Alerte cyclonique

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Les différents bassins et les centres responsables

Une alerte cyclonique est un dispositif de sécurité civile visant à protéger les personnes et les biens menacés par un cyclone tropical en les prévenant de l'imminence de l'irruption des phénomènes les plus violents puis en les informant sur la réalité de leur passage au-dessus des zones concernées. Ces bulletins permettent aux autorités civiles de prendre les mesures nécessaires dont l'évacuation des zones côtières, l'ouverture d'abris, la mise en alerte des services médicaux, etc. Chaque pays pouvant être affecté par de tels systèmes a développé son propre code pour les alertes cycloniques. Par exemple, dans les départements outre-mer de France, le niveau d'alerte est relié à un code de couleurs (orange et rouge) alors qu'en Amérique du Nord on a des veilles et des alertes météorologiques.

Zones des ouragans[modifier | modifier le code]

Trajectoire des ouragans de l'Atlantique (1980-2005)
Trajectoire des ouragans du Pacifique (1980-2005)

Dans les bassins de l'Atlantique Nord et du Pacifique Nord-ouest, le National Hurricane Center américain est chargé de suivre et de prévoir le déplacement des ouragans. Dans le Pacifique central nord, c'est le Central Pacific Hurricane Center qui prend le relais. Ces deux centres font partie des sept Centres météorologiques régionaux spécialisés de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) qui doivent s'occuper de la coordination des alertes cycloniques avec les autres pays du bassin. La terminologie utilisée par la plupart des pays des Antilles et de l'Amérique centrale ainsi que par le Canada sont fortement influencés par celles utilisées par ces deux centres des États-Unis[1].

Messages côtiers[modifier | modifier le code]

Tempête tropicale[modifier | modifier le code]

Avant la saison des ouragans de 1987, en cas de tempête tropicale, on utilisait des messages de type maritime, soit des veilles et alertes de vents de tempête. Depuis ce temps, des veilles de tempête tropicale sont émises lorsqu'un tel système, ayant des vents de 63 à 117 km/h, s'approchera des côtes au cours des 36 prochaines heures. Les étendards carré-rouge sont alors hissés dans les ports et sur la côte.

Une alerte de tempête tropicale est émise les météorologues prévoit que le système frappera dans moins de 24 heures. Les pavillons à deux carrés rouges sont alors hissés.

Ouragan[modifier | modifier le code]

Lorsque la tempête tropicale atteint le niveau d'ouragan, plus de 117 km/h. Ce sont des veilles et alertes d'ouragans qui sont émis avec les mêmes préavis. Les pavillons utilisés sont cette fois carré rouge avec un carré noir au centre. Les alertes d'ouragan vont demeurer en vigueur tant que les effets de l'onde de tempête et des fortes vagues associés avec le cyclone ne se sont pas dissipés.

On peut avoir en vigueur des bulletins pour tempête tropicale et pour ouragan en même temps. En effet, les vents de force d'ouragan s'étendent jusqu'à une certaine distance du centre de l'ouragan ce qui nécessite une alerte pour le secteur de la côte où que ces vents affecteront. Au-delà de cette zone, les vents diminuent à vents de tempête et c'est une alerte de ce type qui sera envoyé pour ces secteurs.

Messages aux populations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alerte météorologique.

Chaque pays des bassins atlantiques et pacifiques émet ses propres bulletins d'alertes météorologiques :

  • Aux États-Unis, des bulletins spéciaux de veille et d'alerte aux tempêtes tropicales et ouragans sont émis et diffusés. Ces derniers parlent non seulement des vents mais également des quantités de pluie prévues, de la menace d'inondations et de la hauteur de l'onde de tempête. De plus, des bulletins sont émis spécifiquement pour les zones où des tornades sont prévues[1] ;
  • Au Canada, on utilise le même système de veilles et d'alertes que dans le cas des dépressions extratropicales en plus de messages séparés pour l'onde de tempête[2]. Cependant, lors du passage de l'ouragan Juan en 2003 dans les provinces maritimes, même si des messages d'avertissements ont été envoyés, la population n'a pas été suffisamment sensibilisée au danger. Il a été décidé depuis la saison cyclonique 2004, d'émettre en plus des veilles/alertes de tempête tropicale et d'ouragan pour les régions côtières[2] ;
  • À Cuba, les bulletins météorologiques sont émis par provinces et non zones menacées. De plus, les veilles et alertes sont émises sans distinction pour les zones maritimes et intérieures.
  • À la Martinique et la Guadeloupe, les autorités françaises utilisent des niveaux d'alertes ainsi[3] :
    • Alerte 1 : tempête ou ouragan possible dans moins de 36 heures ;
    • Alerte 2 : début des conditions cycloniques sur le territoire dans 4 à 6 heures. La population doit rejoindre les habitations et les abris ;
    • Alerte 3 : amélioration des conditions permettant l'organisation des secours ;
    • Fin d'alerte.

Zone des typhons[modifier | modifier le code]

Trajectoire des typhons du Pacifique nord-ouest (1980-2005)

Dans l’océan Pacifique nord-est, c’est la service météorologique japonais qui est chargé par l’OMM de suivre les typhons. Le service philippin s’occupe de la sous-région qui l’entoure. Cependant tous les pays riverains émettent leurs propres bulletins aux populations.

  • Le Hong Kong Observatory et le service météorologique de Macao émettent des bulletins donnant la menace cyclonique selon une échelle de 1 à 10[4] ;
  • En République populaire de Chine, l’agence météorologique chinoise utilise un système à deux niveaux pour les zones côtières : avertissement pour les zones où les fortes pluies et des vents de force 8 de l’échelle de Beaufort sont prévus dans 48 heures et alerte urgente lorsque le tout est prévus dans moins de 24 heures. La fin de l’alerte n’est émise que lorsque les effets de l’onde de tempête s’estompent. Un code de couleurs est utilisé pour les alertes aux populations à l’intérieur des terres :
    • Alerte bleue : vents de force 6 dans l’échelle de Beaufort dans 24 heures ou de force 6 à 7 soufflant actuellement ;
    • Alerte jaune : vents de force 8 dans l’échelle de Beaufort dans 24 heures ou de force 8 à 9 soufflant actuellement ;
    • Alerte orange : vents de force 10 dans l’échelle de Beaufort dans 24 heures ou de force 10 à 11 soufflant actuellement ;
    • Alerte rouge : vents de force 12 dans l’échelle de Beaufort dans 6 heures ou de force 12 soufflant actuellement ;
    • La province de Guangdong utilise également le niveau Alerte blanche pour alerter qu’un cyclone tropical est prévu dans 48 heures.

Océan Indien et Pacifique sud[modifier | modifier le code]

Trajectoire des cyclones de l'Océan Indien nord (1980-2005)
Trajectoire des cyclones de l'Océan Indien sud-ouest (1980-2005)
Trajectoire des cyclones de l'Océan Indien sud-est(1980-2005)
Trajectoire des cyclones du Pacifique sud (1980-2005)

Départements français[modifier | modifier le code]

La Réunion et Mayotte[modifier | modifier le code]

De par sa situation géographique, l'île de la Réunion est amenée à voir passer des perturbations climatiques tropicales et notamment des cyclones tropicaux. Dans un but préventif de mise en garde contre le péril cyclonique, les autorités françaises et Météo-France ont créé un système d'alerte cyclonique décomposé en trois niveaux[3],[5].

  • Préalerte cyclonique : La préalerte cyclonique est déclenchée à partir du moment où un phénomène climatique tropical évolue sur les Mascareignes et constitue une menace pour La Réunion dans les jours à venir.
  • Alerte orange : La perturbation s'est rapprochée des côtes et il y a un danger dans les 24 heures à venir. On commence à en ressentir les effets de l'augmentation du vent et de la houle. Les établissements scolaires sont fermés.
  • Alerte rouge : Le danger cyclonique est imminent. Le passage en alerte rouge est précédé d'un préavis de 3 heures. À l'issue de ce préavis, un couvre-feu total est mis en place avec interdiction de sortir de chez soi et de circuler sous peine de lourdes contraventions, et ce même pendant le passage de l'œil du cyclone, alors que l'on observe une relative accalmie. Seuls les services publics d'urgences ont une dérogation. Les compteurs électriques doivent être coupés, les arrivées ou bouteilles de gaz doivent être fermées et il faut écouter la radio pour se tenir informé de l'avancée de l'alerte.
  • Fin de la menace cyclonique/Phase de sauvegarde : Le danger cyclonique est écarté, la vie sur l'île retourne à la normale. Dans le cas où le cyclone a frôlé ou touché l'île :
    • L'eau du robinet n'est plus potable et les habitants doivent consommer de l'eau de source en bouteille jusqu'à ce que les autorités sanitaires aient confirmé un retour à la normale.
    • En aucun cas il ne faut toucher des fils tombés à terre, qu'ils soient électriques ou téléphoniques.
    • Les victimes, dégâts et besoins doivent être déclarés à la mairie.
    • Il peut être imprudent d'aller sur les côtes ou sur le bord des rivières en crue ou des ravines. Il est interdit de traverser ces dernières.

Autres départements[modifier | modifier le code]

Dans les autres départements d'outre-mer, les actions sont similaires mais les termes pour les alertes varient un peu :

  • En Polynésie française on parle de phases[3] :
    • Phase 1 : Mise en garde, il n'y a aucune menace avant 48 heures ;
    • Phase 2 : Préalerte, le phénomène tropical peut concerner l'île entre 48 heures et 18 heures ;
    • Phase 3 : il y a une forte probabilité pour qu'une île soit touchée dans moins de 18 heures par une tempête ou un cyclone.
    • Phase 4 : la fin d'alerte est annoncée.
  • Nouvelle-Calédonie et dépendances on parle de[3] :
    • Préalerte (alerte jaune) : dépression tropicale forte ou cyclone signalé dans la zone d'avertissement météorologique du Territoire.
    • Alerte orange : menace pour les prochaines 18 heures.
    • Alerte rouge : le phénomène touchera le Territoire dans les 6 prochaines heures.
  • Wallis-et-Futuna[3] :
    • Préalerte (ou alerte blanche) : sensibilisation des autorités.
    • Alerte 1 (ou alerte jaune) : menace possible au cours des prochaines 36 heures.
    • Alerte 2 (ou alerte rouge) : menace au cours des prochaines heures.
    • Avis de fin d'alerte

Préparatifs[modifier | modifier le code]

Quels que soient les pays et les codes pour les veilles ou alertes, on peut suivre les conseils généraux suivants[5],[6] :

  • Lors des messages de veilles ou de vigilance au-delà de 36 heures : l'économie continue normalement mais les sorties en mer et longues randonnées sont formellement déconseillées. La sécurisation des demeures ainsi que la procuration de nourriture est à débuter.
  • Lorsque les bulletins prévoient l'arrivée dans moins de 24 heures :
    • Les établissements scolaires ferment leurs portes ;
    • En prévention, les particuliers sont appelés à faire des stocks de produits de première nécessité (eau, huile, riz, conserves, piles électriques, bougies).
    • Il est conseillé de doubler les amarres des navires ;
    • Les produits dangereux (bidon d'essence par exemple) doivent être stockés dans des endroits sûrs ;
    • L'isolation des habitations est renforcée et les fenêtres sont consolidées ;
    • Les habitants ne doivent pas s'éloigner trop longtemps de leurs habitations et ils se doivent de rester informés pour suivre l'évolution du phénomène cyclonique.
  • Lorsque l'arrivée est prévue à moins de 12 heures :
    • les établissements publics et privés ferment ;
    • Les objets pouvant s'envoler doivent être rentrés ou solidement arrimés au sol ;
    • L'évacuation des côtes est obligatoire.

Il est suggéré également[7] :

  • d'avoir sous la main une trousse d'urgence ;
  • de prévoir un endroit sûr où aller en cas d'évacuation ou de panne prolongée de tout service public.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) National Hurricane Center, « Hurricane basics », National Weather Service (consulté le 2008-03-12)
  2. a et b (fr) Service météorologique du Canada, « Vielles, avertissements et bulletins spéciaux », Environnement Canada,‎ 14 novembre 2006 (consulté le 2008-03-12)
  3. a, b, c, d et e Bureau de la Réunion, « Alertes cycloniques : Un cyclone approche (onglet Suivi cyclonique/Guide) », Météo-France (consulté le 1er janvier 2013)
  4. (en) « Review of the Tropical Cyclone Warning System in 2006 and New Measures in 2007 », Hong Kong Observatory (consulté le 2008-03-12)[PDF]
  5. a et b « Historique des cyclones à la Réunion : Le système d'alerte cyclonique à la Réunion », futura-sciences (consulté le 2008-03-12)
  6. (en) « Hatural hazards : section 2.3 Hurricane », FEMA (consulté le 2008-03-12)
  7. (fr) Peter Bowyer, « Que faire en cas de veille ou d'avertissement d'ouragan », Centre canadien de prévision d'ouragan,‎ 26 août 2006 (consulté le 2008-03-12)