Grisou
Le grisou (le mot vient de grégeois) est l'une des formes de carbone fossile ; un gaz naturel contenant plus de 50% à parfois près de 100% de méthane (CH4). Ce gaz invisible et inodore se dégage des couches de charbon et des terrains encaissant lors de leur exploitation[1] [2]. Comme le radon ; à très faible dose, il fait partie de l'atmosphère normale des mines profondes[3] et il dégaze d'autant plus que le charbon est fracturé ou exploité[4]. Au delà de 5% il devient dangereux.
Très redoutées des mineurs, les explosions causées par ce gaz, appelées coups de grisou, ont causé de nombreuses victimes dans les mines profondes du monde entier. Les compagnies minières préviennent les risques par la ventilation primaire et secondaire[5] des chantiers de taille, puits et galeries[6], mais il existe toujours un risque de rupture d'une poche de grisou accumulée dans un système de failles.
Sommaire |
Formation du grisou [modifier]
Les gaz qui composent le grisou se sont formés durant le processus de houillification durant lequel ils ont été « piégés » (adsorbés) dans les micropores du charbon[7]. Une partie de ce gaz s'est retrouvé piégé dans les espaces capillaires et dans les réseaux de fissures naturelles de la houille ainsi qu'au niveau des épontes (Paroi délimitant une couche ou un filon) apparues au cours des temps géologiques, à la suite d'évènements sismiques, et plus récemment à cause de l'exploitation minière.
Libération du grisou [modifier]
Lors de l'exploitation, le « foncage » de puits, et ensuite la dislocation des veines de charbon puis la fragmentation du charbon, ainsi que la décompression causée par l'exploitation des veines libèrent ces gaz[8].
Deux facteurs importants sont le « mode et degré de détente du massif influencé par l'exploitation et de la pression du gaz. En raison du broyage dû à l'abattage, le gaz se dégage plus rapidement de la veine exploitée que des couches voisines au toit et au mur (...). Les mouvements mécaniques du terrain ont une grande influence »[8]. Le type de remblayage, ses modalités et la proximité d'autres chantiers ont aussi une importance[8].
Une difficulté pour la sécurité est que la libération du grisou est en partie très irrégulière[9] (avec « des pointes égales à plusieurs fois les moyennes de dégagement »[8]). Il existe une courbe théorique de décroissance du degré de dégazage mais elle est difficile à déterminer et de nombreux facteurs peuvent l'affecter, ce qui oblige les ingénieurs de l'aérage à prendre des marges de sécurité dans leurs modèles de calculs des capacité de ventilation des puits et galeries[8]. Ce sont donc les valeurs maxima que les ingénieurs des mines cherchent à apprécier et en particulier les phénomènes dits de « dégagements instantanés » (« DI »[10] [11] [12] dans des mines que l'industrie minière tient néanmoins à exploiter comme en témoigne la tenue à Nîmes en 1966 d'un symposium sur L'exploitation des mines à dégagements instantanés. [13]), en essayant de comprendre (grâce à l'analyse des résultats des grisoumètres enregistreurs apparus dans les années 1960 en Europe) quand, où et comment ou pourquoi elles apparaîtront. En Europe, le Centre d’Études et Recherches des Charbonnages de France (CERCHAR) s'est beaucoup intéressé à ces questions dans les années 1960, dans le cadre des travaux de recherche européens lancés ou encouragés par la CECA. En 1967, les experts comprennent mieux le phénomène, mais reconnaissent ne pas pouvoir prévoir où et quand des pics de dégagements apparaîtront, notamment à cause de la complexité des interactions entre les fissures tectoniques, le charbon, les galeries et l'exploitation[8].
Elle dépend de divers facteurs dont le contexte pétrographique, la teneur initiale du charbon en gaz, la pression de ce gaz, du nombre de veine exploitées et de la "puissance" de ces veines, ainsi que des conditions d'exploitation (plus ou moins rapide, en condition aérienne ou souterraine, etc.)[8]. La température (qui s'élève naturellement avec la profondeur, de même que la pression exercée sur le charbon), l'humidité et le degré de houillification du charbon jouent aussi un rôle. Le grisou est libéré en très faible quantité de manière continue, mais parfois brutalement en quantité plus important quand les mineurs crèvent une poche accumulée dans un réseau de faille[8].
Le mélange air grisou est très explosif à des teneurs de 5 à 15% de grisou[8].
Plus la mine est profonde, plus le grisou pose de problème[8].
Composition du grisou [modifier]
La composition des grisous explosifs des bassins houillers britannico-franco-belgo-rhénan variait entre les limites suivantes :
- méthane (CH4) : de 93,0 à 99,5 % [réf. nécessaire];
- éthane (C2H6) : de 0,02 à 2,8 % [réf. nécessaire];
- dihydrogène (H2) : de 0,00 à 0,23 %[réf. nécessaire];
- diazote (N2): de 0,00 à 3,5 % [réf. nécessaire];
- Dioxyde de carbone (CO2) : de 0,03 à 3,4 %[réf. nécessaire].
Ce grisou est parfois assimilé à du méthane, gaz extrêmement combustible, dont l'accumulation et les détonations[14] préoccupe les compagnies minières au moins depuis les années 1800[15], qui ne comprennent pas encore clairement dans les années 1950 comment se créent les poches ou "bouchons" de grisou (ou « nappes de gaz ») dans les galeries et cavités minières[16].
Le grisou qui continue à dégazer des restes de veine de charbon, après l'exploitation minière est moins riche en méthane (par exemple : 54% de méthane pour le gaz d'abord extrait par Méthamine créée par Charbonnages de France en 1992 à la fermeture du Bassin houiller du nord de la France (entreprise rachetée par Gazonor lui-même acquis par European Gas Limited (EGL) en 2008)[17].
Propriétés du grisou [modifier]
Sa masse volumique est de 0,72 kg/m3 et sa densité par rapport à l'air est de 0,558. De plus, il est inodore et incolore.
À pression et température ordinaires, les teneurs limites d'inflammabilité sont de 5,6 et 14 %. La combustion a une allure explosive entre 6 et 12 %.
L'inflammation d'un volume gazeux constitué d'un mélange d'air et de grisou, dans les travaux souterrains, entraîne :
- la production d'une flamme dont l'expansion est assez limitée ;
- la formation d'une déflagration, caractérisée par une onde de pression d'amplitude élevée qui se propage à des vitesses de l'ordre de 250 m/s ;
- le dégagement de gaz brûlés (CO2, CO et H2O entre autres) ;
- la combustion du méthane peut mettre le feu à des matières aisément inflammables, en particulier à des poussières de charbon soulevées par le souffle de la flamme.
L'équation bilan de combustion du méthane est la suivante : CH4 + 2 O2 → CO2 + 2 H2O
Détection et quantitification [modifier]
La détection du grisou est l'une des conditions de la sécurité dans les mines[18].
Dans les années 1960, faute de mieux la CECA recommande[19] de généraliser la mesure de la concentration en gaz du charbon et de la fraction de cette concentration qui se dégage dans les mines[8].
Grisouscopie [modifier]
La grisouscopie est la recherche qualitative (primitive) du grisou à la lampe ordinaire à flamme.
Grisoumétrie [modifier]
La grisoumétrie est la mesure de la teneur en grisou. Elle se développe dans les années 1960[20] [21] avec notamment l'apparition de grisoumètres automatiques [22]
Des grisoumètres, basés sur la combustion catalytique du grisou sur un fil de platine allié, sont utilisés pour la détection du grisou. Le premier appareil a été mis au point par l'ingénieur général Gustave Léon en 1900, perfectionné dans les années 1950 par le Centre d'études et de recherches des Charbonnages de France (CERCHAR) pour aboutir à la série des Verneuil 52 dont quelques centaines d'exemplaires étaient couramment utilisés dans les mines françaises jusqu'à leur fermeture vers les années 2000.
Récupération et valorisation du grisou [modifier]
Le grisou, selon sa composition peut avoir une valeur énergétique. Au lieu de l'évacuer dans l'atmosphère,dès les années 1950, on songe, (dans le cadre de l'O.E.C.E notamment, et de son Agence Européenne de Productivité[23] [24]) à le capter[25], le sécher et le valoriser.
Le grisou est capté dès les années 1960 en Belgique[26] et en France et à titre d'exemple, à Avion et Divion dans l'ancien bassin minier du Pas-de-Calais ainsi qu'à Lourches (ancienne fosse Désirée-La Naville) près de Valenciennes, le grisou est récupéré, purifié et injecté dans le réseau public de distribution de gaz naturel. Grâce à ces installations une partie importante du méthane (gaz explosif et gaz à effet de serre) émis par la partie centrale de ce bassin houiller est récupérée et valorisée.
Cette récupération et valorisation a d'abord été faite par l'entreprise publique Méthamine créée par Charbonnages de France qui a ensuite créé Gazonor afin de vendre cet outil et entreprise au secteur privé (vendu 26 millions d'euros à European Gas Limited). Depuis le 1er mars 2007, Gazonor est l'unique exploitant des trois sites valorisant 12 térawatts-heure par an de gaz soit l'équivalent de la consommation d'une ville de 60 000 habitants. À lui seul, le site d'Avion valorise 8 térawatts-heure par an.
Un gisement potentiel de 100 milliards de m3 de gaz qui sommeillerait dans les mines désaffectées du bassin lorrain a fait l'objet d'une demande d'exploitation par le groupe australien European Gas Limited, même s'il reste une forte inquiétude pour l'étanchéité de la collecte[27] et d'éventuels risque de pollution de l'eau des nappes, ou de désordres dans le sous-sol (si la collecte se fait avec injection d'eau sous très haute-pression afin de fracturer les couches de charbon ou schistes comme aux États-Unis).
Le coup de grisou [modifier]
Le coup de grisou est une explosion accidentelle de gaz dans une mine. Cette explosion est liée à l'exploitation de la mine et est suivie d'un dégagement dit instantané de gaz (DI). Il s'agit d'un accident souvent mortel, parmi les plus redoutés des mineurs, en général aggravé par un effondrement des galeries et parfois par un « coup de poussière », si bien qu'il est souvent difficile de savoir après-coup si c'est le gaz ou la poussière qui a provoqué la catastrophe.
Son apparition est restée très mal comprise et donc difficile à prévenir jusqu'à la fin des années 1950. Trois études européennes aideront à mieux comprendre ce phénomène :
- En 1959, la CECA a financé un programme de recherche franco-belge porté par le Centre d'Études et Recherches des Charbonnages de France (CERCHAR) et par l'Institut National de l'Industrie charbonnière belge (INICHAR), pour le bassin houiller franco-belge profond qui connaissait de dangereux et fréquents dégagements instantanés de grisou[8]. En 1967, malgré 8 ans d'études, les experts de la CECA considéraient que le problème de la prévention n'était pas encore résolu.
- En 1961, la CECA encourage et finance une autre grande étude, sur la composition du grisou, la forme et le volume du gisement susceptible de dégazer, de débit de dégazage et la capacité d'adsorption/désorption[28]. On se dit en effet que la capacité (qui peut être étudiée en laboratoire[29]) d'un charbon à adsorber du CH4 dans certaines conditions de température, humidité, pression... peut être indicatrice de sa capacité à le relarguer dans les mêmes conditions[30] des différents types de charbon ; selon le contexte et selon leur degré de houillification[8]. Cette étude sera exécutée par le CERCHAR, l'INICHAR, et la section de recherches des Mines d’État hollandaises(Steinkohlenbergbauverein)[8].
- En 1964, une troisième étude concernera « l'origine du grisou particulièrement abondant dans les mines de la Sarre; le problème de la migration du grisou sur des distances plus ou moins grandes ; la possibilité de l'étude, par le calcul, de l'écoulement du grisou dans le massif et vers les chantiers ».
Prévention des coups de grisou [modifier]
Malgré des études scientifiques et le dépôt de brevets par exemple d'un « Système pour empêcher l'explosion du grisou dans les mines » en 1855[33]Le grisou a d'abord été géré très empiriquement[8]. Alors que les ordinateurs peinent encore à simuler les besoins d'aération des réseaux complexes et parfois fortement maillés[34] [35]de puits et galeries, dans les années 1960, et que les ingénieurs travaillent encore à la règle à calcul, on cherche de nouveaux moyens d'optimiser l'aération des mines. Ainsi, Patigny propose de calculer les réseau d'aération par l' analogie électriquePATIGNY J (1958), L'étude de la ventilation des mines par l'analogie électrique. Revue Universelle des Mines, novembre 1958. p. 381/416.), alors que le CERCHAR met au point un modèle physique dit « simulateur d'aérage »[36].
Aérage : Les premières mesure préventive consistent à suffisamment aérer les galeries, au moyen de techniques et de calculs de dynamique des fluides qui se perfectionnent avec le temps[37], plus complexes dans les mines profondes[38].
Controle de l'ignition : Il s'agit aussi d'éviter les flammes nues et les étincelles dans les zones à risque d'accumulation de gaz[39]. Les lampes de mineur à flamme protégées permettaient également de détecter le grisou : si l'air entrant par le tamis antidéflagrant était chargé de gaz, il se produisait une combustion visible (dite « auréole ») bleutée du grisou autour de la flamme normale, ce qui permettait d'apprécier la teneur en grisou de l'air. Paradoxalement, l'introduction de la lampe Davy a conduit à une augmentation des accidents dans les mines, en encourageant l'exploitation de mines ou de galeries qui avaient été fermés pour des raisons de sécurité.[40].
Le frottement du métal des pics à main et des marteaux-piqueurs sur les pyrites de fer présentes dans le massif de charbon ne produisent pas théoriquement d'étincelles assez chaudes pour enflammer le gaz (moins de 350 °C). Les lampes de mineur à flamme ont vite évolué vers une flamme protégée : l'air entre par un tamis spécial pour alimenter la flamme, l'atmosphère globale n'est pas en contact avec elle. C'est pour cette raison aussi que la mécanisation des mines s'est faite, au départ, en utilisant l'air comprimé. L'acheminement et l'utilisation de l'électricité dans les mines « grisouteuses » nécessitent des précautions particulières. Les moteurs électriques et autres générateurs d'étincelles électriques, tels que les contacteurs, doivent être enfermés dans des « enceintes ou coffrets antidéflagrants » qui empêchent la propagation vers l'atmosphère ambiante d'une éventuelle inflammation de l'atmosphère peut-être grisouteuse contenue dans l'enceinte antidéflagrante. Les joints anti-déflagrants n'étant pas toujours une protection parfaite[41].
Dégazage préventif du charbon et de failles : Les ingénieurs des mines apprennent aussi à limiter le risque de dégagements instantanés lors de traversées de couches[42], notamment en perçant préventivement des trous (ou « sondages ») de détente[43]. Des sondages dits sondages de détente cherchent à préventivement vider la zone à exploiter de son grisou [44] [45] [46]. Une quantité importante de gaz à effet de serre a ainsi été rejetée dans l'atmosphère.
Anticiper la crise de « dégagement grisouteux »: Les ingénieurs miniers cherchent à mieux la prévoir [47]. Ceci passe d'une part par la [48], et parallèlement par la recherche de « signes prémonitoires » d'un dégagement rapide ou instantané[49] et l'alerte de risque de dégagement (détection et enregistrement de vibrations anormales[50]) et l'alerte acoustique en temps réel de dégagement de grisou[51] ;
Détection du grisou, qui est incolore et pratiquement inodore. La légende prétendant qu'on emmenait jadis des oisillons dans des cages au fond des mines (ils succombaient en présence de gaz, avertissant les mineurs) est en grande partie erronée. En effet, le grisou n'est pas toxique, il peut remplacer l'oxygène de l'air (anoxie) si sa concentration est supérieure à 30 % auquel cas il est déjà trop tard. Les oiseaux sont en revanche très sensibles au monoxyde de carbone (autre ennemi invisible des mineurs), produit par l'oxydation des poussières de charbon et susceptible d'accompagner les dégazements de grisou. Ils réagissent la plupart du temps en gonflant leur plumage.
La recherche : En Europe, en 1957 la haute-autorité de la CECA a lancé, avec succès, un concours pour la mise au point ou le perfectionnement d'appareils de mesure (dosage du grisou ou du CH4 dans l'air) et d'appareils avertisseurs de CH4 et CO. Ces appareils, après quelques années de mise au point pour les rendre plus fiables, permettront dans les années 1960 de faire beaucoup progresser la sécurité et la gestion des risques, mais aussi la Recherche , par ailleurs fortement poussée par la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier, avec sa haute autorité, et notamment un Comité d'experts « Grisou et Aérage » [8]. Sous l'autorité de l'Europe naissante (préfigurée par la CECA), œuvraient au sujet de la prévention des explosions de grisou un « comité consultatif » et un « Organe permanent pour la sécurité dans les mines de houille » (présidé par la Haute-autorité de la CECA) en lien avec les membres de la « Commission internationale de la technique minière » et de la Commission de recherche « Charbon » de la Haute Autorité et les Écoles des mines[8]. De 1963 à 1967, la CECA a investi via la Haute Autorité, au titre de l'article 55, n°2c) du traité C.E.C.A. environ 83 millions de dollars (unités de compte AME), dont environ 23 millions ont été affectés à la recherche technique « Charbon » au sein de laquelle la recherche sur le grisou occupe une place importante [8]. On utilise maintenant des détecteurs appelés « grisoumètres » (voir plus haut).
D'autres caractéristiques physiques du grisou (indice de réfraction, absorption sélective dans l'infra-rouge, etc.) ont également été utilisées, en particulier pour réaliser des télégrisoumètres enregistreurs permettant de surveiller automatiquement de la surface, avec des alarmes automatiques, l'atmosphère grisouteuse en de nombreux points d'une mine.
Le mouillage et engorgement du charbon : il a été testé, avec une certaine efficacité, par fracturation hydraulique avec injection profonde d'eau (alors dite prétéléinfusion d'eau[52]) a aussi été testé, permettant de ralentir la désorption du gaz lors de l'exploitation, après une phase de faible dégazage provoqué par la fracturation [53]. Des tests d'affouillement hydrauliques sont par exemple faits au Siège Ste-Marguerite de la S.A. des Charbonnages du Centre[54]
Liste de coups de grisou [modifier]
| Date | Lieu | Pays | Nombre de victimes | Commentaire |
|---|---|---|---|---|
| 1514 | Barbeau, Liège, Principauté de Liège | 98 | ||
| 18 août 1708 | Fatfield (comté de Durham) | 69 | ||
| 1710 | Bensham (Northumberland) | 75 | ||
| 1727 | Lumley Park (comté de Durham) | 60 | ||
| 10 janvier 1812 | Horloz, Tilleur | 68 | ||
| 25 mai 1812 | Felling, Brandling Main (comté de Durham) | 92 | ||
| 2 juin 1815 | Newbottle, Succes Pit (comté de Durham) | 57 | ||
| 1819 | Wasmes | 91 | ||
| 23 octobre 1821 | Wallsend, A Pit (Nothumberland) | 52 | ||
| 3 novembre 1823 | Rainton, Plain Pit (comté de Durham) | 59 | ||
| mars 1829 | Puits Sainte-Barbe, Rive-de-Gier | 23 | ||
| 1835 | Wallsend (Tyneside) | 132 | ||
| 1839 | puits du Clapier, Saint-Étienne | ? | ||
| juillet 1840 | Puits de l'Ile d'Elbe, Rive-de-Gier | 31 | ||
| octobre 1842 | Puits Saint-Charles, Firminy | 15 | ||
| novembre 1842 | Puits Égarande, Rive-de-Gier | 10 | ||
| janvier 1847 | Puits de Méons, Saint-Étienne | 7 | ||
| octobre 1847 | Puits Fraisse, Unieux | 3 | ||
| 1856 | Puits Charles, Firminy | 14 | ||
| 19 février 1857 | Lundhill (Yorkshire) | 189 | ||
| 2 février 1858 | Bardsley, Diamond Pit (Lancashire) | 53 | ||
| 2 mars 1860 | Burrandon (Nothumberland) | 76 | ||
| 1er décembre 1860 | Risca (Monmouthshire) | 142 | ||
| juin 1861 | Puits de La Pompe, Saint-Étienne | 21 | ||
| mars 1861 | Puits du Bois d'Avaize, Saint-Étienne | 12 | ||
| 8 décembre 1862 | Edmunds Main (Yorkshire) | 59 | ||
| 12 décembre 1866 | Oaks (Yorkshire) | 361 | ||
| 13 décembre 1866 | Talk-o'-th'-Hill (Staffordshire) | 91 | ||
| 1867 | Zwickau, Fundgrube (Saxe) | 101 | ||
| 1867 | Zwickau, Burgerschachte (Saxe) | 269 | ||
| 8 novembre 1867 | Ferndale (Glamorganshire) | 178 | ||
| 12 décembre 1867 | Montceau-Les-Mines, puits Cinq-Sous (appelé par la suite Ste Eugénie) | 89 | ||
| août 1869 | Puits Monterrod, Firminy | 29 | ||
| 8 novembre 1871 | puits Jabin, Saint-Étienne | 72 | ||
| 13 mai 1873 | Westville | 60 | ||
| 14 avril 1874 | Astley Deep, Dukinfield (Cheshire) | 54 | ||
| 16 décembre 1875 | Agrappe, La Cour (Wallonie) | 112 | ||
| 16 décembre 1875 | Swaithe Main (Yorkshire) | 143 | ||
| 4 février 1876 | puits Jabin, Saint-Étienne | 186 | ||
| 3 juillet 1876 | Sainte-Fontaine (Lorraine) | 53 | ||
| 22 octobre 1877 | Blantyre, no 2 Pit (Lanarkshire) | 207 | ||
| 1er septembre 1879 | Puits du Magny (Haute-Saône) | 16 | ||
| 1880 | Seaham (Tyneside) | 164 | ||
| 14 janvier 1885 | Liévin | 28 | ||
| mars 1887 | Puits Châtelus I, Saint-Étienne | 79 | ||
| juillet 1889 | Puits Verpilleux no 1, Saint-Étienne | 207 | Catastrophe la plus meurtrière du bassin de la Loire. | |
| juillet 1889 | Puits Neuf, Saint-Étienne | 25 | ||
| 29 juillet 1890 | Société des Mines de Villeboeuf, puits Pelissier, Saint-Étienne | 113 | ||
| décembre 1891 | Puits de la Manufacture, Saint-Étienne | 60 | ||
| juillet 1899 | Société des Mines de Villeboeuf, puits Pélissier, Saint-Étienne | 48 | ||
| 10 mars 1906 | Catastrophe de Courrières | 1099 | La plus importante catastrophe minière d'Europe. | |
| 15 mars 1907 | Puits Vuillemin à Petite-Rosselle | 83 | ||
| 6 décembre 1907 | Monongah, Virginie-Occidentale | 956 | La plus importante catastrophe minière de l'histoire des États-Unis[55]. | |
| 21 décembre 1910 | Hulton, Pretoria Pit (Lancashire) | 344 | ||
| 1912 | Yubari (Hokkaido) | 283 | ||
| 8 août 1912 | Bochum-Gerthe, Lothringen 1/2 (Ruhr) | 114 | ||
| 3 septembre 1912 | fosse de La Clarence à Divion (Pas-de-Calais) | 79 | ||
| octobre 1924 | Puits Combes, Roche-la-Molière | 48 | ||
| 11 février 1925 | Dortmund | 130 | ||
| 1929 | Puits Saint-Charles à Petite-Rosselle (France) | 25 | ||
| octobre 1939 | puits de la Loire, Saint-Étienne | 39 | ||
| 10 janvier 1940 | mine no 1, à Bartley (Virginie-Occidentale)[56] | 91 | ||
| 21 janvier 1942 | Puits de la Chana, Villars | 68 | ||
| 25 avril 1942 | Honkeiko (Mandchourie) | 1549 | La catastrophe minière la plus meurtrière à ce jour. | |
| 20 février 1946 | Grimmberg 3/4 (Ruhr) | 405 | ||
| 10 janvier 1948 | Petite-Rosselle (Moselle) | 24 | ||
| 8 août 1956 | Marcinelle, Belgique | 262 | ||
| 1er novembre 1956 | Springhill | 38 | ||
| 21 novembre 1958 | Petite-Rosselle (Moselle) | 12 | ||
| 29 mai 1959 | Puits Sainte-Fontaine à Merlebach[57] | 26 | ||
| 19 avril 1963 | Wittenheim (Haut-Rhin) | 6 | ||
| 9 novembre 1963 | Mikawa, Miike, Omuta (Kyushu) | 458 | ||
| 24 novembre 1965 | Puits de la Tronquié à Carmaux (Tarn) | 12 | ||
| mai 1968 | Puits Charles, Roche-la-Molière | 6 | ||
| 4 février 1970 | Fouquières-lez-Lens | 16 | ||
| 27 décembre 1974 | Veine de « Six sillons » de la fosse 3 dite « Saint-Amé » à Liévin (France) | 42 | ||
| 1976 | Dans une Mine de charbon à Hamm, en Allemagne de l'Ouest | 3 | ||
| 25 février 1985 | Puits Simon à Forbach | 22 | ||
| 11 mars 2000 | Barakov-Louoansk | 80 | ||
| 10 avril 2004 | Mine Taïjina, région de Kemerovo (Sibérie) | 47 | ||
| 19 juillet 2004 | Mine de houille de Krasnolimanskaya (Donetsk)[58] | 25 | ||
| 20 octobre 2004 | Mine Daping à Dengfeng (Henan)[59] | 148 | ||
| 12 novembre 2004 | Mine de houille de Xinsheng (Lushan)[60] | 33 | ||
| 28 novembre 2004 | Mine de charbon de Chengjiashan (Shaanxi)[61] | 166 | ||
| 9 février 2005 | Mine Essaoulskaïa, à Novokouznetsk (Sibérie)[62] | 25 | ||
| 14 février 2005 | Mine Sujiawan à Fuxin (Liaoning)[63] | 210 | ||
| 19 mars 2005 | Mine Xishui à Kangjiaoyao, Shuozhou (Shanxi)[64] | 72 | ||
| 3 juillet 2005 | Mine du Shanxia | 19 | ||
| 19 mai 2005 | Mine Huanerhe près de Chengde (Hebei)[65] | 50 | ||
| 11 juillet 2005 | Mine Shenlong à Fukang (Xinjiang)[66] | 83 | ||
| 30 octobre 2005 | Mine Weijiadi à Baiyin (Gansu)[67] | 29 | ||
| 7 novembre 2005 | Mine du village de Liuguantun, Tangshan (Hebei)[68] | 91 | ||
| 27 novembre 2005 | Mine Dongfeng à Qitaihe (Heilongjiang)[69] | 171 | ||
| 4 février 2007 | Mine La Preciosa, dans le nord-est de la Colombie[70] | 32 | ||
| 19 mars 2007 | Mine Oulianovskaïa, à Novokouznetsk (Sibérie)[71] | 106 | ||
| 19 avril 2007 | Mine à Handan (Hebei)[72] | 17 | ||
| 30 avril 2007 | Mine illégale du village de Liujiacun, comté de Yuxian (Shanxi)[73] | 14 | ||
| 5 mai 2007 | Mine de Pudeng à Linfen, comté de Puxian (Shanxi)[74] | 28 | ||
| 23 mai 2007 | Mine Xinglong, comté de Luxian, ville de Luzhou (Sichuan)[75] | 13 | ||
| 24 mai 2007 | Mine Ioubileïnaïa, à Novokouznetsk (Sibérie)[76] | 38 | ||
| 4 juin 2007 | Mine de Niheling, comté de Jingle (Shanxi)[77] | 13 | ||
| 25 juin 2007 | Mine Komsomolskaïa à Vorkouta (Russie)[78] | 11 | ||
| 8 novembre 2007 | Mine de Qunli, province de Guizhou[79] | 32 | ||
| 18 novembre 2007 | Mine de Zasyadko (oblast de Donetsk) | 101 | ||
| 6 décembre 2007 | Mine au nord de la Chine | environ 100 | ||
| 22 février 2009 | Mine de Tunlan (Shanxi)[80] | 73 | ||
| 21 novembre 2009 | houillère de Hegang dans la province chinoise du Heilongjiang[81] | au moins 104 | ||
| 23 février 2010 | Mine d'Odakijy dans la province turque de Balikesir[82]. | |||
| 5 avril 2010 | Mine d'Upper Big Branch, dans l'état de Virginie[83] | 29 | ||
| 16 octobre 2010 | Mine de Yuzhou, dans la province de Henan[84],[85] | au moins 20 | ||
| 26 janvier 2011 | Mine La Preciosa à Sardinata[86] | 14 | ||
| 29 octobre 2011 | Mine Xialiuchong à Hengyang[87] | 29 | ||
| 10 novembre 2011 | Mine Shizong province du Hunan[88] | 34 | ||
| 29 mars 2013 | Mine Babao à Baishan[89] | 28 |
Dans les années 2000, c'est la Chine qui recense le plus d'accidents miniers, avec 80 % des décès mondiaux pour seulement 35 % de la production de charbon mondiale ; 6 000 personnes sont mortes dans les mines chinoises en 2004[90].
D'après un récent article de la Société de l'industrie minérale, paru pour le centenaire de la catastrophe de Courrières, au total, on pouvait estimer en mars 2005 à 42 614 le nombre de mineurs tués lors des différentes catastrophes (c'est-à-dire ayant fait plus de 50 victimes, inondations et incendies compris) qui se sont produites entre le XVIe et le XXIe siècle.
Notes et références [modifier]
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Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
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- Annexe IV: B. BRUYET- Études des variations de teneur en grisou dans l'aérage, dans le temps et en un point donné du retour d'air d'une taille.
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- Zola Émile , Germinal, 1884-1885.
Filmographie [modifier]
- La Tragédie de la mine (Kameradschaft), Georg Wilhelm Pabst, 1931
- Grisou de Maurice de Canonge d'après la pièce de Pierre Brasseur, 1938
Musique française [modifier]
- Pierre Bachelet - Les Corons
- Pierre Bachelet - Vingt ans