Plante dépolluante

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Langue de belle-mère, Sansevieria trifasciata, captant le benzène.

Une plante dépolluante est une plante qui permet de réduire, grâce à son métabolisme[1], la quantité des polluants présents dans l'air à l'intérieur des édifices grâce à la faculté de bioépuration.

Les principaux polluants captés dans ce contexte par ces plantes sont les composés organiques volatils tels que le formaldéhyde, le monoxyde de carbone, le toluène, le trichloroéthylène ou le benzène. Ces composés sont émis par une multitude de produits comme les solvants des peintures, le mobilier, la cigarette, les cuisinières à gaz, le chauffage au boisetc.[2],[3]

Histoire[modifier | modifier le code]

Logo de la NASA, pionnière dans la recherche sur la dépollution de l'air par les végétaux.

Les premiers à tester l'efficacité des plantes à dépolluer l'air furent des scientifiques de la National Aeronautics and Space Administration (NASA), dans les années 80. Ils souhaitaient alors développer un filtre biologique efficace dans les stations spatiales et les écoconstructions («édifices écologiques»)[4].

Trente ans plus tard, l'idée est toujours pertinente puisque les individus vivant dans les pays développés passent la majeure partie de leur temps à l'intérieur d'édifices, où la qualité de l'air est souvent inférieure à celle de l'extérieur (accumulation d'allergènes, de composés organiques volatils)[5],[6], certaines études de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur montrant que l’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur[7].

Faculté de bioépuration[modifier | modifier le code]

La bioépuration est la faculté d'une plante d'absorber des polluants[8] :

  • par les stomates : seuls les composés très volatils de faible poids moléculaire et souvent, solubles dans l'eau (SO2, NOx, O3, CO, formaldéhyde, benzène, toluène, etc.) empruntent cette voie puis sont solubilisés dans l'eau et enfin métabolisés ou stockés dans les cellules. Dans ce dernier cas, les plantes sont dites hyperaccumulatrices : elles peuvent concentrer un polluant, mais non le détruire s'il s'agit de métaux lourds (qui ne sont pas métabolisés).
  • suite à un dépôt de surface. Les composés de volatilité intermédiaire ou de haut poids moléculaire et plutôt liposolubles sont absorbés sur la cuticule des feuilles puis peuvent migrer vers la mésophylle pour y être « bioépurés » de la même manière que précédemment.

Les complexes argilo-humiques du sol ou les mycéliums de champignons présents dans la terre peuvent aussi adsorber ou absorber des métaux ou d'autres polluants et parfois contribuer à la dépollution (fongoremédiation).

Efficacité[modifier | modifier le code]

Le lierre anglais (Hedera helix)

Certaines espèces sont plus efficaces pour absorber certains composés organiques volatils que d'autres. Par exemple, selon les résultats obtenus par Yang et collaborateurs, le lierre anglais (Hedera helix) a une plus grande capacité d'absorption de l'octane et du trichloréthylène que la misère pourpre (Tradescantia pallida), mais cette dernière est plus efficace pour absorber le toluène et le benzène[9]. Des études plus approfondies restent encore à faire[10].

Contrairement à ce qui est parfois avancé, les ondes électromagnétiques, générées entre autres par les ordinateurs et les émetteurs Wi-Fi, ne sont pas absorbées par les plantes[10].

Bien que la plante elle-même absorbe certains polluants par l'intermédiaire de ses feuilles, la terre dans laquelle elle pousse, de même que les micro-organismes qui s'y retrouvent y contribuent aussi[4],[11].

Une étude réalisée en 2009 par Yang et collaborateurs a montré que les plantes d'intérieur, au même titre que leurs substrats, leurs pots de plastique, les micro-organismes associés et les pesticides utilisés, émettent des composés organiques volatils[12]. Certaines substances potentiellement toxiques sécrétées par les végétaux (terpénoïdes, alcools, cétones et esters) sont connues pour avoir un rôle écologique (p. ex. défense, signalisation, imitation de phéromones). Dans cette publication, les auteurs soulignent que «l'impact positif ou négatif de ces composés sur les humains balancé avec la capacité des plantes à retirer d'autres composés organiques volatiles est inconnu.»[12]

Impact des composés organiques volatils sur les plantes[modifier | modifier le code]

Dans la revue de littérature faite par Korte et collaborateurs en 2000, on note que tous les polluants causent des dommages à la structure des cellules végétales à différents degrés[13]. Ayant observé une baisse de la photosynthèse chez les plantes soumises aux composés organiques volatils, Yoo et collaborateurs en concluent que ces derniers ont un effet négatif sur la physiologie des végétaux[14].

Exemple de plantes et des polluants traités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche du jardin botanique de Montréal : Certaines plantes d’intérieur purifieraient l’air à l’intérieur de nos maisons.
  2. Étude du Dr Wolverton, spécialiste américain des sciences de l’environnement à l’emploi de la NASA - Voir les nombreuses études scientifiques de la NASA prouvant la capacité des plantes dans la dépollution de l’eau et de l’air.
  3. Dossier de presse Air [PDF] (pages 18, 22 et suivantes).
  4. a et b (en) B.C. Wolverton, R.C. McDonald et E.A. Watkins Jr., « Foliage plants for removing indoor air pollutants from energy-efficient homes », Economic Botany, vol. 38, no 2,‎ 1984, p. 224-228
  5. (en) P.L. Jenkins, T.J. Phillips, E.J. Mulberg et S.P. Hui, « Activity patterns of Californians - Use of and proximity to indoor pollutant sources », Atmosphere Environment, vol. 26,‎ 1992, p. 2141-2148
  6. (en) S.D. Snyder, Building interior, plants and automation, Prentice Hall, Englewood Cliffs, N.J.,‎ 1990
  7. Marie Piquemal, « Pollution de l'air intérieur : « La France est très en retard » », sur liberation.fr,‎ 25 août 2009
  8. Extrait de l'article de D. Cuny, M-A. Rzepka et G. Bulteau, « Quels rôles les plantes peuvent elles jouer vis-à-vis de la pollution à l’intérieur des locaux ? », Air Pur n°69
  9. (en) D.S. Yang, S.V. Pennisi, K.-C. Son et S.J. Kays, « Screening indoor plants for volatile organic pollutant removal efficiency », HortScience, vol. 45, no 5,‎ 2009, p. 1377-1381
  10. a et b Des plantes vertes pour assainir l’air intérieur, lemonde.fr, publié le 17 août 2009, version archivée.
  11. [1] publié le 28 juin 2010.
  12. a et b (en) D.S. Yang, K.-C. Son et S.J. Kays, « Volatile organic compounds emanating from indoor ornamental plants », HortScience, vol. 44, no 2,‎ 2009, p. 396-400
  13. (en) F. Korte, G. Kvesitadze, D. Ugrekhelidze, M. Gordeziani, G. Khatisashvili, O. Buadze, Zaalishvili G. et Coulston F., « REVIEW: Organic toxicants in plants », Ecotoxicology and Environmental Safety, vol. 47,‎ 2000, p. 1-26
  14. (en) M.H. Yoo, Y.J. Kwon, K.-C. Son et S.J. Kays, « Efficacy of indoor plants for the removal of single and mixed volatile organic pollutants and physiological effects on the plants », Journal of the American Society for Horticultural Science, vol. 131, no 4,‎ 2006, p. 452-458
  15. a, b, c, d, e, f, g et h Liste des plantes et des polluants sur le site Plants for people.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Bérubé (éd.) ; (textes de) Larry Hodgson, 2000. Les 45 meilleures plantes pour purifier l’air de votre maison. Spécialités Terre à Terre Inc., Québec. 50 p.  (Collection terre à terre). Cote B-JBM: 0850 B47.1
  • Éléonore Dupardieu, Guide des Plantes Dépolluantes, Éditions Exclusif, 2010, ISBN 9782848910888

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Phytoremédiation : dépollution par les plantes des sols, de l’eau et de l’air.
  • Phyt’air : programme français de recherche portant sur la bioépuration de l’air à l’intérieur des bâtiments par des plantes.

Liens externes[modifier | modifier le code]