Anche

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En organologie, une anche est une lamelle qui vibre pour produire le son de certains instruments de musique à vent. Elle peut être libre (comme pour l'accordéon ou l'harmonica) ou battante (pour les bois). L'anche battante peut être simple (comme pour la clarinette, le saxophone) ou double (hautbois, basson, etc.). Faite de roseau, de métal ou de matière plastique, elle est mise en vibration directement par le souffle producteur.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'anche double est connue depuis la haute Antiquité, elle été développée avec l'aulos, ancêtre du hautbois[1]. L'anche libre, connue en chine depuis le IIIe millénaire av. J.‑C. a été introduite en 1810 dans la facture instrumentale moderne par Gabriel-Joseph Grenié, lors de la présentation de son orgue expressif.

Principe[modifier | modifier le code]

Une anche est une lamelle élastique mise en vibration[2] par :

Ce souffle fait vibrer l'anche qui met à son tour une colonne d'air variable en vibration, ce qui produit le son de l'instrument[1]. L'anche peut aussi être la bouche du musicien (anche lippale). Quel que soit son type, elle agit comme une valve qui module le déplacement d'air provoqué par le souffle[3].

Formes[modifier | modifier le code]

Anche double d'un cromorne

Enfermées dans une capsule (cromorne)[4] ou dans une poche d'air (cornemuse), libre dans la bouche (bombarde) ou contrôlées par les lèvres (hautbois), accessibles par des clapets (accordéon) ou par des mécanismes monumentaux (orgue), les anches ont des formes et des dimensions diverses et multiples, produisant des sons sourds ou stridents, voilés ou éclatants, très doux ou extrêmement puissants. Les instruments transformant cette vibration sont aussi riches et hétéroclites que les civilisations et les cultures qui les ont fait naitre.

Types d'anche[modifier | modifier le code]

Quelle que soit leur matière, il existe quatre sortes d'anches distinctes aux propriétés acoustiques bien différenciées[5] :

  • l'anche simple libre, type accordéon. Une languette mise en vibration par un déplacement d'air et vibrant librement en aller/retour.
  • l'anche simple battante, type clarinette. Une languette mise en vibration par un déplacement d'air et "battant" plus exactement vibrant contre un bec.
  • l'anche double libre, type bombarde. Deux languettes mises en vibration par un déplacement d'air et vibrant librement soit dans la bouche, soit dans une chambre appelée « capsule ».
  • l'anche double contrôlée par les lèvres, type hautbois. Deux languettes mises en vibration par un déplacement d'air et que le musicien peut contrôler par la variation de son souffle et des pressions infimes de ses lèvres et de la mâchoire.

Anche libre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Instrument à anche libre.
Anche d'accordéon

Une anche libre possède une extrémité qui oscille sans butter nulle part[2]. De l'accordéon à l'harmonium ou de l’harmonica au mélodica[4], le son est obtenu par la mise en vibration d'une série de languettes métalliques rectangulaires ou trapézoïdales, les anches, dont la fréquence de vibration dépend de deux paramètres physiques : la raideur et la masse (analogie avec la fréquence d'oscillation d'une masse suspendue à un ressort (raideur).

Les lames sont fixées, par vis ou rivets, sur une plaque métallique (aluminium, dural, laiton) dont la fenêtre (dans laquelle l'anche peut vibrer) est de même forme et très ajustée. Elle est obtenue par un usinage ou estampage précis. Ne rencontrant pas d'obstacle, l'anche vibre donc librement : elle est dite libre.

Anche simple[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Instrument à anche simple.
Anches simples de saxophones alto et ténor

Une anche simple possède une extrémité qui heurte un support fixe à chaque vibration[2], par exemple le bec d'une clarinette : on dit qu'elle est battante[3].

Clarinettes et saxophones utilisent des anches formées d'une lamelle le plus souvent de roseau, et maintenue sur un bec par une ligature métallique, en cuir ou en matériau synthétique, munie d'un système de serrage par vis. De nos jours, le bec est généralement tenu en bouche l'anche en bas, le souffle de l'instrumentiste faisant vibrer la partie finement grattée.

Les anches sont classées par dureté ou force. Il s'agit en fait de la rigidité, ou inversement de la flexibilité, due à la densité du roseau utilisé. Cette dureté est à associer avec l'ouverture du bec et la longueur de la table. En règle générale, une anche faible produira un son plus criard (chargé en harmoniques aiguës) mais demandera peu de pression pour vibrer, alors qu'une anche plus forte produira un son plus doux mais demandera plus d'effort. L'anche étant fabriquée dans un matériau naturel (roseau), chaque anche donne une sonorité légèrement différente à l'instrument. Une anche doit être un peu jouée avant de donner un bon son. Certaines sont partiellement recouvertes de plastique (marque Plasticover), d'autres entièrement en plastique (marques Légère, Fibracell) ; elles ont une meilleure durée de vie et sont insensibles aux changements de température et d'humidité, étant de ce fait très appréciées des musiciens jouant en extérieur. Cependant le son obtenu est sensiblement différent des anches en roseau (marques Vandoren, Anches Rico). Il existe aussi depuis peu des anches à base de fibres et de résine (marque S.2000 DIVA). Tout en étant insensibles aux changements de température et d'humidité, elles possèdent une durée d'utilisation très supérieure aux anches en roseau, avec un son de très grande qualité.

Anche double[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Instrument à anche double.

Une anche double consiste en deux fines lamelles de roseau ligaturées sur un tube, vibrant l'une contre l'autre (elles sont battantes), contrôlée ou non par les lèvres. La qualité de cette anche est aussi importante que celle de l’instrument.

Le plus souvent fabriquées par les instrumentistes eux-mêmes, les anches doivent être adaptées au souffle (la vitesse et le volume d’air), à l’embouchure (formes des dents et des lèvres), à la pression de la mâchoire, à la température, à l’hydrométrie et même à la pression atmosphérique.

Le roseau, choisi pour ses fibres très fines et sa souplesse sans mollesse, est séché, coupé, fendu, gougé et taillé. Plié pour être ligaturé sur un tube avec un fil de nylon, commence alors l’opération délicate : le "grattage". Après avoir séparé les deux lamelles, il faut effiler ou raboter finement l’extrémité à l’aide d’un couteau ou d'un rasoir. Pour bien vibrer, l’épaisseur et la forme de ce grattage doivent être précis et beaucoup de hautboïstes se désespèrent sur cette activité. Bien sûr, il y a dans le commerce des anches toutes faites, mais elles doivent être adaptées à la morphologie et au jeu de chacun.

Jeux d'anches de l'orgue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeux d'anche.

L'orgue classique à tuyau dispose de jeux produisant le son à l'aide d'une anche. Le principe de fonctionnement est le même que pour les instruments à anche simple cité ci-dessus, à la seule différence que dans l'orgue l'anche est toujours en laiton.

Anche lippale[modifier | modifier le code]

Sur certains instruments dénués d'anche, comme les cuivres, les lèvres de l'instrumentiste font office d'anche, en jouant sur la tension du sphincter lippal pour favoriser l'amplification de certains partiels par le résonateur (l'« instrument » lui-même)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ballu 2004, p. 102.
  2. a, b et c Chailley 1979, p. 60.
  3. a et b Chaigne et Kergomard 2013, p. 407.
  4. a et b Chaigne et Kergomard 2013, p. 408.
  5. a et b « Termes ethnomusicologiques et termes organologiques », Revue française d'anthropologie, no 171-172,‎ , p. 409-419 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]