Sensibilité électromagnétique

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La sensibilité électromagnétique (ou électro-sensibilité, ou électro-hypersensibilité ou HSEM ou EHS ou Syndrome EHS ou Syndrome d'intolérance aux champs électro-magnétiques ou SICEM) est une maladie dans laquelle une personne déclare souffrir de symptômes qui, selon elle, sont causés et aggravés par des champs ou des ondes électromagnétiques.

Les symptômes décrits sont reconnus comme réels, par l'OMS notamment, sans toutefois qu'un lien de causalité avec l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques ne soit établi[1]. Les effets thermiques des champs électromagnétiques sur le corps, et les seuils au-delà desquels ils sont censés se manifester, sont connus (ces limites sont ainsi prises en compte dans la définition des normes d'exposition du public). Mais les personnes qui déclarent souffrir d'hypersensibilité électromagnétique affirment réagir à des intensités bien inférieures aux limites. La quasi-totalité[2] des essais cliniques réalisés en double aveugle, où les patients sont exposés à des champs tantôt réels, tantôt factices, ont démontré que les personnes se jugeant hypersensibles étaient incapables de distinguer une exposition aux champs électromagnétiques réels d'une exposition simulée[3],[4].

Pour l'OMS « il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu'à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l'exposition aux CEM elle-même[5]. »

Dans les cas les plus sévères, les personnes sont tellement affectées qu'elles s'isolent, quittent leur travail et changent leur mode de vie, alors que d'autres personnes rapportent des symptômes moins sévères qui entraînent un évitement de certaines sources de champs électromagnétiques[5].

Description[modifier | modifier le code]

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes rapportés sont divers, ce qui signifie qu'ils peuvent s'apparenter à d'autres troubles ou maladies.

Selon l’OMS, l’hypersensibilité électromagnétique « est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l'exposition aux champs électro-magnétiques. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des symptômes dermatologiques (rougeurs, picotements et sensations de brûlure), des symptômes neurasthéniques et végétatifs (fatigue, lassitude, difficultés de concentration, étourdissements, nausées, palpitations cardiaques et troubles digestifs). Cet ensemble de symptômes ne fait partie d'aucun syndrome reconnu par l'OMS mais caractérise un tableau clinique sur lequel de plus en plus de médecins s'accordent[5]. »

Plusieurs auteurs ont analysé les symptômes décrits par des électrosensibles. Dans l’étude de Hillert et al. (2002)[6], le symptôme le plus fréquemment cité est la fatigue, suivie de problèmes dermatologiques au visage, de sensations de lourdeur dans la tête, d'irritation des yeux, de nez bouché ou encombré, de maux de tête, de difficultés de concentration. Röösli et al. (2004)[7], quant à eux, décrivent en ordre décroissant des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité/angoisse, de la fatigue, des difficultés de concentration, des acouphènes, des vertiges, des douleurs dans les membres… Ces auteurs n'observent pas de différences entre les symptômes cités par les hommes et les femmes. Les résultats de Schüz et al. (2006) rejoignent les résultats précédents : le symptôme cité le plus fréquemment est la fatigue, suivie de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, de lassitude, de mauvaise humeur, d'inconscience, de maux de tête[8].

Pour les personnes se jugeant électrosensibles, les symptômes passagers peuvent évoluer vers la chronicité et présenter des conséquences diverses[9],[10] :

  • souffrances physiques (impression de décharges électriques dans le corps, de fourmillements, oreilles qui chauffent, sensation cuisante dans la zone temporale ou occipitale, sensation de « pression dans le crâne », nausées, gorge « serrée », maux de tête…) et psychologiques (anxiété, état dépressif) ;
  • fatigue, perte d'appétit, insomnie, douleurs musculaires, malaises ;
  • troubles digestifs, dérèglement hormonal, baisse de l'immunité (état grippal) ;
  • rougeurs, gonflement de la peau, démangeaisons, irritation oculaire, sécheresse de la partie supérieure de la trachée ;
  • dyspnées, angine de poitrine, troubles du rythme cardiaque, problèmes vasculaires (hypertension, sensations de froid ou de bouffée de chaleur), épistaxis ;
  • dystonie musculaire (contractions involontaires), craquements articulaires, fragilisation des sutures (fracture de fatigue), sensation de "crispation" au niveau mastoïdien ou maxillo-mandibulaire, bruxisme ;
  • sensibilité aux odeurs, troubles visuels, baisse auditive (acouphènes) ;
  • maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l'attention et de la mémorisation à court terme, aboulie ;
  • perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité ;

avec pour conséquences :

  • comportement d'évitement suite à la mise en cause d'une source ondulatoire, organisation de la vie du patient autour de ce problème ;
  • déménagements au profit de zones non exposées aux influences de téléphones portables et lignes de distribution de courant électrique.

La présence d'éléments métalliques en contact régulier avec le corps est perçue comme pouvant favoriser la manifestation de ces signes  : amalgames dentaires, monture de lunettes, boucles d'oreilles, boucles d’induction des prothèses auditives, stimulateurs cardiaquesetc.
L'incompréhension de l'entourage professionnel ou familial et la non reconnaissance du monde médical peuvent parfois aggraver l'isolement du sujet affirmant une intolérance aux champs électromagnétiques. Plusieurs auteurs parlent d'un cercle vicieux où symptômes, associations de ces derniers à une (des) source(s) suspectée(s) et anxiété liée à l'évitement se succèdent, s'amplifient et s’auto-entretiennent.

Prévalence[modifier | modifier le code]

Les estimations de prévalence de l’électro-sensibilité dans la population varient, de quelques individus par million, à des taux bien plus élevés. Pour l'OMS, environ 10 % des cas signalés d’électro-sensibilité ont été considérés comme graves[5].

Une étude européenne décrivait davantage de cas en Suède, au Danemark et en Allemagne et moins de cas en France, en Autriche et au Royaume-Uni (gradient Nord-Sud)[11]. Dans cette même étude, les sources d'exposition étaient intérieures (ex. : écrans d'ordinateur) dans les pays scandinaves et extérieures (ex. : lignes à haute tension et antenne GSM) dans d'autres régions.

Sur simples sondages, les proportions de personnes électrosensibles varient de quelques personnes par million à 8 % des personnes interrogées :

  • 3,2 % de personnes électrosensibles parmi les personnes interrogées par Levallois et al. (2002)[12] en Californie ;
  • 1,5 % des répondants se disent électrosensibles dans l'étude de Hillert et al. (2002)[6] en Suède ;
  • 6 % de la population allemande se dit électrosensible dans l'étude de Schroeder (2002)[13] ;
  • 4,2 % des femmes et 1,7 % des hommes dans la population étudiée sont « electromagnetic sensible » dans l'étude de Leitgeb & Schröttner (2003)[14]. Cette sensibilité est définie à partir d'un seuil de perception du courant ;
  • 3,5 % des répondants se disent électrosensibles dans l'étude de Schrottner & Leitgeb (2008)[15] en Autriche ;
  • 2,7 % de la population étudiée (en Suisse) par Schreier et al. (2006) rapportent des effets négatifs sur la santé attribués aux champs électriques et magnétiques ; 2,2 % rapportent avoir subi de tels effets dans le passé ;
  • dans l'enquête de la Commission Européenne (Bergqvist et al. 1997[11]), les questionnaires ont été envoyés dans 138 centres de médecine du travail et 15 groupes d'entraide (taux de réponse de respectivement 49 et 67 %). La fréquence varie de quelques personnes par million (en Angleterre, Italie et France, selon les médecins du travail) à quelques dixièmes de pourcentage (au Danemark, en Irlande et Suède, selon les groupes d'entraide).

Mécanismes[modifier | modifier le code]

En raison des déclarations de personnes déclarant être électrosensibles, des études étiologiques ont été menées pour rechercher les causes de cette maladie. En particulier, des études en double aveugle ont été réalisées et ont montré que les champs électromagnétiques n'étaient pas à l’origine des symptômes constatés. Des fausses expositions à un champ électromagnétique ont été suffisantes pour déclencher des symptômes graves chez ces participants[16]. Certains ont contesté ces études parce qu'elles ne prenaient pas bien en compte le délai qui peut exister entre l'exposition du sujet à la source et l'apparition/disparition des symptômes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu'il n'existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de l'hypersensibilité électromagnétique à une exposition aux champs électromagnétiques[5]. Il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu'à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l'exposition aux CEM elle-même[5].

Résultats des études scientifiques[modifier | modifier le code]

En 2005, une étude « exhaustive » de la littérature scientifique menée par l'équipe d'un chercheur en psychiatrie anglais a analysé les résultats de trente et une expériences qui testaient si les champs électromagnétiques causaient l’électrosensibilité. Chaque expérience exposait en laboratoire des personnes qui se déclaraient atteintes d’électrosensibilité à des champs électriques ou magnétiques, fictifs ou réels, à de multiples fréquences, dans des études en double aveugle (le sujet et l’agent expérimentateur à ses côtés ne savent pas si le champ est fictif ou réel. Le sujet doit déterminer s'il a été exposé (détection du champ) et rapporter d'éventuels symptômes, il est parfois soumis également à différents tests de mémoire et d'attention.)[3]. Sur les trente et une études, vingt-quatre ne trouvaient aucune association entre exposition et symptômes ; sept en trouvaient mais, sur ces sept études positives, deux n'ont pas pu être reproduites même par leur auteurs initiaux, trois ont des biais méthodologiques importants, et les deux derniers présentaient des résultats contradictoires.

La conclusion des auteurs étaient que :

« Les symptômes décrits par les personnes souffrant d'« électro-hypersensibilité » peuvent être sévères et parfois handicapants. Cependant, il s’est avéré difficile de montrer dans des études en aveugle que l’exposition à des champs magnétiques pouvaient déclencher ces symptômes. Ceci suggère que l’électro-hypersensibilité serait sans rapport avec la présence de champs électromagnétiques, bien que des recherches supplémentaires sur ce phénomène soient nécessaires[17]. »

D'autres études montrant que les personnes qui se déclarent atteintes de sensibilité électromagnétique sont incapables de détecter la présence de champs électromagnétiques et la probabilité qu’elles ressentent des symptômes de maladie est la même en présence d’une exposition fictive ou d’une exposition réelle[18],[19],[20].

Si ces conclusions ont fait l'objet de critiques, c'est en dehors du cadre scientifique, sans le contrôle de comités de lecture[21],[22].

Un rapport de 2005 de l’Agence de protection sanitaire (en) du Royaume-Uni concluait que l’électrosensibilité devait être prise en considération par d’autres voies que son étiologie : les souffrances sont réelles, même si les causes de ces souffrances ne sont pas définies[23]. Selon le groupe d'experts de la Commission européenne (Bergqvist et al. 1997[11]) et le groupe de travail de l’OMS[5], le terme « électrosensibilité » n'implique pas une relation entre les champs électromagnétiques et des symptômes sanitaires.

Rapport Bioinitiative[modifier | modifier le code]

Un rapport de 600 pages, le rapport Bioinitiative[24] publié en 2007 passe en revue plus de 1 500 publications internationales qui prétendent apporter des preuves scientifiques concernant les effets sanitaires (stress cellulaire, génotoxicité, risques de tumeurs au cerveau ou de leucémies) des champs électromagnétiques ; il estime que les normes sont inadaptées et définit des valeurs-seuil qui protégeraient mieux la santé.

Toutefois, l’analyse faite par diverses institutions sur ce rapport (réseau EMF-Net, dont fait notamment partie la Federation of French Electrical Electronic & Communication Industries[25], programme européen de recherche et de développement technologique, le Danish National Board of Health, l’Office fédéral allemand de radioprotection, le Conseil de Santé des Pays-Bas) en réfute la qualité. Le rapport d’octobre 2009 de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset)[26] en analyse ainsi le contenu : « les différents chapitres du rapport sont de rédaction et de qualité inégales. Certains articles ne présentent pas les données scientifiques disponibles de manière équilibrée, n’analysent pas la qualité des articles cités ou reflètent les opinions ou convictions personnelles de leurs auteurs (…), il revêt des conflits d’intérêts dans plusieurs chapitres, ne correspond pas à une expertise collective et est écrit sur un registre militant. » Ce rapport Bioinitiative très médiatisé est à l’origine de quelques décisions judiciaires récentes, contre lesquelles l’Académie de médecine française s'est insurgée en mars 2009[27],[2].

La Bioelectromagnetics Society n’approuve pas non plus cette étude. Pourtant, les membres organisateurs et trois des signataires de ce rapport en sont membres[28]. Selon elle, « des recherches par des spécialistes de physique théorique suggèrent que l’exposition [à des champs de radiofréquence non-thermiques] ne provoquera rien d’autre sur les être vivants, que, s'ils sont suffisamment puissants, une élévation locale de la température. Mais les physiciens ne savent pas tout, aussi on se tourne vers les biologistes et on s'aperçoit que les bases de données ne contiennent aucune démonstration scientifiquement reproductible d’un effet néfaste sur la santé après 50 ou 60 ans de recherche scientifique[29]. » Jean-Paul Krivine, rédacteur-en-chef de la revue Science et pseudo-sciences (revue éditée par l'Association française pour l'information scientifique) dénonce aussi l'apparence de sérieux scientifique et le conflit d'intérêt d'une des coauteurs, Cindy Sage, propriétaire d'un cabinet homonyme proposant « des solutions pour « caractériser ou atténuer » les impacts des champs électromagnétiques[30]. »

L'Agence européenne pour l'environnement a contribué au rapport Bioinitiative[31] avec un chapitre tiré de l'étude de l'agence : « Signaux précoces et leçons tardives : le principe de précaution 1896–2000[32] » publié en 2002.

ARTAC[modifier | modifier le code]

Le professeur d'oncologie Dominique Belpomme (président de ARTAC, Association Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, association militante environnementale) qui a ouvert une consultation destinée aux patients atteints du syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques, aurait mis au point une méthode de diagnostic par l'intermédiaire d'analyses sanguines et urinaires ainsi que d'un scanner cérébral (échodoppler pulsé centimétrique)[33].

Type d'analyse Marqueur biologique  % Interprétation
sanguine vitamine D diminuée 71,9 % anomalies métaboliques ?
sanguine HSP27 et/ou HSP70 augmentés 45,0 % stress cellulaire
sanguine anticorps anti-O-myéline augmentés 27,5 % stress cellulaire
urinaire mélatonine urinaire diminuée 33,3 % diminution de synthèse
sanguine S100B augmentée 13,9 % souffrance cérébrale
sanguine histaminémie augmentée 35,8 % inflammation (mastocytes)
sanguine anticorps IgE augmentés 22,5 % allergie humorale

L’échodoppler pulsé centimétrique — ou tomosphygmographie cérébrale ultrasonore (TSCU) — est une technique d’exploration fonctionnelle cérébrale non invasive, mobile, qui consiste à détecter le pouls cérébral au moyen d’une sonde à ultrasons émettrice-réceptrice fonctionnant en régime pulsé à 2 MHz, placée en position supra-auriculaire et perpendiculairement au plan sagittal du crâne. Diverses pathologies peuvent être mises en évidence grâce à cette technique peu spécifique mais très sensible. Ainsi, selon le contexte clinique et le territoire concerné, une hypopulsatilité permettra le diagnostic précoce d’un accident vasculaire cérébral, mettra en évidence une insuffisance vertébro-basilaire, une migraine ou une tumeur cérébrale. Les maladies neurodégénératives telles l’Alzheimer ont également un profil caractéristique d’hypopulsatilité prédominant à droite[33].

En 2007, l'ARTAC affirme dans un document, réédité en 2010, que « contrairement à ce que certains médecins ou scientifiques, en étroite relation avec les opérateurs téléphoniques affirment sans preuve, il ne s’agit pas de simulateurs ou de malades psychiatriques. » L'ARTAC a en effet trouvé des anomalies dans des analyses sanguines et les scanners cérébraux effectuées sur les personnes intolérantes aux ondes[34]. Cependant cela de démontre pas qu'il existe un lien de cause à effet, mais simplement que les personnes affirmant souffrir de sensibilité électromagnétique présentent les anomalies présentées dans ce document.

Sources incriminées[modifier | modifier le code]

Mats et antennes GSM.

Les sources incriminées sont nombreuses dans les sociétés modernes. Le rapport Bioinitiative[24] cite les moniteurs d'ordinateur, les antennes-relais de la téléphonie mobile et téléphones mobiles eux-mêmes, le WiMAX , les lignes à haute tension, les transformateurs électriques, la technologie CPL, les néons, ou encore les téléphones DECT.

Une étude par questionnaire de Röösli et al. (2004)[7] a analysé les causes suspectées par les personnes touchées par les symptômes.

Dans l'étude de Röösli et al. (2004), les causes suspectées citées par les 167 électrosensibles interrogés étaient, par ordre décroissant : les antennes de téléphonie mobile, suivies des GSM, des téléphones sans fil (type DECT), des lignes à haute tension, des transmetteurs de radiodiffusion, des écrans d'ordinateur, des lignes de train/tram, des transformateurs, des écrans de TV, des appareils électriques et de l'éclairage.

Il n'existe pas de réelle spécificité des symptômes en fonction de la source. Schreier et al. (2006)[35] notent que des inquiétudes sont plus souvent exprimées à l'égard des antennes de téléphonie mobile et des lignes à haute tension par rapport au GSM, appareils électriques et téléphone sans fil. Des résultats similaires ont été obtenus dans une autre étude (Siegrist et al. 2005[36]) et en Autriche (Hutter et al. 2004[réf. souhaitée]).

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

La première étape consiste par un diagnostic différentiel à vérifier l'absence d'autre pathologie médicale connue pouvant expliquer les symptômes. À partir de l'identification des conditions médicales, psychosociales et environnementales de la personne électrosensible, une prise en charge individualisée, multidisciplinaire et globale est recommandée.

Psychothérapeutique[modifier | modifier le code]

Le choix d'une thérapie doit se baser sur la présentation clinique, ainsi que sur la réponse au traitement. De nombreuses techniques thérapeutiques ont fait l'objet de publications et parmi celles-ci, les thérapies cognitivo-comportementales s'avèrent relativement efficaces (Rubin et al., 2006[37] ; Irvine, 2005[38] ; Hillert et al., 2002[6]).

Hillert et al. (2002)[6] indiquent que le pronostic est meilleur lorsque la prise en charge est réalisée précocement et lorsque les symptômes sont associés au travail sur écran de visualisation. Une rémission spontanée est observée dans un certain nombre de cas[réf. souhaitée].

Modification de l'environnement[modifier | modifier le code]

Röösli et al. (2004) ont analysé les moyens mis en œuvre spontanément par les patients pour éviter les symptômes[7]. Réduire l'exposition est souvent considéré comme un moyen momentanément ou partiellement efficace dans l'amélioration de la symptomatologie par les personnes qui s'en plaignent. Mais la réduction de l'exposition semble entraîner la personne électrosensible dans une spirale d'évitements et d'aménagements qui ont des conséquences parfois importantes en termes de coûts, d'isolement social et professionnel et de qualité de vie.

Médicamenteux[modifier | modifier le code]

L'oncologue Dominique Belpomme, qui suit en France plusieurs centaines de personnes dont l'électro-hypersensibilité a été, selon lui, corrélée à des marqueurs spécifiques, a mis en place un traitement qui consiste à administrer des antagonistes pour le récepteur H1 (afin de fermer la barrière hématoencéphalique)[réf. nécessaire], des tonifiants du système nerveux (régénération des astrocytes)[réf. nécessaire] et un restaurateur vasculaire[39][réf. insuffisante].

Recherche[modifier | modifier le code]

Des recherches sont encore nécessaires, pour mieux comprendre les causes et d'autres aspects de la symptomatologie, et pour tester l'efficacité des méthodes thérapeutiques destinées à aider les personnes se plaignant d'électrosensibilité.

L'hypothèse selon laquelle les électrosensibles auraient une plus grande réactivité du système nerveux central (Wang et al. 1994[40] ; Sandström, 1997 ; Lyskov et al. 2001[41]) est également à suivre. Il s'agirait d'une prédisposition physiologique qui entraînerait une sensibilité plus grande aux facteurs environnementaux de stress.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Depuis 2005, aucun auteur n’a contesté la réalité du vécu des personnes qui attribuent leurs problèmes de santé à une exposition à des ondes radiofréquences. Mais, aucun n’a apporté la preuve d’une relation de causalité entre cette exposition et l’électrohypersensibilité (Expertise collective 2009 de l’AFSSET sur les radiofréquences, page 308).
  2. a et b André Aurengo, « Réduire l’exposition aux ondes des antennes-relais n’est pas justifié scientifiquement », Bull Acad Natle Méd., vol. 193, no 9,‎ 2009, p. 2127-2130 (lire en ligne)
  3. a et b (en) James Rubin, J. Das Munshi et Simon Wessely, « Electromagnetic hypersensitivity: a systematic review of provocation studies », Psychosom Med, vol. 67, no 2,‎ mars et avril 2005, p. 224-32 (PMID 15784787)
  4. (en) M. Röösli, « Radiofrequency electromagnetic field exposure and non-specific symptoms of ill health: a systematic review », Environ Res, vol. 107, no 2,‎ juin 2008, p. 277–87 (PMID 18359015, DOI 10.1016/j.envres.2008.02.003)
  5. a, b, c, d, e, f et g Champs électromagnétiques et santé publique, OMS, décembre 2005
  6. a, b, c et d (en) Hillert L, Berglind N, Arnetz BB, Bellander T. (2002) « Prevalence of self-reported hypersensitivity to electric or magnetic fields in a population-based questionnaire survey » Scand J Work Environ Health 28(1):33-41. PMID 11871850 DOI:10.5271/sjweh.644
  7. a, b et c (en) Röösli M, Moser M, Baldinini Y, Meier M. & Braun-Fahrländer C. (2004) « Symptoms of ill health ascribed to electromagnetic field exposure - a questionnaire survey » Int J Hyg Environ Health. 207:141-150. PMID 15031956
  8. (en) Joachim Schüz, Rune Jacobsen, Jørgen H. Olsen, John D. Boice, Joseph K. McLaughlin, Christoffer Johansen, « Cellular Telephone Use and Cancer Risk: Update of a Nationwide Danish Cohort », Journal of the National Cancer Institute, vol. 98, no 23,‎ 12 juin 2006, p. 1707-1713 (ISSN 0027-8874, 1460-2105, PMID 17148772, DOI 10.1093/jnci/djj464, lire en ligne)
  9. [PDF]Dr Christine Aschermann, Un malade présentant des altérations cutanées type brûlures, UMG GmbH, Bremen, Allemagne, 2011
  10. http://www.electrosensible.org/b2/index.php/ehs/votre-sante-et-les-symptomes-e-h-s
  11. a, b et c (en) Bergqvist U. Vogel E. Aringer L. Cunningham J. Gobba F. Leitgeb N. Miro L. Neubauer G. Ruppe I. Vecchia P. et Wadman C. (1997) « Possible health implications of subjective symptoms and electromagnetic fields » A report prepared by a European group of experts for the European Commission, DG V. (voir le rapport) [PDF]
  12. (en) Levallois P, Neutra R, Lee G. & Hristova L. (2002) « Study of self-reported hypersensitivity to electromagnetic fields in California » Environ Health Perspect. 110 Suppl 4:619-23. PMID 12194896
  13. (de) Schroeder E. (2002) « Stakeholder-Perspektiven zur Novellierung der 26.BlmSchV » Ergebnisse der bundesweiten Telefonumfrage im Auftrag des Bundesamtes für Strahlenschutz (BfS) [PDF]
  14. (en) N. Leitgeb et J. Schrottner (2003) « Electrosensibility and electromagnetic hypersensitivity » Bioelectromagnetics 24(6):387-94. PMID 12929157
  15. (en) J. Schrottner et N. Leitgeb (2008) « Sensitivity to electricity - Temporal changes in Austria » BMC Public Health 8:310. PMID 18789137 DOI:10.1186/1471-2458-8-310
  16. (en) Rubin G.J. et al. « Are some people sensitive to mobile phone signals? Within participants double blind randomised provocation study » BMJ 2006;332:886 PMID 16520326 DOI:10.1136/bmj.38765.519850.55
  17. Traduction libre de « The symptoms described by 'electromagnetic hypersensitivity' sufferers can be severe and are sometimes disabling. However, it has proved difficult to show under blind conditions that exposure to electromagnetic fields can trigger these symptoms. This suggests that 'electromagnetic hypersensitivity' is unrelated to the presence of electromagnetic fields, although more research into this phenomenon is required. »
  18. (en) Sabine Regel, Sonja Negovetic, Martin Roosli, Veronica Berdinas, Jurgen Schuderer, Anke Huss, Urs Lott, Niels Kuster et Peter Achermann, « UMTS base station-like exposure, well-being, and cognitive performance », Environ Health Perspect, vol. 114, no 8,‎ août 2006, p. 1270–5 (lire en ligne).
  19. (en) James Rubin, G. Hahn, B.S. Everitt, A.J. Clear et Simon Wessely, « Within-participants, double-blind, randomised provocation study », British Medical Journal, vol. 332,‎ 2006, p. 886–889 (lire en ligne).
  20. (en) J. Wilen, A. Johansson, N. Kalezic, E. Lyskov et M. Sandstrom, « Psychophysiological tests and provocation of subjects with mobile phone related symptoms », Bioelectromagnetics, vol. 27, no 3,‎ avril 2006, p. 204–14 (lire en ligne)
  21. (en) Cohen A, Carlo G, Davidson A, White M, Geoghan C, Goldsworthy A, Johansson O, Maisch D, O'Connor E., « Sensitivity to mobile phone base station signals », Environ Health Perspect., vol. 116, no 2,‎ 1er février 2008 Feb;116(2):; author reply A64-5., A63-4 (PMID 18288297, lire en ligne)
  22. (en) « Electrosmog in the clear with scientists », The Guardian,‎ 18 janvier 2007 (consulté le 29 mai 2008)
  23. (en) N. Irvine, A. Johansson, N. Kalezic, E. Lyskov et M. Sandstrom, « Definition, epidemiology and management of electrical sensitivity », Report for the Radiation Protection Division of the UK Health Protection Agency, HPA-RPD-010,‎ avril 2005 (lire en ligne).
  24. a et b (en) « Rapport Bioinitiative » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30, sur bioinitiative.org, publié le 31 août 2007 par le Bio-initiative Working Group, dont un résumé en Français, de 25 pages, fait par le CRIIREM
  25. « http://web.jrc.ec.europa.eu/emf-net/participants.cfm#france » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30
  26. Rapport de l'Afsset d'octobre 2009, pages 322 à 326 [PDF]
  27. Position de l'Académie de médecine du 3 février 2009 [doc]
  28. http://www.bioinitiative.org/
  29. (en) Bioelectromagnetics newsletter, mars/avril 2008, page 7 [PDF] traduction libre de « analysis by good theoretical physicists suggests that nothing is going to happen but the deposition of additional energy that, if sufficient, can elevate tissue temperature. But physicists don’t know everything so we turn to the biologists and find that an analysis of the biological database reveals no consistently reproducible (independent) LLNT effect after about 50 or 60 years of research. »
  30. « Le rapport Bioinitiative ou l’apparence de sérieux scientifique » - AFIS
  31. (en) « Radiation risk from everyday devices assessed », sur www.eea.europa.eu, Agence européenne pour l'environnement,‎ 17 septembre 2007
  32. « Signaux précoces et leçons tardives: le principe de précaution 1896–2000 », sur www.eea.europa.eu, Agence européenne pour l'environnement,‎ 9 janvier 2002
  33. a et b [PDF]Pr Dominique Belpomme, Le syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques (SICEM), ARTAC, Paris, 27 avril 2010, 7 pages, consulté le 18 octobre 2012
  34. Chez ces malades, on a pu mettre en évidence l’existence d’une ouverture de la barrière hémato-encéphalique, en pratiquant des échodoplers cérébraux pulsés (ou encéphaloscans – voir encadré ci-après) qui montrent l’existence d’une hypoperfusion vasculaire cérébrale, une augmentation de différents biomarqueurs de stress ou de souffrance cérébrale dans le sang (protéines de choc thermiques HSP70 et HSP27, protéine O-myéline, S100B) et un certain nombre de perturbations biologiques, telles une augmentation de l’histamine circulante et une baisse de la mélatonine urinaire, ces différentes perturbations nous permettant sans conteste de reconnaître objectivement l’affection. (cf. Tableau 1).
  35. (en) Schreier N, Huss A. et Röösli M. « The prevalence of symptoms attributed to electromagnetic field exposure: a cross-sectional representative survey in Switzerland » Soz Praventiv Med. 2006;51:202-9. PMID 17193782
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  39. Bulletin de l'Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse (ARTAC), septembre 2010
  40. (en) Wang T, Hawkins LH & Rea WJ. (1994) « Effects of ELF magnetic fields on patients with chemical sensitivities » COST 244: Biomedical effects of electromagnetic fields, September 27-29; Graz, Austria. 123-132.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) Rubin, GJ., Das Munshi, J., Wessely, S. , « Electromagnetic hypersensitivity: a systematic review of provocation studies », Psychosom Med, 2005, 67(2):224-32.
  • (en) Sandström, M., Lyskov, E., Berglund, A. , Medevedev, S., & Hansson Mild, K., « Neurophysiological effects of flickering light in patients with perceived electrical hypersensitivity », J Occup Environ Med, 1997, 39:15-21.
  • (en) Schuz, J., Petters, C., Egle, UT., Jansen, B., Kimbel, R., Letzel, S., Nix, W., Schmidt, LG., & Vollrath, L. « The "Mainzer EMF-Wachhund": results from a watchdog project on self-reported health complaints attributed to exposure to electromagnetic fields », Bioelectromagnetics, 2006, 27(4):280-7.
  • Luc Verschaeve et Jacques Verschaeve « Champs et ondes, quel impact sur la santé ? » Pour La Science no 409 (novembre 2011), 128-133.
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Liens externes[modifier | modifier le code]