Michel Lejeune (linguiste)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Michel Lejeune.
Michel Lejeune
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 92 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de

Michel Lejeune est un linguiste et helléniste français, né à Paris le et mort dans cette ville le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Lejeune est né le . Très jeune, il se passionne pour l'étude des langues anciennes : ses premiers travaux datent de 1929. Entré à l'École normale supérieure en 1926, il est premier à l'agrégation de grammaire en 1929 et docteur ès lettres en 1940. Linguiste, il est l'élève du grammairien comparatiste Antoine Meillet[1] et de Joseph Vendryes. Il se spécialise dans la phonétique historique du grec ancien.

Il enseigne successivement dans les universités de Poitiers, Bordeaux et Paris-IV : maître de conférences en philologie grecque et latine (1933-1937) dans la première puis professeur de grammaire comparée dans la deuxième (1941-1946), il devient en 1947 directeur d'étude en grammaire comparée des langues indo-européennes à l'École pratique des hautes études, puis professeur de linguistique à la Sorbonne (1951-1955).

Sa thèse principale porte sur les adverbes grecs en -θεν et sa thèse secondaire consiste en Observations sur la langue des actes d'affranchissement delphiques. On lit encore avec profit des ouvrages de niveau universitaire sur la langue grecque : une Phonétique historique de la langue grecque (Klincksieck, 1947 ; rééditée) et le fameux Précis d'accentuation grecque (Hachette, 1945 ; nombreuses rééditions).

Après 1945, il étudie les langues de l'Italie antique : le latin et l'étrusque, mais aussi l'osque, le vénète, le messapien, l'élyme et le lépontique. Mais c'est le linéaire B et son déchiffrement par Michael Ventris qui vont principalement attirer son attention. En 1954 il consacre l'un de ses séminaires aux documents mycéniens, à la langue mais aussi à la structure des archives des sociétés mycéniennes. Il est à l'origine du premier colloque d'études mycéniennes, en 1956. Pendant quarante années jusqu'en 1997, il publie chaque année ses trouvailles en la matière dans les Mémoires de philologie mycénienne. Son étude du linéaire B l'amène à rééditer son Traité de phonétique grecque en y incorporant certaines données mycéniennes. Historien de la période mycénienne, il apporte plusieurs démentis à la thèse de tripartition fonctionnelle des sociétés indo-européennes.

Le gaulois l'intéresse à la fin de sa vie. Il publie ainsi le Recueil des inscriptions gauloises.

Il devient en 1963 membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et occupe à partir de 1970 les fonctions de secrétaire général de la Société de Linguistique de Paris.

Linguiste reconnu auteur encore d'une synthèse sur Le Langage et l'écriture, Michel Lejeune meurt en l'an 2000.

Petit-fils de Xavier-Édouard Lejeune (1845-1918), qui a laissé ses mémoires de « calicot » (chez Arthaud-Montalba, 1984), il était le frère d'Arlette Claire Lejeune (1910-2006) et du dessinateur Jean Effel.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Liste de ses premiers ouvrages :

  • Les adverbes grecs en -θεν, Bordeaux, 1939
  • Observations sur la langue des actes d'affranchissement delphiques, Paris, 1940
  • Précis d'accentuation grecque, Paris, 1945
  • Traité de phonétique grecque, Paris, 1947
  • La posición del latin en el dominio indoeuropeo, Buenos Aires, 1949
  • Collection Froehner: inscriptions italiques, Paris, 1953
  • Celtiberica, Salamanca, 1956
  • Mémoires de philologie mycénienne, 1re série, Paris 1955-1957 ; 2e série, Roma 1971 ; 3e série, Roma 1973
  • Index inverse de grec mycénien, Paris, 1964
  • La langue élyme d'après les graffites de Ségeste, Paris, 1969
  • Lepontica, Paris, 1971
  • Phonétique historique du mycénien et du grec ancien, Paris, 1972
  • Manuel de la langue vénète, Heidelberg 1974
  • L'anthroponymie osque, Paris, 1976.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Étrennes de septantaine. Travaux de linguistique et de grammaire comparée offerts à Michel Lejeune
  • Études et commentaires, no 91, 1978

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « En amont de l’indo-européen : les enseignements eurasiatiques de J. Greenberg et de quelques vieux hydronymes », Jean-Pierre Levet, Actes des journées d'études organisées à l'Université Lumière Lyon 2 – Maison de l'Orient et de la Méditerranée, 2-3 février 2006, Collection de la Maison de l'Orient méditerranéen ancien. Série philologique, Année 2009 Volume 43 Numéro 1 pp. 195-214