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Poséidon

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Poséidon tenant son trident, plaque corinthienne de Penteskouphia, 550-525 av. J.-C., musée du Louvre

Poséidon (en grec ancien Ποσειδῶν / Poseidỗn, Ποτειδάων / Poteidáôn en crétois et en béotien) est le dieu des mers et des océans en furie, ainsi que l'« ébranleur du sol » — dieu des tremblements de terre et des sources dans la mythologie grecque. Son symbole principal est le trident, qu'il reçoit des Cyclopes pendant la Titanomachie, il est aussi symbolisé par le taureau, et surtout le cheval. Les Romains l'assimilent à Neptune. Fils de Cronos et de Rhéa. Marié à Amphitrite et semble avoir eu d'autre conquètes.

Origine

Avant que l'anthropomorphisme ne fasse de lui être un dieu de la mer, Poséidon semble avoir été un dieu chtonien lié au monde souterrain, porteur de mort et responsable des tremblements de terre, proche de la figure du dieu Hadès. Son épithète d'« ébranleur du sol », attesté en Arcadie où son culte est le plus ancien, en fait un dieu ambivalent, responsable de catastrophes naturelles mais aussi du retour des eaux fécondantes du printemps[1]. Il est le dieu grec le plus fortement lié au cheval à travers ses mythes comme ses représentations. Toutefois, il ne semble pas issu d'un cheval divinisé, le totémisme étant inconnu en Grèce antique. Plus vraisemblablement, ses représentations hippomorphes servaient à mettre en relief les forces étranges et surhumaines qu'il contrôle[2].

Mythe

Poséidon est le fils de Cronos et de Rhéa et le frère de Zeus, Hadès, Déméter, Héra et Hestia. Pour Hésiode, il est l'aîné de Zeus : dévoré à la naissance par Cronos en même temps que ses frères et sœurs, il est rendu plus tard au jour grâce à une ruse de Zeus[3]. Une tradition minoritaire rapportée par Diodore de Sicile[4] rapporte que Rhéa parvient à dissimuler sa naissance à Cronos et le confie secrètement à l'Océanide Caphira, fille d'Océan, et aux Telchines de l'île de Rhodes, qui veillent sur son enfance divine. L’Iliade en fait le frère cadet de Zeus[5], acceptant mal l'autorité de l'aîné, ce qui explique sans doute qu'il tente un jour, de concert avec Héra, Athéna ou Apollon, de l'emprisonner[6].

Poséidon participe avec ses frères et les autres dieux à la Titanomachie et c'est lui qui referme sur les Titans les portes d'airain du Tartare[7]. Lors du partage du monde qui suit la victoire des Olympiens, il reçoit la souveraineté sur les mers, tandis que Zeus règne sur le Ciel et Hadès sur les Enfers[8]. Il a pour sceptre le trident et réside dans un palais d'or au fond de l'océan[9]. La tradition le place à Aigéai (en Achaïe), où on lui voue un culte[10], censé être situé près de Samothrace[11]. Il se déplace sur son char tiré par deux chevaux aux sabots de bronze. Sur son passage, les dauphins sautent de joie et la mer s'entrouvre.

Suite au partage du monde, la Terre reste le domaine commun des dieux[12]. Poséidon dispute d'ailleurs fréquemment à d'autres dieux la possession d'une terre. Ainsi de l'Attique, pour laquelle il affronte sa nièce Athéna. Poséidon frappe l'Acropole de son trident ; il en sort une source d'eau salée[13] ou, selon les versions, un cheval[14]. Athéna offre à la ville un olivier ; cet olivier est perpétué par un rejeton cultivé dans un enclos sacré sur l'Acropole[15]. Les dieux — ou, suivant la version, le roi Cécrops, Cranaos ou Érysichthon — jugent le présent de la déesse plus utile, et lui consacrent la cité. Furieux, Poséidon inonde l'Attique. Il dispute également Corinthe à Hélios mais Briarée, appelé comme arbitre, ne lui accorde que l'Isthme, tandis qu'à Hélios est octroyée l'Acropole[16]. Poséidon essaie d'obtenir Trézène contre Athéna ; cette fois, Zeus décrète que la cité soit partagée entre eux deux. Il essaie, sans succès, d'obtenir de Zeus Égine et de Dionysos Naxos. Il veut prendre à Héra l'Argolide, mais Zeus le soumet à l'arbitrage de Phoronée, premier habitant de la région, et des dieux fleuves Inachos, Céphise et Astérion dont le jugement est en faveur d'Héra. Furieux, il se venge en asséchant les rivières de ses juges[17].

Tétradrachme en argent représentant Poséidon

Poséidon doit, avec Apollon, se mettre au service de Laomédon, roi de Troie[18] — pour certains, c'est la punition de sa tentative ratée d'emprisonner Zeus[19],[20] ; pour d'autres, il s'agit de mettre à l'épreuve l'arrogance de Laomédon[21]. Il bâtit pour la cité de gigantesques murailles. Une fois le chantier terminé, Laomédon refuse aux dieux leur paiement. Furieux, Poséidon envoie contre la ville un monstre marin qui ravage les côtes avant d'être tué par Héraclès[22]. Par la suite, il se range aux côtés des Achéens lors de la guerre de Troie[23]. Après la guerre, il poursuit Ulysse de sa vengeance, car le héros a crevé l'œil de son fils, le Cyclope Polyphème.

Il fait sortir de la mer, à la demande de Minos, un taureau gigantesque. Mais, comme le roi de Crète refuse de lui sacrifier l'animal, il insuffle en Pasiphaé, femme de celui-ci, un amour coupable pour le taureau. De leur union naîtra le Minotaure. Il est réputé avoir créé le premier cheval, soit à Athènes, dans le cadre de son affrontement avec Athéna, soit en Thessalie, après avoir éjaculé sur Gaïa, la Terre[24]. Il apprend également aux hommes à monter les chevaux à l'aide d'une bride.

Amours et postérité

Recherchant une épouse pour régner auprès de lui dans les profondeurs de la mer, Poséidon courtisa la Néréide Thétis comme son frère Zeus, mais Thémis ayant prophétisé que tout fils qui naîtrait d'elle serait plus grand que son père, prudents, ils cessèrent tous deux de la courtiser et lui permirent d'épouser un mortel du nom de Pélée. Amphitrite, autre Néréide qu'il rechercha ensuite, résista à ses avances et s'enfuit dans les montagnes de l'Atlas pour lui échapper, mais il envoya des messagers à sa poursuite, parmi lesquels un certain Delphinos qui plaida la cause de Poséidon d'une façon si charmante qu'elle céda et le pria d'organiser le mariage. Pour lui témoigner sa reconnaissance, Poséidon plaça l'image de Delphinos au milieu des étoiles, dans la constellation du Dauphin. Légitimement marié à Amphitrite dont il a trois enfants, Triton, Benthésicymé et Rhodé (certaines traditions rapportées par Diodore font en revanche naître cette dernière de son union avec Halia, la sœur des Telchines), Poséidon a également bon nombre d'enfants avec d'autres divinités ou de mortelles. Il manifeste un amour entreprenant :Coronis était la fille de Coronée qet fut changée en corneille par Athéna afin de lui permettre d'échapper aux poursuites incessantes de Poséidon, tombé éperdument amoureux.

Poséidon est le père, plus ou moins directement, de nombreux héros grecs dont le fameux Thésée.

Il est l'éraste du jeune Pélops, qu'il enlève et amène sur l'Olympe, de même que Zeus l'a fait auparavant avec Ganymède.

Persée trancha la tête Méduse alors enceinte de Poséidon. Du sang coulant naît deux fils Chrysaor et le cheval ailé Pégase.




Femme/Maîtresse/Amant Enfant(s)
Amphitrite Triton, Benthésicymé, Rhodé
Amymone Nauplios
Arné Éole et Béotos
Aphrodite Hérophilos, Rhodos[25]
Argioné Cercyron
Céléno Nyctée[26], Lycos, Euphémos
Céroessa Byzas
Chioné Eumolpos, Erginos
Clito Atlas (Atlantide), Gadir
Corcyre Phéax
Démeter Despina, Arion[27] Poséidon sous forme d'étalon
Éthra Thésée
Europe Euphémos
Gaïa Antée, Orion, Charybde, les Telchines
Iphimédie les Aloades
Libye Bélos, Agénor, Lélex
Lysianassa Busiris
Méduse Pégase, Chrysaor[28]
Mélie Amycos, Mygdon
Mélantho Delphos
Molioné les Molionides
Naïs Glaucos
Péro Asopos[29]
Phénice Protée
Pitane ou Léna Évadné
Théophanée Chrysomallos
Thoosa Polyphème
Thronia Abdéros[30]
Tyro Pélias, Nélée
? Cymopolée[31]


Culte

Comme les Grecs le reconnaissent eux-mêmes[32], Poséidon est un dieu important et ancien. Son nom est attesté depuis l'époque mycénienne sous la forme po-si-dai-jo[33]. Les tablettes en linéaire B montrent qu'il est le principal dieu de Pylos[34], comme en atteste dans l’Odyssée le sacrifice offert par Nestor, roi de Pylos, à Poséidon[35].

Le principal sanctuaire des Ioniens, dont Nestor est l'ancêtre mythique, se trouve au cap Mycale et lui est consacré. Les Éoliens, les Béotiens et les Mégariens se réclament également de lui par l'intermédiaire de leurs ancêtres éponymes, Éolos, Béotos et Mégarée, qui sont ses fils. Des cités portent également son nom : Potidée en Chalcidique et Poseidonia/Paestum en Grande Grèce. L'amphictyonie de Calaurie se réunit dans son sanctuaire, tandis que le principal centre religieux de la Triphylie est le sanctuaire du Samikon.

Poséidon Hippios, seigneur des chevaux, est vénéré en Arcadie à Mantinée, Phénéos, Méthydrion, Lykosoura et Thelpousa. Il préside des jeux équestres, les Hippokrateia, qui se tiennent à Pallantion[36]. On lui rend également un culte à Olympie et Patras.

Hymne homérique

L'un des hymnes homériques est dédié à Poséidon. Cette dédicace respectueuse à Poséidon, plutôt courte parmi les autres hymnes, donne l'aperçu d'un Poséidon dresseur de cheval, sauveur de navire tout comme celui qui agite la terre, comme le dieu de la mer et le roi du Mont Hélicon et de la ville Aigues[37]. Le texte regorge d'épithète. Bien que l'usage fasse nommer l'ensemble des textes comme homérique, ceux-ci n'ont pas été écrits par Homère, le ou les auteurs sont inconnus, mais le style littéraire rappelle les vers d'Homère, auteur de l'Illiade :


Εἲς Ποσειδῶνα

ἀμφὶ Ποσειδάωτα, μέγαν θεόν, ἄρχομ᾽ ἀείδειν,
γαίης κινητῆρα καὶ ἀτρυγέτοιο θαλάσσης,
πόντιον, ὅσθ᾽ Ἑλικῶνα καὶ εὐρείας ἔχει Αἰγάς.
διχθά τοι, Ἐννοσίγαιε, θεοὶ τιμὴν ἐδάσαντο,
5ἵππων τε δμητῆρ᾽ ἔμεναι σωτῆρά τε νηῶν.
χαῖρε, Ποσείδαον γαιήοχε, κυανοχαῖτα,
καί, μάκαρ, εὐμενὲς ἦτορ ἔχων πλώουσιν ἄρηγε.

— Hymnes homériques, n. 22, Anonyme [38]

« 

À Neptune
(La versification ne correspond pas exactement)

Chantons d'abord Neptune, dieu puissant,
roi des mers, qui fait trembler la terre et la mer inféconde,
qui règne sur l'Hélicon et sur l'immense ville d'Aigues.
Neptune, vous avez reçu des Immortels le double honneur
de dompter les coursiers et de sauver les navires.
Salut, Neptune, à la chevelure azurée, dieu fortuné, que votre votre coeur bienveillant protège les navigateurs[39]

 »

Épithètes, attributs et sanctuaires

Sculpture de Poséidon sur son char, Monterrey, Mexique.

Epithètes

Poséidon est associé à de nombreux épithètes qui sont d'autant d'éléments de description de sa fonction ou de la perception qu'il induit. Quelquefois par peur du dieu vindicatif, on préfère l'épithète à son nom même, mais toujours avec dévotion et profond respect. Faire usage de telles paraboles, ravit les poètes qui diversifient leurs vers tout en ayant un outil littéraire bivalent : en un ou deux mots (en grec naturellement, la traduction étant souvent plus longue) souvent, marqués par un rythme soigné volontairement, le sens dévolue désigne alors à la fois le dieu aussi bien que la faculté que l'auteur veut lui attribuer dans son ouvrage. Certaines épithètes sont liées à des cultes locaux ou sont plus ou moins historiques, d'autres, diffusées par les oeuvres et les mythes communs dans toute la Grèce, avancent des traits divins plus généraux, parfois plus fantastiques. Les épithètes de Poséidon le dessinent comme un dieu rattaché à la terre, au sol, mais aussi à l'univers maritime comme au cheval (bien qu'on ne sache pas vraiment tout le temps distinguer s'il s'agit de l'animal ou bien d'une manière d'appeler un navire : Homère parle[40] dans son Odyssée de navire comme des Chevaux des mers ou des Coursier des mers par exemple). Les traductions depuis le grec sont variables d'une langue à une autre, d'un auteur à un autre et essaye de transmettre le sens le plus proche contraint néanmoins par conserver la fréquente briéveté et le rythme du grec originel, tout en assurant un résultat élégant dans la langue finale.


  • Celui qui fait trembler la terre ou L'ébranleur du sol
    • (ἐνοσίχθων [enosIhxton]) ; Exemple chez[41] Homère, dans les Hymnes homériques. Vient de[42] χθών, le sol[43] et d'une ancienne forme dialectale pour ἐνέθω, agiter[44].
    • (ἐννοσίγαι᾽ [enosIgai']) ; Ex. chez[45] Homère, Hésiode. Ἐννοσί-γαιον, ἔνοσις est une ancienne forme de ἐνόθω (ἐνέθω) pour agiter[46] et γαιον pour la terre, le sol (voir Gaia) ; Existe aussi chez Hésiode dans sa Théogonie (voir suivant).
  • Le retentissant, Le retentissant ébranleur du sol (ἐρίκτυπον ἐννοσίγαιον [erIktupon enosIyaiov]) ;
Ex. chez[47] Hésiode. Ἐννοσίγαιον signifie celui qui agite le sol (voir ci-dessus pour plus d'explication sur le mot) et ἐρίκτυπον : ἐρί-κτυπον, κτύπος c'est[48] le bruit du choc tandis que le préfixe ἐρί accentue le sens comme le ferait très[49].
  • Le Maître de la terre, ou Celui qui tient la terre (γαιήοχος [gaiEochos]) ;
Ex. chez[50] Homère. De γαίη, mot ionien pour la terre, le sol[51] (voir la déification du sol Gaia) et ὀχος qui signifie réceptacle ou abri[52].
  • Celui qui met en mouvement la terre (γαίης κινητῆρα [gaIns kinetera]) ;
Ex. dans les Hymnes homériques celui dédié à Poséidon[53]. γαίης est[54] le génitif de γαῖα, le sol, ou encore désigne le pays (voir la déification du sol Gaia) ; κινητῆρα[55] vient du verbe κινέω, bouger.
  • De la Pierre (Πετραίος [petraIos]) ;
Ex. chez[56] Pindare. Dans la région de Thessalie où Poséidon est dit avoir fendu là les montagnes[57].


  • A la longue chevelure bleu (ou azur) ou A la crinière azure (κυανοχαίτης [kuanochaItes]) ;
Ex. chez[58] Homère, Hésiode. De κύανος, qui signifie bleu sombre[59] et χαίτη dont le sens[60] est long, flottant, dense ou encore désigne la crinière des bêtes et par extension aussi celle des casques des guerriers.


  • Egéen
    • Chez[61] Virgile : lat. Aegaeo, sens non précis : on donne généralement le sens de la Mer Egée ou le palais mythique du dieu dont Homère parle dans l'Illiade : Aigues (Αἰγάς [aigAs])[62].
    • Chez[63] Strabon : Αἰγὰς, selon lui, c'est le nom de la ville antique nommée Aigues en Eubée ou se trouverait un temple du dieu sur une colline.
  • Maître des mers, Souverain des mers (ποντομέδων [pontomEdov]) ;
Ex. chez[64] Pindare, Aristophane, Eschyle. De πόντος qui signifie[65] les flots et par extension la mer. μέδωv, le chef[66], le roi, fait écho au verbe μέδω ayant pour sens de prendre de soin, de s'occuper de, de se préoccuper de.
  • Celui qui inonde (προσκλυστίος [prosklustIos]) ;
Ex. chez[67] Pausanias. Dans la ville d'Argos où le dieu envoya des inondations pendant la lutte avec Héra pour le patronage de la ville.
  • Celui qui agite la mer stérile (κινητῆρα ἀτρυγέτοιο θαλάσσης [kinetera atrugEtoio talAses]) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53]. κινητῆρα signifie[68] celui qui met en mouvement du verbe κινέω, bouger ; θαλάσσης est[69] le génitif de θαλάσσα [talAssa], signifiant la mer ; Avec le préfixe privatif 'ἀ' au verbe récolter τρυγάω [trugao], ἀτρυγέτοιο a pour sens "que l'on ne peut pas récolter" d'où stérile ou encore inféconde.
  • Marin ou Des flots (πόντιον [pOntion]) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53]. De πόντος qui signifie[70] mer, les flots.
  • De le grande mer (πελαγαῖος [pelagaios])
Ex. chez[71] Pausanias. Souvent considéré comme une autre[72] forme de πελαγίος issu de πέλαγος qui veut dire la mer, la mer lointaine, loin du rivage, la haute mer.
  • Du rivage, Des côtes escarpées (ἐπακταῖος [epaktaios])
Dans l'île de Samos. Ex. chez[73] Hésychios d'Alexandrie. De[74] ἐπί, sur, et ἀκτή[75], qui signifie la rive escarpée, le dernier morceau, le piton, de terre qui se jette dans la mer. D'autres[76] relient cet épithète plutôt à Apollon.


  • Sauveur des navires (σωτῆρά νηῶν [sotera neov]) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53].
  • Celui qui assure la navigation (ἀσφαλίος [asfalIos]) ;
Ex. chez[77] Strabon, Plutarque, Pausanias. Issu de ά-σϕαλής[78], du verbe σφάλλω [79] auquel on inverse le sens (notez le préfixe privatif a-) et signifie (concrétement ou abstraitement) ne pas tomber, ne pas glisser, ne pas vaciller, ou ne pas renverser le navire, mais aussi pour ne pas échouer.


  • Dresseur de cheval (ἵππων δμητῆρ᾽ [HIpon dmetep']) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53].
  • Chevalin, Equin (Ἱππίου [HippIou]) ;
    • Dans la ville d'Athènes, à cela répond le qualificatif Chevaline (Ἱππίας [HippIas]) à la déesse Athéna[80] ; Cela peut-être interprété aussi bien pour parler de navire ou de cheval[81].
    • En Elide, se trouvait[82] un autel à Poséidon chevalin et ici cela faisait écho à l'adjectif chevaline attribué à la déesse Héra.
  • Celui qui apaise les chevaux (ἱπποκούριος [HipokoUrios])
A Sparte. Ex. chez [83] Pausanias. Etrange traduction, n'est-ce pas?[84]
  • Celui qui développe la végétation (Φυταλμίοs [futalmIos]) ;
Dans la ville de Trézène. Ex. chez[85] Pausanias.


  • Héliconien (Ἑλικωνίου [HelikonIou]) ;
Dans la ville d'Hélice, enAchaïe, se trouve le sanctuaire du dieu[86], est-ce que le mot désigne[87] la ville ou encore est-ce relatif au mont Hélicon en Béotie?
  • Qui a Hélice et la vaste Aigues (ὅσθ᾽ Ἑλικῶνα καὶ εὐρείας ἔχει Αἰγάς [hOst' Helikona kaj eureIas Echei aigAs]) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53]. Est-ce que cela désigne le mont Hélicon en Béotie avec le mot Ἑλικῶνα ou bien la ville d'Hélice en Achaïe ?[88] ; Αἰγάς est le palais mythique du dieu dont Homère parle[63] dans l'Illiade ou bien une ville, disparue depuis, en Eubée[89] ou encore une autre en Achaïe nommé Αἴγιον [aIgion], c'est-à-dire la moderne Aigion.


  • Celui dont la force se répand, (εὐρυσθενής [eupustenEs] ;
Ex. chez[90] Homère ; εὐρυ-σθενής : εὐρυς signifie large, s'étendant[91], et σθενής force, force par le nombre (d'élément)[92].
  • Grand dieu, (μέγαν θεόν [mEgav teOv]) ;
Ex. dans l'Hymne homérique de Poséidon[53]. θεόν correspond à dieu tandis que μέγαν a pour sens[93] grand, voire majestueux ou noble ou jusqu'à chef.
  • Taurin (ταύρεος [taUreos])
Ex. chez[94] Hésiode. Parce[95] qu'on sacrifie à Poséidon des taureaux, ou des boeufs, ou bien dans le sens où les rivages (auquel le dieu est rattaché parfois) étaient considérés comme de bonnes pâtures pour les bovidés.
  • Domestique (δωματίτης [domatItns])
A Sparte. Ex. chez[96] Pausanias.


Ses attributs

Ses animaux favoris ou rattachés

Hippocampe mythologique, créature mi-poisson, mi-cheval (reproduction depuis un dessin de la ville de Pompéi).
  • Le cheval
  • L'hippocampe, l'animal mythique mi-poisson, mi-cheval
  • Le dauphin

Sanctuaires, lieux de cultes

Quelques lieux de cultes connus aujourd'hui pour avoir d'une manière ou d'une autre abrités, à un moment donné, le culte de Poséidon :

Évocations artistiques

On le voit apparaître dans des mangas (Saint Seiya, One Piece...) comme dans des romans jeunesse (Percy Jackson, le Sceptre de Poséidon).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

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Notes et références

  1. Wagner 2006, p. 142
  2. Wagner 2006, p. 143
  3. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne], 495.
  4. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], V.
  5. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne] XIII, 355 ; XV, 181-182.
  6. Iliade, I, 22. Zénodote remplace Athéna par Apollon, (en) G. S. Kirk (éd.), The Iliad: a Commentary, vol. I : Chants I-IV, Cambridge, Cambridge University Press,‎ (ISBN 0-521-28171-7), commentaire aux vers I, 441-457, p. 91.
  7. Théogonie, 731-732.
  8. Iliade, XV, 189-191.
  9. Iliade, XIII, 22.
  10. Iliade, VIII, 203 et Odyssée, V, 381. Voir la note de Jean Bérard sur ce passage de l’Odyssée (Gallimard, coll. « Folio / classique », p. 144, note 1), qui identifie cet Αἰγάς à la ville d'Achaïe et précise qu'une autre ville, Aigéai d'Eubée, possédait un temple de Poséidon.
  11. Lévêque et Séchan, p. 112, note 34.
  12. Iliade, XV, 193.
  13. Apollodore, Bibliothèque [détail des éditions] [lire en ligne], III, 14, 1.
  14. Chez les mythographes latins, par exemple Servius, Commentaire aux Géorgiques, I, 12.
  15. Amigues 2010, p. 178, n. 158
  16. Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne], II, 1, 6.
  17. PauDes, II, 15, 5.
  18. Iliade, VII, 452-453 ; XXI, 441-460.
  19. Scholies aux vers I, 399 de l’Iliade.
  20. Gantz, p. 63.
  21. Hellanicos, FGrH, IV, 26a ; pseudo-Apollodore, Bibliothèque, II, 5, 9.
  22. Iliade, XX, 145-146.
  23. Iliade, XIII, 1-135 ; XX, 33-74, etc.
  24. Scholie au vers IV, 246 des Pythiques de Pindare.
  25. Scholiaste de Pindare, Pythique (VIII, 24).
  26. Troisième Mythographe du Vatican (32, 3).
  27. Callimaque, Fragment 652 et Pausanias, Description de la Grèce [détail des éditions] [lire en ligne] VIII, 25, 5.
  28. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne][Où ?].
  29. selon Acousilaos.
  30. Pindare, Fragments, Péans (I, 1)
  31. Hésiode, Théogonie [détail des éditions] [lire en ligne] (v. 819).
  32. Éphore de Cumes cité par Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne] (XV, 49).
  33. Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4), à l'article Ποσειδῶν.
  34. Burkert, p. 136.
  35. Odyssée (III, 4-6).
  36. Denys d'Halicarnasse, I, 33.
  37. Plusieurs sens ont été donnés à ce nom de ville, autant des localisations exactes que seulement poétiques.
  38. Hymnes homériques, n. 22, A Poséidon, anglais/grec
  39. Homère, Odyssée, Chant 4, [708] français/grec anglais
  40. Souvent dans l'Illiade, par exemple : Homère, Illiade, Chant 13, [33] grec anglais
    Hymnes homériques, n. 22, A Poséidon, (voir paragraphe) ou anglais/grec
  41. p. 300, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [1]
  42. p. 958, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [2]
  43. p. 295, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [3]
  44. -Homère, Illiade, livre 7, [455] anglais/grec
    -Hésiode, Théogonie, [456] grec, français anglais/grec
  45. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=e%29%2Fnosis&la=greek&can=e%29%2Fnosis0&prior=*%29ennosi/gaios#lexicon
  46. Hésiode, Théogonie, [456] grec, françaisanglais/grec
  47. p. 515, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [4]
  48. p. 259, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [5]
  49. Homère, Illiade, Chant 20, [133] grec anglais
    Homère, Odyssée, Chant 1, [68] français/grec anglais
  50. p. 163, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [6]
  51. p. 640, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [7]
  52. a, b, c, d, e, f et g n°22, voir dans cet article pour une traduction.
  53. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=gai%2Fhs&la=greek&can=gai%2Fhs0&prior=a%29ei/dein
  54. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=kinhth%3Dra&la=greek&can=kinhth%3Dra0&prior=gai/hs#lexicon
  55. Pindare, Odes Pythiques, 138 anglais/grec français/grec
  56. Hérodote, Histoires, Livre 7 [129], français/grec anglais/grec
  57. Homère, Illiade, Chant 20, [144] grec anglais
    Homère, Odyssée, Chant 9, [528] [536] français/grec anglais
    Hésiode, Théogonie, [278], anglais/grec
  58. p. 515, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [8]
  59. p. 949, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [9]
  60. Virgile, Enéide, Livre 3, [74] français/latin
  61. Homère, Illiade, Chant 13, [20] grec anglais
  62. a et b Strabon, Géographie, Livre 8, chapitre 7 [4] français/grec anglais/grec ; citant Homère, Illiade, Chant 13, [10-38] grec anglais
  63. -Pindare, Odes Olympiques, [6] 173 anglais/grec français/grec
    -Aristophane, Les Guêpes, [1531] anglais/grec le choeur final en français
    -Eschyle, Les Sept contre Thèbes, [130] anglais/grec français/grec
  64. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=po%2Fntos&la=greek&can=po%2Fntos0&prior=on#lexicon
  65. p. 553, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [10]
  66. Pausanias, Description de la Grèce, Livre [2], chapitre [22] anglais/grec ; français/grec
  67. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=kinhth%3Dra&la=greek&can=kinhth%3Dra0&prior=gai/hs#lexicon
  68. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=qala%2Fsshs&la=greek&can=qala%2Fsshs0&prior=a%29truge/toio#lexicon
  69. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=po%2Fntos&la=greek&can=po%2Fntos0&prior=on#lexicon
  70. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 7, [21.9] anglais/grec français/grec
  71. (en) p. 1170, A Greek-English lexicon, Lidell, Scott, 1901, American Book Company [11]
  72. Hésychios d'Alexandrie, Lexique, grec ancien
  73. p. 326, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [12]
  74. p. 30, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [13]
  75. -Argonautiques orphiques, [1291] grec ou [1296] grec/latin d'autres français anglais
    - Apollonios de Rhodes, Argonautiques, Chant 1, [403] français/grec grec
  76. -Strabon, Géographie, Livre 1, 3.16 grec/français anglais grec
    -Plutarque, Vies parallèles, Vie de Thésée, [36.4] grec/français anglais/grec
    -Pausanias, Description de la Grèce, Livre 7, [21.9] anglais/grec français/grec
  77. p. 126, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [14]
  78. p. 845-846, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [15]
  79. -Pausanias, Description de la Grèce, Livre 1, chapitre [30], [4] anglais/grec français/grec
    -Pausanias, Description de la Grèce, Livre 7, [21.7] anglais/grec français/grec
  80. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 7, [21.9] anglais/grec français/grec
  81. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 5 à propos de l'Elide, chap. 15, [5] français anglais/grec
  82. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 3, [14.2] anglais/grec français/grec
  83. 16/11/2014 : je n'ai pas trouvé trouvé d'autres traduction que celle venant du dictionnaire bilingue anglophone suivant (Liddell, Scott & Jones), lien [16] (en)
  84. Pausanias, Description de la Grèce, Livre [2], chapitre [32], [8] anglais/grec français
  85. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 7, à propos de l'Achaïe, chap. 24, [5] français anglais/grec
  86. Voir la note 3 ici [17] (en)
  87. Voir la note ici [18] (en)
  88. Aujourd'hui la ville de Limni (Λίμνη) ou à proximité ; Strabon, Géographie, Livre 9, chapitre 2 [13] français/grec anglais/grec
  89. Homère, Illiade, livre 7, [455] anglais
  90. p. 318, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [19]
  91. p. 786, Abrégé du dictionnaire GREC FRANÇAIS, Anatole Bailly, Librairie Hachette, 1901 [20]
  92. (en) http://www.perseus.tufts.edu/hopper/morph?l=me%2Fgan&la=greek&can=me%2Fgan0&prior=*poseida/wta#lexicon
  93. Hésiode, Le Bouclier d'Héraclès, [104] français/grec anglais
  94. (en) http://www.theoi.com/Cult/PoseidonCult2.html
  95. Pausanias, Description de la Grèce, Livre 3, [14.7] anglais/grec français/grec