Acidification des océans

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Variation du pH à la surface des océans provoquée par le CO2 d'origine anthropique entre les années 1700 et les années 1990.

L'acidification de l’océan, l'autre problème induit par le CO2 (the other CO2 problem)[1], est le nom donné à la diminution progressive du pH des océans.

Il a été estimé que de 1751 à 2004, le pH des eaux superficielles des océans a diminué de 8,25 à 8,14[2].

Sommaire

Causes[modifier]

Cette acidification a plusieurs causes anthropiques identifiées :

Ces trois facteurs associés acidifient les eaux côtières plus rapidement que ne le prévoyaient les premières modélisations.

Environ six téramoles d’azote actif et deux téramoles de soufre seraient annuellement injectées dans l’atmosphère, ce qui est bien moins que les 700 téramoles de CO2, selon une étude[réf. nécessaire] récente pilotée par Scott Doney (Woods Hole Oceanographic Institution, Massachusetts, USA). Cet azote aurait déjà sur certains littoraux un impact équivalent à 10 à 50 % de celui du CO2. Ces zones sont toutes des zones importantes pour l'Homme (pêche, activité économique et touristique).

Il semble de plus que les estuaires et les zones mortes ne remplissent plus leur rôle de puits de carbone, et que l'acidification est un phénomène qui puisse — dans une certaine mesure — s'autoentretenir[réf. nécessaire].

Cycle du carbone[modifier]

Article détaillé : Cycle du carbone.

Dans le cycle du carbone naturel, la concentration de dioxyde de carbone (CO2) représente un équilibre de flux entre les océans, la biosphère terrestre, et l'atmosphère. Les activités humaines telles que la combustion de combustibles fossiles et la production de ciment entraînent un nouveau flux de CO2 dans l'atmosphère. Une partie reste dans l'atmosphère, une autre partie est absorbée par les plantes terrestres, et une dernière partie est absorbée par les océans.

Quand le CO2 se dissout, il réagit avec l'eau pour former un équilibre d'espèces chimiques ioniques et non-ioniques : dioxyde de carbone libre dissous (CO2 (aq)), acide carbonique (H2CO3), hydrogénocarbonate (HCO3-) et carbonate (CO32-). La proportion de ces espèces dépend principalement de l'alcalinité de l'eau et secondairement de facteurs tels que la température et la salinité de l'eau de mer (voir l'article sur la pompe de solubilité de l'océan pour plus de détail).

Évolution de l'« acidité » des océans[modifier]

L'acidité des océans aurait progressé de 30 % depuis le début de la révolution industrielle, soit une baisse de 0,1 du pH, pour atteindre 8,1 ou 8,14 selon les sources aujourd'hui (les océans sont ainsi alcalins et non acides, leur pH se situant au-dessus de 7)[3],[4].

Sur la base des prévisions du GIEC (ou IPCC en anglais), l’augmentation actuelle du taux de CO2 dans l’atmosphère devrait encore diminuer le pH des eaux du globe de 8,14 actuellement à 7,8 d'ici la fin du siècle[5]. Un rapport du PNUE fait part d'une diminution du pH de 0,3 d'ici 2100, tandis qu'un communiqué de presse du CNRS avance une baisse de 0,4[6],[7].

Recherche[modifier]

L'Allemagne a lancé le 1er septembre 2009 un programme national de recherche sur l'acidification des océans (BIOACID[8] pour "biological impacts of ocean acidification") avec 8,5 millions d'euros sur 3 ans (dont 2,5 millions pour l'Leibniz-Institut für Meereswissenschaften de Kiel qui coordonne le programme) apportés par le Ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF). Dès 2009, plus de 100 chercheurs (biologistes, chimistes, physiciens, paléontologues, mathématiciens, etc.) venant de 14 instituts y contribueront, ainsi qu'une entreprise en pointe dans la technologie des capteurs. Le programme portera sur la mer du Nord et la Baltique, ainsi que sur des zones polaires ou tropicales particulièrement vulnérables à l'acidification.
Des partenariats avec d'autres pays sont prévus, dont avec les scientifiques anglais du programme de recherche sur l'acidification des mers prévu à partir de 2010, les États-Unis et l'Union européenne (don avec le programme EPOCA). Selon ses initiateurs, c'est le premier programme de cette importance dans le monde[9].

Des recherches sur les impacts de cette acidification montrent que plus le taux d'acidification est important, plus les espèces ayant des coquilles (plancton microscopique à la base de la chaîne alimentaire, coquillages, mollusques ou coraux) ont des difficultés à les fabriquer[10].

Notes et références[modifier]

Notes
  1. Il est à noter que ce sont bien, directement, les émissions de CO2 qui sont en causes, et non le réchauffement climatique.
Références
  1. Doney, S. C., V. J. Fabry, R. A. Feely, and J. A. Kleypas. 2009. Ocean acidification: the other CO2 problem. Annual Review of Marine Science (en) 1:169– 192.
  2. Jacobson, M. Z. (2005). Studying ocean acidification with conservative, stable numerical schemes for nonequilibrium air-ocean exchange and ocean equilibrium chemistry. J. Geophys. Res. Atm. 110, D07302
  3. « Les coquilles des organismes marins perdent en calcification », sur rfi.fr
  4. Synthèse scientifique des impacts de l'acidification des océans sur la biodiversité marine, sur cbd.int
  5. Laurent Bopp (CNRS), Cycle du carbone, Changement climatique, Acidification des océans (Conférence Débat sur le Changement Climatique, diaporama en pdf, 35 pages)
  6. Environmental Consequences of Ocean Acidification:A Threat to Food Security, sur unep.org
  7. « Acidification des océans : impact sur des organismes clés de la faune océanique », sur cnrs.fr
  8. (en) À propos du Programme BIOACID
  9. Brève 60383 d'après le communiqué de presse de l'Institut Leibniz de sciences marines de Kiel du 2009/09/01
  10. (en) Jason M. Hall-Spencer et al, « Volcanic carbon dioxide vents show ecosystem effects of ocean acidification », Nature, vol. 454, no 7200, juin 2008, p. 96-99 

Voir aussi[modifier]

Filmographie[modifier]