Kalimantan

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Kalimantan est la partie indonésienne de l'île de Bornéo, au centre ouest de la carte
Kalimantan dans Bornéo

Kalimantan est le nom de la partie indonésienne de l'île que les géographes occidentaux appellent Bornéo, terme issu de "Berunai" qui se retrouve dans le nom du sultanat de Brunei.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Kalimantan, qui constitue les quatre cinquième de Bornéo, est divisée en cinq provinces :

Population[modifier | modifier le code]

Il y a 5 000 ans, des habitants du littoral de la Chine du sud commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2 000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1 500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philippines en Nouvelle-Guinée et au delà, les îles du Pacifique. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.

Les habitants de Bornéo sont issus de ces migrations. On a tendance à les répartir deux grandes catégories : ceux qui peuplent le littoral et ceux qui habitent l'intérieur.

Dans les zones côtières, on trouve les Malais (orang Melayu), qui se distinguent eux-mêmes localement par de fortes particularités. Outre la langue malaise, les Malais se distinguent surtout par l'adhésion à l'islam. Cela dit, nombre de Malais descendent en fait de Dayaks islamisés, qui se sont ensuite mêlés à des immigrants d'autres îles de l'archipel comme Java, Sumatra ou Sulawesi. Cette identification à l'islam permet également à ces Malais de se différencier (et parfois de s'opposer) des Indonésiens d'origine chinoise, qui contrôlent une partie importante des activités économiques de la région.

À l'intérieur des terres, on trouve les peuples dayaks (constitués de plusieurs dizaines d'ethnies différentes) qui continuent à pratiquer jusqu'à nos jours les langues et les cultures d'origines de leurs ancêtres, malgré le développement récent de l'occidentalisation, se traduisant notamment par la conversion au christianisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Probablement habitée dès le Paléolithique inférieur, l'île possède l'un des gisements préhistoriques les plus importants de cette région.

En 2000, l'université de Leicester a lancé le "Niah Cave Project", destiné à permettre aux archéologues de réexaminer la stratigraphie du site archéologique le plus célèbre d'Asie du Sud-Est, les grottes de Niah dans les forêts cotières de Sarawak.

Dans les années 1950 et 1960 deux Anglais, Tom et Barbara Harrisson, y avaient mené des premières excavations. Parmi leurs découvertes se trouvait notamment un crâne humain que le radiocarbone a daté d'environ 40 000 ans. C'était la plus ancienne date de traces humaines à Bornéo, bien antérieure à l'arrivée des Austronésiens. Les Harrisson pensaient que le site avait été occupé sans interruption jusqu'à nos jours. Toutefois, leurs excavations n'avaient pas fait l'objet d'un inventaire systématique, et de grandes incertitudes demeuraient sur leurs résultats.

Les trois premières campagnes (septembre 2000, avril 2001 et avril 2002) apporteront des éléments importants pour la connaissance de l'histoire du peuplement de l'Asie du Sud-Est, en particulier sur la date de l'arrivée de l'homme moderne à Bornéo en route pour l'Australie.

Par ailleurs, plusieurs grottes ornées de peintures rupestres (empreintes de mains en négatif, bovidés, cerfs et quelques représentations anthropomorphiques) ont été découvertes dans l'est de Kalimantan ; ces peintures, datées approximativement de 20 000 ans avant l'ère chrétienne et présentant des analogies formelles avec l'art rupestre ancien des aborigènes d'Australie, pourraient modifier les théories jusqu'à présent admises sur la chronologie du peuplement de l'Asie du Sud-Est, en montrant que l'influence pré-austronésienne s'est étendue beaucoup plus à l'ouest qu'on ne pensait.

Quoi qu'il en soit, il y a 5 000 ans (3 000 avant Jésus Christ), des habitants du littoral de la Chine du sud commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2 000 avant J.-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. De nouvelles migrations commencent bientôt des Philippines vers Sulawesi et Timor et de là, les autres îles de l'archipel indonésien, dont Bornéo. Les Austronésiens sont sans doute les premiers grands navigateurs de l'histoire de l'humanité.

La période classique[modifier | modifier le code]

C'est à Bornéo qu'on a trouvé les plus anciennes inscriptions d'Indonésie connues à ce jour, dans la région de Kutai dans la province de Kalimantan oriental. Ecrites en alphabet pallava, elles figurent sur quatre poteaux sacrificiels de pierre (appelés yupa en sanscrit) qu'on a daté des environs de 400 après J.-C. Elles louent la générosité du roi Mulawarman, fils d'Aswawarman, envers les brahmanes. On n'a plus de trace dans cette région pour les 1 000 années qui suivent.

Les noms de Banjarmasin (Kalimantan du Sud) et Kutai sont attestés dès le XIVe siècle après J.-C. Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, les mentionne parmi les quelque cent « contrées tributaires » du royaume. En réalité, le territoire contrôlé par Majapahit ne s'étendait que sur une partie de l'est et du centre de Java. Les « contrées tributaires » étaient en fait des comptoirs formant un réseau commercial dont Majapahit était le centre. Majapahit y envoyait des dignitaires dont le rôle était de s'assurer que ces comptoirs ne s'adonnaient pas à un commerce privé qui échapperait au royaume.

Arrivée des Européens[modifier | modifier le code]

En 1606, la VOC (Vereenigde Oostindische Compagnie ou « Compagnie hollandaise des Indes orientales ») ouvre un comptoir à Banjarmasin. Dans les années 1620, le sultan Agung de Mataram à Java veut attaquer Banjarmasin et demande le soutien naval de la VOC, qui le lui refuse. Banjarmasin deviendra finalement vassal de Mataram mais s'en affranchira en 1659.

En 1733, une flotte de pirates Bugis attaque sans succès Banjarmasin. Le déclin de la VOC à la fin du XVIIIe siècle permet une renaissance des réseaux commerciaux asiatiques, musulmans et chinois, favorisant le développement de Banjarmasin.

En 1800, le gouvernement hollandais reprend les actifs de la VOC, déclarée en faillite. À partir de 1815, les Hollandais combat les "pirates malais" qui pillent notamment les côtes de Java. Ces campagnes servent de prétexte à attaquer les sultanats malais, dont Banjarmasin. Entre 1817 et 1821 le sultan de Banjarmasin doit céder des territoires aux Hollandais, qui commencent à y exploiter des mines de charbon en 1846.

Dans les années 1840, un aventurier anglais, James Brooke se met au service du sultan de Brunei dans le nord de Bornéo, objet d'attaques de pirates et de rébellions de populations de l'intérieur. Les Hollandais y voient une menace pour leurs propres visées expansionnistes à Bornéo. Ils signent des traités avec les différents États de la côte, dont le sultanat de Pontianak. Cet intérêt hollandais pour la région se heurte à la résistance des kongsi chinoises qui contrôlent les mines d'or de l'intérieur.

L'expansion de Pontianak, avec l'appui des Hollandais, est marquée par la prise de Sambas dans le nord aux Bugis et la destruction du royaume de Sukadana dans le sud. Pontianak est en concurrence avec l'État pirate de Sambas pour le contrôle des habitants de l'amont des fleuves et des entreprises chinoises (kongsi) qui exploitent les mines d'or et de diamants. Puis les Hollandais se retirent de Pontianak.

Langues[modifier | modifier le code]

Langues de Kalimantan (source : ethnologue.com)

Littérature[modifier | modifier le code]

Kalimantan est le pays de Joseph Conrad, dont de nombreux romans : La folie Almayer, Un paria des îles, Lord Jim et d'autres se passent sur cette partie de Bornéo.