Sam Nujoma

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Sam Nujoma
Sam Nujoma
Sam Nujoma
Fonctions
1er président de la République de Namibie
21 mars 199021 mars 2005
Élection 11 novembre 1989
Réélection 8 décembre 1994
1er décembre 1999
Premier ministre Hage Geingob
Theo-Ben Gurirab
Prédécesseur Poste créé
Successeur Hifikepunye Pohamba
Biographie
Date de naissance 12 mai 1929 (85 ans)
Lieu de naissance Ongandjera, Sud-Ouest africain
Nationalité namibienne
Parti politique SWAPO
Conjoint Kovambo Theopoldine Katjimune
Enfant(s) Utoni Daniel Nujoma
John Ndeshipanda Nujoma
Sakaria Nefungo Nujoma
Nelago Nujoma

Sam Nujoma
Présidents de la République de Namibie

Sam Daniel Shafiishuna Nujoma (né le 12 mai 1929 dans le Sud-Ouest africain, alors sous mandat sud-africain) est le premier président de la République de Namibie indépendante, élu et réélu entre 1990 et 2005.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sam Nujoma s’intéresse très jeune à la politique et s’engage dans le combat indépendantiste.

Dans les années 1950, il devient le président de l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (South West African People's Organization – SWAPO) et commence à prendre part à la lutte armée contre la puissance coloniale, l’Afrique du Sud. Depuis le début des années 1950, l'Afrique du Sud administrait le Sud-Ouest Africain selon les principes et les lois de l'apartheid, classifiant la population entre races et divisant le territoire en réserves indigènes et terres riches ou fertiles réservées aux blancs.

Nujoma amena la SWAPO à la lutte armée et à la clandestinité au début des années 1960. Il parvint à faire reconnaître la SWAPO aux Nations unies comme seul représentant légitime du Sud-Ouest Africain rebaptisé Namibie en 1968 alors que l’organisation internationale mettait fin au mandat sud-africain.

Forcé à l'exil, la SWAPO et Nujoma ne parvinrent jamais à occuper un millimètre du territoire namibien durant toute la lutte armée.

Pire, en 1975, l'Afrique du Sud envoie un contingent militaire envahir l'Angola, la base arrière de la SWAPO.

En avril 1976, dénonçant le népotisme, la corruption et l'inefficacité de la direction du mouvement, Andreas Shipanga l'un des cofondateurs de la SWAPO tenta de prendre le contrôle du quartier général du parti à Lusaka en Zambie, mais Nujoma appela à la rescousse, Kenneth Kaunda le président zambien pour évité d'être démis de ses fonctions par la force. Les rebelles sont finalement arrêtés et emprisonnés. Certains seront relâchés au bout de six mois, d'autres disparaitront définitivement alors que Shipanga n'est lui-même libéré qu'en mai 1978.

En dépit de l'échec de la lutte armée, Nujoma se maintint à la tête de l'organisation, soutenue par les régimes marxistes d'Angola, de Cuba et surtout de République démocratique allemande (RDA).

En 1988, un accord sous l’égide des Nations unies, la résolution 435, est conclu entre les belligérants et aboutit au retrait des cubains d'Angola et des Sud-Africains de Namibie.

Aux élections de l'automne 1989, supervisées par l'ONU, la SWAPO emporte la victoire avec 57 % des suffrages grâce à son implantation dans la tribu des Ovambos (55 % de la population).

Le 21 mars 1990, Sam Nujoma prête serment en tant que président de la République de Namibie sous les yeux, entre autres, de Javier Pérez de Cuéllar, secrétaire général des Nations unies, Frederik de Klerk, président de la République d'Afrique du Sud et Nelson Mandela, tout juste libéré de prison.

Bien que marxiste, Nujoma appliqua dès le départ une politique modérée dans un contexte international défavorable aux régimes communistes.

Son plan de réforme agraire est d’abord on ne peut plus consensuel entre blancs et noirs.

Bénéficiant de la majorité nécessaire, Nujoma fait changer la Constitution pour effectuer un 3e mandat de 5 ans en 1999 où il est d’ailleurs réélu avec 76,8 % des suffrages.

Au début des années 2000, constatant la forte demande des noirs en quête de terres cultivables, il propose une nouvelle réforme beaucoup plus autoritaire mais la réforme agraire semblable et désastreuse, alors en cours au Zimbabwe et effectuée par son ami Robert Mugabe, en suspens l’application.

À la fin de son mandat, un Nujoma omnipotent et aigri s’égare en insultes homophobes, ou racistes contre les blancs, voire contre ses rivaux dans la SWAPO, tels Hidipo Hamutenya, limogé de son poste de ministre des Affaires étrangères deux jours avant le congrès de la SWAPO du 30 mai 2004 qui devait choisir le candidat à l'élection présidentielle. Son soutien inconditionnel à Mugabe entache alors la réputation de la Namibie faisant craindre une contagion zimbabwéenne à la Namibie.

En 2004, sous pression de la SWAPO, il renonce à modifier la Constitution une nouvelle fois et se choisit un successeur, Hifikepunye Pohamba, lequel est confortablement élu en novembre 2004.

Son départ du pouvoir intervient alors à un bon moment pour la stabilité du pays, même s’il continue dans l’ombre à tirer les ficelles du gouvernement. En 2006, une délégation de la SWAPO venue lui demander de céder sa place de président de la SWAPO au président de la République, Hifikepunye Pohamba, a provoqué la fureur de Nujoma, qui leur a répondu par une fin de non recevoir avant de sortir en claquant la porte.

Sam Nujoma est resté le chef de la SWAPO jusqu’en 2007.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le nom de Sam Nujoma est très courant en Namibie dans la toponymie des principales artères des villes :

À la suite de l'achat d'un avion de luxe Falcon par Nujoma en 1992, lequel fut révélé par les journaux quelques semaines après que la Namibie eut lancé un appel à l'aide internationale contre une sècheresse sévère, la Norvège suspendit son aide financière au pays.