Mouvement pour le changement démocratique

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Le Mouvement pour le changement démocratique (en anglais : Movement for Democratic Change, MDC) est un parti politique du Zimbabwe, fondé en 1999 par Morgan Tsvangirai, secrétaire général du Congrès des syndicats du Zimbabwe.

Il est la principale formation d'opposition démocratique au régime dictatorial de Mugabe, qui sévit depuis 1987.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le MDC fait activement campagne pour le « non » au référendum des 12 et 13 février 2000, qui se solde par le rejet, par 54,7 % des voix, du projet de constitution élaboré par la convention constituante nommée par le président Robert Mugabe.

Aux élections législatives des 24 et 25 juin 2000, le parti recueille 1 171 051 voix (47,00 %) et 57 sièges sur les 120 sièges de la Chambre de l'Assemblée (House of Assembly) soumis à élection au suffrage universel[1], ce qui, malgré la faible majorité (62) de sièges remportés par le parti présidentiel (la ZANU-PF), ne menace pas le contrôle de celui-ci sur la chambre, grâce à l'appoint des 20 députés nommés par le président.

Lors de l'élection présidentielle des 9-11 mars 2002, Morgan Tsvangirai, soutenu par le MDC, recueille 42,0 % des voix, échouant dans sa tentative de battre le président sortant, Robert Mugabe, réélu avec 56,0 % des suffrages.

Lors des élections législatives du 31 mars 2005, le parti recueille 1 041 292 voix (39,5 %) et 41 sièges sur 120, tandis que la ZANU-PF renforce son emprise sur la chambre en remportant 78 sièges.

Le 26 novembre 2005, pour les élections au Sénat, le MDC recueille 123 628 voix (20,26 %) et 7 sièges sur les 50 soumis à élection au suffrage universel[2], la ZANU-PF remportant les 43 autres sièges. Le MDC connait à cette occasion une scission entre le courant majoritaire et une faction menée par Arthur Mutambara[3] (devenu vice-premier ministre du Zimbabwe en février 2009).

En mars 2007, le MDC participe à un grand rassemblement à Harare avec d'autres mouvements politiques regroupés dans une coalition intitulée "Save Zimbabwe Campaign" («Campagne pour sauver le Zimbabwe»). Ils entendaient manifester contre l'interdiction des manifestations et rassemblements politiques, contre l'intention du président Robert Mugabe de se présenter à un nouveau mandat en 2008 et pour dénoncer la crise sociale, économique et politique que connaissait le Zimbabwe depuis l'an 2000 (inflation de 1 700 % en février 2007 [réf. nécessaire]). La manifestation étant interdite par le gouvernement, la police anti-émeutes intervint pour disperser la foule réunie dans un stade. Une militante du MDC est tuée par balles alors que plusieurs cadres du parti­, dont son président Morgan Tsvangirai, sont passés à tabac. Quatre parlementaires du MDC, ainsi que Lovemore Madhuku, le président de l'Assemblée nationale constituante, sont aussi incarcérés avec Tsvangirai[4].

L'action de la police fut condamné par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon qui demanda au gouvernement d'Harare de "relâcher les détenus et garantir leur sécurité" ainsi que d'autoriser "le rassemblement pacifique" et "l'exercice de droits politiques légitimes" tandis que Louise Arbour, Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, déclarait que l'intervention policière était "inacceptable" et réclamait une enquête impartiale et rapide.

Le , le parti finit par remporter les élections législatives en obtenant la majorité absolue des sièges à pourvoir, soit 109 élus sur 210, infligeant du même coup un sérieux revers au parti de Mugabe, la ZANU qui n'obtient que 97 élus.

Le , lors d'un vote à bulletins secrets, le MDC remporte la présidence de la chambre basse du Parlement, infligeant un nouveau revers au régime du président Robert Mugabe. Par 110 voix, le directeur national du MDC, Lovemore Moyo, est élu président de l'assemblée contre 98 voix au candidat d'une faction dissidente du même parti, Paul Themba Nyathi. Le décompte des voix démontre alors contre toute attente que des députés du Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe, et que des députés de la faction dissidente du MDC, avaient voté en faveur de Lovemore Moyo, démontrant la division interne du parti présidentiel et la défiance envers le président Mugabe alors que le pays est en plein marasme économique[5]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Chambre d'assemblée (House of Assembly) comprend 150 députés dont 120 sont élus au suffrage universel, 20 sont nommés par le président de la République et 10 sont élus par les chefs traditionnels du pays.
  2. Le Sénat (Senate) comprend 66 sénateurs sont 50 sont élus au scrutin uninominal à un tour, 10 sont élus par les chefs traditionnels et 6 sont nommés par le président de la République.
  3. (en) « Split over strategy weakens MDC », BBC News,‎ 2005-10-27 (consulté le 27 mai 2011)
  4. Libération du 13 mars 2007
  5. Le principal parti de l'opposition à la présidence du Parlement, article de Libération du 26 août 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]