Palais Farnèse

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Palais Farnèse
Image illustrative de l'article Palais Farnèse
Présentation
Période ou style Renaissance
Architecte Antonio da Sangallo le Jeune
Date de construction 1517-1589
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Latium
Localité Rome
Localisation
Coordonnées 41° 53′ 41″ N 12° 28′ 14″ E / 41.8946666, 12.4706519 ()41° 53′ 41″ Nord 12° 28′ 14″ Est / 41.8946666, 12.4706519 ()  

Géolocalisation sur la carte : Rome

(Voir situation sur carte : Rome)
Palais Farnèse

Le palais Farnèse est un palais de la haute Renaissance de Rome.

Depuis 1874, il est le siège de l'ambassade de France en Italie et, depuis 1876, celui de l'École française de Rome.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le palais Farnèse par Giuseppe Vasi en 1710.

Le cardinal Alexandre Farnèse, descendant d’une famille de la région d’Orvieto qui s’est illustrée dans la défense des intérêts des papes, achète en 1495 un palais qui se trouve à proximité du Campo de' Fiori.

Après l'élection du pape Léon X de Médicis, son compagnon d’études, les conditions économiques du cardinal Farnèse s'améliorent sensiblement. Cela lui permet d'entreprendre en 1517 des travaux de construction d’un nouvel édifice. Déjà en 1515, Antonio da Sangallo le Jeune a préparé un premier projet, mais c'est seulement après l'acquisition de bâtiments et de terrains adjacents qu'il peut établir un plan adéquat.

En 1534, année où Alexandre Farnèse devient pape sous le nom de Paul III, la construction est bien avancée même si, écrit l’architecte Giorgio Vasari,

« ce n'était pas tant au début que l'on pouvait admirer sa perfection, mais après que le cardinal fut nommé pape, car Antonio da Sangallo changea tous ses plans, devant faire un palais non plus pour un cardinal, mais pour un pape ».

En 1546, Antonio da Sangallo meurt et, bien que les dépenses engagées par le pape soient déjà fort importantes, la construction du palais est loin d'être terminée ; à l'architecte Sangallo succède alors Michel-Ange qui avait déjà remporté un concours pour la célèbre corniche. C'est sous sa direction que le deuxième étage est terminé. Dans la cour (Cortile), il utilise les fenêtres prévues par Sangallo, mais les dispose sur des consoles créées par lui. Michel-Ange modifie la loggia centrale de la façade principale en insérant un linteau de marbre, surmonté de l'emblème pontifical.

Paul III, qui s’éteint en 1549, ne verra pas son projet achevé. Après Michel-Ange, les architectes Vignole et Della Porta poursuivent les travaux qui ne s’achèveront qu’en 1589. Le chantier aura duré près de 75 ans.

Le palais est alors habité par l’arrière-petit-fils de Paul III, le cardinal Édouard Farnèse. Celui-ci fait appel aux frères Carrache, peintres bolonais, pour compléter la décoration interne du palais commencée par Francesco Salviati et Taddeo Zuccari, auteurs des fresques du Salotto Dipinto, l’actuel bureau de l’ambassadeur. Augustin et surtout Annibal vont donner leur nom à la galerie où figurent les célèbres fresques. Joyau et modèle des plus grandes académies européennes du début du XVIIe siècle, celles-ci racontent les amours des dieux.

Le palais et la France[modifier | modifier le code]

Article principal : Ambassade de France en Italie.

Avec Louis XIV, le palais Farnèse devient la résidence des ambassadeurs près le Saint-Siège puis, à partir de 1874, le siège de l’ambassade de France auprès du royaume d'Italie et, par la suite, de la république d'Italie. Le palais Farnèse abrite l'École française de Rome depuis 1876. Conçue d’abord comme une annexe de l’École française d'Athènes en 1873, puis comme une École d’archéologie l'année suivante, l'École française de Rome est officiellement fondée en 1875. Elle partage le second étage du palais avec les services de l’ambassade de France depuis cette date.

En 1911, le palais Farnèse est vendu par la maison des Bourbon de Naples au gouvernement français. Une clause du contrat accorde au gouvernement italien la possibilité de l'acquérir au bout de 25 ans. En 1936, l'Italie et la France signent une convention établissant que le gouvernement italien redevient propriétaire du palais, mais en cède l'usage, pour une durée de 99 ans, au gouvernement français pour y accueillir son ambassade de France en Italie[1]. Par ce même acte, le gouvernement français s'engage à maintenir le palais Farnèse dans son intégrité et dans un bon état de conservation.

Restauration et ouverture au public[modifier | modifier le code]

La restauration du palais Farnèse a commencé en 1998 par la façade principale et s’est poursuivie en 2000-2001 par celles du cortile. La façade arrière, ainsi que le salon d’Hercule ont été restaurés en 2002. Ces travaux ont pu être réalisés grâce à une fructueuse collaboration entre l'ambassade de France en Italie et la « surintendance pour les biens culturels et architectoniques » du ministère de la culture italien, dans le cadre d’un comité scientifique regroupant spécialistes français et italiens. Le coût des travaux a été entièrement à la charge de l’État français[2].

De décembre 2010 à avril 2011, le palais Farnèse a pour la première fois ouvert ses portes au public. L'exposition « Palais Farnèse, de la Renaissance à l'ambassade de France » permit d'admirer 140 tableaux, statues, meubles et détails architecturaux du bâtiment. Parmi les plus célèbres, on put admirer les fresques de la salle des « fastes farnésiens », réalisées par Francesco Salviati et complétées par les frères Taddeo et Federico Zuccari, mais aussi une loggia dessinée par Michel-Ange, l'œuvre de ce dernier pouvant s'apprécier également dans son travail sur le cortile.

Le palais et les arts[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Giacomo Puccini place le deuxième acte de Tosca (1900) au palais Farnèse, d'où le baron Scarpia, chef de la police, traque les révolutionnaires de la République romaine et où il recevra le « baiser de Tosca ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Réciproquement, et aux mêmes conditions, l'hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville à Paris est cédé par le gouvernement français à l’État italien comme siège de l’ambassade d’Italie en France.
  2. Le Palais Farnèse, Jean-Michel Ginefri, Sophie Schneider, « Le ministère des Affaires étrangères a lancé la rénovation des façades du palais Farnèse. Un chantier d'une telle ampleur n'avait jamais été lancé jusque là. Compte tenu de la nature du bâtiment, les travaux ont été minutieusement définis et ont été pilotés par un comité d'experts. Il a été décidé de rester aussi proche que possible de l'état initial. Un tel principe a prévalu tout au long de cette intervention. » Travaux publics (ISSN 0041-1949), p. 95-99, Éditeur : Syndicat national des ingénieurs des travaux publics de l'État et collectivités territoriales, Paris, FRANCE (1952-2006).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]