Valère Maxime

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Valerius Maximus.
Valère Maxime
Sortie de bain.jpg

Sortie du bain de Valère Maxime, enluminure de l'incunable Valère Maxime, Faits et dits mémorables du XVe siècle.

Biographie
Naissance
Décès
Période d'activité
et Voir et modifier les données sur Wikidata
Époque
Nationalité
Activités

Valère Maxime ou Valerius Maximus est un historien et moraliste romain du Ier siècle apr. J.-C., contemporain de l'empereur romain Tibère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa vie est très peu connue. Valère Maxime a pu être considéré comme descendant de la gens Valeria par son père et de Fabius Maximus par sa mère[1]. Il sert en Asie sous Sextus Pompeius, consul en 14 [1],[2] puis est admis à la cour de l'empereur Tibère. Il rédige entre 24 et 31 son ouvrage Les Faits et Dits Mémorables (ou en latin : Facta et dicta memorabilia).

Les Faits et Dits Mémorables (Facta et dicta memorabilia)[modifier | modifier le code]

Valère Maxime compose entre 24 et 31, les Faits et Dits Mémorables, parfois appelés Faits et Paroles Mémorables, un recueil d'anecdotes destinées à nourrir la réflexion et le discours des orateurs et des philosophes. Il a notamment puisé les exemples romains des guerres civiles dans le répertoire d'une littérature aujourd'hui disparue, celle des récits de la proscription, ce qui rend ses écrits précieux. Son point de vue sur la guerre civile est néanmoins nuancé, et moral : cela peut s'expliquer d'une part par le patronage d'un descendant de Pompée et la pression qui pouvait s'exercer sur les historiens par Tibère (dont le sujet sur les guerres civiles, encore délicat à aborder) et, d'autre part, sur l'exemple contemporain du suicide de Cremutius Cordus, lequel avait loué les assassins de César Brutus et Cassius, fait dont il a payé de sa vie par le suicide en 25.

L'ouvrage est composé de 9 livres, abordant successivement la religion (respect, mépris, mensonge, religions étrangères, auspices, présages, prodiges, songes, miracles), les règles de la société (mariage, magistrats, armée, spectacle, frugalité, coutumes étrangères, discipline militaire, triomphe, censure, majesté), le "caractère" romain (livre III, le naturel, la bravoure, la résignation, les inconnus qui se sont illustrés, les illustres qui ont sali leur nom, la confiance en soi, la constance; livre IV, la modération, la réconciliation, le désintéressement, la pauvreté, la modestie, l'amour conjugal, l'amitié, la libéralité; livre V, la clémence, la reconnaissance...)

Héritage[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Valère Maxime est reprise de nombreuses fois dans l'Antiquité tardive ainsi que dans le Haut Moyen-Âge, sous la forme de citations et, en particulier, sous la forme d'abrégés. Deux écrivains surtout sont notables, Julius Paris et Januarius Nepotianus : entre le IVe et le VIe siècle, tous deux reprennent les Facta et Dicta memorabilia sous forme d’epitome. L'œuvre de Paris reprend l'ensemble de l'œuvre de Valère Maxime, tandis que celle de Nepotianus s'arrête au milieu du troisième livre.

Notons[style à revoir] la mention en 1762 de Valère Maxime par Jean-Jacques Rousseau dans Emile ou de l'éducation[3]

Au XIXe siècle, les éditions de C. Halm (1865) et C. Kempf (1888) incluent pour la première fois ces epitome aux côtés de l'œuvre de Valère Maxime. Plus récemment, de nouvelles éditions sont sorties : celle de R. Combès (1995-) avec une traduction en français, celle de John Briscoe (1998) et celle de D.R. Shackleton Baily (2000) avec une traduction en anglais.

À noter également, des travaux récents sur son œuvre : W. Martin Bloomer, Valerius Maximus and the Rhetoric of the New Nobility (Chapel Hill, 1992), Clive Skidmore, Practical Ethics for Roman Gentlemen: the Work of Valerius Maximus (Exeter, 1996) et Hans-Friedrich Mueller, Roman Religion in Valerius Maximus (Londres, 2002).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Manuscrit[modifier | modifier le code]

  • Manuscrit enluminé La Haye 8, KB, 66 B 13 : Valerius Maximus, Des faits et dits mémorables, traduit du latin par Simon de Hesdin et Nicholas de Gonesse, vers 1470 [voir en ligne]

Éditions et traductions[modifier | modifier le code]

  • Valerii Maximi dictorum factorumque memorabilium libri IX [...] repurgati, atque in meliorem ordinem restituti per Stephanum Pighium Campensem, Antverpiae (Anvers), 1567 (1600). Première édition plantinienne de Valère Maxime.
  • Valerius Maximus, Memorable Doings and Sayings, éd. et trad. ang. D. R. Shackleton Bailey, Cambridge et London, Harvard University Press (Loeb Classical Library, 492-493), 2000, 2 t.
  • Valère Maxime, Faits et dits mémorables, éd. et trad. fr. Robert Combès Robert Combès, Paris, Les Belles Lettres (Collection des universités de France),
    • t. I : livres I-III, 1995, 544 p.
    • t. II : livres IV-VI, 1997, X-475 p.
  • Oeuvres complètes de Valère Maxime, trad. C. A. F. Frémion, Garnier, 1864, 2 t., rééd. Hachette
  • Valère Maxime. Actions et paroles mémorables, trad. et notes Pierre Constant, 1935. [1]

Études[modifier | modifier le code]

  • Cl. Bosch, Die Quellen des Valerius Maximus, Stuttgart, 1929.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b M. Nisard (dir), Cornelius Nepos, Quinte-Curce, Justin, Valère Maxime, Julius Obsequens, oeuvres complètes avec traduction en français, Paris, J.J. Dubochet et compagnie, , 856 p., p. 561
  2. il ne faut pas confondre ce Sextus Pompeius avec Sextus Pompée, le fils de Pompée le Grand qui mourut en -35
  3. Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l'éducation, Paris, Flammarion, (ISBN 978 2 0812 0692 2), p. 103

Notes[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Valerius Maximus »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]