Royaume de Macédoine

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Royaume de Macédoine

VIIe siècle av. J.-C. – 168/148 av. J.-C.

Description de cette image, également commentée ci-après

Le royaume de Macédoine à la mort de Philippe II.

Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Aigéai, puis Pella
Religion Religion grecque antique
Histoire et événements
338 av. J.-C. Bataille de Chéronée et constitution de la Ligue de Corinthe sous domination macédonienne
334 à 323 Conquête de l'empire achéménide par Alexandre le Grand
168 Bataille de Pydna : défaite face à Rome et division du royaume en 4 républiques
146 Constitution de la province romaine de Macédoine
Rois
(1er) - VIIe s. Perdiccas Ier
359 - 336 Philippe II
336 - 323 Alexandre le Grand
(Der) 179 - 168 Persée

Entités suivantes :

Le royaume de Macédoine (en grec ancien Μακεδονία / Makédonia) est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd'hui à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l'ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l'est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l'État dominant du monde grec durant l'époque hellénistique.

L'existence du royaume est attesté au début VIIe siècle av. J.-C. avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connait un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l'origine de la conquête de l'immense empire perse et de l'expansion de l'hellénisme en Asie à la fin du IVe siècle av. J.-C. Après sa mort, la Macédoine passe sous la tutelle royale des Antipatrides. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu'en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.

Les peuples de Macédoine parlent l’ancien macédonien, une langue hellénique différente du grec classique. Par ailleurs le pays n'est pas organisé autour de cités indépendantes mais autour d'une aristocratie foncière dirigée par un roi, expliquant que les Grecs puissent les considérer comme des « barbares ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Le royaume de Macédoine au IVe siècle av. J.-C.

Le berceau de la Macédoine[modifier | modifier le code]

Le royaume de Macédoine s'étend au VIIe siècle av. J.-C., autour du golfe Thermaïque (golfe de Salonique), de la grande plaine alluviale d'Émathie formée par le fleuve Axios (actuel Vardar) et de la plaine, plus petite, de Piérie. La Haute-Macédoine, région de hauts plateaux, est à l'origine formée de petits royaumes indépendants. Pendant deux siècles la frontière orientale correspond à l'Axios. À partir du Ve siècle av. J.-C., les Macédoniens commencent la conquête des territoires situés à l'est de ce fleuve, les côtes étant alors occupées par des colonies grecques et l'intérieur des terres par des peuples indigènes (dont principalement les Bottiens et Odomantes)[1].

Paysage et ressources naturelles[modifier | modifier le code]

La Macédoine, avec ses plaines alluviales et ses forêts de chênes et de hêtres, possède des paysages différents de ceux du reste de la Grèce continentale. Pour un Grec ce paysage s'avère exotique et fascinant comme en témoigne Euripide dans les Bacchantes.

Les montagnes et les hauts plateaux rendent possible la transhumance des chèvres et des moutons. Les prairies arrosées sont propices à l'élevage des vaches et des chevaux. Les grandes plaines alluviales permettent la culture céréalière. En outre, le sous-sol est riche de minéraux : cuivre, fer, or, argent, etc. Enfin le bois de grande qualité issus de ses forêts est très recherché pour la construction navale[1].

Le royaume à son apogée[modifier | modifier le code]

Le royaume de Macédoine recouvre au temps de Philippe II, au milieu du IVe siècle av. J.-C., les régions suivantes :

Histoire[modifier | modifier le code]

L’étymologie du mot « Macédoniens »[modifier | modifier le code]

La Macédoine (en grec ancien Makedonía) est le pays habité par les Macédoniens (Makedónes), c'est donc bien le peuple qui a donné son nom au pays[1]. Mais l'origine du mot Makedónes n'est pas clairement établie :

  • Selon Strabon (au Ier siècle av. J.-C.) la Macédoine doit son nom à l'un de ses anciens souverains nommé Makédon[2]. Mais cette version rencontre peu d'écho chez les historiens modernes.
  • Une première hypothèse moderne fait dériver Makedónes de l'adjectif μακεδνός (makednós) qui signifie « haut », tel qu'utilisé par Homère pour désigner un arbre dans l’'Odyssée[3] et qui serait selon Hésychios d'Alexandrie un mot d'origine dorienne[4]. On considère d'ailleurs habituellement que les Macédoniens comme des personnes de grande taille[5].
  • Une deuxième hypothèse suggère que Makedónes signifie « les gens des hautes terres »[6], en référence aux montagnes de la région. Le World Book Encyclopedia avance aussi cette théorie mais sur la base du terme grec ancien makednós.
  • Une dernière hypothèse estime que le terme proviendrait de langues indo-européennes ou de l'hourrite, signifiant, en autres possibilités, « les gens du pays des moutons » ou « les gens du pays des fermiers »[7].

Les origines des Macédoniens[modifier | modifier le code]

Homère appelle la Macédoine Émathie[8]. Pour lui cette région, l'actuelle Grèce du nord, est le « pays des barbares et des dieux »[9]. Selon Hérodote, les Makednoí sont une tribu dorienne[10]. Strabon écrit quant à lui : « Les peuples qui se partageaient son territoire étaient des Épirotes, des Illyriens, et surtout des Bottiéens et des Thraces. Les Bottiéens, à ce qu'on dit, étaient venus de Crète sous la conduite de Botton. Parmi les Thraces on distinguait les Pières qui habitaient la Piérie et la région de l'Olympe, les Péoniens établis sur les rives du fleuve Axios dans une région qui prend pour cette raison le nom d'Amphaxitis, les Édones et les Bisaltes installés sur le reste du pays jusqu'au Strymon. Tous ces peuples passèrent sous la domination des Argéades et des Chalcidiens d'Eubée »[2].

Les peuples indigènes de Macédoine sont donc apparentés à l'origine aux Thraco-Illyriens : Bottiéens et Édones autour du golfe de Pella (aujourd'hui comblé), Almopes à l’intérieur des terres, Éordes à l’ouest, Péoniens au nord, Pières au sud entre l’Olympe et la mer. Leur mode de vie est très rurale et même pastorale ; toutefois les élites sont largement hellénisés. Certains de ces peuples ont pu constituer des royaumes relativement puissants. La Péonie a par exemple été capable de résister à l'expansion perse lors des guerres médiques, alors que les Bottiéens, les Édones et les Pières de la côte ont dû accepter la domination achéménide.

La question des origines grecques des Macédoniens est l'objet d'un débat historiographique, sachant l'indigence des sources antiques à ce sujet, même si Hérodote et Thucydide considèrent les Macédoniens et les Grecs comme appartenant au même groupe ethnique[11]. Les auteurs helléniques expriment des idées complexes, sinon changeantes et ambiguës, sur l'identité ethnique exacte des Macédoniens, considérés par certains comme des « barbares » et par d'autres comme semi-grecs ou entièrement grecs. Aristote dans la Politique et Démosthène (pour des motifs politiques) dans les Philippiques estiment que les Macédoniens sont des comme « barbares » non-grecs. Tandis que Polybe dans les Histoires affirme que les Grecs et les Macédoniens sont parents. Au travers les généalogies mythologiques du Catalogue des femmes, Hésiode affirme enfin que les Macédoniens descendent de Macedon, un fils de Zeus et de Thyia, et donc neveu d'Hellen, géniteur des Grecs (ou Hellènes).

Ernst Badian note que presque toutes les références aux différences supposées entre Grecs et Macédoniens sont tirées des écrits d'Arrien[réf. nécessaire], qui a vécu à une époque (l'Empire romain) durant laquelle toute notion d'une disparité ethnique entre les Macédoniens et d'autres Grecs semble incompréhensible[12]. Miltiade Hatzopoulos souligne que les passages du texte d'Arrien révèlent également que les termes « Grecs » et « Macédoniens» sont parfois synonymes. Par exemple, lorsque Alexandre le Grand a réuni dans une fête Macédoniens et Perses avec des rituels religieux exécutés par des mages perses et des « voyants grecs », ces derniers étant en fait macédoniens[13]. Hatzopoulos soutient qu'il n'y a pas de différence ethnique réelle entre Macédoniens et Grecs, seulement une distinction politique créé dans le contexte de la création de la Ligue de Corinthe en 337 av. J.-C. dirigée par Philippe II[14]. Hatzopoulos souligne par ailleurs que d'autres peuples ont été considérées comme des « barbares » non-grecs par certains anciens, tels que les Épirotes et les Chypriotes, bien qu'ils parlent un dialecte grec, vénèrent les dieux grecs, connaissent les institutions politiques traditionnelles grecques et participent aux jeux panhelléniques[15]. Il convient aussi de noter qu'en plus de l'appartenance à des groupes tribaux tels que les Éoliens, les Doriens, les Achéens ou les Ioniens, les Grecs fondent plutôt leurs identités ethniques sur la polis (la cité-État) dont ils sont originaires.

Hypéride et Chrémonidès, qui considèrent la Macédoine comme un ennemi politique, comparent respectivement la Guerre lamiaque et la Guerre chrémonidéenne aux Guerres médiques et aux efforts pour libérer les Grecs de la tyrannie[16]. Même ceux qui voient la Macédoine comme un allié, comme Isocrate, tendent à souligner les différences entre leur royaume et les cités grecques, aussi pour apaiser les craintes quant à l'extension de la monarchie de type macédonien aux dépens de la gouvernance de leurs poleis[17]. Les différences ethniques supposées entre Grecs et Macédoniens ont disparu peu après la conquête romaine de la Macédoine en 148 et du reste de la Grèce avec la défaite de la Ligue achéenne.

La plupart des historiens modernes, qui s'appuient sur les récentes découvertes archéologiques des années 1990-2000, contestent cette vision trop « athénocentrique » (héritée en partie des écrits de Thucydide) de la civilisation hellénique, considérant comme « barbares » les peuples vivant au nord et à l'ouest de Delphes. Aujourd'hui, il est attesté que les Macédoniens parlent un dialecte grec, dont la forme écrite s'avère proche de celle des dialectes du nord-ouest[18]. Ils vénèrent par ailleurs les divinités olympiennes[19]. Leur royauté possède des points communs avec celle des peuples voisins d'Épire et de Thessalie ; enfin les classes d'âge des jeunes gens et des jeunes filles s'inscrivent dans les normes panhelléniques.

Un autre courant historique (plus ancien) conteste néanmoins l'origine grecque des fondateurs argéades du royaume macédonien[20] qui pourraient par exemple être des Ioniens insulaires.

La langue des Macédoniens[modifier | modifier le code]

Les Macédoniens parlent l’ancien macédonien, une langue hellénique différente du grec classique, ce qui leur vaut d’être considérés, en Grèce, comme des « barbares ». Peu de textes du macédonien ancien nous sont parvenus, et par conséquent sa classification est toujours discutée :

La publication d'une « tablette de malédictions » récemment trouvée à Pella[21] a néanmoins montré que le macédonien ancien est proche à la fois du thessalien et des dialectes grecs du nord-ouest (dont l'épirote), suggérant que le macédonien est un dialecte grec[22].

La dynastie argéade[modifier | modifier le code]

La Macédoine au temps de la guerre du Péloponnèse.

Les premiers argéades[modifier | modifier le code]

L'histoire macédonienne commence véritablement au VIIIe siècle av. J.-C. avec la prise de la citadelle phrygienne d'Édessa et la fondation d'Aigéai par des pasteurs conduits par des chefs venus d'Orestide[23]. Perdiccas Ier est, selon Hérodote[24], le fondateur de la royauté macédonienne à l'époque archaïque au début du VIIe siècle av. J.-C. et le premier souverain argéade. Selon la légende[25], le royaume aurait été fondé dès 796 av. J.-C. par un exilé d'Argos, l'Héraclide Caranos, qui y aurait régné 28 ans et auquel est attribuée la fondation d'Édessa et d'Aigéai, première capitale de la Macédoine avant Pella. Les deux premières siècles du royaume sont largement méconnues, l'histoire et la légende se mêlant au sujet des cinq premiers souverains argéades.

L'essor de la Macédoine sous Alexandre Ier[modifier | modifier le code]

L'expédition du roi achéménide Darius contre les Scythes en 512 marque le tout début de l'essor du royaume. Alexandre Ier profite en effet de la présence des Perses pour étendre son autorité sur la Haute-Macédoine tout en maintenant des relations privilégiées avec Athènes. Durant la Deuxième guerre médique, il est contraint d'apporter son aide au Grand Roi Xerxès tout en maintenant des contacts secrets avec les Grecs coalisés. Après la défaite des Perses, il peut annexer les territoires situés entre l'Axios et le Strymon. Il est donc parvenu à doubler la superficie de son royaume tout en y attirant des populations grecques. Il est attesté comme le premier souverain macédonien à battre monnaie à son effigie[26]. Hérodote écrit à propos de ce monnayage qu'est extrait un talent par jour des mines d'argent du lac Prasias[27]. À sa mort en 454, des querelles successorales éclatent entre ses fils et affaiblissent le royaume[23]. Perdiccas II parvient néanmoins à lui succéder.

La Macédoine au début du IVe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Scène de banquet sur une tombe d'Agios Athanasios, Ve siècle av. J.-C.

La mort d'Alexandre Ier entraine un mouvement de sécession en Haute-Macédoine, tandis que les Athéniens étendent la domination de la Ligue de Délos sur les côtes nord de la Mer Égée en fondant la colonie d'Amphipolis à l'embouchure du Strymon à partir de 437 av. J.-C. Perdiccas II rallie à sa cause les cités de la Ligue chalcidienne contre Athènes, révolte qui est l'un des origines de la Guerre du Péloponnèse. Durant ce conflit, Perdiccas parvient à conserver l'intégrité territoriale de la Macédoine en s'alliant successivement aux Spartiates et aux Athéniens. Il mène par ailleurs deux campagnes contre les Lyncestes avec l'aide du spartiate Brasidas mais doit finalement reconnaitre l'indépendance de la Lyncestide.

Son fils et successeur, Archéalos, profite des défaites d'Athènes pour rétablir son autorité en Haute-Macédoine et réprimer les velléités indépendantistes des cités côtières. Il entreprend de profondes réformes du royaume et de grands travaux : construction de forteresses et de routes, transfert de la capitale d'Aigéai à Pella à la fin du Ve siècle av. J.-C., amélioration de l'équipement de l'armée, monnayage abondant, etc. Il se place en protecteur des arts en accueillant à sa cour Thucydide, Euripide et Zeuxis.

La mort d'Archélaos marque le début d'une ère de chaos politique qui voit se succéder quatre rois en cinq années. L’avènement d'Amyntas III en 393 met fin aux troubles dynastiques. Mais il doit faire face aux invasions des Illyriens et aux ambitions de la Ligue chalcidienne qui bénéficie notamment d'importants privilèges commerciaux[28], cette dernière suscitant même la révolte indépendantiste de Pella, la nouvelle capitale. En 382, Sparte vient en aide à Amyntas en dissolvant, temporairement, la Ligue chalcidienne. Cet événement marque un nouvel essor du royaume de Macédoine[29].

La Macédoine au milieu du IVe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Le successeur d'Amyntas III, son fils aîné, Alexandre II, rencontre l'hostilité des Thèbains par son intervention en Thessalie. Il est assassiné en 368 av. J.-C. par Ptolémée d'Aloros qui devient dès lors le régent de Perdiccas III. La campagne du stratège athénien Iphicrate à Amphipolis entraînent l'intervention de Pélopidas, maître de Thèbes, qui, après avoir fait le serment de protéger les droits des fils d'Amyntas, emmène avec lui deux otages : Philoxène, frère de Ptolémée d'Aloros, et Philippe II, le plus jeune fils d'Amyntas III, qui est ainsi élevé à Thèbes.

En 365, Perdiccas accède au trône après avoir tué Ptolémée. Son règne est de courte durée mais il a le temps pour réorganiser les finances du royaume[30],tout en se rapprochant d'Athènes et d'Amphipolis. En 359, le roi trouve la mort avec 4 000 de ses hommes en luttant contre les Illyriens qui envahissent le royaume. Son jeune fils, Amyntas IV est proclamé roi, tandis que la régence et la tutelle sont confiées à Philippe, frère du défunt ; mais très rapidement, Amyntas est évincé du pouvoir et Philippe est proclamé roi.

Philippe II et la soumission de la Grèce[modifier | modifier le code]

Article connexe : Émergence de la Macédoine.
Le royaume de Macédoine à la mort de Philippe II.

Dès le début de son règne en 359 av. J.-C., Philippe II, âgé de 22 ans, doit faire face à la menace des Illyriens, des Péoniens et des Thraces du royaume des Odryses. Il en vient à bout assez rapidement, grâce à une armée macédonienne complètement réformée, transformée en véritable « machine de guerre », qui lui donne une nette supériorité sur ses adversaires. Il annexe définitivement la Haute-Macédoine puis s'empare d'Amphipolis, de Pydna et de Potidée aux dépens d'Athènes qui est définitivement évincée des côtes macédoniennes en 354 après la prise de Méthone[31]

Il prend part à la troisième guerre sacrée à l'appel de Thèbes et de la ligue thessalienne contre les Phocidiens qu'il défait en 352 à la bataille du Champ de Crocus. Il se fait élire à la tête de la confédération thessalienne. Malgré son échec aux Thermopyles face à une coalition des Athéniens et des Spartiates alliée à la ligue achéenne, Philippe a démontré aux cités grecques sa puissance nouvelle. À cette date, il ne reste en Grèce du Nord que deux puissances hégémoniques, la Macédoine et la Ligue chalcidienne, laquelle est dissoute en 348 après la destruction d'Olynthe et de Stagire et la mise sous tutelles royale des territoires de la Ligue[31].

Philippe estime que la Grèce doit être unifiée sous la direction de la Macédoine afin mieux résister aux Perses et de se lancer dans une campagne en Asie mineure. Il conclue une paix avec Athènes en 346 qui lui permet de prendre la place des Phocidiens au Conseil des amphictyons. Mais cette politique hégémonique suscite l'hostilité d'Athènes alors sous l'influence de Démosthène ; celui-ci prononce dans ce contexte de violents discours, les Philippiques, dans lesquelles il affirme que la Macédoine cherche à dominer la Grèce. La quatrième guerre sacrée donne l'occasion à Philippe de lutter contre les Athéniens et les Thébains ligués contre lui. Il les défait à Bataille de Chéronée en 338. Thèbes est occupée, la Ligue des Béotiens dissoute ; Athènes est quant à elle ménagée grâce à la paix de Démade, car Philippe a besoin de sa flotte dans l'éventualité d'une campagne contre les Perses. Les Grecs acceptent alors d'entrer dans la Ligue de Corinthe dirigée par Philippe qui prévoit de libérer les cités grecques d'Asie Mineure et de venger la destruction des sanctuaires grecs par Xerxès[31]. En 336, une avant-garde de l'armée macédonienne, commandée par Parménion, traverse l'Hellespont ; mais, à la veille du départ du corps expéditionnaire, Philippe est assassiné par son garde du corps, Pausanias d'Orestide, peut-être sur ordre des Perses voire d'Olympias.

Philippe II est donc parvenu à unifier plusieurs entités disparates : le royaume originel des Argéades de Basse-Macédoine, les petits royaumes de Haute-Macédoine (Orestide, Lyncestide, etc.), les terres conquises à l'est de l'Axios par ses prédécesseurs et les territoires pris à la Ligue chalcidienne, dont des colonies grecques (Olynthe, Stagire, etc.). Philippe entreprend en effet de réformer radicalement l'administration du royaume qu'il divise en quatre grandes régions (ou mérides) dirigées par un stratège représentant le roi et disposant d'une assemblée délibérative[31].

Alexandre le Grand et la conquête de l'Orient[modifier | modifier le code]

L'empire d'Alexandre à son apogée.

Dès son accession au pouvoir en 336 av. J.-C., Alexandre, alors âgé vingt ans, reprend le projet de conquête de son père, Philippe II. Mais il est immédiatement confronté à une révolte des cités grecques. Il soumet les Thébains (leur cité est rasée) puis sécurise la frontière nord en battant les Triballes. En 334, il entame la conquête de l'Asie aux dépens des Perses achéménides. Grâce à l'excellence tactique de l'armée macédonienne et à ses capacités stratégiques, il fait de son « petit royaume » le maître de l'immense empire perse à l'issue de trois grandes victoires au Granique, à Issos et à Gaugamèles. Il prend la suite de Darius III comme souverain de l'empire perse, faisant de lui le roi de Macédoine, le chef (hégémon) de la Ligue de Corinthe et le roi de l'Asie. Après avoir vaincu le roi du Pendjab à la bataille de l'Hydaspe, il s’avance jusqu'aux rives de l'Indus mais son armée refuse d'avancer plus loin. Il meurt à Babylone en 323 sans avoir pu consolider son immense empire et alors qu'il prépare une campagne contre l'Arabie.

Alexandre a fondé près de soixante-dix cités, dont la majorité porte le nom d'Alexandrie et permis l'extension de la culture grecque jusqu'aux confins de l'Asie. Il prône par ailleurs la fusion des élites irano-macédoniennes et adopte les usages perses à la cour, suscitant la réprobation de nombre de ses officiers.

Durant la conquête, la régence du royaume est confié à Antipater, un officier expérimenté, qui fait face à la révolte des Grecs durant la Guerre lamiaque en 322.

Le problème de la succession d'Alexandre[modifier | modifier le code]

L’héritage d’Alexandre est partagé entre ses principaux généraux (les diadoques) pour former les différents royaumes et dynasties de l'époque hellénistique. Ses successeurs légitimes, son fils posthume, Alexandre IV et son demi-frère, Philippe III Arrhidée, handicapé mental, n'ont jamais véritablement régné sur la Macédoine.

Par les accords de Babylone réglant la succession d'Alexandre, Antipater conserve la régence de Macédoine. À sa mort en 319 av. J.-C., lui succède Polyperchon entrainant un long conflit avec Cassandre, lequel est proclamé roi de Macédoine vers 305 après avoir fait notamment exécuter Olympias et le jeune Alexandre IV, dernier des Argéades. À la mort de Cassandre, dont les fils sont éliminés, le royaume passe provisoirement sous la férule de Démétrios Poliorcète (fils d'Antigone le Borgne) qui finit par en être évincé par Lysimaque. Après sa mort à la bataille de Couroupédion lui succède Ptolémée Kéraunos, un fils de Ptolémée, qui est tué en bataillant contre les Celtes en 279. C'est Antigone II Gonatas qui, profitant de sa victoire contre les Celtes, installe durablement la dynastie antigonide au pouvoir en 277.

La dynastie antigonide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Antigonides.
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Antigone II Gonatas et le redressement de la Macédoine[modifier | modifier le code]

Après sa victoire retentissante contre les Celtes près de Lysimacheia en 277 av. J.-C., Antigone II Gonatas tire un prestige suffisant pour s'imposer comme roi d'une Macédoine affaiblie par deux décennies de guerres civiles. Rejetant les politiques asiatiques aventureuses de ses prédécesseurs, il se consacre à redresser le royaume, désormais à l'écart des grands conflits. Il n'y a guère qu'en mer Égée et en Grèce du Sud qu'il se heurte à la puissance lagide. Symbole de son retour à la tradition, il ramène la capitale royale à Pella de Cassandréia et Démétrias où elle avait été successivement déplacée, hors du cœur historique du royaume.

Le pouvoir d'Antigone est menacé une première fois par le roi d'Épire Pyrrhus rentré d'Italie en 275 ; mais celui-ci est tué en 272. La domination macédonienne sur la Grèce est toutefois rapidement menacée : un des chefs du parti antimacédonien à Athènes, Chrémonidès, manœuvre avec succès pour un rapprochement avec Sparte en 268. De nombreuses cités du Péloponnèse et de Crète rejoignent cette alliance soutenue par Ptolémée II Philadelphe, marquant le début de la Guerre chrémonidéenne, dont les opérations ont lieu essentiellement autour de Corinthe, le point fort du dispositif macédonien en Grèce tenu par Cratère, son demi-frère, et en Attique. Antigone assiège Athènes qui trouve un bref répit dans une diversion causée par l'attaque en Macédoine du roi d'Épire Alexandre II en 262. Antigone doit mener une campagne rapide pour le chasser de Macédoine et d'Épire, avant de revenir mettre le siège devant Athènes qui, affamée, capitule en 261.

La décennie suivante voit Antigone Gonatas mener une politique agressive dans les îles et se mêler aux conflits entre Séleucides et Lagides, en allié fidèle des premiers. Il remporte ainsi une victoire importe à Cos, vers 255, dans le contexte de la deuxième guerre syrienne, qu'il célèbre en offrant en dédicace son navire amiral au sanctuaire d'Apollon à Délos, où il est placé dans le Néôrion. Vers 250, une flotte lagide défait néanmoins de façon décisive les Macédoniens et remet en cause leur influence dans les Cyclades jusqu'à une nouvelle victoire d'Antigone, au large d'Andros en 245. Antigone célèbre de nouveau cette victoire à Délos par deux fêtes, les Sôtèria et les Paneia. L'offrande monumentale du Néôrion dans le sanctuaire des Grands Dieux de Samothrace correspond aussi à l'une de ces deux victoires navales antigonides.

La fin du règne d'Antigone Gonatas est marquée par la révolte du fils et successeur de Cratère (son demi-frère), Alexandre, et par l'ascension de la Ligue achéenne dans le Péloponnèse. Alexandre, d'abord confirmé dans son commandement de Corinthe, se rebelle en 249 et entraîne avec lui l'Eubée, à laquelle il accorde une large autonomie dont témoigne l'apparition d'un monnayage indépendant. Cette sécession est de courte durée, car Alexandre meurt soudainement en 245 et sa veuve, Nicée, accepte la proposition d'Antigone d'épouser son fils Démétrios. À la faveur des préparatifs du mariage, Antigone s'empare de l'Acrocorinthe et restaure ainsi sa domination sur l'isthme et l'Eubée. Mais en 243, Aratos s'empare de Corinthe, entraînant la défection de la Mégaride du côté achéen. Antigone ne réagit pas à la perte de ce maillon essentiel et se contente de faire la paix avec la Ligue étolienne qu'il encourage à attaquer les Achéens. Lorsqu'il meurt en 239, après quarante ans de règne, la Macédoine n'a pas retrouvé ses positions en Grèce centrale et doit faire face aux deux confédérations puissantes d'Étolie et d'Achaïe.

Démétrios II face aux Dardaniens[modifier | modifier le code]

Démétrios II est associé au trône à la fin du règne de son père, Antigone II Gonatas. Il a notamment repoussé le roi d'Épire, Alexandre II. Dès le début de son règne, il doit lutter contre une coalition de la Grèce centrale et du Péloponnèse. Il parvient à maintenir les positions macédoniennes face aux Étoliens et aux Achéens. Mais le royaume subit l'attaque surprise des Dardaniens, un tribu Thraco-Illyrienne. Les Macédoniens sont défaits et Démétrios trouve la mort au combat en 229 av. J.-C., ouvrant une période d'incertitude. Son fils, le futur Philippe V, n'est en effet pas en âge de régner, et c'est son son cousin, Antigone III Doson qui exerce la régence.

Antigone Dôson et la victoire contre Sparte[modifier | modifier le code]

Cousin de Démétrios II, Antigone III Doson restaure de façon magistrale l'hégémonie macédonienne dans le Péloponnèse, où il est appelé à la rescousse par les Achéens, ses anciens adversaires, qui s'inquiètent des réformes progressistes du roi de Sparte, Cléomène III. Antigone en profite pour restaurer la Ligue de Corinthe en regroupant dans une coalition la moitié de la Grèce. Cette confédération, dont il se proclame hégémon, regroupe le royaume de Macédoine, la ligue achéenne, l'Épire, la Phocide, la Béotie, l'Acarnanie, la Thessalie et l'Eubée. Il défait Cléomène à la Bataille de Sellasia en 222 av. J.-C. à l'issue de la Guerre de Cléomène. Il entre dans Sparte, qui n'avait encore jamais été profanée par un ennemi victorieux. Célébré comme Bienfaiteur des Grecs après sa victoire contre Sparte, il meurt l'année suivante après une victoire contre les Illyriens.

La défaite contre Rome[modifier | modifier le code]

Le royaume de Philippe V vers 200 av. J.-C.

Le règne des deux derniers rois antigonides est marqué par l'intervention de plus en plus marquée de Rome dans les affaires du monde hellénistique. Philippe V est un jeune monarque énergique, qui participe tout d'abord à une guerre entre les Étoliens et les Achéens, la guerre des Alliés, qui se termine en 217 av. J.-C. La première guerre entre Rome et la Macédoine, durant laquelle Philippe V s'allie à Hannibal Barca, se solde par le partage de l'Illyrie entre Rome et la Macédoine (205). La deuxième guerre, pendant laquelle quasiment toute la Grèce est alliée à Rome, voit la déroute de la phalange macédonienne à Cynoscéphales (197). L'année suivante, Rome impose la paix à Philippe V, qui renonce à la Grèce et à la Thessalie.

Persée, fils du précédent, reprend la lutte, mais est loin d'avoir les qualités de son père. La troisième guerre entre Rome et la Macédoine se termine par un véritable désastre : définitivement vaincu à Pydna (168), Persée est capturé par le général romain Paul Émile, qui l'emmène à Rome pour son triomphe. Le royaume est alors divisé en quatre républiques placées sous la tutelle de Rome.

La Quatrième Guerre de Macédoine voit la défaite d'Andriscos. La Macédoine devient une province romaine en 148, la Macédoine romaine. En 142 un autre aventurier, qui se fait appeler Philippe, suscite une révolte analogue à celle menée par Andriscos. Cette ultime tentative se solde par un échec. Vaincu par le questeur Lucius Tremellius, Philippe est capturé et mis à mort.

Institutions[modifier | modifier le code]

Alexandre le Grand (à gauche) chassant un lion asiatique avec Cratère, détail d'une mosaïque de la fin du IVe siècle av. J.-C., musée de Pella.

L'organisation politique[modifier | modifier le code]

L'organisation politique du royaume de Macédoine est une pyramide à trois degrés : au sommet, le roi et l'Assemblée des Macédoniens, à la base, les unité civiques (cités et ethnè), avec entre les deux (depuis Philippe II), les districts (ou mérides). L'étude de ces différentes institutions a été considérablement renouvelée par l'épigraphie, qui a permis de réinterpréter les indications données par les sources littéraires telles que Tite-Live ou Polybe. Elle montre que les institutions macédoniennes en font un État très proche des États fédéraux grecs, tels que la Ligue thessalienne ou la Ligue étolienne, mais avec un principe unitaire renforcé en la personne du roi[32].

Les structures sociales[modifier | modifier le code]

Le royaume originel de Basse-Macédoine s'organise dès sa formation au VIIe siècle av. J.-C. autour de cités entourées de leur territoire (chôra) : Aigéai, Pella, Pydna pour les plus importantes d'entre elles. En revanche en Haute-Macédoine (Lyncestide, Orestide) l'organisation sociale s'opère, jusqu'à l'époque romaine, autour de l’ethnos, communément traduit par « tribu », qui désigne plus précisément une communauté villageoise[23], sachant que le tribalisme est absent des traditions macédoniennes.

Certains historiens modernes[33] affirment que le royaume de Macédoine s'inscrit dans une structure féodale, avec des « barons » et un roi à leur tête. Certes, ce dernier, chef politique, militaire et religieux, reste la clé de voûte de l'organisation sociale. Pour autant l'aristocratie des hétairoi (Compagnons) ne constituent pas une noblesse héréditaire tenue par des liens vassaliques et disposant de fiefs en échange de services rendus ; les Compagnons disposent en effet des terres en toute propriété[23].

Le roi et l'administration centrale[modifier | modifier le code]

Le roi (basileus) est censément désigné par acclamation de l'l'Assemblée des hommes en armes. Il est d'abord propriétaire de son territoire et de ses ressources. En temps de guerre, il peut s'accaparer le trésor du roi ennemi sans avoir à partager. Il est le chef de l'armée et de l'administration centrale. Il dirige le royaume depuis sa capitale (Aigéai puis Pella) et son palais où sont conservées les archives du royaume. Il est secondé par un secrétaire royal (basilikos grammateus ou archigrammateus), dont les prérogatives sont connues grâce à l'action d'Eumène de Cardia sous le règne d'Alexandre : il est notamment responsable des correspondances, de la rédaction des décrets et de l'intendance de l'armée en campagne. Le nombre de fonctionnaires est limité : le roi dirige son royaume largement de façon indirecte, en s'appuyant sur des magistrats locaux, les épistates, avec lequel il entretient une correspondance importante. Le roi a le privilège exclusif de la frappe monétaire jusqu'au règne de Philippe V.

Le roi peut exercer la justice sauf pour les cas de haute trahison ou les procès en peine capitale, jugées par l'Assemblée. Il exerce aussi des fonctions religieuses en cela qu'il doit obtenir la faveur des dieux en présidant les sacrifices aux dieux traditionnels et aux dieux qu'il s'est choisi (Philippe II a par exemple choisi les dieux Olympiens).

Le roi est polygame, ce qui heurte quelque peu les Grecs du sud, et choisit lui-même ses épouses. À la cour, il n'y a pas d'esclaves mais des pages, c'est-à-dire de jeunes Macédoniens envoyés en formation et qui constituent l'entourage du roi. Un certain nombre de rois ont été assassinés par des pages à la suite de complots. Plusieurs rois sont aussi morts au combat. Après leur décès, ils ont droit à des funérailles grandioses et sont enterrés dans des tumulus sur le site d'Aigéai (à l’exception notable d'Alexandre le Grand enseveli en Égypte)

Le roi n'est pas seul pour gouverner. Il est entouré d'un Conseil, le synedrion, dont les membres sont choisis parmi les grandes familles, qui est réuni pour toutes les prises de décision importantes. Les conseillers font office de courtisans : ils chassent et boivent avec le souverain lors des banquets.

La succession du roi[modifier | modifier le code]

La succession royale en Macédoine est héréditaire, masculine, patrilinéaire, et respecte en général le principe de primogéniture. Elle comporte de surcroît un élément électif : à la mort du roi, son héritier désigné, en général donc mais pas systématiquement, le fils aîné, doit d'abord être accepté comme le successeur par le Conseil, puis présenté à l'Assemblée pour y être acclamé comme le nouveau roi. Cette assemblée prête ensuite immédiatement serment de fidélité à son nouveau roi, et pour cette raison doit se réunir en séance plénière, de peur qu'une assemblée concurrente n'élise un autre prétendant. Ce mode de succession est attesté pour les Antigonides ainsi que pour une bonne part des monarchies hellénistiques[34].

La succession est donc loin d'être automatique, d'autant plus que les rois de Macédoine disparaissent souvent brutalement, avant même d'avoir pu prendre les dispositions nécessaires pour leur succession, ou s'assurer qu'elles sont respectées : c'est le cas de Perdiccas III tué par les Illyriens, de Philippe II assassiné par Pausanias, d'Alexandre le Grand emporté soudainement par la maladie, de Lysimaque tué à la bataille de Couropédion, etc. Les crises successorales sont donc fréquentes, surtout au IVe siècle av. J.-C., lorsque les grandes familles princières de Haute-Macédoine (de Lyncestide et d'Orestide notamment) ont encore l'ambition de renverser la dynastie argéade pour s'imposer sur le trône de Macédoine.

Le Conseil royal (synedrion)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Synedrion de Macédoine.

Le Conseil est un groupe restreint de personnalités importantes du royaume, choisies et réunies par le roi pour le seconder dans le gouvernement. Ce n'est donc pas une assemblée représentative, mais il peut être élargi en certaines occasions à des représentants des cités et unités civiques du royaume.

Les membres du Conseil (synedroi) appartiennent à trois catégories[35] :

  • Les sômatophylaques (gardes du corps) sont des nobles macédoniens choisis par le roi, au nombre de sept sous le règne d'Alexandre, pour lui servir de gardes du corps honorifiques, mais surtout de plus proches conseillers. C'est un titre honorifique particulièrement prestigieux.
  • Les Amis (philoi) ou les Compagnons royaux (basilikoi hétairoi) sont désignés à vie par le roi parmi la haute noblesse macédonienne.
  • Les généraux principaux de l'armée (hégémones tôn taxéôn) également nommés par le roi.

Le roi a moins de latitude que les apparences ne pourraient le laisser penser sur la composition du Conseil, car beaucoup de membres de la haute aristocratie du royaume en sont membres de droits ex officio. Le Conseil exerce essentiellement une fonction probouleutique vis-à-vis de l'Assemblée : il élabore et propose les décisions qu'elle doit ensuite discuter et voter, dans de nombreux domaines tels que la désignation des rois et régents, mais aussi des grands administrateurs, les déclarations de guerre. C'est le Conseil qui mène l'instruction judiciaire des procès capitaux. Il est aussi la première et la dernière instance pour tous les cas qui n'entraînent pas la peine capitale.

Le Conseil se réunit fréquemment et constitue le principal organe de gouvernement. Pour autant le roi reste le seul habilité à conclure des traités. Toute décision importante du roi y fait d'abord l'objet d'une délibération. À l'intérieur du Conseil règnent les principes démocratiques d’iségoria (égalité de parole) et de parrhèsia (liberté de prise de parole), auxquels le roi se soumet comme les autres membres. Après la destruction de la royauté antigonide par les Romains en 167 av. J.-C., il est possible que le synedrion ait subsisté, contrairement à l'Assemblée, et soit demeuré ainsi la seule instance fédérale de la Macédoine divisée en quatre mérides.

L'Assemblée des Macédoniens[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue des Macédoniens.

Le développement de la Ligue (koinon) ou Assemblée (koinê ekklesia) des Macédoniens est l’œuvre de Philippe II qui cherche à faire contrepoids aux Compagnons (hetairoi). Cette assemblée, de l’armée en temps de guerre et du peuple en temps de paix, est censément la détentrice de la souveraineté car elle a le pouvoir de proclamer le nouveau roi, soit en reconnaissant un héritier déjà désigné (comme c'est le cas pour Alexandre qui succède à son père en 336 av. J.-C.), soit en procédant à une véritable élection. Elle valide la désignation des administrateurs en chef du royaume, comme c'est le cas pour Perdiccas ou Antipater, épimélètes (protecteurs) du royaume après la mort d'Alexandre. La consultation de l’Assemblée pour les déclarations de guerre ne paraît pas avoir été obligatoire. Mais elle est consultée pour la politique étrangère (déclarations de guerre, traités). Dans la plupart de ces occasions, l’Assemblée ne fait que ratifier les propositions du synedrion.

L'Assemblée a aussi pour prérogative d'instruire les procès capitaux ; elle seule peut condamner à mort un Macédonien de haut rang. C’est enfin l’Assemblée qui vote les honneurs, accorde les décrets de proxénie et d’asylie, envoie des ambassades, au cours de ses deux réunions annuelles, au printemps et en automne (à l'ouverture et à la fermeture de la saison militaire).

L'Assemblée est supprimée par les Romains lors de leur réorganisation de la Macédoine en 167, pour éviter, selon Tite-Live, qu'un démagogue ne puisse s'en servir comme d'un instrument de révolte contre leur autorité.

Les finances du royaume[modifier | modifier le code]

Le roi est le gardien et l'administrateur du trésor de Macédoine et des revenus royaux (basilika) qui appartiennent aux Macédoniens. Les tributs prévus dans les traités accordés aux peuples vaincus sont ainsi dus aux Macédoniens et non au roi. Même s'il n'a pas de comptes à rendre de la gestion de ce patrimoine, il peut s'en sentir suffisamment moralement responsable pour la défendre en certaines circonstances. Ainsi Alexandre dans son discours lors de la sédition d'Opis en 324 av. J.-C. détaille les possessions de son père Philippe II à sa mort pour montrer qu'il n'a pas abusé de sa charge.

D'après Tite-Live, comme d'après Polybe, les basilika comprennent les sources de revenus suivantes :

  • Les mines de métaux précieux (or et argent du Pangée par ex.), dont le roi a le monopole, ce qui lui permet de frapper monnaie, un privilège exclusif qu'il conserve jusqu'au règne de Philippe V. Ce dernier concède aux cités et aux districts le droit de battre monnaie, pour les dénominations les plus faibles (bronze).
  • Les forêts, dont le bois de charpente est très prisé par les cités grecques pour construire leurs navires : Athènes passe ainsi des accords avec la Macédoine dès le Ve siècle av. J.-C. pour importer le bois indispensable à la construction et à l'entretien de sa flotte de guerre.
  • Les propriétés foncières royales, terres que le roi a annexées au domaine royal lors de la conquête, et qu'il exploite soit directement, notamment grâce à une main d'œuvre servile composée de prisonniers, soit indirectement par un système d'affermage.
  • Les taxes portuaires sur le commerce (taxes d'importation et d'exportation).

Le mode d'exploitation de ces différents revenus est le plus souvent l'affermage. Il est attesté par le Pseudo-Aristote (Économiques) que le roi Amyntas III (ou peut-être Philippe II) a doublé les revenus du royaume provenant des ports grâce à l'aide de Callistratos, alors réfugié en Macédoine, qui fait passer le produit de cette ferme de 20 à 40 talents par an. Les taxes portuaires sont ainsi mises aux enchères chaque année. D'autre part, Tite-Live écrit que les mines et les forêts sont affermées pour une somme fixe sous le règne de Philippe V, et tout laisse penser qu'il en est de même avant lui sous les Argéades. Ce pourrait être l'origine du système d'affermage introduit en Égypte lagide.

Hormis la terre royale soumise au tribut, la terre en Macédoine est libre : les Macédoniens sont des hommes libres et ne paient pas de taxes sur les terres privées. Il n'y a pas non plus en Macédoine d'impôt extraordinaire en temps de guerre, du type de l’eisphora athénienne. Même lorsqu'il se trouve en situation financière périlleuse, comme Alexandre en 334 ou Persée en 168, le roi n'a pas recours à l'impôt mais lève des fonds en empruntant, notamment à ses Compagnons, ou en augmentant le produit de l'affermage.

Le roi peut accorder l’atélie, un privilège d'exemption fiscale, comme Alexandre aux familles des défunts de la bataille du Granique en 334 : elles sont exemptées de tribut sur la terre royale — ce qui ne devait pas être négligeable, car beaucoup des morts appartiennent à la cavalerie des Compagnons et ont donc dû recevoir du roi des donations sur les terres royales — des liturgies civiques dues à des règlements royaux (comme les réquisitions de bêtes de somme ou les taxes pour la réfection des routes) et des taxes commerciales.

Une source importante de revenus extraordinaires provient du butin de guerre, qui est partagé entre le roi et ses hommes. À l'époque de Philippe II et d'Alexandre, le butin est bien entendu une source de revenus considérable. Une partie importante des objets en métaux précieux saisis lors des campagnes européennes et asiatiques sont fondus en lingots et envoyés ensuite aux ateliers monétaires de Pella et d'Amphipolis, les plus actifs du royaume à cette époque. On estime ainsi qu'en 18 ans sous le règne d'Alexandre l'atelier d'Amphipolis a frappé environ 13 millions de tétradrachmes d'argent.

L'administration des cités[modifier | modifier le code]

Sous le règne de Philippe II, le territoire « national » est divisé en entités civiques dotées des organes de la polis (assemblée, conseil, magistrats) et de ses prérogatives (lois, décrets, ambassades). Dans les régions dépourvue de cités (Haute-Macédoine, terres à l'est de l'Axios), les éthné (peuples ou tribus) ou les fédérations de villages tiennent lieu de « cités »[31].

La participation des cités aux fêtes panhelléniques, les dédicaces qu'elles font dans les sanctuaires supposent qu'elles disposent de revenus civiques propres importants. L'épigraphie témoigne à ce sujet de l'existence d'une administration spécialisée dirigée par des magistrats particuliers, les tamiai (trésoriers). La numismatique montre qu'à partir du règne de Philippe V, ces cités peuvent frapper monnaie. Pour autant on ignore tout de la nature des revenus qui autorisent ces activités : les inscriptions renseignent davantage sur ce que les cités ne peuvent considérer comme leurs revenus (par exemple les interdits d'aliénation de revenus sacrés) que sur leurs ressources. On sait cependant par une inscription très importante que la cité alliée de Philippes (dont le statut est donc particulier) percevait une taxe de 2% sur la valeur des ventes foncières. Il s'agit là d'un exemple possible des revenus civiques.

Les districts régionaux (mérides)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mérides de Macédoine.

La création d'un échelon administratif territorial intermédiaire entre le pouvoir central et les cités est attribuée à Philippe II. Cette réforme correspond à la nécessité d'adapter les institutions politiques à l'émergence du royaume sous son règne. Il n'est alors plus possible de réunir facilement l'ensemble des Macédoniens dans une seule assemblée primaire, et la création de quatre districts régionaux chacun pourvu d'une telle assemblée est très probablement la réponse apportée à ce problème. Il ne s'agit pas de divisions territoriales recoupant des groupes tribaux, mais d'un découpage administratif artificiel. Néanmoins, il faut souligner que l'existence de ces districts n'est réellement attestée (par la numismatique) qu'à partir du début du IIe siècle av. J.-C.

Les districts sont les suivants à l'époque antigonide, où leur numéro d'ordre est fourni par la numismatique :

  • Première méris : Amphipolis ou la Parastrymonia et Paroreia. Le district tient son nom de la seule cité à faire une contribution à la levée nationale macédonienne à la fin du Ve siècle av. J.-C.. Ses habitants non hellénisés sont recrutés dans des unités distinctes, dites de Bisaltiens, tandis que les recrues d'Amphipolis, Philippes et Oesymé intègrent la phalange.
  • Seconde méris : Amphaxitide. Elle a pour frontière l'Axios l'Ouest et le Strymon à l'Est ; la capitale en est Thessalonique.
  • Troisième méris : Bottiée. Elle correspond à la Piérie et à l'Émathie, le cœur historique du royaume macédonien , ainsi qu'à la région littorale comprise entre l'Axios et le Pénéios ; la capitale en est Pella.
  • Quatrième méris : Haute-Macédoine. Elle rassemble la Lyncestide, la Tymphée, l'Atintanie. L'Orestide sort très tôt du royaume proprement dit ; à l'époque romaine, la capitale en est Pélagonia.

La première fonction de ces districts est de servir de base territoriale de recrutement pour l'armée. L'existence d'un monnayage propre à ces districts suppose une autonomie financière et des institutions politiques propres, mal connues. D'après les inscriptions, on peut penser que chaque méris disposait d'une assemblée primaire rassemblant tous les Macédoniens de la région, et élisait annuellement un stratégos, magistrat éponyme, dont la double fonction était de représenter l'assemblée et le pouvoir central (notamment en matière militaire). Ces assemblées ont continué d'exister à l'époque romaine, où elles sont même devenues les principales assemblées primaires de Macédoine, après la suppression de l'Assemblée commune.

Armée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armée macédonienne.
Pézétaire (Compagnon à pied) combattant à la bataille d'Issos, détail du Sarcophage d'Alexandre.

L'armée macédonienne est considérée comme l'une des meilleures armées civiques de l'Antiquité. Instrument de la conquête de la Grèce sous le règne de Philippe II, puis de l'Orient sous le règne d'Alexandre le Grand, elle a affronté victorieusement l'armée perse pour devenir le modèle sur lequel se sont formées les armées des royaumes antigonide, séleucide et lagide au IIIe et IIe siècles av. J.-C.

Les phalanges de porteurs de sarisses, mises au point par Philippe II, forment l'une des pièces maîtresses de l'armée macédonienne jusqu'au IIe siècle av. J.-C., même si leur armement est constamment alourdi. Les légions romaines et leur grande flexibilité viennent à bout de la lourde phalange macédonienne et lui infligent la première défaite de son histoire à Cynoscéphales, rendant une telle formation désuète vers le milieu du IIe siècle av. J.-C., participant à sa disparition définitive à la fin du Ier siècle av. J.-C..

L'armée macédonienne s'appuient aussi sur une cavalerie lourde (les Compagnons ou hetairoi) chargée de provoquer la rupture chez l'adversaire une fois celui-ci fixé par les sarisses des phalangites. L'armée incorpore également des mercenaires grecs (hoplites), des cavaliers légers (Thraces ou Péoniens), des peltastes (dont les javeliniers d'élite agrianes sous Alexandre), des archers, etc. À la fin du règne d'Alexandre, de nombreux Perses sont intégrés mais ses successeurs antigonides recentrent le recrutement sur les Macédoniens et les mercenaires grecs.

Religion[modifier | modifier le code]

Les Macédoniens partagent les mêmes croyances que les Grecs, en effets, les Argéades, la première dynastie royale macédonienne, se revendiquent Héraclides, ce qui prouve qu'ils fondent leur prestige sur la mythologie grecque. Alexandre le Grand fonde d'ailleurs une partie de son propre mythe sur sa descendance de Zeus Ammon. On peut aussi noter qu'il épargne les temples des dieux lors de la destruction de Thèbes, qu'il fait ériger des autels aux douze plus grands dieux de l'Olympe quand il est forcé d'arrêter sa conquête de l'Inde. Dans le cas d'Alexandre cependant, son allégeance aux dieux grecs, ou tout dieu, est controversé, car il rend aussi honneur aux dieux égyptiens à Siwa, souhaite faire un sacrifice à Melqart à Tyr et, dans sa tentative d'intégrer les coutumes perses à son empire, exige de se faire révérer comme un dieu lui-même.

Le royaume de Macédoine participe aussi aux jeux panhelléniques, qui font partie des rites de la religion grecque antique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Leclant 2005, p. 1308.
  2. a et b Strabon, Géographie, VII, frg. 11.
  3. Homère, Odyssée, VII, 106.
  4. A Greek-English Lexicon.
  5. (en) A. B. Daskalakis, The Hellenism of the Ancient Macedonians, vol. 3, Thessalonique, , p. 270-271.
  6. (en) Eugene Borza, Athenians, Macedonians, and the Origins of the Macedonian Royal House, Hesperia Supplements, (lire en ligne), p. 7-8.
  7. The Mystery of the Name « Macedon », American Chronicle, juin 2009.
  8. Homère, Iliade, XIV, 215-220. Notes de Robert Flacelière, La Pléiade, 1993, p. 933.
  9. Homère, Iliade, XIV, 226.
  10. Hérodote, Histoires, I, 56 ; VIII, 43.
  11. Hatzopoulos 1996, p. 27-29 ; (en) E. Badian, « Greeks and Macedonians, Macedonia and Greece in Late Classical and Early Helenistic Times », Studies in the History of Art, 10, Washington, 1982, p. 33-51.
  12. (en) E. Badian, « Greeks and Macedonians, Macedonia and Greece in Late Classical and Early Helenistic Times », Studies in the History of Art, 10, 1982, p. 51.
  13. Hatzopoulos 2011, p. 70-71.
  14. Hatzopoulos 2011, p. 69-71.
  15. Hatzopoulos 2011, p. 71-72.
  16. Hatzopoulos 2011, p. 69-70.
  17. Hatzopoulos 2011, p. 73.
  18. Hatzopoulos 1996, p. 28.
  19. M.B. Hatzopoulos, L.Kahil, Cultes et Mythes dans La Macédoine de Philippe II à la conquête romaine, Paris, 1993, p. 106-116
  20. J.N. Kalléris, Les anciens Macédoniens, Athènes, 1954, p. 11-47 ; (en) M.B. Sakellariou, The Nationality of the Macedonians dans Macedonia : 4000 Thousand Years of Greek History and Civilization, Athènes, 1983, p. 48, 534-535.
  21. L. Dubois, « Une tablette de malédiction de Pella : S'agit-il du premier texte macédonien ? », Revue des Études Grecques, 108, 1995, p. 190-197 ; E. Voutiras, « À propos d'une tablette de malédiction de Pella », REG, n°109, 1996, p. 678-682.
  22. M. Hatzopoulos, « Le parler des anciens Macédoniens », La Macédoine, Géographie historique, Langue, Cultes et croyances, Institutions, De Boccard, Paris, 2006, p. 35-51.
  23. a, b, c et d Leclant 2005, p. 1309.
  24. Hérodote, Histoires [détail des éditions] [lire en ligne], VIII, 137-138.
  25. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Royaume de Macédoine » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (Wikisource).
  26. (en) Karsten Dahmen, A Companion to Ancient Macedonia : The Kings, Wiley-Blackwell, (ISBN 978-1-4051-7936-2, lire en ligne), p. 50-51.
  27. Hérodote, Histoires, V, 17.
  28. Hatzopoulos 1996, p. 30.
  29. Hatzopoulos 1996, p. 25-26.
  30. Cloché 1960, p. 125.
  31. a, b, c, d et e Leclant 2005, p. 1310.
  32. M. Hatzopoulos, L'État macédonien antique : un nouveau visage, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 141e année, n°1, 1997.
  33. Dont Michel Rostovtzeff.
  34. S. Le Bohec-Bouhet, L’héritier du diadème chez les Antigonides, Gerión. Revista de Historia Antigua, Volume 23, 2005.
  35. Quinte-Curce, L'Histoire d'Alexandre le Grand [lire en ligne], X, 6, 1.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Paul Cloché, Histoire de la Macédoine jusqu'à l'avènement d'Alexandre le Grand, Payot, 269 p.
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X).
  • Miltiade Hatzopoulos, L'organisation de l'armée macédonienne sous les Antigonides, Meletimata 30, Athènes, 2001.
  • Miltiade Hatzopoulos, « Royaume de Macédoine et colonies grecques : Langue et institutions », Cahiers du Centre Gustave Glotz, no 7,‎ , 1re partie : « Contacts et échanges dans les sociétés antiques », art. 2, p. 25-38 (DOI 10.3406/ccgg.1996.1396, lire en ligne).
  • Jean Leclant (dir.), Dictionnaire de l'Antiquité, PUF, coll. « Quadrige », , 2464 p. (ISBN 2-13-055018-5)
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  • (en) Miltiade Hatzopoulos, Brill's Companion to Ancient Macedon : Studies in the Archaeology and History of Macedon, 650 BC - 300 AD. : Macedonians and Other Greek, Brill, (ISBN 978-90-04-20650-2, lire en ligne), p. 51-78
  • (en) Miltiade Hatzopoulos, Macedonian Institutions Under the Kings, Meletimata 22, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]