Pénitencerie apostolique

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La Pénitencerie apostolique est le premier des trois tribunaux de la Curie Romaine. Ses bureaux sont situés dans le palais de la Chancellerie apostolique, au Vatican.

Historique[modifier | modifier le code]

Son origine remonte au début du XIIIe siècle, vers 1200, date à laquelle est attesté un cardinalis qui confessiones pro papa recipit — cardinal qui reçoit les confessions pour le pape[1]. Ce cardinal, ensuite appelé pœnitentiarius (pénitencier) puis pœnitentiarius major ([très] grand pénitencier) est assisté de pénitenciers dits "mineurs", dès les années 1210-1220, et même de scribes, attestés par la documentation dans les années 1250. La Pénitencerie se structure donc progressivement comme un "bureau" (officium) , chargé, d'une part, d'accueillir et d'entendre en confession les pèlerins, dans chacune des basiliques majeures de Rome et, d'autre part, de répondre, par écrit, aux suppliques que les chrétiens adressent au pape[2].

Le fonctionnement et les statuts de la Pénitencerie ne sont fixés que tardivement, en 1338, par la bulle In agro dominico de Benoît XII[3]. Son champ de compétences, au for dit "de la conscience" ou "de la confession" comme au for externe, est élargi à plusieurs reprises, dans la seconde moitié du XIVe siècle, puis au XVe siècle, mais la Pénitencerie est radicalement remodelée par Pie V en 1569 qui réduit en effet ses compétences au for "interne", puis par Benoît XIV en 1744, et enfin par Pie X[4].

Les prérogatives de la Pénitencerie actuelle sont l'œuvre de Benoît XV, qui lui adjoignit la section des indulgences, détachée du Saint-Office en 1917 : cela concerne la concession et l'usage des indulgences. En revanche, la doctrine dogmatique de celles-ci reste l'apanage de la Congrégation de la doctrine de la foi Pie XI qui codifia l'ensemble des réformes par la constitution apostolique Quæ divinitus du .

Aujourd'hui, la Pénitencerie est dirigée par un cardinal préfet, le Pénitencier majeur, assisté d'un régent, de deux officiels et d'un conseil des prélats. Tous siègent quotidiennement sous le nom de Signature de la Pénitencerie apostolique.

Compétence[modifier | modifier le code]

La compétence du Tribunal de la Pénitencerie a été finalement précisée par la Constitution Apostolique Pastor Bonus promulguée par Jean-Paul II le , qui confirme que le Tribunal a compétence sur tout ce qui touche au for interne (même non sacramentel) et tout ce qui a trait aux concessions et à l'usage des indulgences (sauf le droit de la Congrégation de la Doctrine de la Foi d'examiner tout ce qui regarde la doctrine dogmatique autour des indulgences).

Liste des pénitenciers[modifier | modifier le code]

XIIIe siècle au XVe siècle[modifier | modifier le code]

XVIe siècle au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Pénitenciers majeurs depuis 1899[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Giraldi Cambrensis Opera, J. S. Brewer (éd.), vol. 1, Londres, 1861, p. 188-189, De invectionibus, lib. VI, c. 26. : Erat autem cardinalis, qui confessiones pro papa tunc recipiebat, responsio talis : « Iohannes de S. Paulo, titulo S. Prisce card., nobili viro Philippo de Barri salutem…».
  2. Henry Charles Lea, A Formulary of the papal Penitentiary in the XIIIth, Philadelphie, Lea Brothers, 1892.
  3. Heinrich Denifle, Die älteste Taxrolle der apostolischen Pönitentiarie, dans Archiv für Literatur und Kirchengeschichte des Mittelalters, n° 4, 1888, p. 201-238
  4. Emil Göller, Die päpstliche Pönitentiarie von ihrem Ursprung bis zu ihrer Umgestaltung unter Pius V, Rome, Loescher, 1907-1911, 2 vol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]