sargon et Naram-Sîn, qui font l'objet de récits en akkadien prenant la suite de textes sumériens plus anciens comme la Malédiction d'Akkad. C'est le cas de la Légende cuthéenne de Naram-Sîn, composée vers le XVIIIe siècle av. J.-C., relatant l'attitude arrogante et impie de ce roi lors d'une guerre, au cours de laquelle il est défait après avoir ignoré les présages négatifs envoyés par les dieux, ce dont il se repent. Par la suite les textes historiographiques produits par les savants babyloniens prennent surtout la forme de chroniques, développant la tradition de la Liste royale sumérienne et sa vision cyclique de l'histoire, pour délivrer un message moral et politique dans lequel les dieux ont toujours le dernier mot. Surtout développées à partir du VIIIe siècle av. J.-C., elles ont pour but premier de rapporter les événements récents par année, rapportant aussi bien les victoires que les défaites des souverains babyloniens, se présentant donc comme plus objectives que les textes historiographiques assyriens contemporains qui relèvent de la propagande royale. Cela ne les empêche pas d'avoir un biais politique fort dans certains cas : la Chronique de Nabonide est ainsi une charge contre ce souverain, coupable selon son auteur (là encore lié au clergé de Babylone) de n'avoir pas honoré Marduk, qui aurait alors tranché en sa défaveur lors de son affrontement contre le roi perse Cyrus II. D'autres chroniques remontent plus loin dans le passé, et ont une visée théologique plus prononcée. La Chronique Weidner ou Chronique de l'Esagil explique ainsi comment Marduk a récompensé les souverains du passé qui lui ont fait des offrandes, et châtié ceux qui ne l'ont pas fait, envoyant ainsi un avertissement aux souverains présents et à venir. La Chronique des rois anciens, remontant jusqu'à l'époque d'Akkad, se présente comme une collection de présages, mettant en rapport des événements et des observations divinatoires, présentant l'histoire comme une succession d'événements se déroulant de manière cyclique et annoncés de diverses manières par les dieux. Ces chroniques historiques sont recopiées et de nouvelles sont rédigées jusqu'à l'époque hellénistique[222].

Rayonnement intellectuel[modifier | modifier le code]

Le Sud mésopotamien exerçait une forte influence culturelle sur les régions voisines du Proche-Orient depuis l'époque sumérienne, et ce phénomène se prolongea à l'époque babylonienne. Il est particulièrement visible dans les activités lettrées et intellectuelles, des textes originaires de Babylonie se retrouvant dans les régions voisines, où ils s'étaient diffusés avec la pratique du cunéiforme. Ce rayonnement connaît son apogée dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C., quand l'akkadien sous sa forme babylonienne est la langue officielle de la diplomatie des chancelleries des grandes monarchies du Moyen-Orient, et qu'il doit donc être enseigné et maîtrisé dans leurs palais. De fait, des textes babyloniens se retrouvent aussi bien en Assyrie, région traditionnellement sous influence du Sud mésopotamien, mais aussi en Syrie (notamment à Ugarit[223]), dans l'Anatolie hittite (des scribes babyloniens étant présents dans la capitale hittite, Hattusa[224]), et jusqu'en ÉgypteEl-Amarna[225]). Cela concerne aussi bien des textes scolaires comme les listes lexicales, que des rituels et des textes épiques et mythologiques (l’Épopée de Gilgamesh en particulier). L'influence du milieu savant babylonien au Ier millénaire av. J.‑C. se voit encore en Assyrie (les bibliothèques de Ninive comprenant de nombreux textes pris ou copiés en Babylonie[226]) et dans la littérature biblique (notamment le thème du Déluge[227]), sans doute en partie constituée en Babylonie, même si beaucoup de points communs entre les traditions religieuses babyloniennes et la Bible s'expliquent plutôt par le fait qu'elles partagent des origines communes qu'à une influence directe[228]. Par la suite l'influence des savoirs babyloniens dans les domaines des mathématiques, de la médecine, de la magie et aussi du droit se retrouve dans le Talmud de Babylone[229]. Il est en revanche plus difficile de postuler une influence directe sur les savoirs de la Grèce antique, en dehors du cas de l'astronomie et de certaines pratiques divinatoires (les horoscopes) pour laquelle des contacts sont plus clairement indiqués par les textes[230]. Dans le domaine de la littérature épique et religieuse, l'influence s'il y en a eu paraît plus indirecte (on évoque plus à ce propos une influence « orientale »)[231]. Les tentatives de transmission de la culture babylonienne à l'époque hellénistique comme celle de Bérose, prêtre de Babylone écrivant en grec, semblent avoir été peu fructueuses[232]. Les traditions savantes de la Mésopotamie antique furent donc oubliées après la disparition des temples de Babylonie et de leurs cercles lettrés aux débuts de notre ère[193].

Arts visuels[modifier | modifier le code]

Statue de lion en basalte retrouvée sur le site de Babylone dans le secteur palatial.

Les réalisations artistiques de la Babylonie antique connue par l'archéologie sont essentiellement de nature publique, liées aux croyances et pratiques religieuses. Cela s'explique notamment par le fait que les sanctuaires ont été les lieux privilégiés de fouilles, les palais, tombes et résidences ayant fourni moins de matériel archéologique. Cela reflète par ailleurs l'importance du principe des offrandes aux dieux, qui prenaient souvent la forme d'objets, de plus ou moins bonne qualité suivant les moyens du dédicant, les offrandes royales étant les plus somptueuses. Ces offrandes consistaient pour une part en des biens destinés à enrichir le trésor d'un temple, notamment du mobilier destiné à servir au dieu, ou bien des statues et autres représentations d'une personne en posture de prière envers la divinité auxquelles elles étaient offertes, et les ex-voto à proprement parler, des objets offerts pour obtenir une grâce précise[233]. La seconde catégorie est la plus attestée par l'archéologie. Le temple était également le lieu de dépôt de nombreuses stèles sculptées et inscrites, portant une décision ou un contrat pour lequel on souhaitait une protection divine et des malédictions en cas d'infraction. Le rôle de l'écrit sur ces objets est important, qu'il s'agisse de courtes dédicaces ou prières, ou de plus longues inscriptions, contenant systématiquement une partie invoquant les dieux. L'inscription joue donc un rôle important, devant être lue par un dieu ou des personnes, assurant l'efficacité et la postérité du message[234]. L'art privé, domestique et personnel, est moins attesté. La forme la plus répandue d'objet personnel retrouvée sur les sites mésopotamiens est le sceau-cylindre, servant en premier lieu à authentifier les actes, mais ayant aussi un caractère religieux. Enfin, quelques cas de décorations architecturales et murales ont été mis au jour sur des sites, s'inscrivant dans un ensemble monumental lié à la vie politique et religieuse, notamment à Babylone.

Statuaire[modifier | modifier le code]

Bas-relief sur stèle représentant le dieu-soleil Shamash, sous sa forme de statue divine, trônant en majesté face au roi Nabû-apla-iddina (888-855 av. J.-C.) introduit par un prêtre et une divinité protectrice ; entre les deux, le disque solaire symbolisant le dieu, suspendu sur un autel[235]. British Museum. L'inscription commémore la confection et la consécration de la statue : « Pour façonner cette statue, (Nabû-apla-idinna) mobilisa toute son intelligence et grâce à la sagesse d'Ea, au travail de Ninildu, Kugibanda, Ninkurra, Ninzadim, avec de l'or rouge, et du lapis-lazuli pur, il (re)fit de la manière la statue de Shamash, le grand seigneur. Par le rituel de purification d'Ea et de Marduk (...) il fit son lavage de bouche et (le dieu) établit là sa résidence »[236].

Les statues les plus importantes étaient les statues de culte des divinités, déposées dans les temples pour manifester leur présence sur terre[237]. Si aucun de ces objets n'a été mis au jour, on sait qu'on apportait le plus grand soin à leur confection : les dieux les plus importants avaient des statues réalisées en bois de qualité, ornées de métaux rares et pierres précieuses (lapis-lazuli, or). D'après les représentations de statues figurées sur des reliefs, il semble que la forme de représentation privilégiée soit celle de la divinité sur son trône, en majesté, même s'il existait aussi des représentations de divinités debout. Après la réalisation de l'objet, le rituel du « lavage de la bouche » (mīs pī) ou de l'« ouverture de la bouche » (pīt pī) assurait la présence divine dans l'objet[238], puis elle jouait un rôle central dans son culte : elle recevait les offrandes, elle était vêtue, parée, maintenue pure, déplacée lors de processions. Les divinités étaient aussi représentées par des emblèmes et symboles, par exemple un disque solaire pour le dieu Shamash à Sippar, représenté sur un autel sur une stèle commémorant la réfection de la statue du dieu[239].

Les découvertes archéologiques ont livré peu de statues, et elles sont souvent dans un état très fragmentaire. Elles datent pour beaucoup de la période paléo-babylonienne, et sont en métal (bronze surtout), en pierre et en terre cuite. Il s'agit essentiellement d'objets votifs : représentations de divinités, notamment des déesses protectrices lama ; représentations d'orants en position de prière, comme l'« adorant de Larsa » voué par un dignitaire de Hammurabi pour le bien du roi, l'image se substituant alors à la présence réelle de la personne afin de permettre à sa prière d'être entendue continuellement par la divinité auprès de laquelle elle était déposée ; représentations d'animaux, choisis apparemment pour les divinités auxquelles ils étaient associés (chiens liés à la déesse guérisseuse Gula, béliers du dieu Amurru lié aux espaces sauvages). Les représentations royales ne sont en revanche attestées que par une tête en diorite qui faisait partie à l'origine d'une statue représentant un souverain debout[240].

La statuaire des périodes kassite et néo-babylonienne est très mal connue. On connaît surtout de ces époques des statues en terre cuite de divinités ou démons[241]. En revanche la statuaire de l'époque tardive (séleucide et parthe) est mieux connue, pour un contexte archéologique différent de celui des époques précédents : les tombes. Elle témoigne de l'arrivée des influences hellénistiques, qui se voient dans le style artistique, et l'emploi plus courant de la terre cuite et les pierres tendres, intégrées dans la production locale pour représenter des divinités mésopotamiennes, souvent dans un style grec (reprenant les traits de leurs contreparties grecques), ce qui donne un art « gréco-babylonien »[242]. Il est notamment caractérisé par des statuettes représentant des figures féminines, debout, assises ou allongées, habillées ou nues, dont plusieurs peuvent être identifiées comme des déesses[243].

Plaques en terre cuite[modifier | modifier le code]

Une des formes d'art caractéristiques des premiers siècles du IIe millénaire av. J.‑C. sont les plaques en terre cuite[244]. Elles représentent souvent des divinités, avec leurs symboles, ainsi que des scènes mythologiques et parfois des scènes profanes ou érotiques. Ces objets étaient sans doute les plus accessibles au peuple babylonien. Ils ont pu être offerts à des temples, ou ont eu une fonction protectrice dans des maisons, ou ont pu servir d'images cultuelles dans de petits sanctuaires. C'est sans doute la forme d'art la moins élitiste qui soit connue.

Stèles en pierre[modifier | modifier le code]

Les stèles (narû) sont des documents destinés à être exposés au regard. Elles associaient texte et image.

Le cas le plus célèbre est celui de la stèle en basalte du Code de Hammurabi, qui devait à l'origine être placée dans un temple, sans doute celui du dieu-soleil Shamash, le dieu garant de la justice, à Sippar, où elle devait être accessible à ceux qui voulaient s'inspirer du sens de la justice du roi[245]. Elle a été mise au jour à Suse en Élam où elle avait été emportée en tant que butin au XIIe siècle av. J.-C. Elle représente le roi Hammurabi rendant hommage au dieu assis sur un trône, suivant le principe des scènes de présentation[246], et contient un long texte rédigé dans une graphie volontairement archaïsante, considérée comme plus solennelle.

Le type de stèles babyloniennes le plus courant sont ceux qui sont qualifiés de kudurrus, qui apparaissent à l'époque kassite[247]. Il s'agit de blocs de pierre pouvant atteindre jusqu'à un mètre, ornés de bas-reliefs et portant un inscription rapportant un acte à portée juridique : surtout des donations royales, ou des octrois de franchise, parfois une vente de terrain entre personnes privées. Ils étaient placés dans les temples, auprès des dieux invoqués dans les malédictions qui concluaient les textes, leur garantissant ainsi une protection divine. L'iconographie de l'époque kassite privilégie la représentation de symboles divins, souvent disposés sur plusieurs registres, et parfois des divinités sur un trône ou une scène de présentation. Les kudurrus de la période post-kassite prennent de plus en plus la forme de grandes tablettes, et représentent aux côtés de symboles divins des personnages humains, souvent le roi et celui qui reçoit la donation[248]. La « tablette de Shamash » retrouvée à Sippar, commémorant la fabrication de la statue du dieu par le roi Nabû-apla-iddina (888-855 av. J.-C.), prend une même forme, représentant une scène de présentation devant le dieu, précédant le texte commémoratif[235].

Autres objets cultuels, votifs et protecteurs[modifier | modifier le code]

Le mobilier des temples comprenait une foule d'objets servant pour le culte, offerts par des fidèles, ou bien confectionnés par les artisans du temple. Il n'en reste quasiment rien, ces objets de luxe ayant disparu dès l'Antiquité, et seuls les textes (notamment des inventaires tenus par les temples temples) permettent de les connaître. Les archives de l'Eanna d'Uruk à l'époque néo-babylonienne en reflètent la variété : des autels, des chars, des lits, des tables, de la vaisselle précieuse, des armes, des emblèmes, des parures (tiare, couronne), des bijoux, des perles, des vêtements de qualité, etc. Par ailleurs des objets plus importants étaient déifiés et faisaient l'objet d'un culte, comme les étendards de la déesse Ishtar, son char, son carquois, etc.[249]

Parmi les objets votifs, les ex-voto à proprement parler, offerts à une divinité en remerciement de ses bienfaits ou dans l'attente d'une grâce, sont difficiles à identifier car peu sont présentés comme tels, se contentant en général d'exprimer le fait qu'ils sont voués « pour la vie » d'une personne (le dédicant ou un autre). Mais on sait par les textes que la pratique existait, certains des objets offerts ayant un lien direct avec le vœu. Les marchands d'Ur prenant les routes du golfe Persique à l'époque du royaume paléo-babylonien de Larsa, peu avant la conquête babylonienne, vouaient ainsi à la déesse Ningal divers objets précieux ramenés de leurs voyages, et aussi des représentations de bateaux en argent, en remerciement de la réussite de leur périple maritime ; d'autres objets étaient donnés au titre d'un « dîme »[250].

Par ailleurs, on connaît une grande variété de petits objets votifs mis au jour sur les sites de Babylonie. Ainsi, les parmi les différents objets portant des dédicaces des rois de la période kassite, on compte : un tête de masse d'armes en serpentine du prince Ula-burariash, une perle lenticulaire en lapis-lazuli dédiée par Kurigalzu II à Enlil, des perles en agate ou en calcédoine saphirine, comme celle dédiée à Shamash par Nazi-Maruttash, et une amulette en amazonite en forme de tête de bovin portant le nom de Kadashman-Turgu[251].

Les perles composant le collier et les pendentifs symbolisant des divinités trouvés dans le « trésor de Dilbat », daté de la fin de la période paléo-babylonienne. Metropolitan Museum of Art.

Des trouvailles isolées de « trésors » d'objets enfouis dans l'Antiquité permettent de mieux connaître les travaux des orfèvres babyloniens. Un fut mis au jour à Dilbat, l'autre à Larsa, et les deux datés couramment de l'époque paléo-babylonienne (le premier étant peut-être plus tardif). Aux côtés de boucles d'oreille ou d'anneaux de nez, on y a retrouvé des symboles divins : croissant de lune de Sîn, foudre d'Adad, disque solaire de Shamash, disques à rosettes peut-être liés à Ishtar, pendeloques représentant la déesse protectrice lama. Ces objets avaient manifestement une fonction protectrice en plus de leur rôle ornemental, mais on ne sait pas à qui ils appartenaient ou étaient destinés (une statue divine, un haut personnage ?)[252]. Les textes, notamment ceux liés à la pratique de l'exorcisme, indiquent en tout cas qu'on attachait une grande importance à la confection d'amulettes, dotées d'une fonction protectrice par un rituel, pour se protéger de différents types de maux et obtenir des grâces divines. Elles étaient réalisées en métal, en pierres dures et précieuses. Elles se présentaient sous la forme de colliers de pierres ou bien de plaques ou galets de pierre sur lesquels étaient inscrites des formules magiques, ainsi que des représentations du figures protectrices, comme les déesses lama ou le démon Pazuzu, qui servait à combattre la démone Lamashtu qui s'en prenait aux femmes enceintes et aux nouveau-nés[253].

Les sceaux et la glyptique[modifier | modifier le code]

Les sceaux-cylindres sont depuis ses débuts une des caractéristiques de la culture matérielle mésopotamienne[254]. Il s'agit, comme leur nom l'indique, de petits cylindres en pierre ayant la fonction juridique d'identifier leur détenteur sur des documents et ainsi d'authentifier les actes, en les déroulant sur une surface d'argile. Ils pouvaient aussi avoir une fonction de talisman. Au début du IIe millénaire av. J.‑C., ils comprennent en général un texte identifiant celui qui les portent, parfois accompagné d'une prière, qui deviennent plus longues à l'époque kassite, mais au Ier millénaire av. J.‑C. ils ne comportent en général pas d'inscriptions. Le répertoire iconographique des sceaux-cylindres est une source inestimable pour la connaissance de l'art religieux mésopotamien. Ceux de l'époque paléo-babylonienne privilégient des scènes de présentation d'un humain devant le roi ou une divinité, ainsi que les représentations d'un personnage royal portant une massue devant une divinité. Les sceaux d'époque kassite représentent souvent des divinités assises seules ou avec un orant, associés des symboles divins, des personnages héroïques maîtrisant les forces de la nature, et des animaux. Les scènes animales restent courantes à l'époque post-kassite et néo-babylonienne, et se répandent les représentations de héros combattant des animaux sauvages ou de génies (sans doute d'inspiration assyrienne), et des scènes cultuelles. Le milieu du Ier millénaire av. J.‑C. voit s'amorcer la disparition des sceaux-cylindres, supplantés par les sceaux-cachets, reprenant des thèmes similaires[255].

Décorations architecturales et murales[modifier | modifier le code]

Concernant les décorations sur les murs des édifices monumentaux, dont les revêtements extérieurs (sur les murs extérieurs des édifices et dans les cours intérieures) sont en général en briques cuites, plus solides que les briques séchées, elles sont dans la plupart des cas relativement simples, constituées d'alternances de saillants et de rentrants, et des demi-colonnes engagées dans les cas les plus élaborés, notamment les niches associées à des demi-colonnes torsadées dans une cour du temple de Shamash à Larsa datant de l'époque paléo-babylonienne[256]. Des décorations plus élaborées en briques moulées font leur apparition à l'époque kassite avec les reliefs du temple construit par le roi Kara-indash dans le temple d'Ishtar d'Uruk. Ils représentent des déesses protectrices portant des vases aux eaux jaillissantes. L'aspect monumental des édifices paraît par ailleurs se renforcer à cette période, notamment avec le palais de Dur-Kurigalzu, bien plus vaste que les édifices palatiaux antérieurs[257]. Il atteste notamment de progrès dans la technique de la voûte, apparemment employée pour la couverture des grandes pièces de l'édifice sur des portées allant jusqu'à 7 mètres. Une autre originalité de l'édifice consiste en ses peintures murales. Elles représentent des processions de dignitaires, peut-être liées à la fonction de l'édifice dans des rituels liés à la royauté, notamment le couronnement[258].

Le principe des décors de briques moulées évolue au Ier millénaire av. J.‑C., avec le progrès de la maîtrise de la technique de la glaçure, qui permet la réalisation de décors de briques colorées à grande échelle sur les murs de Babylone[259]. On les retrouve notamment sur la porte d'Ishtar, une des principales portes de la ville, dont les murs sont décorés de briques glaçurées bleues avec des représentations de dragons-serpents, symboles du dieu Marduk, et de taureaux, symboles du dieu Adad[260]. Des lions, animaux symbolisant la déesse Ishtar, se retrouvent sur les murs de la voie processionnelle conduisant de la porte jusqu'au sanctuaire de Marduk. Les décors comprennent également des frises de motifs géométriques et floraux (rosettes). On retrouve ce même type de décoration dans le palais royal. Les représentations d'animaux symbolisant les dieux sont destinées à renforcer la protection symbolique des édifices[261], notamment les murailles et les entrées des villes, qui étaient par ailleurs dotés de noms cérémoniels symbolisant leur rôle défensif (la porte d'Ishtar était ainsi nommée « Ishtar terrasse ses ennemis »). Ils symbolisent aussi l'emprise des dieux, en premier lieu Marduk, sur la ville. Certaines briques émaillées portaient par ailleurs des inscriptions de fondation du roi Nabuchodonosor II, qui indiquent par ailleurs que des statues colossales en bronze de dragons-serpents et de taureaux se trouvaient à l'entrée de la ville[262]. Ce vaste programment de décoration, non attesté dans d'autres villes mésopotamiennes à cette échelle (on le trouve dans des palais ou des temples), montre qu'ici c'est la ville tout entière qui est conçue comme un monument[263].

Références[modifier | modifier le code]

  1. R. Rollinger, « L'image et la postérité de Babylone dans les sources classiques », dans Babylone 2008, p. 374-377
  2. J. García Recio, « L'image de Babylone dans les sources bibliques », dans Babylone 2008, p. 363-366. A. Cavigneaux, « L'exil judéen en Babylonie », dans Babylone 2008, p. 366-368.
  3. J. García Recio, « Babylone dans le Talmud de Babylone », dans Babylone 2008, p. 368-372
  4. M.-T. Gousset, « Images médiévales de Babylone dans les manuscrits occidentaux », dans Babylone 2008, p. 382-389 et Ead., « Byzance et la Russie Médiévale », dans Babylone 2008, p. 389.
  5. A. Vernay-Nouri, « Babylone dans la tradition arabe », dans Babylone 2008, p. 390-391
  6. F. Richard, « Babylone dans la tradition iranienne », dans Babylone 2008, p. 392-393
  7. A. Invernizzi, « Les premiers voyageurs », dans Babylone 2008, p. 505-507.
  8. J. Taylor, « Les explorateurs britanniques au XIXe siècle », dans Babylone 2008, p. 508-512. N. Chevalier, « Les fouilles archéologiques françaises au XIXe siècle », dans Babylone 2008, p. 513-515
  9. Benoit 2003, p. 515-522
  10. Benoit 2003, p. 537-538
  11. J. Marzahn, « Les fouilles archéologiques allemandes », dans Babylone 2008, p. 516-525
  12. Benoit 2003, p. 543-544
  13. Benoit 2003, p. 546
  14. Benoit 2003, p. 556-558
  15. Benoit 2003, p. 286-289
  16. Benoit 2003, p. 594-596
  17. (en) P. G. Stone et J. Farchakh-Bajjaly (dir.), The Destruction of Cultural Heritage in Iraq, Woodbridge,
  18. Joannès 2000, p. 15-16 et Charpin 2003, p. 22-35
  19. a et b Joannès 2006, p. 193-194. Synthèse plus détaillée sur les conditions écologiques de cette région dans P. Sanlaville, Le Moyen-Orient arabe, Le milieu et l'homme, Paris, 2000, p. 101-103, et 183-187 pour une perspective historique.
  20. (en) J. Huehnergard et C. Woods, « Akkadian and Eblaite », dans Roger D. Woodard (dir.), The Cambridge Encyclopedia of the World's Ancient Languages, Cambridge,  ; R. Mugnaioni, « L'akkadien », dans E. Bonvini, J. Busuttil et A. Peyraube (dir.), Dictionnaire des langues, Paris,
  21. B. Lion, « Akkad », dans Joannès (dir.) 2001, p. 22
  22. F. Joannès, « Babylonie », dans Joannès (dir.) 2001, p. 115-117
  23. (en) H. D. Galter, « Looking Down the Tigris, The interrelations between Assyria and Babylonia », dans Leick (dir.) 2007, p. 527-540
  24. Joannès 2000, p. 177 ; P.-A. Beaulieu, « Écritures et langues à Babylone au Ier millénaire av. J.-C. », dans Babylone 2008, p. 312.
  25. Charpin 2003 ; (en) M. Van de Mieroop, King Hammurabi of Babylon: A Biography, Malden,
  26. D. Charpin, « Samsu-iluna », dans Joannès (dir.) 2001, p. 752-754
  27. D. Charpin, « Paléo-babyloniens (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 622-624
  28. B. Lion, « Cassites (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 164-165
  29. F. Joannès, « Babyloniens post-cassites (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 117-118
  30. Joannès 2000, p. 84-87
  31. Garelli 2001, p. 123-126
  32. Joannès 2000, p. 88-96. Garelli 2001, p. 145-155
  33. F. Joannès, « Achéménides (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 1-4
  34. F. Joannès, « Hellénistiques (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 377-379
  35. F. Joannès, « Parthes (rois) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 634-636
  36. F. Joannès, « Roi », dans Joannès (dir.) 2001, p. 729-733
  37. B. André-Salvini, Le Code de Hammurabi, Paris,
  38. Huot 2004, p. 176 ; J. Marzahn, « Une métropole d'argile », dans Babylone 2008, p. 163-166
  39. (de) J.-W. Meyer, « Der Palast von Aqar Quf: Stammesstrukturen in der kassitischen Gesellschaft », dans B. Böck, E. Cancik-Kirschbaum et T. Richter (dir.), Munuscula Mesopotamica, Festschrift für Johannes Renger, Münster, , p. 317-326
  40. Charpin 2003, p. 139-143 ; Joannès 2006, p. 154-157 ; Joannès 2000, p. 90-92
  41. F. Joannès, « Administration royale », dans Joannès (dir.) 2001, p. 14-16 ; F. Joannès, « Administration locale », dans Joannès (dir.) 2001, p. 11-12
  42. Westbrook (dir.) 2003, p. 363-367 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 918-920
  43. (en) J. F. Robertson, « The Social and Economic Organization of Ancient Mesopotamian Temples », dans Sasson (dir.) 1995, p. 443-454 ; F. Joannès, « Administration des temples », dans Joannès (dir.) 2001, p. 9-11
  44. Jursa 2004, p. 49-58 ; (en) W. Sallaberger, « The Palace and the Temple in Babylonia », dans Leick (dir.) 2007, p. 265-275
  45. Ph. Clancier et J. Monerie, « Les sanctuaires babyloniens à l’époque hellénistique : évolution d’un relais de pouvoir », Topoi, no 19 « Les sanctuaires autochtones et le roi dans le Proche-Orient hellénistique : entre autonomie et soumission »,‎ , p. 181-237
  46. F. Joannès, « Hiérarchie sociale », dans Joannès (dir.) 2001, p. 385-386.
  47. a et b F. Joannès, « Private Commerce and Banking in Achaemenid Babylon », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1475-1485 ; Joannès 2000, p. 104-108 et 154-155 ; Jursa 2004, p. 58-63 ; (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 229-232
  48. M.-J. Seux, Lois de l'Ancien Orient, Paris, 1986, p. 62
  49. Charpin 2003, p. 223. Westbrook (dir.) 2003, p. 377-379
  50. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 926
  51. (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 232-233 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 926-927 ; F. Joannès, « La dépendance rurale en Babylonie, VIIe-IVe siècle av. J.-C. », dans B. Menu (dir.), La dépendance rurale dans l'Antiquité égyptienne et proche-orientale, Le Caire, 2004, p. 239-251
  52. Jursa 2004, p. 63
  53. (en) L. D. Steele, « Women and Gender in Babylonia », dans Leick (dir.) 2007, p. 299-316
  54. Charpin 2003, p. 219-223 ; Westbrook (dir.) 2003, p. 382-385 ; Slanski 2003, p. 499-500 ; Joannès 2000, p. 103-104 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 928-933
  55. (en) R. M. Whiting, « Amorrite Tribes and Nations of Second Millennium Western Asia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1234-1235
  56. (en) L. Sassmannshausen, « The Adaptation of the Kassites to the Babylonian Civilization », dans K. van Lerberghe et G. Voet (dir.), Languages and Cultures in Contact. At the Crossroads of Civilizations in the Syro-Mesopotamian Realm, Proceedings of the 42th RAI (1995), Louvain, , p. 409-424
  57. (en) F. M. Falès, « Arameans and Chaldeans: Environment and Society », dans Leick (dir.) 2007, p. 288-298
  58. Cf. par exemple sur les Élamites : (en) R. Zadok, « The Babylonian-Elam Connections in the Chaldaean and Achaemenid Periods (part One) », Tel Aviv, vol. 38, no 1,‎ , p. 120-143 ; (en) R. Zadok, « The Babylonian-Elam Connections in the Chaldaean and Achaemenid Periods (part Two) », Tel Aviv, vol. 38, no 2,‎ , p. 241-271. Sur les Judéens : (en) L. E. Pearce, « New Evidence for Judeans in Babylonia », dans O. Lipschits et M. Oeming (dir.), Judah and the Judeans in the Persian Period, Winona Lake, , p. 399-411 ; F. Joannès, « La vie des déportés de Juda en Babylonie », dans Aux origines de la Bible, Paris, , p. 72-81.
  59. J. Monerie, « Les communautés grecques en Babylonie (VIIe-IIIe s. av. J.-C.) », dans L. Martinez-Sève (dir.), Les diasporas grecques du VIIIe au IIIe siècle av. J.-C. (Pallas 89), , p. 345-365
  60. Westbrook 2003, p. 384-391 ; Charpin 2003, p. 223-226 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 933-936.
  61. Charpin 2003, p. 229-231 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 936-938
  62. À partir de la traduction de J. J. Finkelstein dans (en) J. B. Pritchard (dir.), Ancient Near Eastern Texts Relating to Old Testament, Princeton, , p. 544
  63. Westbrook 2003, p. 395-399 ; Charpin 2003, p. 229-231
  64. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 939-940
  65. Charpin 2003, p. 232-233
  66. D'après les archives médio-babyloniennes de Nippur : (en) J. S. Tenney, Life at the Bottom of Babylonian Society: Servile Laborers at Nippur in the 14th and 13th Centuries B.C., Leyde, , p. 65-92, qui documentent surtout des classes serviles, mais le modèle semble transposable au reste de la population. L. Battini, « Famille élargie ou famille nucléaire ? Problèmes de démographie antique », dans L. Marti (dir.), La famille dans le Proche-Orient ancien: réalités, symbolismes et images. Proceedings of the 55th Rencontre Assyriologique Internationale, Paris, July 6-9, 2009, Winona Lake, , p. 3-26 aboutit à une conclusion similaire d'après les sources archéologiques et épigraphiques d'autres sites de la Mésopotamie antique.
  67. L. Battini, « Maison », dans Joannès (dir.) 2001, p. 487
  68. Charpin 2003, p. 242-243 ; (en) H. Crawford, « Architecture in the Old Babylonian Period », dans Leick (dir.) 2007, p. 91-92
  69. (en) H. D. Baker, « Urban form in the First Millennium B. C. », dans Leick (dir.) 2007, p. 70-72
  70. Huot 2004, p. 183-184
  71. L. Battini, « Maison », dans Joannès (dir.) 2001, p. 487-490
  72. Y. Watai, «  Les maisons urbaines du Ier millénaire en Babylonie d'après la documentation textuelle  », dans C. Michel (dir.), De la maison à la ville dans l’Orient ancien : la maison et son mobilier, (lire en ligne), p. 357-366
  73. Leick 2003, p. 132-137 ; (de) K. Reiter, « Haushaltgegenstände in altbabylonischen Texten », dans K. R. Veenhof (dir.), Houses and Households in Ancient Mesopotamia: Papers read at the 40th Rencontre Assyriologique Internationale, Leiden, July 5-8, 1993, Leyde, , p. 261-272 ; C. Michel, « Les maisons et leur mobilier à l’époque paléo-babylonienne : quelques exemples », dans C. Michel (dir.), De la maison à la ville dans l’Orient ancien : la maison et son mobilier, (lire en ligne), p. 315-320
  74. Postgate 1992, p. 173-183 ; F. Joannès, « Irrigation », dans Joannès (dir.) 2001, p. 415-418
  75. D. Charpin, « La politique hydraulique des rois paléo-babyloniens », Annales, Histoire, Sciences Sociales, vol. 57, no 3,‎ , p. 545-569 ; (en) W. van Soldt, « Irrigation in Kassite Babylonia », dans Bulletin of Sumerian Agriculture IV, Irrigation and cultivation in Mesopotamia Part I, Cambridge, , p. 105-120 ; F. Joannès, « Les droits sur l'eau en Babylonie récente », Annales, Histoire, Sciences Sociales, vol. 57, no 3,‎ , p. 578-592
  76. Postgate 1992, p. 158-159 et 173-176 ; Joannès 2006, p. 194-195 ; (en) B. Hruška, « Agricultural Techniques », dans Leick (dir.) 2007, p. 58-59
  77. a, b et c (en) S. Richardson, « The World of the Babylonian Countrysides », dans Leick (dir.) 2007, p. 16-17
  78. Potts 1997, p. 57-62
  79. (en) B. Hruška, « Agricultural Techniques », dans Leick (dir.) 2007, p. 59-63
  80. Synthèse sur l'alimentation dans la Babylonie antique dans (en) F. Reynolds, « Food and Drink in Babylonia », dans Leick (dir.) 2007, p. 171-184. Plus détaillé : J. Bottéro, La plus vieille cuisine du monde, Paris, .
  81. Joannès 2006, p. 195-196
  82. Potts 1997, p. 62-70 pour une liste des différents légumes, fruits et herbes cultivés dans la Basse Mésopotamie antique.
  83. Potts 1997, p. 86-89
  84. Joannès 2000, p. 110-111
  85. Charpin 2003, p. 269-270
  86. Joannès 2000, p. 109
  87. Joannès 2006, p. 165-166 ; Joannès 2000, p. 110-115 ; (en) M. Jursa dans Leick (dir.) 2007, p. 225-228.
  88. Charpin 2003, p. 250-259 ; Joannès 2006, p. 161-162
  89. (en) W. Sommerfeld, « The Kassites of Ancient Mesopotamia: Origins, Politics and Culture », dans Sasson (dir.) 1995, p. 920-922
  90. F. Joannès, « Administration locale », dans Joannès (dir.) 2001, p. 11-12
  91. (en) M. Tanret, « Learned, Rich, Famous and Unhappy: Ur-Utu of Sippar », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 75
  92. (en) S. Richardson, « The World of the Babylonian Countrysides », dans Leick (dir.) 2007, p. 25-28
  93. À partir de (en) H. Radau, Letters to the Cassite Kings from the Temple Archives of Nippur (BE XVII), Philadelphie, , p. 102-103 (et pl. 18) et (en) A. L. Oppenheim, Letters From Mesopotamia: Official, Business, and Private Letters on Clay Tablets from Two Millennia, Chicago, , p. 116-117
  94. Joannès 2000, p. 109-110 ; (en) M. Jursa, « The Babylonian Economy in the First Millennium B.C. » dans Leick (dir.) 2007, p. 225-227
  95. Résumé des débats sur cette question dans J.-L. Huot, , Les Sumériens, entre le Tigre et l'Euphrate, Paris, , p. 91-98. Voir aussi Joannès 2006, p. 194 et 196-198
  96. (en) G. van Driel, «, « Land in Ancient Mesopotamia: “That What Remains Undocumented Does Not Exist” », dans B. Haring et R. de Maaijer (dir.), Landless and Hungry? Access to Land in Early and Traditional Societies, Leyde, , p. 19-49
  97. a et b (en) F. van Koppen, « Society and Economy in the Later Old Babylonian Period », dans Leick (dir.) 2007, p. 217-219
  98. Joannès 2000, p. 151-152
  99. a et b Sur les conditions de la prospérité de la Babylonie à cette période : (en) M. Jursa, « Babylonia in the first millennium BCE - economic growth in times of empire », dans L. Neal et J. G. Williamson (dir.), The Cambridge History of Capitalism, Volume 1. The Rise of Capitalism: From Ancient Origins to 1848, Cambridge, , p. 24-42.
  100. (en) T. Clayden, « Kurigalzu I and the Restoration of Babylonia », Iraq, no 58,‎ , p. 109-121
  101. (en) R. Zettler, « Nippur », dans Meyers (dir.) vol. 4 1997, p. 149
  102. (en) R. M. Boehmer, « Uruk-Warka », dans Meyers (dir.) vol. 5 1997, p. 296-298
  103. (en) R. Zettler, « Ur », dans Meyers (dir.) vol. 5 1997, p. 290-291
  104. L. Battini et F. Joannès, « Larsa », dans Joannès (dir.) 2001, p. 469-471
  105. (en) M. D. Danti et R. L. Zettler, « Eridu », dans Meyers (dir.) vol. 2 1997, p. 259
  106. B. André-Salvini, Babylone, Paris,
  107. F. Joannès et M. Sauvage, « Borsippa », dans Joannès (dir.) 2001, p. 4140-141
  108. (en) H. Gasche et C. Janssen, « Sippar », dans Meyers (dir.) vol. 5 1997, p. 47-49
  109. (en) D. P. Hansen, « Kish », dans Meyers (dir.) vol. 3 1997, p. 299
  110. (en) S. B. Downey, « Seleucia on the Tigris », dans Meyers (dir.) vol. 4 1997, p. 513-514
  111. (en) St.John Simpson, « Ctesiphon », dans Meyers (dir.) vol. 2 1997, p. 77-79
  112. (en) H. Kühne, « ʿAqar Quf », dans Meyers (dir.) vol. 1 1997, p. 156-157
  113. (en) H. Crawford, « Architecture in the Old Babylonian Period », dans Leick (dir.) 2007, p. 81-83 ; (en) H. D. Baker, « Urban form in the First Millennium B. C. », dans Leick (dir.) 2007, p. 66-77
  114. Charpin 2003, p. 148-153. Westbrook (dir.) 2003, p. 365-366
  115. Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 917-919
  116. F. Joannès, « Rations d'entretien », dans Joannès (dir.) 2001, p. 707-709
  117. C. Michel, « Boutiques », dans Joannès (dir.) 2001, p. 141-142
  118. a et b C. Michel, « Kâru », dans Joannès (dir.) 2001, p. 447-448
  119. J.-J. Glassner, « La cabaretière : un commerce de proximité », dans Bordreuil, Briquel-Chatonnet et Michel (dir.) 2008, p. 75-76
  120. Joannès 2000, p. 111
  121. Charpin 2003, p. 261-266
  122. C. Michel, « Associations commerciales », dans Joannès (dir.) 2001, p. 87-88
  123. C. Michel, « Moyen de paiement », dans Joannès (dir.) 2001, p. 542-543
  124. F. Joannès, « Métaux précieux et moyens de paiement en Babylonie achéménide et hellénistique », dans Transeuphratène 8, 1994, p. 137-144
  125. C. Michel, « Marché », dans Joannès (dir.) 2001, p. 492-493
  126. P. Vargyas, « La monétisation de l'économie rurale en Babylonie et en Égypte pendant le Ier millénaire av. J.-C. », dans B. Menu (dir.), La dépendance rurale dans l'Antiquité égyptienne et proche-orientale, Le Caire, , p. 109-120 ; (en) M. Jursa, « Exchange and Redistribution : The Transformation of the Institutional Economy in first Millennium Babylonia », dans Ph. Clancier, F. Joannès, P. Rouillard et A. Tenu (dir.), Autour de Polanyi : vocabulaires, théorie et modalités des échanges, Paris, , p. 171-186.
  127. C. Michel, « Commerce international », dans Joannès (dir.) 2001, p. 197-199. L. Graslin-Thomé, Les échanges à longue distance en Mésopotamie au Ier millénaire : une approche économique, Paris, .
  128. Westbrook (dir.) 2003, p. 409-410
  129. D. Cocquerillat, « Handwerker, spätbabylonisch », dans Reallexikon der Assyriologie und Vorderasiatischen Archäologie, vol. IV : Ḫa-a-a - Hystaspes, Berlin, 1972-1975, p. 98-103 ; C. Michel, « Artisans », dans Joannès (dir.) 2001, p. 79-80
  130. Cf. par exemple (en) J. A. Brinkman, « Forced Laborers in the Middle Babylonian Period », Journal of Cuneiform Studies, vol. 32, no 1,‎ , p. 17-22.
  131. C. Michel, « Artisans », dans Joannès (dir.) 2001, p. 81-82 ; Oelsner, Wells et Wunsch 2003, p. 958-959
  132. À partir de (en) M. Jursa, Aspects of the Economic History of Babylonia in the First Millennium BC, Münster, , p. 702
  133. D. Cocquerillat, « Handwerker, spätbabylonisch », dans Reallexikon der Assyriologie und Vorderasiatischen Archäologie, vol. IV : Ḫa-a-a - Hystaspes, Berlin, 1972-1975, p. 98-99
  134. (en) M. Stol, « Beer in Neo-Babylonian Times », dans L. Milano (dir.), Drinking in Ancient Societies: History and Culture of Drinks in the Ancient Near East, Symposium held in Rome May 17-19 1990, Padoue, , p. 155-183
  135. D. Deheselle, « La bière en Babylonie selon les tablettes kassites de Nippur », Akkadica, no 86,‎ , p. 24-38 ; D. Deheselle, « Meuniers et brasseurs kassites, travailleurs itinérants », dans C. Nicolle (dir.), Amurru 3 : nomades et sédentaires dans le Proche-Orient ancien : compte-rendu de la XLVIe Rencontre assyriologique internationale (Paris, 10-13 juillet 2000), Paris, , p. 273-285
  136. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, vol. 16 : , Chicago, , p. 63-64
  137. M. Sauvage, « Brique », dans Joannès (dir.) 2001, p. 144-145
  138. F. Joannès, Archives de Borsippa: la famille Ea-Ilûta-Bâni, Genève, Droz, , p. 127-137
  139. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, vol. 7 : I-J, Chicago, , p. 296-297
  140. C. Michel, « Lin », dans Joannès (dir.) 2001, p. 473 ; (en) A. Bongenaar, The Neo-Babylonian Ebabbar Temple at Sippar: its Administration and its Prosopography, Istanbul, , p. 300-314  ; (en) P.-A. Beaulieu, The Pantheon of Uruk during the Neo-Babylonian Period, Leyde et Boston, , p. 17
  141. (en) C. Waerzeggers, « Neo-Babylonian Laundry », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale, vol. 100,‎ , p. 83-96
  142. Joannès 2000, p. 114
  143. (en) J. Renger, « Notes on the Goldsmiths, Jewelers and Carpenters of Neobabylonian Eanna », Journal of the American Oriental Society, vol. 91, no 4,‎ , p. 494-503 ; (en) E. E. Payne, « New Evidence for the ‘Craftsmen’s Charter’ », Revue d'Assyriologie et d'archéologie orientale, vol. 102,‎ , p. 99-114
  144. (en) R. D. Biggs, « Medicine, Surgery and Public Health in Ancient Mesopotamia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1918-1919
  145. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, vol. 5 : G, Chicago, , p. 14-18
  146. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, vol. 10 : M Part 1, Chicago, , p. 149-152
  147. (en) M. Stol, Women in the Ancient Near East, Boston et Berlin, , p. 375-381
  148. Joannès 2006, p. 42-43 ; J. García Recio, « Le panthéon et le culte », dans Babylone 2008, p. 54-55
  149. (en) M. Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, Scholars Press, coll. « SBL Writings from the Ancient World », , p. 76-81
  150. F. Joannès, « Marduk », dans Joannès (dir.) 2001, p. 493-496
  151. (en) T. Oshima, « The Babylonian god Marduk », dans Leick (dir.) 2007, p. 348-351
  152. (en) D. Katz, « Reconstructing Babylon: Recycling Mythological Traditions Toward a New Theology », dans Babylon : Wissenkultur in Orient und Okzident, Berlin, , p. 123-134
  153. (en) T. Oshima, « The Babylonian god Marduk », dans Leick (dir.) 2007, p. 351-352
  154. a et b J. Bottéro et S. N. Kramer, Lorsque les dieux faisaient l'Homme, Paris, , p. 602-679
  155. (en) W. Horowitz, « The Babylonian Map of the World », Iraq, no 50,‎ , p. 147-165 ; (en) A. R. George, « 'Bond of the Lands': Babylon, the Cosmic Capital » », dans G. Wilhelm (dir.), Die orientalische Stadt : Kontinuität, Wandel, Bruch, Sarrebruck, , p. 125-145
  156. C. Michel, « Nabû », dans Joannès (dir.) 2001, p. 552-554
  157. F. Joannès, « Ištar », dans Joannès (dir.) 2001, p. 421-424 ; (en) J. Goodnick Westenholz, « Inanna and Ishtar in the Babylonian World », dans Leick (dir.) 2007, p. 339-345
  158. J.-C. Margueron, « Sanctuaires sémitiques », dans Jacques Briend et Édouard Cothenet (dir.), Supplément au Dictionnaire de la Bible fasc. 64 B-65, Letouzey et Ané, , col. 1104-1258, notamment col. 1126-1127, 1165-1173, et 1205-1213 pour des descriptions des temples de Babylonie connus par l'archéologie.
  159. À partir de F. Thureau-Dangin, Rituels accadiens, Paris, , p. 83-84
  160. F. Joannès, « Sacrifice », dans Joannès (dir.) 2001, p. 743-744 et id., « Offrandes », dans Joannès (dir.) 2001, p. 601-603
  161. F. Joannès, « Mariage sacré », dans Joannès (dir.) 2001, p. 509
  162. F. Joannès, « Akîtu », dans Joannès (dir.) 2001, p. 20-22
  163. F. Joannès, « Prêtres, prêtresses », dans Joannès (dir.) 2001, p. 681-683
  164. F. Joannès, « Prébendes », dans Joannès (dir.) 2001, p. 677-679
  165. (en) M. Silver, « Temple / Sacred Prostitution in Ancient Mesopotamia Revisited. Religion in the Economy », Ugarit Forschungen, no 38,‎ , p. 631-663
  166. Charpin 2003, p. 116-117
  167. a et b J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, Paris, , p. 64-65
  168. A. L. Oppenheim, La Mésopotamie : Portrait d'une civilisation, Paris, , p. 207-212 ; Black et Green 1998, p. 148 ; Jursa 2004, p. 89-91
  169. Black et Green 1998, p. 115
  170. D. Charpin, « Les divinités familiales des Babyloniens », dans Ö. Tunca (dir.), De la Babylonie à la Syrie en passant par Mari. Mélanges offerts à Monsieur J.-R. Kupper à l’occasion de son 70e anniversaire, Liège, , p. 59-78
  171. Black et Green 1998, p. 62
  172. Par exemple M.-J. Seux, Hymnes et prières aux dieux de Babylonie et d'Assyrie, Paris, , p. 130 et 370.
  173. Sur ce dernier point : (en) A. R. George, « The dogs of Ninkilim: magic against field pests in ancient Mesopotamia », dans H. Klengel et J. Renger (dir.), Landwirtschaft im Alten Orient, Berlin, , p. 291-299 ; (en) N. Wassermann, « Eqlam naṣārum : pests and pest prevention in Old-Babylonian sources », dans H. Klengel et J. Renger (dir.), op. cit., p. 341-354.
  174. (en) K. Van der Toorn, « Family Religion in Second Millennium West Asia (Mesopotamia, Emar, Nuzi) », dans J. Bodel et S. M. Olyan (dir.), Household and Family Religion in Antiquity, Malden et Oxford, , p. 20-36
  175. Bottéro 1997, p. 496-502 ; (en) J. A. Scurlock, « Death and Afterlife in Ancient Mesopotamian Thought », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1886-1888 ; Black et Green 1998, p. 180-182.
  176. (en) J. A. Scurlock, « Death and Afterlife in Ancient Mesopotamian Thought », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1883-1886
  177. Potts 1997, p. 221 et 230-234
  178. A. Finet, « Usages et rites funéraires en Babylonie », dans R. Laffineur (dir.), Thanatos. Les coutumes funéraires en Égée à l'âge du Bronze, Liège, (lire en ligne), p. 235-244
  179. E. Klengel-Brandt, « La culture matérielle à l'époque kassite », dans Babylone 2008, p. 110-111
  180. E. Klengel-Brandt, « La culture matérielle sous l'empire néo-babylonien », dans Babylone 2008, p. 172. (en) H. D. Baker, « Neo-Babylonian Burials Revisited », dans S. Campbell et A. Green (dir.), The archaeology of death in the ancient Near East, Oxford, 1995, p. 209-220.
  181. A. Invernizzi, « Les dominations grecque et parthe », dans Babylone 2008, p. 255
  182. (en) P.-A. Beaulieu, « Swamps as Burial Places for Babylonian Kings », NABU,‎ 1988-53
  183. (en) J. J. Finkelstein, « The Genealogy of the Hammurapi Dynasty », Journal of Cuneiform Studies, vol. 20, no 3/4,‎ , p. 95-118
  184. Bottéro 1997, p. 508-514 ; (en) J. A. Scurlock, « Death and Afterlife in Ancient Mesopotamian Thought », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1888-1889
  185. Introduction utile sur la littérature babylonienne : (en) J. Bottéro, « Akkadian Literature: An Overview », dans Sasson (dir.) 1995, p. 2293-2303.
  186. Cf. à ce sujet l'article fondateur de J. Bottéro, « Symptômes, signes, écritures en Mésopotamie ancienne », dans J.-P. Vernant (dir.), Divination et rationalité, Paris, , p. 70-197, puis Bottéro 1997, notamment p. 197-334. Voir aussi J. Ritter, Babylone - 1800, Paris, , p. 16-37.
  187. C. B. F. Walker, « Le cunéiforme », dans L. Bonfante et al., Naissances des écritures : du cunéiforme à l'alphabet, Paris, , p. 25-99 ; J.-M. Durand, « L'écriture cunéiforme », dans A.-M. Christin, Histoire de l'écriture : De l'idéogramme au multimédia, Paris, , p. 21-32.
  188. (en) N. Veldhuis, « Levels of Literacy », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 70-81
  189. Charpin 2008, p. 31-60.
  190. (en) B. Lion, « Literacy and Gender », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 90-116
  191. a et b Charpin 2008, p. 61-95
  192. (en) E. Robson, « The Production and Dissemination of Scholarly Knowledge », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 562-565
  193. a et b (en) M. J. Geller, « The Last Wedge », dans Zeitschrift für Assyriologie 87, 1997, p. 43-95 ; (en) D. Brown, « Increasingly redundant: the growing obsolence of the cuneiform script in Babylonia from 539 BC », dans J. Baines, J. Bennet et S. Houston (dir.), The Disappearance of Writing Systems, Perspectives on Literacy and Communication, Londres, 2008, p. 73-102 ; (en) J. Cooper, « Redundancy reconsidered: reflections on David Brown's thesis' », dans J. Baines, J. Bennet et S. Houston (dir.), op. cit., p. 103-108.
  194. F. Joannès, « De Babylone à Sumer, le parcours intellectuel des lettrés de la Babylonie récente », Revue Historique, no 302,‎ , p. 693-717 ; J.-J. Glassner, « Lignées de lettrés en Mésopotamie » », dans C. Jacob (dir.), Lieux de savoir, Espaces et communications, Paris, , p. 134-156
  195. F. Joannès, « Bibliothèques », dans Joannès (dir.) 2001, p. 125-128 ; Charpin 2008, p. 193-228. Ph. Clancier, Les bibliothèques en Babylonie dans la deuxième moitie du Ier millénaire av. J.-C., Münster, .
  196. Joannès 2006, p. 172-174
  197. a et b (en) A. R. George, « Gilgamesh and the Literary Traditions of Ancient Mesopotamia », dans Leick (dir.) 2007, p. 447-459
  198. (en) F. Rochberg-Halton, « Canonicity in Cuneiform Texts », Journal of Cuneiform Studies, no 36/2,‎ , p. 127-144
  199. J.-M. Durand, « Commentaires (Mésopotamie cunéiforme) », dans J. Servier (dir.), Dictionnaire critique de l'ésotérisme, Paris, , p. 325-327 ; F. Joannès, « Commentaires », dans Joannès (dir.) 2001, p. 193-194
  200. Joannès 2000, p. 135-140 et 174-178. (en) P.-A. Beaulieu, « Late Babylonian Intellectual Life », dans Leick (dir.) 2007, p. 473-484. Charpin 2008, p. 89-94.
  201. (en) M. Civil, « Ancient Mesopotamian Lexicography », dans Sasson (dir.) 1995, p. 2305-2314 ; (en) J. E. Taylor, « Babylonian lists of words and signs », dans Leick (dir.) 2007, p. 432-446
  202. (en) W. W. Hallo, « Lamentations and Prayers in Sumer and Akkad », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1871-1881 ; P. Villard, « Lamentateurs », dans Joannès (dir.) 2001, p. 461-462 ; (en) A. Lönhert, « Manipulating the Gods: Lamenting in Context », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 402-417
  203. P. Villard, « Divination et présages », dans Joannès (dir.) 2001, p. 239-242 ; (en) S. M. Maul, « Divination Culture and the Handling of the Future », dans Leick (dir.) 2007, p. 361-372 ; (en) F. Rochberg, « Observing and Discribing the World Throught Divination and Astronomy », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 618-636
  204. (en) W. Farber, « Witchcraft, Magic and Divination in Ancient Mesopotamia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1895-1909 ; P. Villard, « Exorcismes », dans Joannès (dir.) 2001, p. 325-328 ; (en) D. Schwemer, « Magic Rituals: Conceptualization and Performance », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 418-442
  205. (en) R. D. Biggs, « Medicine, Surgery and Public Health in Ancient Mesopotamia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 1911-1923 ; (en) J. A. Scurlock, « Ancient Mesopotamian Medicine », dans D. C. Snell (dir.), A Companion to the Ancient Near East, Malden et Oxford, , p. 302-315
  206. (en) D. Fowler et E. Robson, « Square Root Approximations in Old Babylonian Mathematics : YBC 7289 in Context », Historia Mathematica, vol. 25,‎ , p. 366-378
  207. C. Michel, « Nombres », dans Joannès 2001, p. 590-591
  208. C. Michel et J. Ritter, « Poids et mesures », dans Joannès 2001, p. 663-665
  209. J. Ritter, « Mathématiques », dans Joannès 2001, p. 512-513 ; C. Proust, « Les mathématiques », dans Bordreuil, Briquel-Chatonnet et Michel (dir.) 2008, p. 285-289 ; (en) E. Robson, « Mathematics, metrology, and professional numeracy », dans Leick (dir.) 2007, p. 418-431.
  210. J. Ritter, « Astronomie », dans Joannès 2001, p. 93-98 ; (en) D. Brown, « Mesopotamian Astral Science », dans Leick (dir.) 2007, p. 460-472.
  211. J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, Paris, , p. 61-62
  212. (en) W. G. Lambert, Babylonian Wisdom Literature, Oxford, 1963 ; J. Lévêque, Sagesses de Mésopotamie, Supplément au Cahier Évangile 85, 1993
  213. (en) P.-A. Beaulieu, « The Social and Intellectual Setting of Babylonian Wisdom Literature », dans R. J. Clifford (dir.), Wisdom literature in Mesopotamia and Israel, Atlanta, Society of Biblical Literature, p. 3-19
  214. Bottéro 1997, p. 454-486
  215. Distinction utile mais qui présente de nombreuses limites, cf. par exemple les réflexions de F. Joannès, « Épopées », dans Joannès (dir.) 2001, p. 298-299 et (en) S. B. Noegel, « Mesopotamian Epic », dans J. M. Foley (dir.), A Companion to Ancient Epic, Malden, Oxford et Victoria, , p. 233-245
  216. J. Bottéro et S. N. Kramer, Lorsque les dieux faisaient l'Homme, Paris, , p. 318-330
  217. Ibid., p. 527-601
  218. Ibid., p. 771-805
  219. J. Bottéro, L’épopée de Gilgameš : le grand homme qui ne voulait pas mourir, Paris,  ; R.-J. Tournay et A. Shaffer, L’épopée de Gilgamesh, Paris,  ; (en) A. R. George, The Babylonian Gilgamesh Epic : Introduction, Critical Edition and Cuneiform Texts, Oxford, (2 volumes).
  220. R. Labat, « Les grands textes de la pensée babylonienne », dans R. Labat, A. Caquot, M. Sznycer et M. Vieyra, Les religions du Proche-Orient asiatique, Textes babyloniens, ougaritiques, hittites, Paris, , p. 287-294
  221. Ibid., p. 294-305
  222. (en) M. Liverani, « Later Mesopotamia », dans A. Feldherr et G. Hardy (dir.), The Oxford History of Historical Writing : Volume 1: Beginnings to AD 600, Oxford, , p. 31-34 et 43-49. J.-J. Glassner, Chroniques mésopotamiennes, Paris, Belles Lettres, .
  223. (en) W. H. van Soldt, « Babylonian Lexical, Religious and Literary Texts and Scribal Education at Ugarit and its Implications for the Alphabetic Literary Texts », dans M. Dietrich et O. Loretz (dir.), Ugarit. Ein ostmediterranes Kulturzentrum im Alten Orient. Ergebnisse und Perspektiven der Forschung Bd I: Ugarit und seine altorientalische Umwelt, Münster, 1995, p. 171-212 ; (en) K. van der Toorn, « Cuneiform Documents from Syria-Palestine: Textes, Scribes, and Schools », dans Zeitschrift des Deutschen Palästina-Vereins 116, 2000, p. 97-113
  224. (en) G. Beckman, « Mesopotamians and Mesopotamian Learning at Hattuša », dans Journal of Cuneiform Studies 35, 1983, p. 97-114
  225. (en) P. Artzi, « Studies in the library of the Amarna Archive », dans J. Klein et A. Skaist (dir.), Bar-Ilan Studies in Assyriology dedicated to P. Artzi, Bar-Ilan, 1990, p. 139-156.
  226. Charpin 2008, p. 207-212
  227. (en) B. B. Schmidt, « Flood Narratives of Ancient Western Asia », dans Sasson (dir.) 1995, p. 2337–2351
  228. Bottéro 1998, p. 388-396
  229. (en) M. J. Geller, « The Influence of Ancient Mesopotamia in Hellenistic Judaism », dans Sasson (dir.) 1995, p. 43-54
  230. D. Pingree, « Legacies in Astronomy and Celestial Omens », dans S. Dalley (dir.), The Legacy of Mesopotamia, Oxford, 1998, p. 125-137, qui relève aussi des influences en Inde.
  231. (en) M. L. West, « Ancient Near Eastern Myths in Classical Greek Religious Thought », dans Sasson (dir.) 1995, p. 33-42
  232. (en) G. de Breucker, « Berossos between Tradition and Innovation », dans Radner et Robson (dir.) 2011, p. 637-657 ; (en) J. Haubold, G. B. Lanfranchi, R. Rollinger et J. M. Steele (dir.), The World of Berossos, Wiesbaden, 2013
  233. Black et Green 1998, p. 158
  234. Charpin 2008, p. 229-256
  235. a et b (en) C. E. Woods, « The Sun-God Tablet of Nabû-apla-iddina Revisited », Journal of Cuneiform Studies, no 56,‎ , p. 23-103
  236. L. Battini et F. Joannès, « Statue de culte », dans Joannès (dir.) 2001, p. 788
  237. Black et Green 1998, p. 55-56 ; L. Battini et F. Joannès, « Statue de culte », dans Joannès (dir.) 2001, p. 787-789
  238. F. Joannès, « Consécration (des statues) », dans Joannès (dir.) 2001, p. 199-201
  239. Black et Green 1998, p. 55-56 et 198
  240. Babylone 2008, p. 71-81
  241. Babylone 2008, p. 218-220
  242. (en) Z. Bahrani, « The Babylonian Visual Image », dans Leick (dir.) 2007, p. 168-169
  243. Babylone 2008, p. 280-283 et 264-272
  244. Benoit 2003, p. 300-301 ; E. Klengel-Brandt, « La culture matérielle à l'époque paléo-babylonienne », dans Babylone 2008, p. 58-59 et Babylone 2008, p. 84-95
  245. Charpin 2008, p. 248-249
  246. Benoit 2003, p. 286-289 ; Babylone 2008, p. 48-50 ; (en) Z. Bahrani, « The Babylonian Visual Image », dans Leick (dir.) 2007, p. 158-160
  247. B. Lion, « Kudurru », dans Joannès (dir.) 2001, p. 451-452 ; (en) S. Paulus, « The Babylonian Kudurru Inscriptions and their Legal and Sociohistorical Implications », dans Bartelmus et Sternitzke (dir.) 2017, p. 229-244.
  248. F. Demange, « Les kudurrus, un type de monument kassite ? », dans Babylone 2008, p. 112-115 et Babylone 2008, p. 118-121 ; (en) Z. Bahrani, « The Babylonian Visual Image », dans Leick (dir.) 2007, p. 162-168
  249. (en) P.-A. Beaulieu, The Pantheon of Uruk during the Neo-Babylonian Period, Leyde et Boston, , p. 6-17.
  250. (en) A. L. Oppenheim, « The Seafaring Merchants of Ur », Journal of the American Oriental Society, vol. 74, no 1,‎ , p. 7-8
  251. Babylone 2008, p. 123-124
  252. Babylone 2008, p. 82-83. (en) C. Lilyquist, « The Dilbat Hoard », Metropolitan Museum Journal, no 29,‎ , p. 5-36 (lire en ligne)
  253. Black et Green 1998, p. 30 ; F. Joannès, « Amulettes », dans Joannès (dir.) 2001, p. 42-43
  254. D. Charpin, « Sceaux », dans Joannès (dir.) 2001, p. 761-763.
  255. (en) D. Collon, « Babylonian Seals », dans Leick (dir.) 2007, p. 95-123 et Babylone 2008, p. 96-97, 126-127, 143 et 222-223
  256. (en) H. Crawford, « Architecture in the Old Babylonian Period », dans Leick (dir.) 2007, p. 84-85
  257. J.-C. Margueron, Recherches sur les palais mésopotamiens de l'âge du bronze, Paris, , p. 451-458 et fig. 328-330
  258. (en) Y. Tomabechi, « Wall Paintings from Dur Kurigalzu », Journal of Near Eastern Studies, vol. 42,‎ , p. 123-131
  259. J. Marzahn, « Une métropole d'argile », dans Babylone 2008, p. 158-160 et Babylone 2008, p. 200-206
  260. Benoit 2003, p. 428-429
  261. (en) C. E. Watanabe, « The Symbolic Role of Animals in Babylon: A Contextual Approach to the Lion, the Bull and the Mušuššu », Iraq, vol. 77,‎ , p. 215–224
  262. (en) F. Joannès, « L'écriture publique du pouvoir à Babylone sous Nabuchodonosor II », dans Babylon : Wissenkultur in Orient und Okzident, Berlin, , p. 113-120
  263. (en) Z. Bahrani, « The Babylonian Visual Image », dans Leick (dir.) 2007, p. 168

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Généralités sur le Proche-Orient ancien et la Mésopotamie[modifier | modifier le code]

  • (en) John Nicholas Postgate, Early Mesopotamia : Society and Economy at the Dawn of History, Londres et New York, Routledge,
  • (en) Jack M. Sasson (dir.), Civilizations of the Ancient Near East, New York, Scribner,
  • (en) Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, Oxford et New York, Oxford University Press, (ISBN 0-19-506512-3)
  • (en) Daniel T. Potts, Mesopotamian Civilization : The Material Foundations, Ithaca, Cornell University Press,
  • Francis Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,
  • Paul Garelli, Jean-Marie Durand, Hatice Gonnet et Catherine Breniquet, Le Proche-Orient asiatique, tome 1 : Des origines aux invasions des peuples de la mer, Paris, Presses universitaires de France, coll. « La Nouvelle Clio »,
  • Paul Garelli et André Lemaire, Le Proche-Orient Asiatique, tome 2 : Les empires mésopotamiens, Israël, Paris, Presses universitaires de France, coll. « La Nouvelle Clio »,
  • Francis Joannès, Les premières civilisations du Proche-Orient, Paris, Belin,
  • Pierre Bordreuil, Françoise Briquel-Chatonnet et Cécile Michel (dir.), Les débuts de l'histoire : Le Proche-Orient, de l’invention de l’écriture à la naissance du monothéisme, Paris, Éditions de la Martinière,
  • (en) Benjamin R. Foster et Karen Polinger-Foster, Civilizations of ancient Iraq, Princeton, Princeton University Press,
  • Véronique Grandpierre, Histoire de la Mésopotamie, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire »,
  • Bertrand Lafont, Aline Tenu, Philippe Clancier et Francis Joannès, Mésopotamie : De Gilgamesh à Artaban (3300-120 av. J.-C.), Paris, Belin, coll. « Mondes anciens »,

Généralités sur Babylone[modifier | modifier le code]

  • (en) Gwendolyn Leick, The Babylonians : An Introduction, Londres et New York, Routledge,
  • (de) Michael Jursa, Die Babylonier : Geschichte, Gesellschaft, Kultur, Munich, C. H. Beck,
  • (en) Gwendolyn Leick (dir.), The Babylonian World, Londres et New York, Routledge,
  • Béatrice André-Salvini (dir.), Babylone, Paris, Hazan - Musée du Louvre éditions,

Études par périodes[modifier | modifier le code]

  • Dominique Charpin, Hammu-rabi de Babylone, Paris, Presses universitaires de France,
  • (en) Alexa Bartelmus et Katja Sternitzke (dir.), Karduniaš : Babylonia under the Kassites, Boston et Berlin, De Gruyter,
  • Francis Joannès, La Mésopotamie au Ier millénaire avant J.-C., Paris, Armand Colin, coll. « U »,

Société et droit[modifier | modifier le code]

  • (en) Raymond Westbrook, « Old Babylonian Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », , p. 361-430
  • (en) Kathryn Slanski, « Middle Babylonian Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », , p. 485-520
  • (en) Joachim Oelsner, Bruce Wells et Cornelia Wunsch, « Neo Babylonian Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law vol. 2, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », , p. 911-974

Religion et savoirs[modifier | modifier le code]

  • Jean Bottéro, Mésopotamie, L'écriture, la raison et les dieux, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », (1re éd. 1987)
  • Jean Bottéro, La plus vieille religion : en Mésopotamie, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire »,
  • (en) Jeremy Black et Anthony Green, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia, Londres, British Museum Press,
  • Dominique Charpin, Lire et écrire à Babylone, Paris, Presses universitaires de France,
  • (en) Karen Radner et Eleanor Robson (dir.), The Oxford Handbook of Cuneiform Culture, Oxford, Oxford University Press,

Art et archéologie[modifier | modifier le code]

  • Agnès Benoit, Art et archéologie : les civilisations du Proche-Orient ancien, Paris, RMN, coll. « Manuels de l'école du Louvre »,
  • Jean-Louis Huot, Une archéologie des peuples du Proche-Orient, tome II, Des hommes des Palais aux sujets des premiers empires (IIe-Ier millénaire av. J-C), Paris, Errances,
  • (en) Daniel T. Potts (dir.), A Companion to the Archaeology of the Ancient Near East, Malden et Oxford, Blackwell Publishers, coll. « Blackwell companions to the ancient world »,

Articles connexes[modifier | modifier le code]