Musée de Tessé

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Musée de Tessé
Le musée vu depuis la cour avant
Le musée vu depuis la cour avant
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Le Mans
Adresse 2, avenue de Paderborn, 72000, Le Mans
Coordonnées 48° 00′ 37″ N 0° 12′ 13″ E / 48.01028, 0.20361 ()48° 00′ 37″ Nord 0° 12′ 13″ Est / 48.01028, 0.20361 ()  
Informations générales
Date d’inauguration 1799
Collections Peintures et sculptures françaises du XVIe au XXe siècle et italiennes caravagesques, émaux plantagenêts, œuvres originales du roman comique de Scarron, galerie égyptienne
Informations visiteurs
Site web Site officiel

Le musée de Tessé est le musée des beaux-arts de la ville du Mans. Il propose de nombreuses visites guidées sur divers thèmes et se situe juste en marge du cadre naturel des quinconces des Jacobins et du parc de Tessé.

Le bâtiment est un ancien palais épiscopal, lui-même bâti sur le site de l'ancien hôtel particulier du maréchal de Tessé. Outre une collection égyptienne importante il contient une reconstitution des demeures d'éternité de Néfertari, l'épouse de Ramsès II et de Sennefer, maire de Thèbes (Égypte), en son sous-sol aménagé spécialement.

Jusqu'en 2009, le musée a présenté les collections archéologiques de la ville, avant que celles-ci ne prennent place dans le nouveau musée archéologique du Maine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue sur le parc de Tessé

L'idée de créer un musée dans la ville apparait dès la fin du règne de Louis XVI, juste avant la révolution. Cela se concrétise dès 1792 puisque les saisies révolutionnaires de biens du clergé notamment sont effectuées selon le décret de 1789. Les collections privées sont confisquées à différents points de la ville, comme de la région du Maine. L'abbaye Saint-Vincent ou l'église de la Couture au sein même du Mans sont pillées. Le 21 juin 1799, l'ouverture gratuite du muséum est effectuée. Il est joint à une bibliothèque à l'abbaye de la Couture. On y retrouve des œuvres de différentes régions de l'Ouest : assez nombreuses sont celle d'Angers et de tout l'Anjou, énormément du Maine et quelques-unes de l'Est de la Bretagne également. Un premier catalogue de 200 peintures est établie par Maurhy.

Le parc de Tessé

En 1816, le conservateur Dandin, ingénieur, est nommé au cabinet d'histoires naturelles, de même qu'au musée des beaux-arts. En 1822, le musée est municipalisé par la ville du Mans. En 1846, le musée est sous pression de la Société française d'archéologie qui souhaite voir le musée du Mans posséder une branche archéologique digne de ce nom. Les frères Hucher décident de son installation dans les sous-sols du théâtre municipal, en face de la cathédrale.

En 1903, ce même musée sera transféré dans la collégiale Saint- Pierre de la Cour. Les maisons dites de la Reine Bérangère, sont rachetées par la ville à des particuliers. On y prévoit un musée de « la Culture du Maine ». Ces hôtels particuliers datant du XVe siècle seront plus tard transformés en Musée. En 1927, le musée des beaux-arts est transféré dans l'ancien évêché concordataire. C'est l'actuel bâtiment principal du musée. Il fut créé en 1848, puis détruit à la suite d'un incendie. Sa reconstruction dura six ans (de 1872 à 1876). Il est ensuite désaffecté par la loi de 1906. En 1949, le musée de Tessé ouvre au public. Les travaux d'aménagement dureront jusqu'en 1963. Par la suite, d'autres aménagement seront effectués, notamment à la fin des années 1980.

La galerie de Tessé[modifier | modifier le code]

Le Maréchal de Tessé, copie d'après Hyacinthe Rigaud (1700), musée de Tessé.
Une des salles égyptiennes du musée reproduisant les tombes de Sennefer et Néfertari.

Tessé donne son nom au musée, non seulement parce que ce fut une des familles les plus puissantes du comté durant l'Ancien Régime, mais également parce que l'hôtel de Tessé sert de lieu d'accueil à l'actuel musée, sans oublier que la collection personnelle du maréchal de Tessé est la base même des premières collections picturales de la ville. La plus grande partie de celles-ci furent constituées grâce à René III de Froullay de Tessé, maréchal de France. Ils firent l'objet de deux inventaires, l'un en 1746, l'autre en 1794. La collection est d'abord séparée en trois ensembles. Une partie se trouve au château de Vernie, au nord-ouest de la ville, une autre au manoir de La Milesse et la dernière à l'actuel musée, le manoir de Tessé. Une partie de la collection Tessé fut léguée au Metropolitan Museum de New York.

Les Tessé entretinrent toujours des liens étroits avec les milieux intellectuels manceaux et parisiens, notamment avec Mme de Rambouillet, Vincent Voiture, Paul Scarron ou Madame de Sévigné. Mozart a composé, par exemple, une sonate pour la comtesse de Tessé. On leur doit également la passion des beaux jardins : ils aménagèrent l'un des plus beaux jardin de France avec l'hôtel de Lavardin au Mans. Leur goût pour la peinture était tel que pas moins de quelque 400 toiles étaient en leur possession au moment des saisies, et dont une grande majorité était entreposée à Vernie.

Collections[modifier | modifier le code]

Les antiquités égyptiennes[modifier | modifier le code]

Le musée conserve quelque 125 pièces datant depuis le IVe millénaire avant notre ère. À l'origine, la collection égyptienne des musées du Mans a été constituée en 1819 par la voyageur manceau Édouard de Montulé. Il donne en 1822 ses trouvailles aux muséums du Mans. Ce fonds particulièrement ancien est enrichi dès 1913 grâce au don Liger. En 1983, plusieurs autres achats sont effectués à un dépôt du département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre. La collection couvre tous les aspects de la civilisation égyptienne, notamment la vie quotidienne ou encore intellectuelle et funéraire de l'Égypte ancienne. Les objets à caractère funéraire sont les plus nombreux.

  • Parmi les pièces les plus exposées, on trouve surtout deux sarcophages originaux. Le premier est celui d'une chanteuse d'Amon en bois stuqué peint. Ce sarcophage de la XXe dynastie est une preuvre unique ramenée par don Édouard de Montulé. Autrefois la momie fut nommée Ta Merer Mâât.
  • Deuxième pièce majeure, le sarcophage momiforme du prêtre Nakhmontou en bois stuqué, peint et doré. Fabriqué aux alentours de la XVIIe dynastie, il est plus ancien que celui de Ta Merer Mâât. La date de momification a pu être assimilée à 1550 avant notre ère environ. Il s'agit de l'une des pièces acquises grâce au musée du Louvre en 1983. On remarque sur la poitrine du mort un dessin représentant la déesse Mout, agenouillée et déployant ses bras en forme d'ailes. On peut trouver une assez longue inscription, marquée en vertical indiquant l'identité de Nakhmoutou, scribe royal et prêtre ouab du temple de Montou, déesse égyptienne du ciel.
  • Un vase canope à tête humaine, réalisé en terre cuite et datant de la XVIIIe dynastie, soit aux alentours de 1450 avant notre ère. Le musée possède quatre vases de la sorte qui contenaient les viscères des morts. Ils furent retrouvés dans les tombes de personnes où ils furent déposés au moment de l'enterrement. Devant, au centre du vase, on trouve une invocation à la déesse Isis, afin qu'elle protège le défunt dans l'autre monde.

Peinture[modifier | modifier le code]

Vanité de Philippe de Champaigne (1644).

La collection de peintures du musée comprend des œuvres datant du XIVe au XXe siècle et représentant les évolutions de la peinture européenne dans ses grandes tendances et innovations au cours du temps. On y trouve notamment une belle collection de primitifs italiens et quelques tableaux de la Renaissance, avec des tableaux de Francesco di Stefano Pesellino, Bartolomeo Bulgarini ou encore Pontormo. Les diverses écoles du XVIIe siècle sont bien représentées, avec des œuvres de Pierre de Cortone, Bartolomeo Manfredi (Le Couronnement d’épines, vers 1615, œuvre qui était considérée comme une copie mais que sa restauration en 2011-2012 et son étude par des spécialistes a fait apparaitre comme autographe[1]), Jacopo Vignali, une Allégorie de la peinture de l'entourage proche d'Artemisia Gentileschi, Jacob Adriaensz Backer, Albert Cuyp, Theodore Rombouts (Le Repas), Willem Kalf (Grande nature morte aux Armures et Nature morte au nautile), David Teniers le Jeune (Un alchimiste dans son atelier), Juan de Valdes Leal, Simon Vouet (Sainte Véronique présentant le voile, 1628-1629), Jacques Stella, Philippe de Champaigne (Vanité, Le Sommeil d’Élie et L'Adoration des Mages), Nicolas Tournier (Réunion de Buveurs), la meilleure copie d'un original perdu de Georges de La Tour (L’Extase de saint François, vers 1640-1645), Charles Le Brun (Dieu dans sa Gloire, vers 1675), Laurent de La Hyre, Eustache Le Sueur (Poliphile assiste au triomphe de Bacchus), Jean Jouvenet, Bon Boullogne. Le XVIIIe siècle est surtout français avec Jean-Baptiste Santerre, Pierre Parrocel, Nicolas de Largillière, François de Troy, François Boucher (La Mort de Socrate), Jean-Baptiste Oudry, Carle Van Loo, Gabriel-François Doyen, Anne Vallayer-Coster et Jean-Baptiste Huet. Pour la peinture du XIXe siècle, outre le célèbre Portrait de famille d’un conventionnel attribué à l'entourage de David, on retrouve des tableaux signés John Constable (Malvern Hall), Ingres, Théodore Géricault (Portrait présumé d’Olivier Bro, vers 1818), Jean-Baptiste Isabey, Girodet-Trioson, François Marius Granet, Camille Corot, Théodore Chassériau, Francis Tattegrain. Le XXe siècle est moins bien représenté, mais le musée présente tout de même de nombreuses œuvres de Roger de La Fresnaye, peintre originaire du Mans.


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Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]