Ħaġar Qim

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35° 49′ 40″ N 14° 26′ 32″ E / 35.8278, 14.4422 ()

Le site néolithique de Ħaġar Qim est situé près de la ville de Qrendi, au-dessus des falaises au sud de l'île de Malte.

Connu depuis le XVIIe siècle, il est dégagé en 1839 par J. G. Vance et fouillé en 1885 par Caruana. En 1909, Themistocles Zammit et T. E. Peet le fouillent à nouveau comme T. Ashby en 1910.

Il est restauré entre 1947 et 1950[1]. En 1992, l'UNESCO rajoute les temples de Hagar Qin au patrimoine mondial de l'humanité[2].

Plan du temple de Ħaġar Qim

Les ruines de quatre temples, échelonnés peut être sur une période de mille ans (3 600-2 500 av. J.-C.), démontrent l'importance du lieu. Les restes de la plus vielle construction sont aujourd'hui peu identifiables. Au sud du site, des ruines, maintenant difficilement lisibles (environ 18 x 12 m), remontent au moins à la phase Mġarr (3 800-3 600 av. J.-C.). Au nord du site, le temple septentrional (25 x 20 m) montre clairement un plan polylobé de la phase Ġgantija (3 600-3 000 av. J.-C.)[3].

Au centre du site, le mur d'enceinte méridional (environ 35 x 28 m) englobe un temple et une succession d'agrandissement/aménagement remarquable sur une période d'au moins cinq siècles. Le temple d'origine (3 000-2 500 av. J.-C.) à quatre absides et abside distale remplacée par une niche est d'abord agrandi d'une salle communiquant avec la deuxième abside ouest. Les trois agrandissements ultérieurs ont en commun une originalité par rapport au plan canonique, ils s'ouvrent directement à l'extérieur et n'ont pas de communication interne entre eux. L'ensemble d'Ħaġar Qim, construit entièrement en pierre taillée dans du calcaire à globigérine, marque le point culminant de l'esthétisme architectural de la « culture des temples » qui s'étend de 3 000-2 500 av. J.-C[4],[5].

La façade nord-est comporte, juste à côté du couloir donnant accès au trou de l'oracle, un sanctuaire abritant deux bétyles ; un élancé, supposé représenter le sexe masculin, et un beaucoup plus bas, de forme trapézoïdale, supposé représenter le sexe féminin. Sur la gauche des bétyles, la plus importante pierre d'enceinte utilisée dans un temple maltais fait 6,4 m de long par 5,2 m de haut pour un poids estimé de vingt tonnes. Les fouilles mirent au jour dans la première abside ouest la « Venus de Malte », une statuette de nu féminin très naturaliste malheureusement retrouvée sans tête[6].

Références[modifier | modifier le code]

  1. M. Ridley (1976) p.52
  2. fiche officielle de classement n°132
  3. A. Blondy (1991) p. 155-157.
  4. B. Sedlaczek (2000) p. 22.
  5. J. S. Tagliaferro (2000) p. 24 et p. 114.
  6. A. Bonanno (1993) p. 23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Alain Blondy (1991) Malte, Arthaud, Paris, Réed. 2007
  • (fr) Anthony Bonanno (1993) Malte, un paradis archéologique, M.J. Publications Ltd, La Valette, réed. 1995
  • (en) Michael Ridley (1976) The Megalithic Art of the Maltese Islands, Dolphin Press, Poole
  • (fr) Brigitte Sedlaczek (2000) Archéologie des îles maltaises, MP Graphic Formula, Rome, Progress Press Co. Ltd, Valetta
  • (fr) John Samut Tagliaferro (2000) Malte, Archéologie et Histoire, Casa Editrice Perseus, coll. Plurigraf, Sesto Fiorentino, Miller Distributors Ltd, Luqa (Malte)