Sensibilité électromagnétique

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La sensibilité électromagnétique (ou électro-sensibilité, ou électro-hypersensibilité ou HSEM ou EHS ou Syndrome EHS ou Syndrome d'intolérance aux champs électro-magnétiques ou SICEM) est une pathologie dont les causes évoquées sont les champs ou les ondes électromagnétiques.

Les symptômes décrits sont reconnus comme réels, par l'OMS notamment, sans toutefois qu'un lien de causalité avec l'exposition aux champs et ondes électromagnétiques ne soit pour le moment reconnu. Les effets des champs électromagnétiques sur le corps et les seuils au-delà desquels ils se manifestent, sont connus[1] (mais seules les limites des effets thermiques sont prises en compte dans la définition des normes d'exposition du public).

Dans les cas les plus sévères, les personnes sont tellement affectées qu'elles s'isolent, quittent leur travail et changent leur mode de vie, alors que d'autres personnes rapportent des symptômes moins sévères qui entraînent un évitement de certaines sources de champs électromagnétiques[2].

Les personnes qui souffrent d'hypersensibilité électromagnétique réagissent à des intensités bien inférieures aux seuils légaux, comme d'autres êtres vivants : rats[3], rouge-gorges[4], fourmis[5]… Les plus récentes études indépendantes réalisés en double aveugle, où les patients sont exposés à des champs tantôt réels, tantôt factices, ont démontré que le rythme cardiaque des personnes hypersensibles étaient affecté par leur exposition aux champs électromagnétiques, indépendamment de leur ressenti[6]. Les études sur les cellules humaines ainsi que celles sur les animaux indiquent des modifications physiologiques importantes, n'étant pas expliqués par des processus purement cognitifs[7][réf. insuffisante].

Selon une Résolution du Conseil de l'Europe de 2011, qui se base sur les recommandations de l'Agence Européenne de l'Environnement, il est nécessaire « de porter une attention particulière aux personnes « électrosensibles » atteintes du syndrome d’intolérance aux champs électromagnétiques et de prendre des mesures spéciales pour les protéger, en créant par exemple des « zones blanches » non couvertes par les réseaux sans fil[8] »

Un communiqué de presse de l'OMS non-signé datant de 2005, époque à laquelle nombre de des conseillers scientifiques de l'Organisation connaissaient des conflits d'intérêt entre leur rôle d'experts et leurs liens avec l'industrie des télécommunications[9] et ne prenant pas en compte les recherches récentes[10] indiquait qu'« il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu'à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l'exposition aux CEM elle-même[2]. »

Description[modifier | modifier le code]

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les symptômes rapportés sont divers, ce qui signifie qu'ils peuvent s'apparenter à d'autres troubles ou maladies.

Selon l’OMS, l’hypersensibilité électromagnétique « est caractérisée par divers symptômes que les individus touchés attribuent à l'exposition aux champs électro-magnétiques. Parmi les symptômes les plus fréquemment présentés, on peut mentionner des

Cet ensemble de symptômes ne fait partie d'aucun syndrome reconnu par l'OMS mais caractérise un tableau clinique sur lequel de plus en plus de médecins s'accordent[2]. »

Le symptôme le plus fréquemment cité est la fatigue, suivie de problèmes dermatologiques au visage, de sensations de lourdeur dans la tête, d'irritation des yeux, de nez bouché ou encombré, de maux de tête, de difficultés de concentration[11]. D'autres auteurs décrivent en ordre décroissant des troubles du sommeil, des maux de tête, de la nervosité/angoisse, de la fatigue, des difficultés de concentration, des acouphènes, des vertiges, des douleurs dans les membres… Ces auteurs n'observent pas de différences entre les symptômes cités par les hommes et les femmes. Selon Schüz et al. (2006), le symptôme cité le plus fréquemment est la fatigue, suivie de difficultés de concentration, de troubles du sommeil, de lassitude, de mauvaise humeur, d'inconscience, de maux de tête[12].

Pour les personnes se jugeant électrosensibles, les symptômes passagers peuvent évoluer vers la chronicité et présenter des conséquences diverses[13],[14] :

  • souffrances physiques (impression de décharges électriques dans le corps, de fourmillements, oreilles qui chauffent, sensation cuisante dans la zone temporale ou occipitale, sensation de « pression dans le crâne », nausées, gorge « serrée », maux de tête…)
  • psychologiques (anxiété, état dépressif) ;
  • asthénie (fatigue), perte d'appétit, insomnie, douleurs musculaires, malaises ;
  • troubles digestifs, dérèglement hormonal, baisse de l'immunité (état grippal) ;
  • problèmes dermatologique : rougeurs, gonflement de la peau, démangeaisons, irritation oculaire, sécheresse de la partie supérieure de la trachée ;
  • dyspnées, , troubles du rythme cardiaque (palpitations), problèmes vasculaires (hypertension, sensations de froid ou de bouffée de chaleur), épistaxis ;
  • dystonie musculaire (contractions involontaires), craquements articulaires, fragilisation des sutures (fracture de fatigue), sensation de "crispation" au niveau mastoïdien ou maxillo-mandibulaire, bruxisme ;
  • sensibilité aux odeurs, troubles visuels, baisse auditive (acouphènes) ;
  • maladresse, difficulté de langage et de raisonnement, troubles de l'attention et de la mémorisation à court terme, aboulie ;
  • perturbation de la vie affective, apathie, isolement social, irritabilité ;

avec pour conséquences :

  • comportement d'évitement à la suite de la mise en cause d'une source ondulatoire, organisation de la vie du patient autour de ce problème ;
  • déménagements au profit de zones non exposées aux influences de téléphones portables et lignes de distribution de courant électrique.

La présence d'éléments métalliques en contact régulier avec le corps est perçue comme pouvant favoriser la manifestation de ces signes :

L'incompréhension de l'entourage professionnel ou familial et la non reconnaissance du monde médical peuvent parfois aggraver l'isolement du sujet affirmant une intolérance aux champs électromagnétiques. Plusieurs auteurs parlent d'un cercle vicieux où symptômes, associations de ces derniers à une (des) source(s) suspectée(s) et anxiété liée à l'évitement se succèdent, s'amplifient et s’auto-entretiennent.

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

Prévalence[modifier | modifier le code]

Les estimations de prévalence de l’électro-sensibilité dans la population varient, de quelques individus par million, à des taux bien plus élevés. Pour l'OMS, environ 10 % des cas signalés d’électro-sensibilité ont été considérés comme graves[2].

Une étude européenne décrivait davantage de cas en Suède, au Danemark et en Allemagne et moins de cas en France, en Autriche et au Royaume-Uni (gradient Nord-Sud)[15]. Dans cette même étude, les sources d'exposition étaient intérieures (ex. : écrans d'ordinateur) dans les pays scandinaves et extérieures (ex. : lignes à haute tension et antenne GSM) dans d'autres régions.

Sur simples sondages, les proportions de personnes électrosensibles varient de quelques personnes par million à 8 % des personnes interrogées :

  • 3,2 % de personnes électrosensibles parmi les personnes interrogées par Levallois et al. (2002)[16] en Californie ;
  • 1,5 % des répondants se disent électrosensibles dans l'étude de Hillert et al. (2002)[11] en Suède ;
  • 6 % de la population allemande se dit électrosensible dans l'étude de Schroeder (2002)[17] ;
  • 4,2 % des femmes et 1,7 % des hommes dans la population étudiée sont « electromagnetic sensible » dans l'étude de Leitgeb & Schröttner (2003)[18]. Cette sensibilité est définie à partir d'un seuil de perception du courant ;
  • 3,5 % des répondants se disent électrosensibles dans l'étude de Schrottner & Leitgeb (2008)[19] en Autriche ;
  • 2,7 % de la population étudiée (en Suisse) par Schreier et al. (2006) rapportent des effets négatifs sur la santé attribués aux champs électriques et magnétiques ; 2,2 % rapportent avoir subi de tels effets dans le passé ;
  • dans l'enquête de la Commission Européenne (Bergqvist et al. 1997[15]), les questionnaires ont été envoyés dans 138 centres de médecine du travail et 15 groupes d'entraide (taux de réponse de respectivement 49 et 67 %). La fréquence varie de quelques personnes par million (en Angleterre, Italie et France, selon les médecins du travail) à quelques dixièmes de pourcentage (au Danemark, en Irlande et Suède, selon les groupes d'entraide).

Mécanismes[modifier | modifier le code]

En raison des déclarations de personnes déclarant être électrosensibles, des études étiologiques ont été menées pour rechercher les causes de cette maladie. En particulier, des études en double aveugle ont été réalisées et n'ont pas pu démontrer que les champs électromagnétiques étaient pas à l’origine des symptômes constatés. Des fausses expositions à un champ électromagnétique ont été suffisantes pour déclencher des symptômes graves chez certains participants[20]. Certains ont contesté ces études parce qu'elles ne prenaient pas bien en compte le délai qui peut exister entre l'exposition du sujet à la source et l'apparition/disparition des symptômes.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère qu'il n'existe ni critères diagnostiques clairs pour ce problème sanitaire, ni base scientifique permettant de relier les symptômes de l'hypersensibilité électromagnétique à une exposition aux champs électromagnétiques[2]. Il existe aussi certains éléments indiquant que ces symptômes peuvent être dus à des maladies psychiatriques préexistantes, ainsi qu'à des réactions de stress résultant de la crainte inspirée par les éventuels effets sur la santé des CEM, plutôt que de l'exposition aux CEM elle-même[2].

Résultats des études scientifiques[modifier | modifier le code]

En 2005, une étude « exhaustive » de la littérature scientifique menée par l'équipe d'un chercheur en psychiatrie anglais a analysé les résultats de trente et une expériences qui testaient si les champs électromagnétiques causaient l’électrosensibilité. Chaque expérience exposait en laboratoire des personnes qui se déclaraient atteintes d’électrosensibilité à des champs électriques ou magnétiques, fictifs ou réels, à de multiples fréquences, dans des études en double aveugle (le sujet et l’agent expérimentateur à ses côtés ne savent pas si le champ est fictif ou réel. Le sujet doit déterminer s'il a été exposé (détection du champ) et rapporter d'éventuels symptômes, il est parfois soumis également à différents tests de mémoire et d'attention.)[21]. Sur les trente et une études, vingt-quatre ne trouvaient aucune association entre exposition et symptômes ; sept en trouvaient mais, sur ces sept études positives, deux n'ont pas pu être reproduites même par leur auteurs initiaux, trois ont des biais méthodologiques importants, et les deux derniers présentaient des résultats contradictoires.

La conclusion des auteurs étaient que :

« Les symptômes décrits par les personnes souffrant d'« électro-hypersensibilité » peuvent être sévères et parfois handicapants. Cependant, il s’est avéré difficile de montrer dans des études en aveugle que l’exposition à des champs magnétiques pouvaient déclencher ces symptômes. Ceci suggère que l’électro-hypersensibilité serait sans rapport avec la présence de champs électromagnétiques, bien que des recherches supplémentaires sur ce phénomène soient nécessaires[22]. »

D'autres études montrant que les personnes qui se déclarent atteintes de sensibilité électromagnétique sont incapables de détecter la présence de champs électromagnétiques et la probabilité qu’elles ressentent des symptômes de maladie est la même en présence d’une exposition fictive ou d’une exposition réelle[23],[24],[25].

Si ces conclusions ont fait l'objet de critiques, c'est en dehors du cadre scientifique, sans le contrôle de comités de lecture[26],[27].

Un rapport de 2005 de l’Agence de protection sanitaire (en) du Royaume-Uni concluait que l’électrosensibilité devait être prise en considération par d’autres voies que son étiologie : les souffrances sont réelles, même si les causes de ces souffrances ne sont pas définies[28]. Selon le groupe d'experts de la Commission européenne (Bergqvist et al. 1997[15]) et le groupe de travail de l’OMS[2], le terme « électrosensibilité » n'implique pas une relation entre les champs électromagnétiques et des symptômes sanitaires.

Rapport Bioinitiative[modifier | modifier le code]

Un rapport de 600 pages, le rapport Bioinitiative[29] publié en 2007 passe en revue plus de 1 500 publications internationales qui prétendent apporter des preuves scientifiques concernant les effets sanitaires (stress cellulaire, génotoxicité, risques de tumeurs au cerveau ou de leucémies) des champs électromagnétiques ; il estime que les normes sont inadaptées et définit des valeurs-seuil qui protégeraient mieux la santé.

Toutefois, l’analyse faite par diverses institutions sur ce rapport (réseau EMF-Net, dont fait notamment partie la Federation of French Electrical Electronic & Communication Industries[30], programme européen de recherche et de développement technologique, le Danish National Board of Health, l’Office fédéral allemand de radioprotection, le Conseil de Santé des Pays-Bas) en réfute la qualité. Le rapport d’octobre 2009 de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset)[31] en analyse ainsi le contenu : « les différents chapitres du rapport sont de rédaction et de qualité inégales. Certains articles ne présentent pas les données scientifiques disponibles de manière équilibrée, n’analysent pas la qualité des articles cités ou reflètent les opinions ou convictions personnelles de leurs auteurs (…), il revêt des conflits d’intérêts dans plusieurs chapitres, ne correspond pas à une expertise collective et est écrit sur un registre militant. » Ce rapport Bioinitiative très médiatisé est à l’origine de quelques décisions judiciaires récentes, contre lesquelles l’Académie de médecine française s'est insurgée en mars 2009[32],[33].

La Bioelectromagnetics Society n’approuve pas non plus cette étude. Pourtant, les membres organisateurs et trois des signataires de ce rapport en sont membres[34]. Selon elle, « des recherches par des spécialistes de physique théorique suggèrent que l’exposition [à des champs de radiofréquence non-thermiques] ne provoquera rien d’autre sur les être vivants, que, s'ils sont suffisamment puissants, une élévation locale de la température. Mais les physiciens ne savent pas tout, aussi on se tourne vers les biologistes et on s'aperçoit que les bases de données ne contiennent aucune démonstration scientifiquement reproductible d’un effet néfaste sur la santé après 50 ou 60 ans de recherche scientifique[35]. » Jean-Paul Krivine, rédacteur en chef de la revue Science et pseudo-sciences (revue éditée par l'Association française pour l'information scientifique) dénonce aussi l'apparence de sérieux scientifique et le conflit d'intérêt d'une des coauteurs, Cindy Sage, propriétaire d'un cabinet homonyme proposant « des solutions pour « caractériser ou atténuer » les impacts des champs électromagnétiques[36]. »

L'Agence européenne pour l'environnement a contribué au rapport Bioinitiative[37] avec un chapitre tiré de l'étude de l'agence : « Signaux précoces et leçons tardives : le principe de précaution 1896–2000[38] » publié en 2002.

ARTAC[modifier | modifier le code]

Le professeur d'oncologie Dominique Belpomme (président de ARTAC, Association Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) qui a ouvert une consultation destinée aux patients atteints du syndrome d'intolérance aux champs électromagnétiques, a mis au point une méthode de diagnostic par l'intermédiaire d'analyses sanguines et urinaires ainsi que d'un scanner cérébral (échodoppler pulsé centimétrique)[39].

Type d'analyse Marqueur biologique  % Interprétation
sanguine vitamine D diminuée 71,9 % anomalies métaboliques ?
sanguine HSP27 et/ou HSP70 augmentés 45,0 % stress cellulaire
sanguine anticorps anti-O-myéline augmentés 27,5 % stress cellulaire
urinaire mélatonine urinaire diminuée 33,3 % diminution de synthèse
sanguine S100B augmentée 13,9 % souffrance cérébrale
sanguine histaminémie augmentée 35,8 % inflammation (mastocytes)
sanguine anticorps IgE augmentés 22,5 % allergie humorale

L’échodoppler pulsé centimétrique — ou tomosphygmographie cérébrale ultrasonore (TSCU) — est une technique d’exploration fonctionnelle cérébrale non invasive, mobile, qui consiste à détecter le pouls cérébral au moyen d’une sonde à ultrasons émettrice-réceptrice fonctionnant en régime pulsé à 2 MHz, placée en position supra-auriculaire et perpendiculairement au plan sagittal du crâne. Diverses pathologies peuvent être mises en évidence grâce à cette technique peu spécifique mais très sensible. Ainsi, selon le contexte clinique et le territoire concerné, une hypopulsatilité permettra le diagnostic précoce d’un accident vasculaire cérébral, mettra en évidence une insuffisance vertébro-basilaire, une migraine ou une tumeur cérébrale. Les maladies neurodégénératives telles l’Alzheimer ont également un profil caractéristique d’hypopulsatilité prédominant à droite[39].

En 2007, l'ARTAC affirme dans un document, réédité en 2010, que « contrairement à ce que certains médecins ou scientifiques, en étroite relation avec les opérateurs téléphoniques affirment sans preuve, il ne s’agit pas de simulateurs ou de malades psychiatriques. » L'ARTAC a en effet trouvé des anomalies dans des analyses sanguines et les scanners cérébraux effectuées sur des personnes se déclarant intolérantes aux ondes[40]. Cependant cela ne démontre pas qu'il existe un lien de cause à effet, mais simplement que les personnes affirmant souffrir de sensibilité électromagnétique présentent les anomalies présentées dans ce document.

Champs électromagnétiques et multiplication des organismes pathogènes[modifier | modifier le code]

Prolifération bactérienne sous un micro-ondes neuf

Les micro-ondes millimétriques favoriseraient la croissance des levures[41]. L'hypothèse est soutenue d'une corrélation entre les symptômes de l'électro-sensibilité et une exposition aux mycètes et à leur toxines[42]. Certaines des biotoxines stimulées par ces radiations peuvent altérer la structure génétique d'un fœtus[43][réf. à confirmer].

Ces radiations sont émises par tout appareil électroménager mais dans des ordres de grandeur différents.

Sources incriminées[modifier | modifier le code]

Mats et antennes GSM.

Les sources incriminées sont nombreuses dans les sociétés modernes. Le rapport Bioinitiative[29] cite les moniteurs d'ordinateur, les antennes-relais de la téléphonie mobile et téléphones mobiles eux-mêmes, le WiMAX , les lignes à haute tension, les transformateurs électriques, la technologie CPL, les néons, ou encore les téléphones DECT.

Une étude par questionnaire de Röösli et al. (2004)[44] a analysé les causes suspectées par les personnes touchées par les symptômes.

Dans l'étude de Röösli et al. (2004), les causes suspectées citées par les 167 électrosensibles interrogés étaient, par ordre décroissant : les antennes de téléphonie mobile, suivies des GSM, des téléphones sans fil (type DECT), des lignes à haute tension, des transmetteurs de radiodiffusion, des écrans d'ordinateur, des lignes de train/tram, des transformateurs, des écrans de TV, des appareils électriques et de l'éclairage.

Il n'existe pas de réelle spécificité des symptômes en fonction de la source. Schreier et al. (2006)[45] notent que des inquiétudes sont plus souvent exprimées à l'égard des antennes de téléphonie mobile et des lignes à haute tension par rapport au GSM, appareils électriques et téléphone sans fil. Des résultats similaires ont été obtenus dans une autre étude (Siegrist et al. 2005[46]) et en Autriche (Hutter et al. 2004[réf. souhaitée]).

Recherche[modifier | modifier le code]

Des recherches sont encore nécessaires, pour mieux comprendre les causes et d'autres aspects de la symptomatologie, et pour tester l'efficacité des méthodes thérapeutiques destinées à aider les personnes se plaignant d'électrosensibilité.

L'hypothèse selon laquelle les électrosensibles auraient une plus grande réactivité du système nerveux central (Wang et al. 1994[47] ; Sandström, 1997 ; Lyskov et al. 2001[48]) est également à suivre. Il s'agirait d'une prédisposition physiologique qui entraînerait une sensibilité plus grande aux facteurs environnementaux de stress.

Modèle animal[modifier | modifier le code]

Chez l'animal sauvage : Il a été démontré dans les années 1970 que les oiseaux ont une « boussole magnétique interne » qui leur permet de ressentir le champ magnétique terrestre[49],[50],[51],[52],[53]. Cette « boussole » peut être chez certaines espèces « étalonné »[54] grâce à la lumière polarisée du soleil ou de la lune[55] est important pour la survie des oiseaux nocturnes ou migrant de nuit[56]. Des chercheurs ont montré en 2011 que le rouge-gorge qui est diurne (mais migre de nuit) possède un tel compas, associé à son système de vision[57]. On a aussi montré (en 2012) que tous les oiseaux nocturnes en possèdent[58].
Le rouge-gorge familier a été utilisé pour des test de vulnérabilité au smog électromagnétique (étude en double-aveugle) par une équipe de chercheurs allemands et anglais[59] de l’université d'Oldenburg (Allemagne) qui a publié ses conclusions dans la revue Nature en mai 2014[60],[61]. Plusieurs expériences montrent que la boussole interne du Rouge-gorge semble désorienté par certains champs électromagnétiques (Les auteurs ont testé les capacités à s'orienter de l'animal exposé à des champs de 50 kHz à 5 MHz (différence d'environ deux ordres de grandeur) et donc à des intensité similaire à celles issues d'équipements radio AM (modulation d’amplitude) ou de matériels de surveillance électronique, c'est-à-dire d'intensité 1 000 fois moindre que celles des téléphones mobiles, mais 400 fois plus intenses que celle d'une ligne à haute tension.
Sa capacité d'orientation disparaissait quand l'oiseau était placé dans une cage de bois, mais non dans une cage de Faraday reliée au sol (où l'oiseau perçoit le champ magnétique terrestre et s'oriente alors sans difficulté vers sa direction migratoire). De même dès que l'on supprimait la mise à la terre de la cage métallique ou que l'on introduisait un émetteur de champ électromagnétique à large bande dans la cage métallique, l'oiseau perdait de nouveau sa capacité à s'orienter.
Les auteurs concluent que ces champs sont la cause d'une désorientation migratoire globale ; et ils alertent sur le fait que cet effet nuisible existe pour toute la gamme de fréquence et que ce sont les champs magnétiques de faible intensité dans les gammes d'ondes moyennes qui avaient le plus d'effet lors de l'expérimentation[62].
Le smog électromagnétique urbain pourrait avoir un effet sur d'autres espèces estiment les auteurs, ce que d'autres études pourraient confirmer. Ce phénomène n'est pas encore bien expliqué ; pour Hervé Cadiou soit « L’animal se servirait du cryptochrome pour s’orienter, un photorécepteur capable de détecter la lumière et le champ magnétique terrestre. Une autre piste réside dans la fonction des cristaux de magnétite, des petits aimants présents dans le cerveau. Quoi qu’il en soit, les recherches doivent continuer pour confirmer ou infirmer ces hypothèses »[63].

Traitement[modifier | modifier le code]

La première étape consiste par un diagnostic différentiel à vérifier l'absence d'une autre pathologie médicale pouvant expliquer les symptômes. À partir de l'identification des conditions médicales, psychosociales et environnementales de la personne électrosensible, une prise en charge individualisée, multidisciplinaire et globale est recommandée.

Psychothérapeutique[modifier | modifier le code]

Le choix d'une thérapie doit être individualisé. De nombreuses techniques thérapeutiques ont fait l'objet de publications et parmi celles-ci, les thérapies cognitivo-comportementales s'avèrent relativement efficaces [64],[65],[11].

Le pronostic est meilleur lorsque la prise en charge est réalisée précocement et lorsque les symptômes sont associés au travail sur écran de visualisation[11].

Modification de l'environnement[modifier | modifier le code]

Röösli et al. (2004) ont analysé les moyens mis en œuvre spontanément par les patients pour éviter les symptômes[44]. Réduire l'exposition (évitement) est souvent considéré comme un moyen momentanément ou partiellement efficace dans l'amélioration de la symptomatologie par les personnes qui s'en plaignent. Mais la réduction de l'exposition semble entraîner la personne électrosensible dans une spirale d'évitements et d'aménagements qui ont des conséquences parfois importantes en termes de coûts, d'isolement social et professionnel et de qualité de vie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.bioinitiative.org/
  2. a, b, c, d, e, f et g Champs électromagnétiques et santé publique, OMS, décembre 2005
  3. étude de l'INERIS sur le rat : http://www.ineris.fr/centredoc/fiche-cem-v4-1366114711.pdf
  4. (en) Engels S, Schneider NL, Lefeldt N, Hein CM, Zapka M, Michalik A, Elbers D, Kittel A, Hore PJ, Mouritsen H, « Anthropogenic electromagnetic noise disrupts magnetic compass orientation in a migratory bird », Nature, vol. 509, no 7500,‎ 2014, p. 353-6. (PMID 24805233, DOI 10.1038/nature13290) modifier
  5. (en) Cammaerts MC, De Doncker P, Patris X, Bellens F, Rachidi Z, Cammaerts D, « GSM 900 MHz radiation inhibits ants' association between food sites and encountered cues », Electromagn Biol Med, vol. 31, no 2,‎ 2012, p. 151-65. (PMID 22268919, DOI 10.3109/15368378.2011.624661) modifier
  6. (en) Havas M. « Radiation from wireless technology affects the blood, the heart, and the autonomic nervous system » Rev Environ Health. 2013;28(2-3):75-84. DOI:10.1515/reveh-2013-0004
  7. (en) Mashevich M, Folkman D, Kesar A, Barbul A, Korenstein R, Jerby E, Avivi L. « Exposure of human peripheral blood lymphocytes to electromagnetic fields associated with cellular phones leads to chromosomal instability »
  8. « Le danger potentiel des champs électromagnétiques et leur effet sur l’environnement » - Résolution 1815 du Conseil de l'Europe (27 mai 2011) sur les antennes-relais et les téléphones portables.
  9. http://www.priartem.fr/Telephonie-mobile-L-OMS-exclut-l.html
  10. http://www.ehs-mcs.org/
  11. a, b, c et d (en) Hillert L, Berglind N, Arnetz BB, Bellander T. (2002) « Prevalence of self-reported hypersensitivity to electric or magnetic fields in a population-based questionnaire survey » Scand J Work Environ Health 28(1):33-41. PMID 11871850 DOI:10.5271/sjweh.644
  12. (en) Joachim Schüz, Rune Jacobsen, Jørgen H. Olsen, John D. Boice, Joseph K. McLaughlin, Christoffer Johansen, « Cellular Telephone Use and Cancer Risk: Update of a Nationwide Danish Cohort », Journal of the National Cancer Institute, vol. 98, no 23,‎ 12 juin 2006, p. 1707-1713 (ISSN 0027-8874, 1460-2105, PMID 17148772, DOI 10.1093/jnci/djj464, lire en ligne)
  13. [PDF]Dr Christine Aschermann, Un malade présentant des altérations cutanées type brûlures, UMG GmbH, Bremen, Allemagne, 2011
  14. http://www.electrosensible.org/b2/index.php/ehs/votre-sante-et-les-symptomes-e-h-s
  15. a, b et c (en) Bergqvist U. Vogel E. Aringer L. Cunningham J. Gobba F. Leitgeb N. Miro L. Neubauer G. Ruppe I. Vecchia P. et Wadman C. (1997) « Possible health implications of subjective symptoms and electromagnetic fields » A report prepared by a European group of experts for the European Commission, DG V. (voir le rapport) [PDF]
  16. (en) Levallois P, Neutra R, Lee G. & Hristova L. (2002) « Study of self-reported hypersensitivity to electromagnetic fields in California » Environ Health Perspect. 110 Suppl 4:619-23. PMID 12194896
  17. (de) Schroeder E. (2002) « Stakeholder-Perspektiven zur Novellierung der 26.BlmSchV » Ergebnisse der bundesweiten Telefonumfrage im Auftrag des Bundesamtes für Strahlenschutz (BfS) [PDF]
  18. (en) N. Leitgeb et J. Schrottner (2003) « Electrosensibility and electromagnetic hypersensitivity » Bioelectromagnetics 24(6):387-94. PMID 12929157
  19. (en) J. Schrottner et N. Leitgeb (2008) « Sensitivity to electricity - Temporal changes in Austria » BMC Public Health 8:310. PMID 18789137 DOI:10.1186/1471-2458-8-310
  20. (en) Rubin G.J. et al. « Are some people sensitive to mobile phone signals? Within participants double blind randomised provocation study » BMJ 2006;332:886 PMID 16520326 DOI:10.1136/bmj.38765.519850.55
  21. (en) James Rubin, J. Das Munshi et Simon Wessely, « Electromagnetic hypersensitivity: a systematic review of provocation studies », Psychosom Med, vol. 67, no 2,‎ mars et avril 2005, p. 224-32 (PMID 15784787)
  22. Traduction libre de « The symptoms described by 'electromagnetic hypersensitivity' sufferers can be severe and are sometimes disabling. However, it has proved difficult to show under blind conditions that exposure to electromagnetic fields can trigger these symptoms. This suggests that 'electromagnetic hypersensitivity' is unrelated to the presence of electromagnetic fields, although more research into this phenomenon is required. »
  23. (en) Sabine Regel, Sonja Negovetic, Martin Roosli, Veronica Berdinas, Jurgen Schuderer, Anke Huss, Urs Lott, Niels Kuster et Peter Achermann, « UMTS base station-like exposure, well-being, and cognitive performance », Environ Health Perspect, vol. 114, no 8,‎ août 2006, p. 1270–5 (lire en ligne).
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  34. http://www.bioinitiative.org/
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  40. Chez ces malades, on a pu mettre en évidence l’existence d’une ouverture de la barrière hémato-encéphalique, en pratiquant des échodoplers cérébraux pulsés (ou encéphaloscans – voir encadré ci-après) qui montrent l’existence d’une hypoperfusion vasculaire cérébrale, une augmentation de différents biomarqueurs de stress ou de souffrance cérébrale dans le sang (protéines de choc thermiques HSP70 et HSP27, protéine O-myéline, S100B) et un certain nombre de perturbations biologiques, telles une augmentation de l’histamine circulante et une baisse de la mélatonine urinaire, ces différentes perturbations nous permettant sans conteste de reconnaître objectivement l’affection. (cf. Tableau 1).
  41. (en) Grundler W, Keilmann F, « Nonthermal effects of millimeter microwaves on yeast growth », Z Naturforsch C, vol. 33, no 1-2,‎ 1978, p. 15-22. (PMID 149448) modifier
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  44. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées R.C3.B6.C3.B6sli2004.
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    Research Centre for Neurosensory Sciences, University of Oldenburg
    Institute of Physics, University of Oldenburg
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  60. Svenja Engels, Nils-Lasse Schneider, Nele Lefeldt, Christine Maira Hein, Manuela Zapka, Andreas Michalik, Dana Elbers, Achim Kittel, P. J. Hore & Henrik Mouritsen (2014) Anthropogenic electromagnetic noise disrupts magnetic compass orientation in a migratory bird ; Nature (2014) doi:10.1038/nature13290, mis en ligne le 07 mai 2014
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Luc Verschaeve et Jacques Verschaeve « Champs et ondes, quel impact sur la santé ? » Pour La Science no 409 (novembre 2011), 128-133.
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Liens externes[modifier | modifier le code]